La mode, au-delà de son aspect esthétique, est parfois le reflet des enjeux sociaux et politiques de son époque. La marque Gucci, figure emblématique de l'industrie, s'est retrouvée au cœur de controverses, notamment en lien avec la question de l'avortement et les droits des femmes. Cet article explore les différentes facettes de ces débats, en s'appuyant sur les prises de position de personnalités publiques et les initiatives de marques de mode.

Mode et Engagement : Un Terrain Miné ?

L'industrie de la mode, souvent perçue comme superficielle, est de plus en plus interpellée sur sa responsabilité sociale et politique. Les marques sont encouragées à prendre position sur des sujets de société, mais cette démarche n'est pas sans risque.

Les Prises de Position Pro-Avortement de Gucci

Gucci a affiché son soutien au droit à l'avortement à travers des collections et des déclarations publiques. Un mannequin a défilé sur le podium de Gucci dans une robe sur laquelle était brodé un utérus. Dans le dos d’une veste de costume de la même collection était écrit le slogan pro-avortement “My body, my choice” (“Mon corps, mon choix”). Ces prises de position ont suscité des réactions mitigées, entre soutien et indignation.

Les Risques du Marketing Féministe

Si l'engagement des marques en faveur des droits des femmes est salué par certains, il est aussi critiqué par d'autres. Des voix s'élèvent pour dénoncer le "marketing féministe", qui consiste à instrumentaliser la cause des femmes à des fins commerciales. Céline Piques d’Osez le féminisme assurait au HuffPost, en 2018 : « Il faut mettre en place des politiques à l’intérieur des entreprises. Faire des vêtements féministes n’est pas suffisant ». La question se pose alors de savoir si les marques sont réellement engagées ou si elles cherchent simplement à se donner une image positive.

Le Féminisme et la Mode : Une Histoire Complexe

Le lien entre le féminisme et la mode est complexe et ambivalent. La mode peut être un outil d'expression et d'émancipation pour les femmes, mais elle peut aussi être un vecteur de stéréotypes et d'oppression.

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L'Évolution du Féminisme en France

Pour comprendre les enjeux actuels, il est essentiel de revenir sur l'histoire du féminisme en France.

La lutte pour les droits sexuels

Fin des années 1969 et début des années 70, les mouvements féministes se constituent. Les droits sexuels deviennent la priorité : contraception et avortement. Le droit à la contraception est obtenu dès la loi Neuwirth de 1967. La loi sur l'IVG, loi Veil, est votée, quant à elle, en janvier 1975.

La question de la mixité

Le MLF (Mouvement de Libération des Femmes) est non-mixte. La non-mixité, l'entre-femmes, est une démarche politique de réappropriation de l'espace publique par les femmes, soit par la parole et les publications, soit par les manifestations (présence physique dans la rue).

Les défis du féminisme mixte

Les années 1990, un réveil - mais un réveil difficile - les inégalités hommes/femmes ne se comptent plus. Les premiers mouvements des années 1990 sont mixtes, hommes et femmes peuvent y participer. Cependant, les hommes-féministes sont minoritaires. En 1999, ils n’étaient que 30% et détenaient une visibilité plus importante dans l’organisation de l’association que les femmes, plus nombreuses. Le féminisme en mixité ne marche pas. Il est trop tôt pour en connaître les causes. Il a fallu que le voile devienne une atteinte à la laïcité pour qu’ils s’en inquiètent … car finalement, l’argument de la soumission symbolique des femmes par un symbole religieux (ah ! le patriarcat !), ce n’est pas vraiment leur credo. En 1989, Lionel Jospin estimait - par circulaire - que le voile islamique est compatible avec la laïcité.

La masculinité et le féminisme

Des groupes d’hommes ont été ouverts début 2000 - Ils ont fait face à deux axes de réflexion : réfléchir à leur sexisme (naturel) ou réfléchir à leur genre. En réalité, c’est quand même mieux de le garder en mémoire, si le féminisme permet aux hommes de construire/déconstruire la masculinité en s’éloignant des modèles virils imposés, le but du féminisme n’est pas que les hommes se sentent mieux dans leurs chaussettes, mais de permettre aux femmes d’obtenir une égalité de fait dans notre société. L'approbation des hommes n'entre pas en ligne de compte.

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La Diversité dans la Mode : Un Enjeu Crucial

La question de la diversité est un autre enjeu majeur pour l'industrie de la mode. Le manque de représentation des minorités ethniques et des corps non-conformes est régulièrement dénoncé.

Le manque de diversité ethnique

Le manque de diversité dans la mode est pointé du doigt à chaque Fashion Week. Les mannequins noires célèbres comme Naomi Campbell ou Jourdan Dunn dénoncent la rareté (voire l'absence) de mannequins de couleur, asiatiques, arabes et indiennes comprises, sur les podiums des défilés. La discrimination raciale touche aussi les magazines de mode, comme Vogue qui publie chaque année une Black Issue pour lutter contre le racisme latent, ce qui a pour effet inverse de les catégoriser.

Les initiatives pour plus de diversité

Certaines marques sont néanmoins reconnues pour leurs castings diversifiés, comme H&M, Givenchy et Balmain. Les égéries telles Lupita Nyong'o ou Hanaa Ben Abdesslem seront-elles un jour banales?

La diversité des corps

Si de plus en plus d'enseignes étendent leurs gammes aux grandes tailles, d'autres telles que Sandro, Maje ou The Kooples continuent de limiter leurs collections avec un (petit) 42 en taille maximale. Un choix pas toujours bien perçu par des consommatrices à la morphologie plus variée que les standards imposés par ces marques.

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