Philippe Katerine, né Philippe Blanchard le 8 décembre 1968 à Thouars (Deux-Sèvres), est un artiste aux multiples facettes. Chanteur, auteur, compositeur, réalisateur, acteur et écrivain, il s'est imposé comme une figure atypique et incontournable de la scène française. Son univers musical décalé, son look rétro et son audace créative en font un véritable ovni de la musique.

Une jeunesse Vendéenne et une passion naissante pour la musique

Philippe Katerine grandit à Chantonnay (Vendée), au sein d'une famille catholique et traditionnelle. Dès l'adolescence, il s'intéresse à la musique et monte un groupe aux influences anglo-saxonnes. Parallèlement, il pratique le basket-ball à haut niveau, discipline dans laquelle il développe un esprit d'équipe et une complicité qu'il regrette aujourd'hui.

La révélation musicale se produit lorsqu'il acquiert un magnétophone quatre pistes. C'est avec cet outil qu'il commence à composer ses propres chansons, explorant des univers sonores et des textes originaux. Avant de se consacrer pleinement à la musique, Philippe Katerine exerce divers métiers : projectionniste, présentateur du journal dans une radio locale de Chantonnay, employé chez Citroën et même professeur de gymnastique dans un lycée agricole.

Les premiers albums: une exploration musicale timide mais prometteuse

Poussé par ses proches, Philippe Katerine sort en novembre 1991 son premier album, « Les mariages chinois », qui sera suivi d'une deuxième édition l'année suivante, « Les mariages chinois et la relecture », contenant un titre supplémentaire. Cet album marque le début de sa carrière et révèle son style unique, mariant paroles morbides avec humour pince-sans-rire et collages audio.

Cependant, angoissé de nature et peu satisfait de sa voix, Philippe Katerine n'aime pas s'entendre chanter. Il se met en retrait et confie l'interprétation de son deuxième album, « L'éducation anglaise » (1994), à sa sœur Bruno et à sa compagne Anne. Malgré ce retrait vocal, il continue d'écrire des chansons et se fait remarquer dans les milieux underground et indépendants.

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La prise de confiance et l'affirmation d'un style unique

En 1996, Philippe Katerine décide de s'ouvrir et de reprendre confiance en lui pour poser sa voix sur son troisième album, « Mes mauvaises fréquentations ». Pour cet opus, il s'entoure de musiciens, dont certains avaient déjà participé à ses précédents albums, comme Anthony Ka. L'album est plus orchestré et Katerine assume pleinement son rôle de chanteur, estimant que ses chansons sont trop personnelles pour être interprétées par d'autres.

« Mes mauvaises fréquentations » reçoit un accueil favorable de la part de la critique et du public. La présence de nouveaux instruments et de nouvelles voix (Rachel Fandi, Valérie Leulliot) apporte une fraîcheur à l'ensemble et révèle un Katerine plus ouvert. S'ensuit une tournée qui lui permet de gagner en assurance.

En 1997, Katerine compose, avec Simon Mary, un album pour les Sœurs Winchester, deux chanteuses anglo-japonaises. Il participe également à un disque intitulé « Morceaux choisis ». Cependant, insatisfait, il estime que ces albums ne reflètent pas complètement son état d'esprit. Il s'enferme alors pour composer « L'homme à trois mains », un album très personnel.

Ne pouvant s'arrêter d'écrire, il enregistre en parallèle un autre album, « Les créatures », en collaboration avec The Recyclers. Ces deux CD sortent ensemble en double album. La pochette donne le ton : Katerine se met à nu et s'expose de plus en plus. Il apparaît à la télévision et à la radio. Une cassette vidéo gratuite est distribuée pour tout achat de l'un de ses CD, puis un vinyle de remix est édité. Katerine s'offre en quelque sorte aux médias.

Collaborations et explorations musicales

En 1999, Katerine compose le disque « Une histoire d'amour » pour l'actrice Anna Karina, qui enchaîne ensuite sur une tournée triomphale. Les projets s'enchaînent rapidement et chacun fait appel à sa créativité. On loue son côté démesuré et frais qui apporte un souffle nouveau à la production musicale. Il joue notamment dans le court métrage « Nom de Code : Sacha » et écrit la musique d'« Azul », l'album de sa compagne Helena Noguerra.

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En janvier 2002, Katerine reprend sa collaboration avec The Recyclers à travers l'album « 8ème ciel ». C'est à partir de ce moment qu'il affirme être enfin à l'aise avec sa voix et beaucoup plus libéré dans son processus créatif. Il compose ensuite la bande originale du film « Un homme, un vrai » des frères Larrieu.

La consécration avec "Robots après tout"

L'explosion de la carrière de Katerine arrive en 2005 avec la sortie de « Robots après tout ». Composé par Katerine et secondé par le DJ Gonzales et Renaud Letang (collectif V V), l'album met l'accent sur des sons électroniques et une production soignée. Le titre de l'album est un clin d'œil à celui de Daft Punk : « Human After All ». L'ensemble est plus accessible au grand public que ses précédentes sorties et bénéficie d'une nomination aux Victoires de la musique 2006 dans la catégorie Album révélation de l'Année. L'album est porté par le titre "Louxor j'adore", qui rencontre un succès triomphal.

Pour la tournée, Katerine fait appel à « le meilleur groupe du monde », The Little Rabbits, un groupe également vendéen avec lequel il a longtemps collaboré. Pour l'occasion, The Little Rabbits se font rebaptiser La Secte Machine et s'habillent en justaucorps rose comme sur la pochette du disque. Le contraste est saisissant entre la recette electro du disque et la formule rock en concert. Parallèlement, l'artiste monte un spectacle chorégraphié de danse contemporaine par Mathilde Monnier au Centre Georges Pompidou de Paris en 2006. Le 30 octobre de la même année, il se voit remettre un disque d'or à l'Olympia.

Diversification artistique: cinéma, littérature et provocations

En 2003, Katerine passe derrière la caméra et réalise le court métrage « 1 km à pied » et le long métrage « Peau de cochon », sorti en avril 2005. Il fait également des apparitions dans les films « Peindre ou faire l’amour » des frères Larrieux et « Les invisibles » de Thierry Jousse.

En 2006, il compose pour le gagnant de la Nouvelle star, Christophe Willem, les titres « Le lycée » et « La tortue ». Il investit un nouveau champ d'action avec la sortie du livre « Doublez votre mémoire » en novembre 2007.

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Après une tournée extravagante, Philippe Katerine retrouve les studios en 2010 pour le délirant « Philippe Katerine », poussant le curseur dans le registre de la provocation. Le Vendéen exhibe son inconscient, ses fantasmes et sa famille dans un album qui divise la critique. Fin 2011, il donne un coup de pinceau à ses protégés Francis et ses Peintres pour leur deuxième album « 52 Reprises Dans L'Espace ».

Après des rôles dans les films « Gainsbourg, vie héroïque » de Joann Sfar (dans lequel il interprète Boris Vian) et « Je suis un no man's land » de Thierry Jousse puis « Opium » d'Arielle Dombasle, Katerine lance son nouvel album « Magnum », inspiré par le célèbre héros à moustache du feuilleton télévisuel homonyme. Composé avec SebastiAn, également à la production, « Magnum » sort en avril 2014. Simultanément paraît le film du même nom.

Reconnaissance et consécration

En 2019, Philippe Katerine remporte le César du meilleur acteur dans un second rôle pour sa prestation dans « Le Grand bain ». En 2020, il reçoit la Victoire de la musique de l'artiste masculin de l'année.

En 2024, il participe à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris, marquant les esprits avec une performance originale et remarquée.

Vie privée

Côté vie privée, Philippe Katerine a été marié à Helena Noguerra de 1999 à 2008. Il a ensuite partagé la vie de l'actrice Jeanne Balibar. Depuis 2010, il vit une histoire d'amour avec l'actrice Julie Depardieu, rencontrée sur le tournage du film « Je suis un no man’s land ». Le couple a deux enfants.

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