L'évocation de la maternité est aujourd'hui immanquablement liée à l'idée d'un instinct maternel inné. Les termes d'instinct et d'amour maternel sont souvent confondus, laissant entendre que la maternité serait indissociable de ces deux notions. On parle ainsi d'amour maternel instinctif ou inné, supposant une compétence innée des femmes pour la maternité, transmise génétiquement et inscrite dans le patrimoine de l'espèce. Mais qu'en est-il réellement de cet instinct maternel ? Est-il une réalité biologique immuable ou une construction sociale et psychique complexe ? Cet article propose d'explorer la notion de défaillance maternelle à travers le prisme de la psychanalyse, en questionnant l'existence d'un instinct maternel et en analysant les enjeux psychiques et sociaux qui entourent la maternité.
L'instinct maternel : un mythe tenace ?
Variabilité de la maternité : au-delà de la prédestination biologique
L'idée d'un instinct maternel implique une prédestination des femmes pour la fonction maternelle, assurant une certaine constance dans leur attitude et leur savoir-faire de génération en génération. Les défenseurs de cette thèse mettent en avant la profusion hormonale qui a lieu chez la femme enceinte, notamment la prolactine, surnommée "hormone du maternage", qui favoriserait l'instauration d'un bon maternage. La stimulation des mamelons, qui entretient un taux élevé de prolactine, expliquerait en partie le rôle de l'allaitement dans l'expression de cet instinct.
Bergeret-Amselek affirme même que "Notre psychisme se dilate bel et bien, comme notre corps tout entier pour contenir l’enfant et le laisser sortir". Selon elle, toute femme a accès à l'instinct maternel, une capacité enfouie au fond d'elle-même, lui permettant de s'identifier aux besoins et aux désirs de son enfant. Elle avance l'idée que les parents grandissent en même temps que les bébés, surmontant les difficultés liées aux transformations radicales et définitives de leur identité.
D'autres auteurs, comme W. Sluckin, M. Herbert et A. Sluckin, adoptent une position intermédiaire, reconnaissant l'importance de l'environnement dans l'expression de l'instinct maternel. Selon eux, la tendance normale de tout être humain est de s'occuper des petits, mais l'éducation et le contexte socio-culturel peuvent influencer, voire dominer cet instinct.
Cependant, cette variabilité de l'instinct maternel soulève des questions. Comment définir un instinct qui se manifeste chez certains et pas chez d'autres ? La philosophe E. Badinter souligne l'inconstance de l'amour maternel à travers l'histoire, démontrant qu'il s'agit d'un "comportement social variable selon les époques et les mœurs". Elle interroge le caractère constant qu'impliquerait l'instinct maternel, suggérant qu'il pourrait s'agir d'une pression sociale visant à ce que la femme trouve son épanouissement exclusivement dans la maternité.
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J.-M. Delassus met également l'accent sur le manque d'uniformité de la maternité comme preuve qu'elle ne relève en rien d'un programme génétique. Il parle d'un "équilibre suffisant" nécessaire à la mère, relevant d'une nature psychique qui viendrait compléter l'équipement biologique.
Normalité versus anormalité : le poids du jugement social
Si l'on admet qu'une mère peut manquer d'instinct, elle est souvent considérée comme anormale, ayant souffert d'une quelconque anomalie dans son développement psychique. Il semblerait qu'il y ait un parallèle effectué entre l'appareillage biologique de l'enfantement, dont toute femme est systématiquement et normalement pourvue à la naissance, et l'appareillage psychique adéquat, qui permettrait aux mères d'être aptes à élever leur progéniture.
E. Erikson affirme que "la configuration somatique de la femme abrite un espace intérieur destiné à porter la descendance d’hommes qu’elle a choisi et, avec lui, l’engagement biologique, psychologique et éthique de prendre soin des petits humains". Cette vision renforce le stéréotype populaire qui confond la spécificité de la matrice de la femme et la spécificité de sa fonction de mère.
Badinter souligne que cette spécificité anatomique de la femme est souvent utilisée pour justifier l'indulgence accordée à l'homme, qui se trouve dans un rapport moins fusionnel avec l'enfant. La mère, qui a été reliée à l'enfant par le cordon ombilical et qui l'a porté en elle, devrait de ce fait le considérer comme une part d'elle-même, dans un rapport instinctuel auquel le père ne pourrait qu'être étranger.
Cette indifférenciation entre le psychique et le biologique est probablement à l'origine de l'incompréhension envers celles qui n'auraient pas conservé intact le cordon symbolique, à défaut de pouvoir conserver le lien biologique. Ce cordon symbolique serait un amour systématique et inconditionnel pour sa progéniture, un amour immédiat qui relèverait de l'instinct et qui ne pourrait donc de ce fait être absent.
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L'héritage psychanalytique : entre normalisation et culpabilisation
Le discours psychanalytique hérité de S. Freud a eu le mérite de nous faire reconnaître l'importance du psychisme dans le développement humain, mais a aussi contribué à une certaine normalisation de la maternité pour la femme. La théorie du monisme sexuel phallique de S. Freud explique que la fille connaîtra la double difficulté de devoir changer d'objet d'amour (mère -> père) et de devoir changer d'objet de satisfaction (clitoris -> vagin). Cette phase préœdipienne, qui est l'attachement à la mère, est pour la fille une complication supplémentaire mais indispensable. Faire l'économie de cet attachement préœdipien serait pour la femme courir le risque d'un manque d'intériorisation qui lui serait fatal lorsqu'il lui faudrait être mère à son tour. M. Bonaparte signale que le manque d'identification à la mère serait pathogène pour la fonction érotique maternelle et entraînerait une absence d'instinct maternel.
La psychanalyse nous explique donc que le processus de la maternité se met en place progressivement et va bien au delà d'une simple histoire d'hérédité. Elle met l'accent sur l'importance de l'identification à la mère qui se déroule de manière différente selon les contextes et les histoires individuelles. Une identification saine dans un complexe d’Œdipe ordinaire devrait par conséquent permettre aux femmes de bien vivre leur féminité et tout ce qui la caractérise. Du même coup, l’on est bien obligé de déplorer que celles qui n’auront pas de désir d’enfant ou qui manifesteront un quelconque rejet de leur enfant, ne pourront pas, de ce point de vue, être considérées comme normales. Une contrariété aurait entravé le bon déroulement du processus identitaire de ces mères dénaturées.
Le discours psychanalytique va par conséquent dans le sens d'un idéal de la maternité pour la femme, et de ce fait, discrédite quelque peu toutes celles qui dévient de cet idéal. Tel le discours de H. Deutsch, qui s'inscrivait certes dans un contexte différent, mais qui était déjà critiqué à l'époque, de sorte que l'auteur dut en fin de vie réajuster sa position en apportant des corrections qui n'ont pas entièrement emporté la conviction des esprits les plus critiques.
En résumé, l’on peut dire que l’image de la femme selon H. Deutsch est une icône plus intuitive qu’intelligente - l’intelligence étant une qualité masculine - dont la réceptivité intérieure est très grande, qualité inestimable qui lui permet d’assumer sa destinée biologique. Selon cet auteur, la femme aurait un psychisme particulier en parfaite adéquation avec le rôle maternel qui s’inscrit dans le sacrifice. Sa nature sacrificielle est ainsi mise en avant comme une particularité féminine qui va dans la continuité de sa spécificité anatomique.
De tels propos ont contribué à véhiculer l'idée pour la femme de la logique d'un don total de sa personne en matière de maternité, excluant par la même occasion toutes celles, insuffisamment masochistes, qui n'auraient pas su mettre à profit cette inclinaison dite naturelle pour le sacrifice.
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Le défaut de lien ou la mère indigne : une souffrance incomprise
L'idée d'un amour maternel qui va de soi ne peut que jeter l'anathème sur les mères dans la difficulté et rendre leur souffrance incompréhensible. J.-M. Delassus explique que la souffrance maternelle est muette parce qu'elle fait honte aux femmes qui l'éprouvent. L'exclusion guette en effet ces femmes considérées comme incapables. L'auteur insiste sur le fait qu'il s'agit d'une souffrance méconnue.
La passion maternelle : une alternative à l'instinct
Définition de la passion maternelle
La passion maternelle est une reconquête, une perlaboration-sublimation continue de la pulsion de vie et de mort, qui dure toute la vie et au-delà. Elle se distingue des émotions par sa transformation en amour (idéalisation, projet de vie dans le temps, dévouement, etc.), avec son corrélat de haine plus ou moins atténuée. La mère est au carrefour de la biologie et du sens, et la passion maternelle débiologise le lien à l'enfant, sans pour autant se détacher complètement du biologique.
La passion maternelle ne porte pas la trace du clivage : elle est constituée dès le début par le clivage qu'impose la cohabitation devenue flagrante, voire éprouvante, entre biologie et sens. Ce clivage trouve d'emblée sa représentation psychique, plus ou moins insoutenable, dans la passion de la femme enceinte pour elle-même. L'ambivalence passionnelle est présente dès ces commencements, car le narcissisme de la femme enceinte est tout à la fois renforcé et déstabilisé : en perte d'identité à la suite de l'intervention de l'amant-père, "elle-même" se dédouble en abritant un tiers inconnu, un pré-objet informe.
A cette première étape de la passion tournée vers le dedans ou vers rien, succède la passion de la mère pour le nouveau sujet que sera son enfant : à condition que l'enfant cesse d'être son double à elle- "bon" ou "mauvais" -, et que la mère s'en détache pour lui permettre de devenir un être autonome. Cette motion d'expulsion, de détachement est essentielle. C'est dire que le négatif habite d'emblée la passion maternelle.
Les deux motions contradictoires du négatif
Dans cet apprentissage de la relation à l'autre qu'est la maternité, la mère est en proie à deux motions contradictoires du négatif: à la fois la plus grande intensité de la pulsion (l'« identification projective » de Melanie Klein - par laquelle le sujet s'introduit dans l'autre pour le posséder, le contrôler, lui nuire - est celle de la mère avec le bébé tout autant que celle du bébé avec la mère), et une inhibition de la pulsion quant au but, qui permet à l'affect de se muer en tendresse, en soin, en bienveillance.
Sans une expérience optimale de la passion maternelle biface (repli narcissique menacé par la toute-puissance maniaque, puis lien à l'objet par l'identification projective, elle-même sublimée en tendresse), le sujet femme atteint très difficilement un rapport à l'autre sexe, et plus généralement à l'autre, qui ne soit pure émotion osmotique (attachement/adversité), ou pure indifférence (refoulement, dissociation ou clivage).
La passion maternelle, au sens structurel de l'expérience, peut être vécue réellement par une femme, sans gestation et accouchement, par l'adoption, par le recours à une "mère porteuse" ou à d'autres inventions techniques à venir, ou bien, sur un autre registre, dans des liens de soins, d'éducation et d'enseignement, dans des liens de couple, voire dans ceux de la vie de type associatif.
La maternité : une perlaboration préanalytique de la perversion et de la "psychose féminine"
La maternité, avec ses violences d'amour et de haine, ressemble à une analyse des états limites et des perversions. De même qu'il existe des expériences préreligieuses du besoin de croire, ou des expériences pré-politiques de la pluralité du monde, la maternité est une perlaboration préanalytique de la perversion et de la "psychose féminine" favorisées par la grossesse.
Les facteurs internes à la passion maternelle : le père, le temps et le langage
Un certain détachement-dépassionnement se produit dans la plupart des cas, qui confère à l'amour maternel sa force d'étayage psychique et vital. Trois facteurs internes à la passion maternelle favorisent ce métabolisme de la passion en dépassionnement : la place du père, le temps et l'apprentissage du langage.
Le rôle essentiel du père ou de son représentant induit une réappropriation de la structure œdipienne triangulaire, telle que la mère puisse refaire, réparer ou analyser son propre Œdipe, après que la petite fille qu'elle a été l'eut raté, toujours plus ou moins.
L'apprentissage du langage par l'enfant est un réapprentissage du langage par la mère. Dans l'identification projective de la mère et de l'enfant, la génitrice habite la bouche, les poumons, le tube digestif de son rejeton, et, en accompagnant les écholalies, le conduit aux signes, aux phrases, aux récits : infans devient un enfant, un sujet parlant. Ce faisant, chaque mère accomplit à sa façon la recherche proustienne du "temps perdu" : c'est en parlant la langue de son enfant qu'une femme remédie pas à pas à la "non congruence", à l'abîme qui sépare affect et cognition.
Winnicott : La mère "suffisamment bonne"
Winnicott, psychanalyste et pédiatre anglais, introduit la notion de "mère suffisamment bonne" ( good enough mother). Il est né en Angleterre, à Plymouth en 1896, et mort à Londres en 1971. Il a grandi dans un milieu très provincial. Son père était maire. Vers 16 ans, il a une vocation médicale. Il a exercé à Londres et s'est spécialisé dans les soins pour enfants. Il a commencé la psychanalyse à 40 ans, avec James Strachey, puis avec Mélanie Klein.
La mère "suffisamment bonne" est celle qui s'adapte aux besoins de son enfant dans les premières semaines après la naissance. Le nourrisson ne se souviendra pas de cet état. Il s'agit d'une période de grande dépendance. La mère suffisamment bonne permet à l'enfant de vivre un épisode schizoïde, qui n'est pas pathologique. Elle lui offre les conditions nécessaires à son développement.
Elle permet une adéquation totale entre la mère et son bébé. Elle est capable de porter psychiquement et physiquement l'enfant. Elle sait ce qu'il faut à l'enfant, ce qui est bon pour lui. Cela ne veut pas dire que la plupart des mères sont parfaites, mais qu'elles sont suffisamment bonnes, même si elles savent qu'elles ne sont pas parfaites et qu'elles connaissent des défaillances transitoires.
La mère suffisamment bonne permet à l'enfant de construire lui-même la réalité extérieure, petit à petit. L'enfant intègre les soins maternels dans ce qu'ils ont de bon ou de mauvais, en tire profit ou en souffre, et là s'arrête sa participation. La mère n'est pas là pour donner des réponses à sa place, mais pour répondre au détail des soins dont il a besoin, en fonction de ses caractéristiques personnelles et de leur adéquation.
L'objet transitionnel
L'objet transitionnel est un concept développé par Winnicott. Il apparaît lorsque l'enfant n'est plus totalement dépendant de sa mère. Il n'est pas encore capable de s'en passer, mais il commence à s'en séparer. Il a besoin d'un objet pour se sentir en sécurité. L'objet transitionnel permet de se séparer de la mère. L'enfant a des souvenirs et il a confiance en l'environnement. Il peut projeter ses besoins sur autre chose. Ainsi il pourra répondre, prendre en charge le langage.
L'objet transitionnel est un objet de toute-puissance magique (il a fabriqué le lait qu'il reçoit). Il a une consistance et permet de rétablir la continuité menacée par la séparation. L'objet transitionnel est une possession non-Moi de l'enfant. Il doit avoir subi les attaques de l'enfant, il ne doit pas être changé par l'extérieur, et doit conserver une permanence. L'enfant a tous les droits sur l'Objet, le mord, le suce et le mutile. L'Objet survit à son agressivité.
L'objet transitionnel est une réalité psychique intérieure du monde extérieur. Il est à l'origine de la culture et de la communication, du langage et du jeu, de l'art… Le phénomène transitionnel permet le passage dans cette zone. Il y a à la fois une projection narcissique et une relation objectale.
Agressivité et culpabilité
L'agressivité a un but et ne se soucie pas des conséquences (contrairement à un comportement). L'agressivité fait partie de l'amour. Elle est une attaque imaginaire (du corps de la mère, de l'extérieur, de soi). L'enfant n'est pas responsable de son agressivité. La culpabilité apparaît dans les relations objectales, où l'intégration du Moi est suffisante. L'enfant est capable de se sentir coupable, de ressentir du chagrin. La culpabilité répare le besoin coupable et agressif. Elle crée le besoin de donner, son propre besoin de construire et de réparer. Une partie de l'agressivité donne naissance aux fonctions sociales.
La défaillance de la mère peut entraîner une absence de la culpabilité et un renforcement de la haine et de l'agressivité. L'agressivité est un élément nécessaire au développement. La mère suffisamment bonne entretient l'illusion positive et permet à l'enfant de se forger un vrai self, c'est à dire de passer de la non-intégration primaire, archaïque, à l'intégration, au "je". Le vrai self est le geste spontané, l'idée personnelle, le potentiel, l'Objet transitionnel. Il peut être ressenti comme réel. Il est issu du processus primaire (condensation, déplacement…). L'enfant voit que c'est accepté par l'extérieur.
Le faux self
Le faux self apparaît lorsque l'enfant s'adapte les événements extérieurs. Il se crée un environnement par peur de la désintégration, un sentiment d'inutilité, de vide, de néant, de futilité de l'existence. Le monde devient alors fallacieux, falsifié, il n'existe pas vraiment. L'enfant se met à faire "comme si". Il viendra à transformer son self en fonction de l'environnement. Il connaît les choses mais ne les habite pas. Il est dans un rapport à la réalité extérieure et une partie du Surmoi.
La partie saine de la personnalité, c'est celle qui imagine, qui joue. Elle nous donne le sentiment d'exister, étant nous-même, nous représentant spécifiquement à soi-même. Elle répond à un objectif très précis.
Le squiggle game
Le squiggle game est un jeu de gribouillage inventé par Winnicott. Il se joue entre le thérapeute et l'enfant. Quelles sont les questions que se pose le thérapeute durant la consultation : quoi l'individu a besoin ici et maintenant ? A quoi il est confronté ? Il s'agit de créer une aire de jeu entre eux deux, de permettre à l'enfant de le transformer, d'en faire quelque chose. Le thérapeute fait un gribouillis, et l'enfant complète. Ensuite c'est l'enfant qui fait un gribouillis, et le thérapeute complète. Cela permet d'atteindre la zone de conflit, le point de détresse, sans que l'enfant n'ait à être très angoissé. Cela permet l'expression, dans le matériel psychique. Il n'est pas nécessaire de voir un enfant tous les 6 mois, ou tous les ans.
La régression
La régression est un concept important en psychanalyse. Les patients borderline et psychotiques ont peur de la régression, de dépendance vis à vis du thérapeute. Winnicott insiste sur la relation que le nourrisson entretient avec sa mère. Il distingue trois types de dépendance : dépendance absolue, dépendance relative et l'indépendance. Le but de la thérapie est de permettre la régression, primitive, dans laquelle le sujet aura le sentiment d'être totalement admis, soutenu. Les patients qui n'ont pas confiance en l'environnement voient les propositions du thérapeute comme autant d'empiètements sur la liberté.
Dans un premier temps, le patient n'a aucun désir et il ne sait pas qu'il a ce besoin. C'est en élaborant les choses qu'il constatera qu'il est dépendant. Le patient ressent alors la colère, qu'il se sent autorisé à exprimer. La régression permet de retrouver la carence initiale, la fonction de l'environnement primaire défaillant. Il faut avoir confiance en l'environnement pour pouvoir régresser. Si l'individu se laisse aller à l'intérieur du corps, la régression pourrait être irréversible. La régression est la crainte de l'effondrement, ce contre quoi d'ailleurs il a toujours lutté. Le patient a peur de la régression, contre la crainte de l'effondrement, mais en réalité l'effondrement a déjà eu lieu.
Les patients ont tendance à se défendre de leur avenir, alors qu'ils devraient plutôt se défendre de leur passé. Le but de la thérapie est de permettre de revivre un évènement qui était trop immature pour vivre et éprouver l'évènement, un évènement qui s'est produit mais qui n'a pas été éprouvé. Le but de la thérapie n'est pas de leur faire ré-éprouver l'évènement, mais de lui permettre d'éprouver l'évènement, afin de ne pas en garder les séquelles.
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