Nelson Rolihlahla Mandela, figure emblématique de la lutte contre l'apartheid, est né le 18 juillet 1918 à Mvezo, en Afrique du Sud, et décédé le 5 décembre 2013 à Johannesburg. Connu sous son nom tribal de Madiba, il fut le premier président noir de la République d'Afrique du Sud, accédant au pouvoir en 1994 après des décennies de combat contre la ségrégation raciale. Son existence entière fut articulée autour de cette lutte, lui valant le Prix Nobel de la paix en 1993.

Jeunesse et Éducation : Les Racines d'un Leader

Rolihlahla Mandela est né dans le village de Mvezo, dans le district d'Umtata. Son prénom, Rolihlahla, signifie "enlever une branche d'un arbre" ou, plus familièrement, "fauteur de troubles". Il est issu d'une famille royale Thembu de l'ethnie Xhosa, qui règne sur une partie du Transkei. Peu après sa naissance, son père, chef du clan Madiba, est banni de sa terre par l'autorité coloniale blanche pour manque de coopération.

Mandela fut le premier de sa famille à fréquenter l'école, dans une mission méthodiste. Plus tard, il étudiera le droit, prenant conscience de la ségrégation raciale en Afrique du Sud.

Entrée en Politique et Résistance à l'Apartheid

En 1943, Nelson Mandela rejoint l'African National Congress (ANC) pour lutter contre la domination politique de la minorité blanche et la ségrégation raciale imposée par celle-ci. Avec Oliver Tambo, il fonde le premier cabinet d'avocats noirs d'Afrique du Sud.

D'abord partisan de la lutte non-violente contre les lois de l'Apartheid, mises en place par le gouvernement du Parti national à partir de 1948, Mandela est confronté à la répression brutale du régime. Le massacre de Sharpeville en 1960, où la police abat plus de soixante-sept Noirs lors d'une manifestation, marque un tournant. L'ANC est interdit, et Mandela conclut que la lutte pacifique ne donne pas de résultats tangibles.

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La Lutte Armée et l'Emprisonnement

En 1961, Mandela fonde et dirige la branche militaire de l'ANC, Umkhonto we Sizwe ("Lance de la Nation"), qui mène une campagne de sabotage contre des installations publiques et militaires. Il explique que, dans les luttes pour la justice, "c'est toujours l'oppresseur qui détermine les méthodes d'action". Il justifie le recours à la force comme une réponse à la violence et au refus de dialogue du gouvernement.

En juin 1962, après une tournée clandestine dans plusieurs pays d'Afrique, il reçoit une formation de guérillero en Éthiopie. De retour en Afrique du Sud, il est arrêté le 5 août 1962 sur indication de la CIA. Lors du procès de Rivonia, il est condamné en 1964, avec sept de ses compagnons, à la prison à vie pour sabotage, trahison et complot.

Mandela passe les 18 premières années de sa captivité sur l'île prison de Robben Island, sous le matricule 46664. Les conditions de détention sont très dures, avec des travaux forcés dans une carrière de chaux et des rations alimentaires minimales pour les prisonniers noirs. Malgré ces difficultés, Mandela transforme la prison en une "université", partageant ses connaissances juridiques et politiques avec les autres détenus. Il étudie également la langue afrikaans et l'histoire de ses oppresseurs, convaincu que la compréhension mutuelle est essentielle pour l'avenir de l'Afrique du Sud.

En mars 1982, Mandela et les principaux dirigeants de l'ANC sont transférés à la prison de Pollsmoor, dans la banlieue du Cap, où les conditions de vie sont légèrement moins rudes.

Symbole de la Lutte Anti-Apartheid et Pressions Internationales

Durant son emprisonnement, Mandela devient un symbole international de la lutte contre l'apartheid. Des campagnes sont menées à travers le monde pour sa libération, et des sanctions économiques sont imposées à l'Afrique du Sud. Le pouvoir blanc commence à mesurer l'aura particulière de son prisonnier. En février 1985, le président P.W. Botha lui offre la libération en échange de son retrait politique et d'un appel public à la cessation des violences. Mandela refuse, réaffirmant son engagement envers la lutte pour la justice et l'égalité.

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La situation internationale, la montée de l'opprobre mondial et les sanctions internationales contre le pouvoir blanc bouleversent l'équilibre des forces. Ce sont maintenant Mandela et les siens qui fixent leurs conditions à une éventuelle sortie de prison. L'ANC et ses alliés communistes et syndicalistes doivent être légalisés à nouveau.

Libération et Transition Démocratique

Le 2 février 1990, le président Frederik De Klerk annonce la levée de l'interdiction de l'ANC et de plusieurs autres organisations anti-apartheid, ainsi que la libération prochaine et sans condition de Nelson Mandela.

Le 11 février 1990, après 27 ans, 6 mois et 6 jours d'emprisonnement, Nelson Mandela est libéré. Le jour de sa libération, il prononce un discours depuis le balcon de l'hôtel de ville du Cap, réaffirmant son engagement envers la lutte pour l'égalité et la justice. Il déclare : "Je suis là devant vous non pas comme un prophète mais comme un humble serviteur du peuple."

Mandela et De Klerk entament des négociations pour une transition démocratique en Afrique du Sud. Ils s'accordent sur un gouvernement multiracial et des élections libres et équitables. En 1993, ils reçoivent conjointement le prix Nobel de la paix pour leurs efforts.

Président de l'Afrique du Sud et Héritage

À la suite des premières élections générales multiraciales, largement remportées par l'ANC en avril 1994, Nelson Mandela est élu président de la République d'Afrique du Sud. Il prête serment le 10 mai 1994 aux Union Buildings de Pretoria, devant une grande partie des responsables politiques internationaux. Dans son discours d'investiture, Mandela célèbre la fin de l'apartheid et le retour de l'Afrique du Sud dans la communauté internationale. Il évoque les défis de son mandat : la lutte contre la pauvreté, les discriminations et la construction d'une "nation arc-en-ciel en paix avec elle-même et avec le monde".

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Comme il s'y était engagé, Mandela ne se présente pas à un second mandat en 1999. Il se met en retrait de la vie politique, laissant la présidence à Thabo Mbeki.

Après sa retraite, Mandela continue de lutter pour les valeurs qui lui tiennent à cœur. Il crée un fonds d'aide à l'enfance en 1994 et la fondation Nelson-Mandela en 1999 pour favoriser l'éducation, le devoir de mémoire et la lutte contre le sida.

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