René Villard, plus connu sous le nom d'Hervé Vilard, est un auteur-compositeur-interprète français né le 24 juillet 1946 à Paris. Sa vie, marquée par des succès fulgurants et des épreuves poignantes, témoigne d'une résilience et d'une détermination hors du commun.
Une Enfance Difficile
Hervé Vilard a eu une enfance particulièrement difficile. Orphelin de père, il est retiré à sa mère à l'âge de six ans et placé à l'orphelinat Saint-Vincent-de-Paul à Paris. Cette période est marquée par la maltraitance et des violences sexuelles. Trimballé de famille d'accueil en famille d'accueil, il finit par trouver un certain réconfort auprès d'un homme d'église à La Celette, dans le Cher, qui l'éveille à la musique et à la littérature.
Adolescent, il fugue à Paris et fréquente le quartier de Pigalle avant d'être placé en foyer de redressement.
L'Ascension Fulgurante
À seize ans, Villard fugue à Paris. Il fréquente loubards et prostituées dans le quartier de Pigalle interlope avant d'être placé en foyer de redressement. Il enchaîne les auditions et les séances de Radio-crochet. Un jour, il rencontre, dans le quartier du Montparnasse le peintre Dado qui l'invite à un vernissage, dans une galerie parisienne. Dans celle-ci, il fait la connaissance d'un ancien résistant, secrétaire de Jean Moulin : Daniel Cordier, qui le prend sous son aile puis devient, en 1962, son tuteur légal,. Encouragé par Cordier, il suit des cours de chant et trouve un emploi chez un disquaire des Champs-Élysées,.Repéré, à l'occasion d'une audition, par le directeur des disques Philips, Villard signe, avec le label Mercury Records, un contrat d'enregistrement qui aboutit, en décembre 1964, à la sortie de son premier disque 45 tours. L'EP, qui comprend quatre titres, notamment Je veux chanter ce soir et Une voix qui t'appelle, n'obtient qu'un succès modeste,. René Villard prend alors le nom de scène d'« Hervé Vilard ».
En 1965, sa carrière décolle avec la sortie de "Capri c'est fini". Inspirée d'une publicité touristique, cette chanson devient un succès mondial, propulsant Hervé Vilard sur le devant de la scène. Le single se vend à plus de trois millions d'exemplaires.
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Les Années de Succès
Après "Capri c'est fini", Hervé Vilard sort plusieurs autres chansons à succès, dont "Nous" (1979), "Reviens" (1980) et "Méditerranéenne" (1983). Il enchaîne les tournées internationales et se produit sur les scènes les plus prestigieuses, dont l'Olympia.
Il fait partie, de 1970 à 1974, de l'écurie Claude Carrère, avant d'intégrer le label Tréma ? de 1970 à 1978, sa discographie grossit d'une dizaine d'albums, des compilations pour la plupart. Installé à Buenos Aires, il produit sept albums au Mexique, avant de renouer avec le succès en France avec le titre Nous, disque d'or en 1979 pour plus d'un million de ventes. L'été 1980, paraît le single Reviens, qui se vend à plus de 800 000 exemplaires. Durant cette décennie, il continue à sortir des albums et à se produire en tournée, proposant également des spectacles de charité et des apparitions dans des orphelinats. Le chanteur se produit à l'Olympia en janvier 1981 puis en septembre 1982. L'année suivante, Hervé Vilard sort l'album Ensemble, puis Les Chansons que j'aime, en 1984, et P'tit brun deux ans plus tard. L'album L'Amour défendu sort en 1990.
En 1967, Hervé Vilard est l'un des premiers chanteurs français à assumer publiquement son homosexualité. Il devient ainsi une figure emblématique de la lutte pour les droits LGBT.
Vie Privée et Engagements
La vie privée d'Hervé Vilard a été marquée par des relations complexes et des deuils douloureux. Il a notamment vécu une histoire d'amour passionnée avec une danseuse du Lido, Kim Harlow, et a été profondément affecté par sa mort prématurée.
En 1967, il révèle publiquement son homosexualité. Il est installé, depuis 1989, à La Celette près de Saint-Amand-Montrond, où il a restauré le presbytère de l'abbé Angrand pour en faire sa maison principale. À l'initiative d'une équipe du journal France Dimanche, Hervé Vilard retrouve sa mère, après une tournée à Verdun.
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En 1989, il rachète et restaure le presbytère de La Celette, où il avait passé une partie de son enfance. Ce lieu devient un refuge pour lui, un symbole de son enracinement et de sa reconstruction personnelle. Quelques décennies plus tard, Hervé Vilard décide de revendre le presbytère à une famille de sept enfants.
Diversification Artistique
Au-delà de la chanson, Hervé Vilard s'est également intéressé à la littérature. Il a publié plusieurs autobiographies, dont "L'Âme seule" (2006) et "Le Bal des papillons" (2007), dans lesquelles il relate son parcours et ses réflexions sur la vie.
En 2004, il sort l'album "Cri du cœur", dans lequel il met en musique des textes d'auteurs tels que Marguerite Duras, Bertolt Brecht et Aragon.
Un Artiste Engagé
Hervé Vilard a toujours été un artiste engagé, n'hésitant pas à prendre position sur des questions sociales et politiques. Il a notamment soutenu la lutte contre le sida et s'est exprimé en faveur de l'égalité des droits.
Quelque peu injustement limité dans l'esprit du grand public à son titre majeur, « Capri, c'est fini », tube de l'année 1965, Hervé Vilard fait partie des grands noms de la variété française, ceux qui parcourent encore les routes un demi-siècle après leurs débuts, multipliant les galas, concerts et tournées. Iniquement et cruellement catalogué comme « chanteur mort », sa carrière ne connaît que le défaut d'être entamée par un tube planétaire qui a occulté un peu tous les autres. Si Hervé Vilard a longtemps été négligé par le public français, il n'en est pas moins resté une immense star dans le monde, du Japon à la Turquie et du Brésil à la Corée du Sud en passant, bien évidemment, par Capri.
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Héritage et Postérité
Hervé Vilard est un artiste majeur de la chanson française. Son talent, sa sensibilité et son engagement ont marqué plusieurs générations. Malgré les épreuves, il a su rester fidèle à lui-même et à ses convictions.
En janvier 2004, Hervé Vilard inaugure, dans la région du Berry où il a passé son enfance, une salle portant son nom.
Même s'ils ne rencontrent pas le succès du premier carton de l'artiste, « Mourir ou vivre » ou « Fais-la rire » caracolent en tête des hit-parades. Désormais artiste estampillé « gros vendeur », Hervé Vilard fait la première partie de la superstar hexagonale Claude François en 1966, avant d'entamer une tournée européenne et mondiale.
Anecdotes et Faits Marquants
- En 1966, Johnny Hallyday souhaite qu'Hervé Vilard interprète sa chanson "Pour toi, je prie".
- Hervé Vilard a été l'ami de Marguerite Duras et d'autres écrivains et poètes français.
- Il a failli être offert en surprise par Gérard Louvin à Hervé Vilard lors de l'émission Sacrée soirée.
- Il a participé à la tournée Âge tendre et têtes de bois en 2010.
Parcours et influences musicales
Parmi les personnalités qui ont marqué le parcours musical d'Hervé Vilard, on peut citer Dalida, Michèle Torr et Nicoletta. Il a également collaboré avec de grands compositeurs tels que Didier Barbelivien, Michel Fugain, Danyel Gérard et Jacques Revaux.
Hervé Vilard aujourd'hui
Hervé Vilard n'a pas totalement tiré sa révérence! "J'écris avec de jeunes auteurs. Nous sommes à l'ébauche. Seule la création ancrée dans notre époque m'intéresse. Et d'ajouter: "Rabâcher les chansons qui ont fait vibrer nos jeunesses, c'est être en décalage avec la vie, ou alors ça veut dire que je n'aurais rien absorbé et que je ne me serais intéressé qu'à mon nombril. Et je ne ferai pas des reprises de mes succès, ou des duos comme on me l'a proposé !
En novembre 2020, il sort un livre, Du lierre dans les arbres, où il évoque Lalla, avec qui il vit une histoire d'amour, dans les années 70.
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