Les berceuses et les comptines sont un moyen extraordinaire d'apaiser les bébés, de renforcer le lien qui les unit à leurs parents et de les aider à s'endormir. Ils peuvent même être inclus dans la routine du coucher d'un enfant pour l'aider à comprendre qu'il est presque l'heure d'aller dormir.

L'importance des berceuses

Les berceuses sont une expression universelle de tendresse et d'affection envers les nouveau-nés et les jeunes enfants. Les berceuses permettent de diminuer la fréquence cardiaque et le rythme respiratoire des nouveau-nés. Avec leur rythme lent, plus lent que la fréquence cardiaque d’un enfant, leurs mélodies répétitives et leurs paroles simples, les berceuses traditionnelles sont celles qui favorisent le plus l’endormissement.

Même si vous avez l'impression de mal chanter, n'ayez crainte ! Votre bébé ne vous juge pas ; il est simplement réconforté par le son de votre voix. Et si vous voulez reposer votre voix, vous pouvez de temps en temps faire écouter à votre bébé des berceuses ou des comptines préenregistrées.

Les origines lointaines de la musique et des berceuses

Il est très complexe de déterminer qui est né en premier entre le son et la musique tant les deux sont proches : percussions, rythmiques, etc. La musique semble également intrinsèquement liée à la parole et à ce titre paraît avoir toujours existé dans les cultures humaines de tous les âges. Peut-on remonter suffisamment loin dans le temps pour déterminer quelle est l’origine de la musique ?

Les sons et les bruits font partie intégrante de l’environnement de l’être humain : vagues dans la mer, tremblement de terre, vent dans les feuilles, crépitement du feu, cris des animaux, etc. On considère donc que tous ces bruits ont participé aux expériences musicales des premiers hommes. Faute de traces écrites, il est malheureusement impossible de déterminer qui est né en premier du son, du bruit de la musique ou de la parole.

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Certains experts pensent d’ailleurs que les premières civilisations préhistoriques utilisaient pour se faire comprendre un mélange de discours parlé et chanté.

On considère que le rythme et les mélodies ont toujours fait partie des civilisations humaines. Les recherches archéologiques ont découvert des instruments vieux de plus de 35 000 ans : c’est en 2008 en Allemagne que l’on exhibe les fragments d’une flûte datant de la Préhistoire.

Dès l’origine de la civilisation et dès l’époque préhistorique, la musique existe. Les instruments prennent la forme de simples trous percés dans des os. D’autres occupent une double fonction, comme les appeaux, qui servent à la chasse et au divertissement musical. À ses premiers instruments, il faut bien évidemment ajouter la voix humaine. Dès l’époque préhistorique, on note la présence de la musique dans toutes les tribus et on retrouve encore aujourd’hui des instruments à cordes, à vent et des percussions. La production de sons, de rythmes ou de mélodies était à l’origine réservée aux rites et aux rituels religieux.

Si on parle de musique comme d’une production sonore provenant d’un instrument, codifiée et organisée, on peut considérer que la musique prend ses origines en Mésopotamie 3000 ans av. J.-C. D’autres sources archéologiques affirment que la première berceuse de l’humanité est née trois mille ans avant Jésus-Christ à Babylone en Irak moderne.

Née avant l’écriture, la codification de la musique est tardive, ce qui rend très difficile la détermination d’une zone géographique précise quant à sa naissance. Certains musicologues estiment que la musique est intrinsèquement liée à la civilisation humaine. Puisqu’elle fait partie de l’être humain, elle aurait donc été inventée dans toutes les civilisations et n’a donc pas un seul point géographique de création.

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Les Grecs sont le premier des peuples à théoriser la musique. C’est Pythagore qui crée les premières théories d’un système musical comportant sept notes. Sachez que les Égyptiens utilisaient déjà une gamme de sept notes, associée aux sept planètes. Les Grecs sont toutefois les premiers à avoir laissé des traces écrites d’un système musical codifié. Au cours du Moyen Âge, le principe de la codification de la musique est repris par les ordres religieux.

Jusqu‘au neuvième siècle, la musique est monodique, elle se chante à une seule voix. C’est à partir du XIIe siècle qu’apparaît la polyphonie, à l’origine par exemple des chants grégoriens.

En Europe, l’origine de la musique est essentiellement religieuse : on chante les hymnes et les cantiques, les psaumes et les mélodies liturgiques. Le chant grégorien naît au sixième siècle et c’est à partir du XIIe siècle que l’on développe la polyphonie et qu’elle est codifiée par écrit. L’évolution se poursuit, avec notamment l’émergence de l’Ars Nova et les systèmes de codification tendent à s’unifier en Europe.

Il faut attendre la renaissance et son renouveau artistique pour voir une évolution considérable dans la notation de la musique : la tablature. À cette époque, la musique en Europe est encore marquée par son aspect religieux. Néanmoins, la musique instrumentale apparaît à la fin du XVe siècle et se développe considérablement.

On voit toutefois émerger l’opéra, ainsi que de nombreuses recherches sur la gamme musicale. Le travail effectué par les compositeurs au XVIe siècle sur la musique polyphonique religieuse permet d’orienter la musique de la renaissance vers des principes plus moderne, tels que l’harmonie. Sous leur influence, la musique tient de plus en plus compte du contenu des textes, ce qu’il va lui permettre d’occuper une place beaucoup plus importante dans les arts.

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La musique baroque fait ensuite place à la musique classique avec les très connus sonates, quatuors, concertos, et symphonies. L’opéra évolue également vers un style bien plus lyrique.

Au XVIIIe siècle, les romantiques investissent les arts musicaux. Leitmotiv, impromptu et fugue font quitter la musique de ses origines uniquement rythmiques et religieuses pour aller vers l’opéra romantique.

Au début du XIXe siècle, les nationalismes s’emparent de la musique. Chaque pays d’Europe a sa propre école et mène ses propres recherches. La musique est alors abordée sous un angle philosophique et scientifique et on voit des grands noms tels que Nietzsche ou Einstein se pencher dessus comme étant un objet de recherche.

Les années 1920 voient l’essor du jazz et les grands courants artistiques utilisent la musique comme moyen d’expression. On voit des recherches sur la musique minimaliste spectrale, électroacoustique, etc.

Transmises à l’oral de générations en générations puis figées par écrit, les chansons pour enfants font partie de notre patrimoine culturel. Les chansons, comme les contes, appartiennent à une tradition orale caractéristique d’une culture dite « populaire », désignant en fait le mode de vie et de pensée des sociétés traditionnelles, essentiellement rurales. La transmission orale des contes et des chansons permet leur perpétuelle transformation. En les fixant par écrit, on les fige.

Exemples de berceuses populaires et leur histoire

Voici quelques berceuses populaires et leur histoire :

  • "Au clair de la lune": Cette berceuse connue daterait du XVIIIe siècle, même si son origine exacte est floue. Elle a acquis une renommée internationale et s’est maintenant répandue bien au-delà des frontières de l’Hexagone. Le plus ancien enregistrement d’une voix humaine date de 1860 et l’on y entend justement les premières paroles de cette berceuse pour bébé : « Au clair de la lune, mon ami Pierrot… »
  • "La Berceuse de Brahms" ou "Wiegenlied": Cette berceuse classique, parfois appelée aussi "Bonsoir, bonne nuit" d’après ses premières paroles, a été composée et publiée en 1868 par Johannes Brahms. Elle aurait été écrite par Brahms pour la naissance du second enfant de l’une de ses amies. Il s’agit de l’une des berceuses les plus connues, dont la mélodie est utilisée dans de nombreux jouets musicaux pour petits.
  • "Ah ! vous dirai-je, maman": Cette berceuse pour bébé date du milieu du XVIIIe siècle et est, là encore, connue au-delà de la France, notamment dans sa version anglaise "Twinkle, twinkle little star". La mélodie de cette berceuse connue est aussi utilisée pour apprendre l’alphabet aux enfants.
  • "Fais dodo": Cette comptine pour s’endormir fait partie des plus connues en France et est parfois aussi appelée "Colas mon p’tit frère" d’après la suite de ses paroles. Elle est très appréciée des jeunes enfants car ses paroles sont très faciles à retenir puisque contenant des mots simples ("dodo", "lolo", "papa", "maman").
  • "Dodo, l’enfant do": Datant de la fin du XIXe siècle, la mélodie de cette comptine pour s’endormir est notamment réutilisée par le compositeur Erik Satie dans l’une de ses œuvres. Très populaire, les paroles de cette berceuse connue sont parfaites pour aider votre enfant à s’endormir grâce à leur rythme qui évoque le mouvement des vagues.
  • "Meunier tu dors": Plus récente, cette chanson est également un classique des comptines pour s’endormir. Ses paroles simples répétées autant de fois que vous le souhaitez la rendent facile à mémoriser.
  • "Frère Jacques": Cette comptine pour s’endormir date du XVIIIe siècle. Elle est d’origine française, comme "Au clair de la lune" ou "Ah ! vous dirai-je, maman", et, comme elles, est très populaire dans le monde entier.
  • "Pomme de reinette": Les paroles sont relativement complexes pour les jeunes enfants et l’on n’en retient bien souvent que le refrain, qui présente les répétitions et rythmiques simples qui apaisent les enfants et facilitent leur endormissement.

L'évolution des chansons enfantines à travers les siècles

Berceuses et formulettes existent depuis l’Antiquité, mais l’histoire qui nous intéresse devient perceptible au XVIII siècle par l’appropriation de certaines chansons par les enfants eux-mêmes. Un répertoire privilégié, constitué dès l’Ancien Régime, va se compléter par des chansons nouvelles, comme La mère Michèle, apparue vers 1810, comme nous avons pu le montrer. L’existence de ce répertoire est connue des éducateurs et en particulier de ceux qui s’intéressent à la culture ludique enfantine et publient des recueils de jeux d’enfants, avec les rondes enfantines.

C’est ainsi que la tradition orale commence à se figer par la publication. Mais tout un travail d’adaptation à l’enfance va s’effectuer jusqu’aux années 1870 sur les textes, les musiques, leur accompagnement et les illustrations.

Les premières éditions de chansons enfantines

Des recueils de jeux d’enfants publient des chansons de rondes : en 1827 celui de Mme Celnart, Manuel complet des jeux de société, en donne 24, son édition de 1867, 44. Mme de Chabreul, dans ses Jeux et exercices des jeunes filles (1856) en fait connaître 28. On y reconnaît Nous n’irons plus au bois, Il était une bergère, Compagnons de la marjolaine, Le furet du bois joli, mais les plus connues ont été publiées en 1846 par Dumersan, dans le premier recueil français de Chansons et rondes enfantines. Sur les 29 chansons qu’il donne, la moitié était encore chantée après la Deuxième Guerre mondiale.

À son époque, on commence aussi à publier des chants pour les salles d’asile (Chevreau-Lemercier, 1845 ; Pape-Carpentier, 1849) qui accueillent les jeunes enfants, mais les emprunts à la culture populaire sont peu nombreux : il s’agit de forger une culture scolaire. Au même moment, des professeurs de musique publient aussi des recueils pour les enfants (de Haller, 1844), mais l’un d’eux, Lebouc, fait en 1860 des arrangements faciles pour un répertoire de chansons enfantines qui s’est transmis jusqu’à nous.

Dans l’imagerie populaire, par exemple chez Pellerin à Épinal, des chansons de ce répertoire sont publiées, avec une image par chanson ou en planches de douze cases.

L'essor des chansons scolaires

Sous la III République, les chansons scolaires vont prendre un important essor, en particulier avec les recueils de Bouchor (quatre volumes de 1895 à 1911, un après la guerre), qui firent bientôt partie de la culture scolaire.

Les berceuses à travers les cultures

Tous les parents du monde chantent des berceuses à leurs enfants pour les endormir. Bon nombre de berceuses parlent de repos et de protection, d’autres encore emmènent l’enfant vers des mondes merveilleux.

Chez les peuples autochtones circumpolaires, en Eurasie comme en Amérique et au Groenland, des pratiques remarquablement similaires ont été documentées, consistant à attribuer aux nouveau-nés et aux enfants des chants individuels. Ceux-ci sont utilisés en tant que berceuses, c’est-à-dire afin d’accompagner l’endormissement, mais aussi pour consoler l’enfant, le motiver, le protéger, consolider son identité individuelle, susciter en lui joie, fierté ou embarras, sourires ou comportements infantiles, développer son attachement ou lui exprimer son amour et son attention.

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