L'avortement, ou interruption volontaire de grossesse (IVG), est une expérience complexe et souvent douloureuse, laissant des traces profondes sur les personnes impliquées, en particulier les femmes. Au-delà des aspects médicaux et légaux, l'avortement soulève des questions spirituelles et morales importantes. Cet article explore la dimension spirituelle de l'avortement, en mettant l'accent sur la réconciliation, le pardon et la guérison à travers la prière et la foi, notamment dans le contexte de la tradition catholique.
Prière de Réconciliation et de Pardon
Jean Pliya, figure béninoise respectée pour ses contributions à l'histoire, à la politique et à la spiritualité, a composé une prière poignante pour les mères ayant vécu un avortement. Cette prière offre un chemin vers la guérison et la réconciliation :
« Père du Ciel je Te demande pardon d’avoir refusé ton Cadeau de Vie ».
La prière se poursuit, reconnaissant l'enfant non-né et demandant pardon pour lui avoir refusé la vie. Elle invite à nommer l'enfant et à l'accueillir dans l'amour de Dieu, exprimant le désir de lui donner la vie et de le confier à la paix et à la joie éternelles.
La Position de l'Église Catholique
L'Église catholique considère l'avortement comme un péché très grave, car il s'agit de la destruction d'une vie humaine innocente. Pour les catholiques qui ont conscience de la gravité de cet acte et qui le commettent librement, l'avortement entraîne l'excommunication automatique, les privant de l'accès aux sacrements.
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Cependant, l'objectif de l'excommunication n'est pas de punir, mais d'inciter à la repentance et de faire prendre conscience de la gravité de l'acte. L'Église catholique offre un chemin de réconciliation et de pardon à travers le sacrement de la confession.
Depuis l'année de la miséricorde (2015-2016), le pape François a donné à tous les prêtres la faculté de lever l'excommunication due à l'avortement. Toute personne baptisée catholique ayant participé à un avortement peut donc se confesser à n'importe quel prêtre catholique pour obtenir l'absolution et la levée de l'excommunication.
Le Sacrement de la Confession : Un Chemin de Guérison
La confession est un acte de libération pour ceux qui regrettent un avortement et qui ont l'intention de ne pas recommencer. Pour que la confession soit valide, il est nécessaire de dire tous les péchés graves qui ont été commis depuis la dernière confession, y compris l'avortement, en l'exprimant clairement.
Après avoir entendu la confession, le prêtre offre réconfort et aide pour avancer dans la vie spirituelle. Il prononce ensuite la formule d'absolution, accordant le pardon des péchés et le renouvellement de la relation avec Dieu.
La pénitence proposée par le prêtre est un acte symbolique pour réparer les conséquences de l'avortement, car même si l'absolution efface le péché, ses conséquences peuvent persister. Il ne faut jamais avoir honte de confesser un péché dans lequel on est retombé depuis la dernière confession.
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La Messe Perpétuelle pour les Enfants Non-Nés
Une autre voie de réconciliation et de guérison est la Messe Perpétuelle pour les enfants non-nés. Cette pratique consiste à inscrire le nom de l'enfant non-né à une messe qui est célébrée chaque jour pendant quarante ans. L'objectif est de donner à l'enfant la grâce de la Messe et de lui permettre de s'en nourrir spirituellement.
Cette démarche s'adresse aux mères ayant vécu une fausse-couche, un avortement naturel ou clinique, ou une suppression d'embryon in vitro. Elle vise à redonner vie à l'enfant non-né et à lui donner la grâce.
Témoignages et Guérisons
De nombreux témoignages soulignent le pouvoir de la prière et de la foi dans la guérison des blessures liées à l'avortement. Des femmes ont rapporté des guérisons physiques et émotionnelles après avoir donné un nom à leurs enfants non-nés, accepté le pardon de Dieu et remis leurs enfants au Seigneur.
Une dame souffrant d'ostéoporose spinale a constaté la disparition subite de ses douleurs après avoir prié pour deux fausses couches lointaines. Une autre a été guérie après avoir prié pour le bébé dont elle s'était faite avorter.
Accompagnement et Soutien
Plusieurs organisations offrent un accompagnement aux personnes, hommes ou femmes, touchées par une grossesse interrompue, quelle qu'en soit la cause (IVG, IMG, mort in utero, fausse couche, grossesse extra utérine). Ces organisations proposent un accompagnement spécifique, individuel ou en groupe, pour aider à se reconstruire et à retrouver la confiance.
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La Fraternité « Mère de Miséricorde » a été fondée en 1982 pour répondre à la détresse profonde des femmes ayant vécu un avortement. Les sessions STABAT proposées par AGAPA s'adressent aux personnes blessées par une ou plusieurs IVG. Raphaël, cabinet de conseil conjugal et familial chrétien, propose des entretiens pour aider à analyser et à clarifier la situation.
Ressources et Lectures Complémentaires
De nombreux livres, films et articles abordent la question de l'avortement et de ses conséquences psychologiques et spirituelles. Parmi les ressources mentionnées, on trouve :
- Avortement : l’impossible avenir par J. Jeanne GHEDIGHIAN-COURRIER
- L’avortement et le lien maternel : une autre écoute de l’interruption volontaire de grossesse par Is. TAMIAN KUNEGEL
- Interruption volontaire de grossesse : la dynamique du sens par Bernadette RONDOT-MATTAUER
- À l’écoute du symptôme IVG : accompagner la relation par Bernadette AVON
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