Le déclenchement de l'ovulation est une étape cruciale dans les traitements de fertilité, notamment dans le cadre de la procréation médicalement assistée (PMA). Parmi les médicaments utilisés pour ce déclenchement, la gonadotrophine chorionique (hCG), commercialisée sous le nom de Pregnyl, joue un rôle important. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble détaillée du protocole de déclenchement de l'ovulation avec Pregnyl, en expliquant son mécanisme d'action, son utilisation, et les aspects importants à considérer.

Le cycle ovarien et son contrôle hormonal

Le cycle ovarien est un processus complexe régulé par des hormones, principalement les gonadotrophines : l'hormone folliculo-stimulante (FSH) et l'hormone lutéinisante (LH). Ces hormones sont produites par l'hypophyse, une glande située dans le cerveau, sous l'influence d'une neurohormone appelée GnRH.

  • FSH : Stimule la maturation des follicules ovariens pendant la phase folliculaire.
  • Œstrogènes : Sécrétés par les follicules en croissance, ils agissent sur l'endomètre en favorisant la prolifération cellulaire et l'épaississement de la muqueuse utérine, essentielle à l'implantation de l'embryon. Les œstrogènes induisent également un pic de LH, spécifique de l'ovulation.
  • LH : Son pic provoque la rupture du follicule ovarien, libérant l'ovocyte dans la trompe de Fallope. Après l'ovulation, la LH transforme le follicule en corps jaune, qui produit de la progestérone.

Stimulation ovarienne : Optimisation de la phase folliculaire

La stimulation ovarienne a pour objectif d'optimiser la phase folliculaire du cycle ovarien. Elle est réalisée grâce à un traitement hormonal personnalisé, adapté aux données cliniques de la patiente, notamment à sa réserve ovarienne. Ce traitement peut inclure :

  • Injection quotidienne d'hormones : Administrée par voie sous-cutanée, souvent par la patiente elle-même.
  • Blocage des ovaires : Afin de contrôler totalement les cycles ovarien et menstruel, une phase de blocage ovarien peut être nécessaire, inhibant la production hormonale par l'hypophyse (FSH et LH) à l'aide d'agonistes ou d'antagonistes du GnRH. Un contrôle échographique et une prise de sang sont réalisés 15 à 20 jours après le début du traitement pour vérifier la mise au repos des ovaires.

Types de stimulation ovarienne

  • Insémination artificielle intra-utérine : La stimulation ovarienne permet d'améliorer l'ovulation et d'en contrôler le timing, induisant la maturation de trois follicules ovariens maximum pour réduire les risques de grossesses gémellaires.
  • Fécondation in vitro (FIV classique ou FIV-ICSI) : L'objectif est de stimuler au maximum les ovaires pour qu'ils produisent le plus grand nombre d'ovocytes possible.
  • Stimulation ovarienne simple : Moins lourde que celle mise en place en PMA, elle favorise la maturation des follicules ovariens chez les femmes qui ovulent mal ou pas du tout.

Médicaments utilisés pour la stimulation ovarienne simple

  • Anti-œstrogènes (Citrate de clomifène ou Clomid®) : En bloquant l'action des œstrogènes, ils induisent une augmentation de la sécrétion de GnRH, LH et FSH par le cerveau.
  • Gonadotrophines : La FSH est administrée durant la phase folliculaire, stimulant la croissance des follicules ovariens et évitant leur dégénérescence rapide. Ce traitement est réservé aux femmes ayant une réserve ovarienne satisfaisante.
  • Pompe à GnRH : Ce dispositif libère des microdoses de GnRH, stimulant la libération de LH et FSH par l'hypophyse.
  • Metformine : Utilisée en cas d'obésité, de diabète ou de syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) qui peuvent perturber l'ovulation. Les biguanides, dont la metformine fait partie, augmentent le taux de cycles ovulatoires et diminuent l'hyperandrogénie, améliorant potentiellement la fertilité chez les patientes atteintes du SOPK.

Déclenchement de l'ovulation avec Pregnyl

Lorsque les follicules ovariens ont atteint un nombre et une taille satisfaisants, l'ovulation est déclenchée. Une injection unique d'hormone chorionique gonadotrope (hCG), comme Ovitrelle® ou GONADOTROPHINE CHORIONIQUE IBSA, est réalisée pour mimer le pic de LH spécifique de l'ovulation.

Gonadotrophine Chorionique IBSA : Informations importantes

  • Surveillance médicale : Les traitements par des hormones gonadotropes peuvent provoquer un syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO), une situation médicale grave nécessitant une surveillance étroite par un médecin. Des échographies sont réalisées pour vérifier les effets du traitement.
  • Risques associés : Le SHO provoque une accumulation soudaine de liquide dans les régions abdominale et thoracique, et peut entraîner la formation de caillots sanguins. La torsion ovarienne est également un risque potentiel.
  • Grossesses multiples : Si le traitement par GONADOTROPHINE CHORIONIQUE IBSA entraîne une grossesse, il existe un risque plus important de grossesses gémellaires ou multiples, qui comportent un risque accru pour la santé de la mère et des bébés.
  • Fausse couche et grossesse extra-utérine : Chez les femmes suivant un traitement de fertilité, il existe un risque légèrement plus important de fausse couche ou de grossesse hors de l'utérus. Une échographie précoce est donc nécessaire pour exclure cette possibilité.
  • Interactions médicamenteuses : Informez votre médecin ou pharmacien si vous prenez, avez récemment pris ou pourriez prendre tout autre médicament, y compris sans ordonnance médicale.
  • Grossesse et allaitement : Ne prenez pas GONADOTROPHINE CHORIONIQUE IBSA si vous êtes enceinte ou si vous allaitez.
  • Administration : GONADOTROPHINE CHORIONIQUE IBSA est une poudre à dissoudre avec un solvant avant utilisation. Elle est administrée par injection sous la peau (voie sous-cutanée) ou dans un muscle (voie intramusculaire). La solution doit être préparée juste avant l’injection.

Préparation et administration de GONADOTROPHINE CHORIONIQUE IBSA

  1. Préparation :
    • Lavez-vous les mains et préparez une surface de travail propre.
    • Montez l’aiguille de reconstitution (aiguille longue) sur la seringue et vérifiez qu’elle est bien fixée.
    • Lors de la préparation de deux flacons, prélevez le contenu reconstitué du premier flacon dans la seringue et injectez-le lentement dans le deuxième flacon.
    • Remettez le capuchon protecteur sur l’aiguille longue et remplacez-la par l’aiguille courte pour injection sous-cutanée.
    • Vérifiez que l’aiguille courte est correctement fixée.
  2. Injection :
    • Retirez le capuchon protecteur de l’aiguille.
    • Dirigez l’aiguille vers le haut et tapotez légèrement la seringue pour faire remonter les bulles d’air.
    • Appuyez sur le piston jusqu’à ce qu’un peu de liquide apparaisse en haut de l’aiguille.
    • Pincez fermement la peau entre vos doigts à l'endroit indiqué par votre médecin (généralement la cuisse ou le ventre en dessous du nombril).
    • Insérez l'aiguille complètement dans la peau.
    • Injectez tout le contenu de la seringue en poussant lentement le piston.
    • Retirez immédiatement l'aiguille et appuyez sur le point d'injection.
    • Massez doucement le point d’injection pour disperser la solution et soulager tout inconfort.
  3. Élimination : Jetez immédiatement toutes les aiguilles et seringues vides dans un récipient approprié.

Effets secondaires possibles

  • Syndrome d'hyperstimulation ovarienne (SHO) : Stimulation excessive légère ou modérée des ovaires, caractérisée par une hypertrophie des ovaires, des kystes ovariens, des douleurs abdominales accompagnées de vomissements et de nausées. Dans les cas sévères, le SHO peut entraîner des douleurs dans le bas-ventre, des nausées, des vomissements, une prise de poids, une accumulation de liquides dans l'abdomen (ascite) ou la poitrine (épanchement pleural).

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  • Formation de caillots dans les vaisseaux sanguins (événements thromboemboliques) : Complication possible du SHO.

  • Autres effets indésirables : Consultez votre médecin ou votre pharmacien si vous ressentez un quelconque effet indésirable.

Conservation

  • Conserver à une température ne dépassant pas 25°C.
  • Conserver le flacon et la seringue préremplie de solvant dans l’emballage d’origine, à l’abri de la lumière.
  • A utiliser immédiatement après reconstitution.
  • N’utilisez pas ce médicament après la date de péremption indiquée sur l’emballage extérieur, le flacon et la seringue préremplie de solvant.
  • N’utilisez pas GONADOTROPHINE CHORIONIQUE IBSA si vous remarquez que la solution n'a pas l'air limpide (trouble ou avec présence de particules visibles).

Monitorage de la stimulation ovarienne

La phase de stimulation hormonale de l’ovaire n’a pas de durée précise : elle dépend de la réponse de la patiente au traitement. Le bon déroulement de cette période est contrôlé toutes les 48 heures par le gynécologue au cours du monitorage des ovaires.

  • Échographie : Permet de quantifier le nombre de follicules ovariens en croissance et de les mesurer.

  • Prise de sang : Permet de doser le taux de certaines hormones. L’ovulation est déclenchée lorsque le 17β-estradiol, reflet de la maturation folliculaire, atteint un seuil jugé satisfaisant.

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Risques et effets secondaires de la stimulation ovarienne

  • Grossesse gémellaire : L’un des principaux effets secondaires de la stimulation ovarienne est l’augmentation du risque de grossesse gémellaire, potentiellement plus difficile et plus risquée qu’une grossesse simple.

  • Hyperstimulation ovarienne : Le plus gros danger de la stimulation ovarienne demeure l’hyperstimulation observée en cas de réponse excessive de l’ovaire aux traitements. Elle se manifeste par une augmentation du volume des ovaires qui contiennent un nombre élevé de corps jaunes. Des vaisseaux sanguins se forment en nombre au sein de l’ovaire, produisant de nombreuses molécules, en particulier du VEGF, qui augmentent la perméabilité des vaisseaux sanguins.

  • Symptômes désagréables : Les traitements hormonaux de la stimulation ovarienne peuvent être responsables de différents symptômes désagréables, comme la fatigue et la prise de poids.

Protocole de transfert d'embryons congelés (TEC)

Le protocole de transfert d'embryons congelés (TEC) varie d'un centre à l'autre et d'une personne à l'autre. Il existe deux approches principales :

  1. Cycle naturel ou stimulé : L'ovulation est induite (naturellement ou avec une stimulation) et les hormones libérées après l'ovulation (surtout la progestérone) permettent à l'endomètre d'être prêt à accueillir l'embryon. Dans ce cas, il est important de connaître la date de l'ovulation, car le nombre de jours suivant l'ovulation doit correspondre à l'âge de l'embryon. Une injection de Pregnyl peut être utilisée pour déclencher l'ovulation et connaître précisément le moment de l'ovulation.

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  2. Cycle bloqué : Le cycle est complètement bloqué (avec du Decapeptyl ou du Provames), empêchant l'ovulation. Les hormones qui seraient produites naturellement pendant le cycle sont alors administrées par des médicaments : d'abord de l'estradiol, puis de l'estradiol et de la progestérone. Le jour où la progestérone est commencée est équivalent au moment de l'ovulation.

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