Introduction

Michel Galabru, né le 27 octobre 1922 à Safi au Maroc, est un acteur français dont la carrière a traversé plusieurs décennies, marquant le paysage audiovisuel et théâtral français. De ses débuts classiques à ses rôles populaires, en passant par des interprétations dramatiques saluées par la critique, Galabru a su conquérir un large public grâce à son talent et sa polyvalence.

Une enfance entre le Maroc et la France

Fils de Paul Galabru, ingénieur des Ponts et Chaussées participant à la construction du port de Safi, Michel Galabru passe une partie de son enfance au Maroc. Il a deux frères : l'aîné décède à 18 ans des suites de la tuberculose, et le cadet, Marc, naît en 1929. Lorsque Michel a sept ans, la famille revient vivre en France, et il grandit à Montpellier.

La passion précoce pour le théâtre

Dès son jeune âge, Michel Galabru développe une véritable passion pour le théâtre. Il se plonge dans les Mémoires de Sacha Guitry, qui devient son idole. Bien qu'il soit peu intéressé par les études, il s'inscrit en droit après son baccalauréat pour satisfaire son père. Cependant, la Seconde Guerre mondiale interrompt ses études.

Les épreuves de la guerre et le retour à la vocation

En 1943, Michel Galabru est envoyé par le STO en Autriche, puis il est fait prisonnier à Stuttgart jusqu'à la fin de la guerre. De retour en France, il se consacre à sa passion pour le théâtre.

Formation et débuts à la Comédie-Française

Après la guerre, Michel Galabru entre au Conservatoire national supérieur d’art dramatique de Paris. Élève doué, il rafle le premier prix et est engagé à la Comédie-Française en septembre 1950. Pendant sept ans, il y fait ses armes avec le répertoire classique, jouant Molière, Shakespeare et Feydeau.

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Premiers pas au cinéma

Parallèlement à sa carrière théâtrale, Michel Galabru fait ses débuts au cinéma avec un premier rôle dans Ma femme, ma vache et moi de Jean Devaivre en 1951. Il revient sur grand écran dix ans plus tard avec La guerre des boutons réalisé par Yves Robert.

La révélation au grand public avec Le Gendarme de Saint-Tropez

La révélation au grand public arrive au milieu des années 60, avec le début de la saga Le Gendarme de Saint-Tropez aux côtés de Louis de Funès et Jean Lefebvre. Son rôle d'adjudant Gerber, supérieur de Cruchot (Louis de Funès), le rend populaire auprès du public français. Le succès de la saga se confirme avec Le Gendarme à New York (1965), Le Gendarme se marie (1968) et Le Gendarme en balade (1970).

Diversification des rôles et reconnaissance critique

Bien que souvent cantonné à des rôles comiques, Michel Galabru démontre sa polyvalence en interprétant des rôles plus dramatiques. Bertrand Tavernier lui offre son premier grand rôle dramatique dans Le juge et l'assassin, pour lequel il décroche le César du meilleur acteur en 1977.

Une carrière prolifique au cinéma

Dès lors, l'acteur enchaîne les tournages et ne cesse d'allonger sa longue filmographie. Il tourne aux côtés de Christian Clavier dans Papy fait de la résistance et sous la direction de Luc Besson dans Subway. Il multiplie les collaborations avec de grands réalisateurs dans les années 90, comme Claude Berri (Uranus) et Claude Zidi (Astérix et Obélix contre César).

Durant la décennie 2000, il se prête au jeu du film d'animation (La prophétie des grenouilles, Le manège enchanté), fait une apparition dans Bienvenue chez les Ch'tis et rejoint les castings de Neuilly sa mère ! ou encore Le Petit Nicolas.

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Au cours de sa carrière, Michel Galabru joue dans plus de 250 films, dont de nombreux succès populaires tels que Le Viager (1972), La Cage aux folles (1978), Bienvenue chez les Ch’tis (2008) et Le Petit Nicolas (2009).

Le théâtre, une passion constante

Sa carrière théâtrale n'est pas mise entre parenthèses pour autant, le comédien foule régulièrement les planches. En 1985, il interprète La femme du boulanger de Marcel Pagnol au Théâtre Mogador à Paris. Au milieu des années 80, il rachète la salle du conservatoire Mabel qu'il fait reconstruire et qui devient par la suite le Théâtre Montmartre Galabru.

En 2004, à plus de 80 ans, il se lance un nouveau défi avec un one-man show intitulé On nous a menti. En 2008, Michel Galabru décroche le Molière du meilleur acteur pour la pièce Les chaussettes, opus 124. Il reprend le rôle de La femme du boulanger à de nombreuses reprises durant les années 1990 et 2000 tant il affectionne l'auteur. En 2009, il est à l'affiche de la pièce Jules et Marcel d'après la correspondance de Raimu et Marcel Pagnol. Il reçoit le Brigadier d'honneur pour l'ensemble de sa carrière en 2011.

L'écriture, une autre forme d'expression

Michel Galabru a pris la plume à plusieurs reprises. Il a notamment écrit deux ouvrages autobiographiques : Je l'ai perdue au 18 et Je ne sais pas dire non !.

Vie privée

Côté vie privée, Michel Galabru a été marié à Anne Jacquot avec laquelle il a eu deux fils, Jean et Philippe. Puis Michel Galabru rencontre Claude, ex-juge d'instruction, sur le tournage de La honte de la famille, alors qu'elle accompagne sa tante, Micheline Dax. Ensemble, ils ont une fille qu'ils prénomment Emmanuelle. Claude Galabru est décédée au mois d'août 2015, atteinte depuis de nombreuses années de la maladie de Parkinson.

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Michel Galabru s'est marié le 22 juin 1951 avec Anne Jacquot. Ensemble, ils ont deux fils : Jean, né le 14 octobre 1960, devenu acteur, et Philippe, né le 12 janvier 1960. Ils se séparent quelques années plus tard. Lors du tournage de La honte de la famille, il a le coup de foudre pour Claude Etevenon, ex-juge d'instruction.

Décès et héritage

Michel Galabru meurt dans son sommeil le 4 janvier 2016, à l'âge de 93 ans. Il est inhumé au cimetière de Montmartre.

Michel Galabru laisse derrière lui une œuvre considérable, marquée par la diversité des rôles et la passion pour le jeu. Il reste dans les mémoires comme un acteur populaire et attachant, capable de passer avec aisance de la comédie au drame. Son talent et sa longévité en font une figure emblématique du cinéma et du théâtre français.

Filmographie sélective

  • Les Lettres de mon moulin (1954), réal. Marcel Pagnol
  • La Guerre des boutons (1962), réal. Yves Robert
  • La Cuisine au beurre (1963), réal. Gilles Grangier
  • Le Gendarme de Saint-Tropez (1964), réal. Jean Girault
  • Angélique et le roi (1965), réal. Bernard Borderie
  • Le Gendarme à New York (1965), réal. Jean Girault
  • Le Petit baigneur (1967), réal. Robert Dhéry
  • Le Gendarme se marie (1968), réal. Jean Girault
  • Le Gendarme en balade (1970), réal. Jean Girault
  • Le Viager (1972),réal. Pierre Tchernia
  • Le Juge et l'assassin (1975), réal. Bertrand Tavernier
  • La Cage aux folles (1978), réal. Édouard Molinaro
  • Flic ou voyou (1978), réal. Georges Lautner
  • Le Gendarme et les extra-terrestres (1979), réal. Jean Girault
  • Le Guignolo (1979), réal. Georges Lautner
  • L'Avare (1979), réal. Louis de Funès et Jean Girault
  • La Cage aux folles II (1980), réal. Édouard Molinaro
  • Les Sous-doués (1980), réal. Claude Zidi
  • Le Gendarme et les gendarmettes (1982), réal. Jean Girault et Tony Aboyantz
  • L’Été meurtrier (1983), réal. Jean Becker
  • Papy fait de la résistance (1983), réal. Jean-Marie Poiré
  • Notre histoire (1984), réal. Bertrand Blier
  • Réveillon chez Bob (1984), réal. Denys Granier-Deferre
  • Subway (1985), réal. Luc Besson
  • Les Eaux dormantes (1991), réal. Jacques Tréfouel
  • Hors jeu (1998), réal. Karim Dridi
  • Astérix et Obélix contre César (1999), réal. Claude Zidi
  • Les Acteurs (1999), réal. Bertrand Blier
  • La Prophétie des grenouilles (2001), réal. Jacques-Rémy Girerd
  • Nuit Noire (2002), réal. Daniel Colas
  • San Antonio (2003), réal. Frédéric Auburtin
  • Vivaldi un prince à Venise (2006), réal. Jean-Louis Guillermou
  • La jeune fille et les loups (2007), réal. Gilles Legrand
  • Neuilly sa mère ! (2008), réal. Gabriel Julien-Laferrière
  • La Mémoire dans la chair (2010), réal. Laurent Tirard
  • Un poison violent (2010), réal. Katell Quillévéré

Théâtre (liste non exhaustive)

  • Les chaussettes. Opus 124 (2007) de et m.e.s. Daniel Colas - Molière 2008 du comédien
  • On nous a menti ! (2004) one man show de Michel Galabru, m.e.s. Jacques Descombes au Théâtre Marigny
  • Bon appétit Messieurs de Jean Galabru au Théâtre Comédia
  • Les Marchands de Gloire de Marcel Pagnol à la Comédie des Champs-Élysées, m.e.s. Michel Fagadau.
  • La Poule aux oeufs d'or (1994)
  • Monsieur Amédée d’Alain Reynaud-Fourton au Théâtre Comédia et en Tournée (1991)
  • Le Bourgeois gentilhomme (1987) de Molière, m.e.s. Jérôme Savary
  • L'Hurluberlu (1987)
  • La femme du boulanger (1985) de Marcel Pagnol, m.e.s. du 11 févr. au 13 oct.

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