Maximilien Marie Isidore de Robespierre, né à Arras le 6 mai 1758, est une figure centrale et controversée de la Révolution Française. Issu d'une famille de la bourgeoisie de robe, orphelin de mère dès l'âge de six ans et plus tard abandonné par son père, il se réfugie dans le travail et les études, ce qui façonne son caractère sérieux et déterminé.
Formation et débuts professionnels
Confié à son grand-père paternel après le décès de sa mère, Robespierre est inscrit au collège d'Arras dès l'âge de 7 ans. En 1769, il entre en cinquième au prestigieux Collège Louis-le-Grand à Paris, où il poursuit ses études jusqu'en 1781. Il y excelle, étant même choisi en 1775 pour prononcer un compliment au nouveau roi Louis XVI lors de son entrée à Paris.
Ses études terminées, il obtient une licence en droit et devient avocat. Il s'inscrit au barreau de Paris, puis retourne à Arras en 1781, où il est reçu avocat le 20 août. Début 1782, il est nommé avocat à la Prévôté de l’Évêché d’Arras.
Carrière politique
La carrière politique de Robespierre prend son essor avec son élection comme député aux États-Généraux le 26 avril 1789. Il se distingue rapidement par ses nombreuses interventions à la tribune de la Constituante entre 1789 et 1791, défendant la liberté de réunion, la liberté de la presse, le suffrage universel, ainsi que l'instruction gratuite et obligatoire.
Il rejoint le Club des Jacobins, dont il prend la tête en avril 1790, grâce à sa réputation d'intégrité qui lui vaut le surnom d'« Incorruptible ». Il y défend ses idées sur la future constitution et rêve d'une société sans classe, attentive aux défaillances des « corrompus » en quête de pouvoir ou de gloire. Il plaide également pour le rattachement d'Avignon à la France et défend les droits des noirs des colonies, des juifs et des acteurs de théâtre.
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Après la chute de la monarchie, Robespierre est élu à la Convention nationale en 1792. Il devient membre du Comité de Défense Nationale, puis entre au Comité de Salut Public en 1793, où il acquiert une influence considérable.
Le Comité de Salut Public et la Terreur
Au sein du Comité de Salut Public, Robespierre joue un rôle central dans la mise en place de la dictature montagnarde. Face aux menaces intérieures et extérieures, le Comité cherche à éliminer les factions, notamment les radicaux d'Hébert et les modérés de Danton, et instaure le régime de la Terreur.
L'intensification de la Terreur, avec la loi du 22 prairial an II qui abolit la procédure et accélère le rythme des exécutions, conduit des membres de la Convention nationale et du Club des Jacobins à organiser une conspiration contre Robespierre.
Chute et exécution
Le 9 Thermidor an II (27 juillet 1794), Robespierre est mis en minorité à la Convention nationale et destitué. Mis en garde à vue à l'Hôtel de Ville, il ne peut être sauvé par un soulèvement de soldats de la Commune de Paris. Il est exécuté le lendemain, 10 Thermidor (28 juillet 1794), avec une vingtaine de ses partisans, dont Saint-Just et Couthon.
Personnalité et opinions
Robespierre était un homme complexe, décrit comme studieux, acharné au travail, peu expansif et se liant difficilement. Il menait une existence rangée et laborieuse, ne recherchant guère les distractions et les plaisirs.
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Sur le plan politique, il était un idéaliste, prêt à sacrifier sa vie pour la liberté. Il se méfiait de la facilité des autres et de la fierté de ceux qui écrivaient bien mais « qui rampent dans les antichambres ». Il considérait que la Révolution était une affaire longue et difficile et que la guerre « creuse de ses mains brillantes le tombeau de la République ».
Héritage
Bien que les thermidoriens aient présenté Robespierre comme l'âme de la « dictature jacobine », celui-ci n'a jamais poussé à la surenchère dans les dérives de la Terreur. Son héritage reste complexe et sujet à débat.
Il demeure une figure emblématique de la Révolution Française, symbole de l'intransigeance et de la défense des idéaux révolutionnaires. Ses discours et ses actions ont marqué l'histoire de France et continuent d'inspirer et de diviser.
Vie privée et santé
La vie sentimentale de Robespierre était très discrète. Peu sensuel, il ne donnait jamais de grande place aux femmes dans sa vie, toute consacrée à la politique. Il est peu probable qu'il ait eu une liaison avec la femme de son confrère, Maître Buissart, à Arras vers 1785. En 1790, il eut pour maîtresse une inconnue de modeste condition.
Sa santé était fragile, marquée par une nervosité excessive, des insomnies, des cauchemars et des fièvres. Il était perpétuellement incommodé par des éruptions de boutons purulents et des ulcères variqueux aux jambes.
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Résidences
Robespierre a vécu à Arras, rue de Saumur en 1780, rue des Jésuites en 1783 et rue des Rats-Porteurs en 1787.
Le Robespierre d'aujourd'hui à Arras
Il est possible de visiter la maison de Robespierre à Arras, rue Robespierre, le vendredi, le samedi et le dimanche (ainsi que les jours fériés) de 15 heures à 18 heures grâce à l’association des amis de Robespierre (l’ARBR). La visite doit être prévue à l’avance (au moins 15 jours) en contactant l’association au 06 81 72 82 66 ou l’office de Tourisme d’Arras.
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