Le décollement placentaire est une complication grave de la grossesse qui peut avoir des conséquences importantes pour la mère et l'enfant. Il est essentiel de comprendre les causes, les symptômes et les traitements de cette condition afin d'assurer une prise en charge rapide et efficace.

Qu'est-ce que le Décollement Placentaire ?

Comme son nom l'indique, le décollement placentaire correspond au décollement prématuré d'une partie du placenta de la paroi utérine. « Alors que le placenta est normalement inséré (placé au fond de l'utérus), une partie se décolle. Un caillot peut alors se former » explique le Dr Tournaire, gynécologue. En d'autres termes, le placenta, qui est normalement attaché à la paroi utérine jusqu'à l'accouchement, se sépare prématurément. Cette séparation peut être partielle ou totale et peut entraîner des complications graves.

L'hématome rétroplacentaire représente la forme la plus fréquente de décollement placentaire. Cette urgence obstétricale résulte de la formation d’un caillot de sang entre la caduque basale (la couche de l’endomètre qui accueille le placenta) et le placenta. Ce saignement interne entrave la circulation sanguine entre la mère et le fœtus, ce qui peut altérer le développement fœtal.

Gravité et Conséquences

Le décollement du placenta peut avoir de lourdes conséquences : hémorragies chez la maman, fausse couche, être la cause d'un naissance prématurée, décès de l'enfant …« Le décollement du placenta peut être plus ou moins grave selon la taille de zone décollée. En effet, rappelons que c'est via le placenta que le bébé respire et se nourri. Ainsi, si la partie décollée est importante, ce lien entre la mère et l'enfant peut être endommagé » explique notre expert. « Si une partie importante du placenta se décolle, ce dernier ne peut plus délivrer d'oxygène à l'enfant. Ceci peut alors le décès du foetus » explique Dr Tournaire.

Un décollement placentaire important peut, en effet, provoquer un accouchement prématuré, un manque d’apport en oxygène pour le fœtus voire la mort du fœtus. Il peut aussi provoquer une coagulation intravasculaire disséminée chez la mère, une complication grave liée à une perte massive de sang (saignements vaginaux).

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La gravité du décollement placentaire dépend fortement du trimestre de grossesse pendant lequel il survient. Pour un décollement placentaire au premier trimestre, on parle souvent de petits hématomes déciduaux ou sous-chorioniques qui constituent des cas relativement fréquents mais généralement bénins. Néanmoins, ce type de décollement peut également être à l’origine de fausses couches à répétition.

Après 2 mois de grossesse, le risque devient plus prégnant. Plus la grossesse avance et le terme approche, plus le placenta joue un rôle majeur et assure des fonctions essentielles. Grâce au placenta, le fœtus reçoit l’oxygène et les nutriments nécessaires à son développement. C’est la raison pour laquelle un hématome rétroplacentaire survenant pendant le second ou le troisième trimestre aura les conséquences les plus graves.

Causes et Facteurs de Risque

Le décollement du placenta n'a pas forcément une cause précise. La raison de ce décollement est souvent difficile à déterminer. Seule raison souvent responsable d'un décollement prématuré du placenta : l'hypertension. « En cas de décollement du placenta, le médecin prescrit souvent un traitement contre l'hypertension afin de réduire les risques.

Ainsi, si les causes du décollement du placenta restent souvent inconnues, de nombreux facteurs de risque ont été identifiés :

  • L’hypertension artérielle, en particulier en cas de prééclampsie ;
  • L’âge maternel élevé ;
  • Un placenta praevia ;
  • Un antécédent de décollement placentaire ;
  • Des malformations du col ou de l’utérus ;
  • Un traumatisme abdominal (accident de voiture, chute grave…) ;
  • Le tabagisme ;
  • La consommation de cocaïne ;
  • La consommation d’alcool ;
  • Des troubles de la coagulation sanguine ;
  • Des anomalies chromosomiques du fœtus…

Plusieurs facteurs peuvent être à l'origine d'un décollement placentaire, dont principalement :

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  • Traumatisme abdominal : Un choc violent au niveau de l'abdomen, comme lors d'un accident de voiture ou d'une chute, peut provoquer un décollement placentaire.
  • Hypertension artérielle (liée à la grossesse ou chronique) : L'hypertension (HTA) chez la femme enceinte peut entraîner une mauvaise implantation du placenta, favorisant ainsi son décollement.
  • Infections intra-amniotique : L'infection intra-amniotique se caractérise par une infection, ainsi que l'inflammation qui en découle, affectant le chorion, l'amnios, le liquide amniotique, le placenta, la caduque basale, le fœtus ou leur association.
  • Autres facteurs possibles : Âge maternel élevé, ischémie placentaire (insuffisance placentaire) se manifestant par un retard de croissance intra-utérin, vascularites, antécédents de décollement placentaire, consommation de tabac, consommation de cocaïne.

Signes et Symptômes

Les signes du décollement sont assez facilement reconnaissables : il y a généralement une perte de sang accompagnée par des contractions ainsi qu’une anomalie du rythme cardiaque du bébé. Des symptômes sans équivoques, similaires à aucune autre situation. Néanmoins, dans certains cas, il y a une absence de symptômes (sinon une douleur abdominale). Le décollement placentaire peut alors passer inaperçu.

Le décollement placenta au 1er trimestre se caractérise par une large diversité de signes cliniques. Toutefois, les saignements vaginaux constituent l’un des symptômes les plus fréquents. Les pertes sanguines rouge foncé peuvent être associées à des douleurs abdominales localisées ou diffuses, légères à intenses.

Certaines femmes enceintes décrivent également une sensation de pesanteur ressentie au niveau du bas-ventre. Relativement rares au cours du premier trimestre de grossesse, les contractions utérines représentent, à ce titre, un signal d’alerte à ne surtout pas négliger. En outre, des symptômes plus rares, comme une sensation de malaise, une pâleur extrême ou une tension artérielle abaissée, peuvent apparaître en cas d’hémorragie importante.

Au cours du 1er trimestre de grossesse, des saignements vaginaux sont susceptibles de survenir, sans qu’ils ne revêtent un caractère anormal ou ne soient le signe d’un décollement ou d’une fausse couche. Dans ce cas, on parlera davantage de "spotting" pour qualifier ces petites pertes sanguines, souvent rosées ou marron clair.

Généralement indolores, ces saignements vaginaux légers sont assez courants en tout début de grossesse, car ils résultent de l’implantation de l’embryon au sein de la muqueuse utérine. Les importantes fluctuations hormonales en cours à ce stade précoce peuvent également expliquer ces spottings.

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Les pertes marron, quant à elles, révèlent souvent une perte sanguine ancienne qui n’aurait pas été évacuée rapidement et se serait légèrement oxydée. Il n’y a bien souvent pas lieu de s’inquiéter davantage qu’en présence d’un spotting plus classique. Elles ne sont pas systématiquement préoccupantes si elles sont isolées, mais peuvent nécessiter une consultation médicale par précaution. En revanche, un saignement rouge vif, abondant et accompagné de douleurs pelviennes vives, requiert une prise en charge en urgence, car il peut être le signe d’une fausse couche.

Diagnostic

C'est via une échographie et une série de tests que votre médecin pourra constater ou non s'il y a décollement du placenta ainsi que la taille de la zone décollée de la paroi utérine.

La suspicion d'un décollement placentaire au 1er trimestre de grossesse peut être évoquée devant l'apparition de signes tels que des douleurs abdominales, des contractions ou des saignements vaginaux. La surveillance de la fréquence cardiaque fœtale, parfois complétée par des analyses sanguines de la coagulation et des indications échographiques occasionnelles, constitue le protocole de diagnostic du décollement placentaire (hématome rétroplacentaire). Ce dernier est suspecté en présence de l'un des événements suivants après le premier trimestre de la grossesse :

  • Saignements vaginaux
  • Douleur ou sensibilité utérine
  • Souffrance ou mort fœtale
  • Choc hémorragique
  • CIVD (Coagulation Intravasculaire Disséminée)

Le bilan du décollement placentaire (hématome rétroplacentaire) peut inclure divers examens tels que l'enregistrement du rythme cardiaque fœtal, la numération formule sanguine, le typage sanguin et Rh, le temps de prothrombine, le temps partiel de thromboplastine, la mesure du fibrinogène, le dosage des PDF (Produits de Dégradation de la Fibrine), une échographie pelvienne, et éventuellement le test de Kleihauer-Betke chez les patientes présentant un facteur Rh négatif.

Traitement

En cas de décollement du placenta, le médecin prescrit souvent un traitement contre l'hypertension afin de réduire les risques.

En cas de décollement minime, vous serez certainement arrêtée avec pour ordre un repos complet jusqu’à résorption ou jusqu’au terme. Si votre vie ou celle de votre bébé est en danger, une césarienne peut être envisagée en urgence.

Il n’existe malheureusement pas de traitement pour résorber un décollement placentaire. Ainsi, de nombreuses femmes enceintes touchées par cette complication sont contraintes à l’hospitalisation afin de bénéficier d’une surveillance renforcée : contrôles réguliers des constantes (tension, coagulation…), monitoring et échographies fœtales… Dans la plupart des cas, le repos strict avec alitement complet doit être observé. En outre, un accouchement prématuré peut être programmé si la santé de la mère ou du bébé est en jeu.

Résorption et Rétablissement

Le temps de résorption d’un hématome rétroplacentaire dépend de sa taille, de son emplacement et de l’état général de la patiente. En moyenne, cela peut prendre quelques semaines à un mois. Différents examens de contrôle sont alors pratiqués afin d’observer au fur et à mesure l’évolution de l’hématome.

Il est fréquent de constater une amélioration progressive, parfois complète, de l’hématome, à condition que la femme enceinte suive bien les recommandations médicales et bénéficie d’un suivi régulier.

Le placenta ne "se recolle" pas à proprement parler. Dans les cas de décollement partiel, l’hématome peut, en revanche, se résorber, permettant ainsi la poursuite de la grossesse dans des conditions de quasi-normalité.

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