Le cycle menstruel est un processus biologique complexe qui prépare le corps de la femme à une éventuelle grossesse. Il se déroule en plusieurs phases, chacune régulée par des hormones spécifiques. L'ovaire, organe central de ce cycle, subit des transformations importantes, notamment au niveau des follicules ovariens. Cet article se penche sur le développement folliculaire ovarien au cinquième jour du cycle menstruel, en explorant les événements hormonaux et cellulaires qui se produisent à ce stade.

Le Cycle Menstruel : Un Aperçu

Le cycle menstruel est un cycle biologique féminin qui s’étend du premier jour des règles au dernier jour précédant les règles suivantes. D’une durée théorique de 28 jours, il permet de préparer l’organisme féminin à une éventuelle grossesse. Le cycle menstruel se met en place à la puberté et s’arrête à la ménopause. Les premiers cycles menstruels se mettent en place à la puberté, généralement vers l’âge de 11 ans chez les filles. La durée théorique du cycle menstruel est de 28 jours, avec d’importantes variations entre chaque femme, et même selon certaines périodes de la vie pour une même femme.

Pendant toute la période de la puberté à la ménopause, lorsque la femme est dite « en âge de procréer », les cycles menstruels se succèdent, sauf en cas de fécondation et de début de grossesse. Dans certaines situations, les menstruations disparaissent. Ce phénomène s’appelle l’aménorrhée. Il peut être transitoire ou définitif et être lié à différentes causes (troubles hormonaux, maladie, prise de médicaments, …). Les exemples les plus fréquents d’aménorrhée sont la grossesse et l’allaitement.

Pendant le cycle menstruel, la muqueuse de l’utérus va s’épaissir progressivement en vue d’accueillir un éventuel embryon. Dans le même temps, l’ovocyte (cellule sexuelle féminine) mûrit dans l’optique d’une fécondation (cycle ovarien). Le cycle menstruel et ses différentes phases sont contrôlés par des hormones sécrétées dans le cerveau et les ovaires.

Les Hormones Clés et Leur Rôle

Les ovaires sécrètent des hormones, la progestérone et les oestrogènes. Ceux-ci, libérés à partir du cinquième jour, permettent à la muqueuse utérine de s’épaissir. Les changements cycliques féminins sont contrôlés par la sécrétion de deux hormones de l’hypophyse située à la base du cerveau. Il s’agit de l’hormone de stimulation des follicules FSH et l’hormone de lutéinisation LH.

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Au début du cycle ovarien ou phase pré-ovulatoire, l’hormone GnRH (Hormone de libération des gonadotrophines hypophysaires) de l’hypothalamus stimule l’hypophyse. En réponse à cette stimulation, l’hypophyse sécrète la FSH ( Hormone Folliculo Stimulante). En effet, il faut un certain seuil de FSH pour « réveiller » les follicules de leur état « dormant ». Les follicules les plus sensibles à la FSH sont ceux qui ont la meilleure alimentation sanguine. Pendant ces jours très peu d’œstrogènes sont produits.

La première phase débute le premier jour des règles (qui est aussi le premier jour du cycle menstruel), et s’étend en général sur 14 jours. Au cours de celle-ci, les follicules ovariens qui sont des petits sacs localisés au niveau des ovaires dans lesquels se développent les ovocytes ou futur ovule, poursuivent leur croissance. Leur maturation est contrôlée par l’hormone FSH (hormone de stimulation folliculaire) produite par l’hypophyse (glande à la base du cerveau). L’épaississement de la muqueuse utérine, ou endomètre, commence dès le 5ème jour, et il se poursuit pendant tout le cycle. Le taux d’œstrogènes augmente progressivement pendant cette première phase du cycle, jusqu’à atteindre un certain seuil qui déclenche la libération soudaine de l’hormone LH (hormone lutéinisante) également produite et stockée par l’hypophyse.

La seconde phase du cycle débute juste après l’ovulation, et s’étend sur 2 semaines environ. Le follicule à l’origine de l’ovule se transforme en corps jaune sous l’action de l’hormone LH. Le corps jaune produit des œstrogènes et de la progestérone. Cette dernière permet à l’utérus de s’épaissir davantage. 8 jours après l’ovulation, la production de progestérone atteint un pic, puis diminue (car l’hypophyse ne produit plus d’hormone LH). Le corps jaune dégénère à son tour vers le 23ème jour, entraînant au passage une diminution du taux d’œstrogènes. C’est cette variation hormonale qui est à l’origine des menstruations.

Développement Folliculaire au Jour 5 du Cycle

Les follicules sont contenus dans le stroma cortical. Au cours d’un cycle menstruel normal, un nombre variable d’ovules commencent à se développer et on peut apercevoir comme des petits kystes de 2 à 10 millimètres à l’échographie gynécologique.

Au début de votre cycle, l’hormone folliculo-stimulante (FSH) est fabriquée par l’hypophyse, située dans votre cerveau. C’est la principale hormone impliquée dans la stimulation de vos ovaires, afin que ceux-ci fabriquent des ovules matures. Les follicules sont les cavités des ovaires remplies de liquide. Chaque follicule contient un ovule non développé. La FSH stimule le développement d’un certain nombre de follicules et le démarrage de la sécrétion de l’hormone œstrogène. Bien qu’un certain nombre de follicules aient initialement commencé à se développer, un follicule devient normalement « dominant » ; l’ovule mûrit au sein du follicule qui grossit.

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La phase folliculaire débute avec les menstruations (ou les règles) et dure environ 5 jours. La période pré-ovulatoire correspond au laps de temps entre la fin des menstruations et l’ovulation. Cette période est la phase du cycle la plus variable en durée : elle dure en moyenne de 6 à 13 jours. Sous l’influence de la FSH, un des follicules présent dans les ovaires, va poursuivre son développement et sa croissance, on l’appelle le follicule dominant. Les œstrogènes, libérés dans le sang par le follicule dominant, stimulent la croissance et la réparation de l’endomètre.

L'Évolution de l'Ovocyte et du Follicule

L’ovocyte est la cellule reproductrice féminine. Il est libéré par l’ovaire et rejoint les trompes de Fallope lors de l’ovulation. Le follicule est une structure ovarienne composée de cellules entourant un ovocyte, baignant dans un liquide appelé liquide folliculaire. Après l’ovulation, le follicule ayant libéré l’ovocyte se transforme en corps jaune.

Au fur et à mesure de l’avancement du cycle et généralement à partir du 8ème jour, l’un de ces follicules va dominer les autres, augmenter en taille jusqu’à 18-27 millimètres et produire l’hormone œstradiol, qui à son tour provoque la croissance de l’endomètre dans l’utérus afin d’accueillir la grossesse. Enfin, l’augmentation de l’œstradiol stimule la sécrétion de l’hormone lutéinisante (LH), qui va déclencher la rupture du follicule dominant, conduisant à l’ovulation, où l’ovule mature peut être capturé par les trompes de Fallope et fécondé par un spermatozoïde.

Le follicule tertiaire se caractérise par l’apparition de la cavité folliculaire ou antrum dans la granulosa. Les cellules de la granulosa entourant l’ovocyte constituent le cumulus oophorus ou disque proligère. L’ovocyte a grossi et son noyau a la taille d’un follicule primaire.

Réserve Ovarienne et Fertilité

L’hormone antimüllérienne (AMH) produite dans l’ovaire et évaluable par une prise de sang, ainsi que le nombre de follicules antraux, sont actuellement considérés comme le meilleur test pour estimer la réserve ovarienne. D’autres tests, tels que l’hormone FSH basale dans les 5 premiers jours des menstruations, peuvent être utilisés pour évaluer la réserve ovarienne. Comme expliqué ci-dessus, la FSH stimule la maturation des follicules contenant les ovules. Lorsque l’ovaire est en état d’épuisement, la FSH augmente pour tenter de compenser, ce qui peut être démontré analytiquement même plusieurs années avant l’apparition de la ménopause.

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Le comptage des follicules antraux (CFA) est l’un des premiers tests à effectuer chez une femme qui se soumet à une étude de fertilité. L’échographie basale dans les premiers jours du cycle a une valeur pronostique dans l’infertilité. Elle nous aide à prévoir la réponse ovarienne chez les patientes qui doivent subir une stimulation ovarienne et une fécondation in vitro (FIV) ultérieure, et donc à estimer la possibilité d’une grossesse dans le cadre de ce traitement. En fonction de la réserve ovarienne, ainsi que d’autres caractéristiques de la patiente (âge, indice de masse corporelle, réponse aux cycles précédents, et parfois même profil génétique), nous planifierons le traitement le plus approprié pour elle.

Il est important de préciser que la réserve ovarienne n’est pas liée aux possibilités de grossesse naturelle, pour laquelle un seul ovule doit mûrir par mois, comme c’est le cas dans le cycle normal ; mais elle est associée aux possibilités de grossesse en FIV, puisque dans le processus de stimulation ovarienne, nous profitons de cet « excès » de recrutement que l’ovaire fait chaque mois pour faire mûrir plusieurs ovules en même temps et multiplier ainsi les possibilités de grossesse.

Importance de l'Observation du Cycle Menstruel

Beaucoup de femmes ressentent des fluctuations corporelles et psychologiques pendant leur cycle menstruel. Certaines d’entre-elles peuvent avoir des pertes vaginales. En effet, les hormones influencent les sécrétions de la glaire cervicale. Elles augmentent au cours de la phase oestrogénique, et atteignent leur maximum lors de l’ovulation. L’équilibre psychologique peut également être affecté, notamment par des sensations d’irritabilité, de dépression ou d’hypersensibilité. Ces symptômes caractérisent le syndrome prémenstruel. La période des règles est associée à des pertes sanguines, dont le flux est variable selon les femmes et pour une même femme selon les périodes de la vie. Chez certaines femmes, les menstruations sont également associées à des douleurs. Les règles douloureuses sont désignées par le terme de dysménorrhées.

Certaines méthodes de contraception dites naturelles s’appuient sur l’observation et la connaissance du cycle menstruel. C’est le cas notamment de la méthode dite des températures, qui cherche à détecter l’élévation de la température corporelle aux alentours de l’ovulation. Des examens plus poussés sont nécessaires pour déterminer si le cycle menstruel se déroule normalement et/ou rechercher des anomalies.

Variations et Anomalies du Cycle

Plusieurs éléments peuvent impacter le cycle féminin comme le Syndrome Prémenstruel (SPM), l’hypofertilité, le Syndrome des Ovaires Polykystiques (SOPK), l’endométriose ou les troubles de la thyroïde par exemple.

Si une ou plusieurs phases menstruelles disparaissent systématiquement d’un cycle menstruel à l’autre, il faut consulter. C’est le Professeur James B. Brown, collaborateur des Docteurs John et Evelyne Billings, qui a été précurseur dans ce domaine d’étude des variantes du cycle menstruel.

Dans ce cas, il n’y a pas de période infertile pré-ovulatoire. À l’opposé du premier cas « cycle court » l’augmentation de la production de FSH jusqu’au seuil requis pour sélectionner les follicules peut être décalée dans le temps. La femme reste dans l’attente de sa période fertile plus longtemps que prévu !

Parfois dans une autre variante cyclique sans ovulation, un peu de LH et libérée mais en quantité insuffisante pour provoquer la rupture du follicule ou ovulation. La quantité d’œstrogènes se stabilise à des niveaux inférieurs à ceux du pic pré ovulatoire. Une autre variante ovarienne cyclique est observée quand la poussée de LH est suffisante pour provoquer l’ovulation. Dans cette nouvelle altération du cycle menstruel, le taux de LH est suffisant pour provoquer l’ovulation mais insuffisant pour maintenir le corps jaune suffisamment longtemps. La phase lutéale déficiente et la phase lutéale courte sont deux cas de cycles ovulatoires infertiles. En plus de ses causes naturelles, il existe bien sûr des causes pathologiques qui peuvent perturber le cycle. En bref, il faut arriver à distinguer les phases du cycle. C’est lui qui décide si le corps est prêt ou non !

Si le cycle menstruel est toujours court, il faut regarder dans quelle période de vie la femme se trouve. Si elle est effectivement en péri ménopause, c’est normal. On peut penser avoir des cycles mensuels très courts et rapprochés, alors qu’en fait ils sont très longs, parsemés de saignements anovulatoires ! Un cycle menstruel ovulatoire ET fertile est signe de bonne santé féminine.

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