Davy Crockett, né David Stern Crockett le 17 août 1786 dans le Comté de Greene (Tennessee) et mort le 6 mars 1836 au siège de Fort Alamo, est un personnage emblématique de l'histoire américaine. Soldat, trappeur, homme politique, il est devenu un héros populaire, incarnant l'esprit de la Frontière et les valeurs de l'Amérique du XIXe siècle.
Un Homme de la Frontière
Le lieu de naissance exact de David Crockett reste incertain, avec plusieurs endroits possibles cités dans le Comté de Greene, à Limestone Cove, à Franklin ou dans le Comté de Hawkins. Issu d'une famille d'origine irlandaise, descendante d'un capitaine huguenot de la garde de Louis XIV, dont le nom a été anglicisé, Davy Crockett est le cinquième enfant d'une fratrie de neuf. Son père, John Crockett, tenait une taverne et était un notable local. Davy n'a pas reçu une éducation élaborée, mais a passé son enfance dans une cabane en rondins près d'une rivière du Tennessee. Il ne supporte pas l’école, il y reste moins d’une semaine, préférant chasser les ours et autres animaux à fourrure, devenant ainsi trappeur.
Veuf de Mary Finley, surnommée Polly (1788-1815), qui lui a donné trois enfants, John Wesley Crockett, William Finley Crockett et Margaret Finley (Polly) Crockett, il se remarie en 1816 avec Elizabeth Patton et a quatre enfants avec elle : Robert Patton, Rebecca Elvira, et Mathilda. Il était franc-maçon.
Carrière Militaire et Politique
Le 24 septembre 1813, il sert dans le Second Regiment of Tennessee Volunteer Mounted Riflemen pendant 91 jours et participe en compagnie de tribus indiennes amies à la guerre des Creeks de 1813, sous les ordres du futur président Andrew Jackson. Il devient juge de paix en 1817 avant d'intégrer la milice l'année suivante avec le grade de colonel. Il est ensuite désigné pour siéger à l'assemblée législative du Tennessee en 1821 et 1823, où il défend les coureurs de bois et les premiers colons contre les spéculateurs.
De 1827 à 1835, il est plusieurs fois élu représentant du Tennessee au Congrès. Il siège alors au Capitole en vêtement de trappeur et y soutient les pionniers du Tennessee qui vivent sur des terres distribuées après la guerre d'indépendance à des soldats. Ami proche de nombreux indiens, Davy Crockett s'oppose au président démocrate Jackson sur l'Indian Removal Act de 1830, qui vise à ouvrir de nouveaux territoires à la colonisation. Son opposition à Jackson est la cause de son échec à l'élection de 1830, mais il est réélu en 1833.
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En 1834, il publie une autobiographie, "A Narrative of the Life of David Crockett". En 1835, il est à nouveau défait à l'élection et part pour le Texas.
La Révolution Texane et la Mort à Alamo
Il s'engage peu après cette défaite électorale dans la Révolution texane au Mexique. Le 14 janvier 1836, il prête serment avec 65 hommes d'aider le gouvernement provisoire du Texas, sous la houlette de Samuel Houston. Chaque homme reçoit la promesse d'une récompense de 4 605 acres (19 km2) de terre.
Il prend part à la défense d'Alamo (23 février - 6 mars 1836) et se voit confier la garde de la palissade sud. La légende a retenu qu'il aurait disparu en effectuant une sortie ; le journal de Jose Enrique de la Peña affirme qu'il a été fait prisonnier par le général mexicain Manuel Fernández Castrillón et qu'il a été exécuté sommairement avec une douzaine d'hommes sur l'ordre du commandant des troupes Antonio López de Santa Anna. Cette version est cependant contestée. Les rares survivants d'Alamo affirment avoir vu le corps de Davy Crockett lors de l'assaut final.
Son fusil qu'il avait surnommé « Vieille Betsy » en hommage à sa soeur est exposé à San Antonio dans le musée Alamo.
La Légende Davy Crockett et ses Représentations
Depuis 1909, de nombreux films de cinéma et séries télévisées ont raconté la vie de Davy Crockett, dont un feuilleton en cinq épisodes de la Walt Disney Company en 1954. Crockett a été incarné, entre autres, par John Wayne dans le premier film qu'il a réalisé, "Alamo", en 1960. En 1956, Disneyland proposa, dans la section du parc baptisée Frontierland, un petit musée sur le personnage. Des figurines en cire tailles réelles de Fess Parker et Buddy Ebsen, les acteurs incarnant les héros de la série produite par Walt Disney Pictures, étaient présentées dans un décor d'Alamo.
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La série télévisée de Walt Disney, diffusée en noir et blanc, a contribué beaucoup dans l'immense succès de la série. Le succès est phénoménal, la série rapporte par exemple 300 millions de dollars aux Etats-Unis. Tout y passe jusqu'au chapeau à queue de raton laveur ! Même en papier tellement la demande est forte. En 1955, les enfants américains portent un habit en rapport avec Davy Crockett. La chanson, avec les paroles de Tom W. Blackburn, rapidement suivie par celle de Fess Parker, puis de Tennessee Ernie Ford, reste première du hit-parade américain pendant 16 semaines et est traduite dans de nombreuses langues. "Davy, Davy Crockett, l'homme qui n'a jamais peur".
Le phénomène Davy Crockett se heurte pourtant à un problème de poids. Walt Disney fait en effet mourir son héros au bout de seulement trois épisodes.
Les Origines Huguenotes : Un Mythe Tenace
Il est un mythe tenace du xxe siècle que les spécialistes de Davy Crockett n’ont guère cherché jusqu’à présent à discuter, celui de ses origines huguenotes supposées. Dans de nombreux ouvrages, articles et, plus récemment, sur des sites internet consacrés à la généalogie, Crockett est très sérieusement présenté comme le descendant d’un protestant français du xviie siècle.
Ce canular généalogique est né, semble-t-il, dans les années 1920. Dans leur livre de 1928 "Notable Southern Families, The Crockett and Connecting Lines", Janie P. C. French et Zella Armstrong affirment que David Crockett est le descendant d’un certain Gabriel Gustave de Crocketagne, né à Montauban vers 1600, et dont le petit-fils, Joseph Louis, né en Irlande en 1676 à la suite de l’exil de son père, aurait migré à New Rochelle en 1708 avant de s’installer en Virginie en 1713.
En 1955, s’inspirant de l’ouvrage de French et Armstrong, et puisant dans la tradition grotesque des Almanachs du xixe siècle, le membre de la Huguenot Society of Pennsylvania Henry W. Shoemaker enfonce le clou dans une notice généalogique de quatre pages sur Crockett. Shoemaker écrit que Crockett « peut être qualifié à la fois de grand Américain et de grand Huguenot [French Huguenot] ».
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Cependant, après vérifications, on ne trouve pas la moindre trace d’un Crocketagne à Montauban au xviie siècle. Catherine Rome qui, pour son ouvrage "Les Bourgeois protestants de Montauban au xviie siècle", a compulsé les registres d’imposition, n’a jamais rencontré ce nom, et on ne découvre rien non plus ni dans les répertoires des registres protestants pour les baptêmes, mariages et décès, consultés de 1585 à la fin du xviie siècle, ni dans le répertoire des cadastres des xve-xviiie siècles.
Crockett n'est nullement responsable du mythe huguenot, puisqu’il ne fait jamais mention d’un quelconque héritage français dans son autobiographie. Il se contente d’écrire, à propos de ses ascendants, que sa mère, Rebecca Hawkins, était une « Américaine née dans l’État du Maryland » et que son père, John, « était d’origine irlandaise.
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