Sophie Daumier, de son vrai nom Élisabeth Hugon, est une figure marquante du paysage artistique français. Née à Boulogne-sur-Mer le 24 novembre 1934 et décédée à Paris le 1er janvier 2004, elle a marqué son époque en tant que comédienne et humoriste.

Jeunesse et Débuts Artistiques

Élisabeth Hugon voit le jour dans une famille où l'art occupe une place prépondérante. Fille du compositeur Georges Hugon et de Régine Simone Pipet, elle baigne dès son plus jeune âge dans un environnement musical. Son enfance est marquée par un déménagement à Paris à l'âge de 11 ans, ouvrant la voie à de nombreux voyages à l'étranger.

Rapidement attirée par la danse, elle suit des cours de danse classique au Théâtre du Châtelet, tout en s'initiant au dessin. À seulement 16 ans, sous le pseudonyme de Betty Hugon, elle rejoint un corps de ballet et part en tournée en Allemagne, où elle interprète exclusivement du french cancan.

De retour en France, elle est engagée au cabaret La Nouvelle Ève, situé dans le 9e arrondissement de Paris, sous le pseudonyme de Betty Laurent. Son physique, rappelant celui de Brigitte Bardot, lui ouvre de nouvelles portes, notamment au théâtre.

Elle suit les enseignements de Pierre Dux et Raymond Girard au Conservatoire national d’art dramatique.

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Carrière Théâtrale: De "Patate" aux Succès avec Guy Bedos

Sophie Daumier débute sa carrière théâtrale en 1957 avec la pièce Patate de Marcel Achard, mise en scène par Pierre Dux. Cette interprétation lui apporte une certaine renommée et marque le début d'une ascension dans le monde du spectacle.

Elle enchaîne ensuite avec les pièces Adélaïde, Tête-Bêche (avec Guy Bedos) à la Comédie des Champs-Elysées puis au théâtre des Variétés (1966-67), et Le Boulanger, la Boulangère et le Petit Mitron de Jean Anouilh (1968).

C'est sa rencontre avec Guy Bedos qui va véritablement propulser sa carrière. Ensemble, ils forment un duo comique emblématique, incarnant des Français moyens des années de Gaulle et Pompidou. Leurs sketches, écrits par Jean-Loup Dabadie, tels que La Drague, Tête-Bêche et Les Vacances à Marrakech, deviennent cultes. Sophie Daumier excelle dans les rôles de "ravissante idiote", tandis que le rire caustique et complice de Guy Bedos emporte l'adhésion du public.

Le couple connaît un grand succès sur scène, notamment à Bobino (1970), au théâtre de la Renaissance (1973) et à la Comédie des Champs-Elysées pour le spectacle Ce n’est qu’un au revoir (1975).

Incursion dans le Cinéma Français

Parallèlement à sa carrière théâtrale, Sophie Daumier fait ses premiers pas au cinéma. Elle débute en tant que figurante dans le film Paris Canaille (1955), sous le nom de Betty Daumier.

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Après plusieurs rôles secondaires dans divers longs-métrages tels que Les Collégiennes, La Peau de l'ours et Quand la femme s'en mêle (1957), elle obtient un rôle plus important dans Carambolages (1963), aux côtés de Jean-Claude Brialy et Louis de Funès. Elle participe également au film musical Dragées au poivre, où elle retrouve Guy Bedos.

Bien que sa carrière cinématographique ne décolle pas autant que sa carrière théâtrale, Sophie Daumier laisse sa marque dans plusieurs films français. On peut citer Aimez-vous les femmes?, Par un beau matin d’été, Cent briques et des tuiles, Pas de caviar pour tante Olga, Ringo non perdona, Deux hommes à la mer, Embrassez qui vous voudrez et Pouce! (1971), dont elle signe également le scénario.

Vie Privée et Maladie

Sophie Daumier a un fils, Philippe (1954-2010), né d'une première union. Elle épouse Guy Bedos le 19 février 1965. Le couple a une fille, Mélanie, née en 1977, mais divorce quelques mois plus tard.

Malheureusement, la carrière de Sophie Daumier est freinée par la maladie de Huntington, une maladie génétique entraînant une lente dégénérescence neuronale irréversible. Elle est contrainte de réduire ses activités professionnelles et se retire progressivement de la scène.

En 1979, elle publie un livre de souvenirs intitulé Parle à mon cœur, ma tête est malade, dans lequel elle évoque sa maladie et ses expériences de vie.

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Disparition et Hommages

Sophie Daumier s'éteint dans la nuit de la Saint-Sylvestre 2003, à l'âge de 69 ans. Son décès marque la fin d'une carrière riche et variée, et laisse un vide dans le monde du spectacle français.

En hommage à son talent et à son attachement à la ville d'Yssingeaux, où elle a passé une partie de son enfance, le théâtre municipal de la ville est baptisé à son nom.

Filmographie

  • 1955 : Paris Canaille de Pierre Gaspard-Huit
  • 1957 : Les Collégiennes d'André Hunebelle
  • 1957 : Quand la femme s'en mêle d'Yves Allégret
  • 1958 : Chéri fais-moi peur de Maurice Cloche
  • 1959 : Bal de nuit de Maurice Cloche
  • 1960 : Amélie ou le temps d’aimer de Michel Drach
  • 1961 : Les croulants se portent bien de Jean Boyer
  • 1963 : Dragées au poivre de Jacques Baratier
  • 1964 : Aimez-vous les femmes ? de Jean Aurel
  • 1965 : Par un beau matin d'été de Jacques Deray
  • 1965 : Cent briques et des tuiles de Pierre Grimblat
  • 1965 : Pas de caviar pour tante Olga de Jean Becker
  • 1971 : Pouce ! de Pierre Badel

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