Rika Zaraï, née Rivka Gozman le 19 février 1938 à Jérusalem et décédée le 23 décembre 2020 à Paris, fut une figure emblématique de la chanson franco-israélienne. Son parcours, marqué par le succès musical, un grave accident et une passion pour la médecine naturelle, témoigne d'une personnalité forte et déterminée.

Jeunesse et Débuts Musicaux en Israël

Issue d'un père russe originaire d'Odessa et d'une mère polonaise de Wołożyn, Rika Zaraï grandit à Jérusalem. Elle ne connaîtra jamais la famille de sa mère Shula, tous décédés à Auschwitz. Sa mère lui donnera l’énergie d’avancer et l’envie d’être forte malgré les épreuves. Dès l'âge de 7 ans, elle commence à prendre des cours de piano au conservatoire de Jérusalem, où elle révèle un talent particulier. Son éducation est studieuse, conciliant études scolaires et musicales. À 17 ans, elle décroche son baccalauréat et le premier prix de piano du conservatoire.

Elle effectue ensuite son service militaire, où elle est nommée directrice musicale d'un groupe artistique de l'armée du centre. Elle devient répétitrice musicale pour la comédie musicale "Cinq sur cinq", composée par Yohanan Zaraï, qu'elle épouse en 1958. La comédie musicale connaît un grand succès, et Rika Zaraï y tient le rôle-titre. C'est à cet instant qu'elle est convaincue que sa vie sera consacrée à la musique. En 1959, elle donne naissance à une fille, Yaël.

L'Ascension en France : De Cabarets aux Premières Parties de Brel

Sous l'impulsion d'un impresario, Rika Zaraï quitte Israël pour Paris. Ses débuts sont difficiles : elle chante dans des clubs de strip-teases et des bars miteux pour gagner sa vie. Elle rencontre Bruno Coquatrix, directeur artistique de l'Olympia, qui lui promet de la produire si elle apprend le français. Elle persévère et rencontre Eddy Barclay, qui lui offre l'opportunité d'enregistrer ses deux premiers titres en 1960 : "Hava Naguila" et "L'Olivier".

En 1961, elle assure la première partie de Jacques Brel à l'Olympia, une étape cruciale dans sa carrière. Elle y retourne en mai 1963 avec les Chaussettes Noires. Tout en composant pour des artistes comme Charles Aznavour ("Le Temps" et "Et pourtant" en 1964), elle interprète ses propres chansons en français, en anglais et en hébreu. Parmi ses succès, on peut citer "Tournez manèges" (1963), "Michaël" (1964), "Le temps des vacances" (1965), "Quand je faisais mon service militaire" (1965), "Prague" (1966), "Un beau jour je partirai" (1967), "21 rue des amours" (1969), "Balapapa" (1970), "Tante Agathe" (1970) et "Moi le dimanche" (1971). Elle reprend également des chansons israéliennes présentées à l'Eurovision, comme "Elle était si jolie" (1963), "Casatschock" (1969), "Alors je chante" (1969), "Abanibi" (1978), "Aba - Nibi" (id.) et "Alléluia" (1979).

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Sa carrière est alors lancée. Elle vend 29 millions de disques et reçoit six disques d'or.

L'Accident, la Résilience et la Médecine Naturelle

En 1969, Rika Zaraï est victime d'un grave accident de voiture et tombe dans le coma pendant six jours. Les médecins estiment qu'elle ne pourra plus jamais marcher. Elle reste immobilisée pendant huit mois. Faisant preuve d'une volonté de fer, elle refuse de se laisser abattre et se soigne elle-même par les plantes. Au bout de trois ans, elle est complètement rétablie, un véritable miracle.

Elle partage son expérience et les bienfaits des traitements naturels dans plusieurs ouvrages, notamment "Ma médecine naturelle" (1985), "Le Code secret de votre personnalité" (1996) et "L'espérance a toujours raison" (2006), publiés chez Michel Lafon. Son engagement pour la médecine naturelle est cependant contesté par le conseil de l’ordre des pharmaciens, et elle se retrouve inculpée de complicité d’exercice illégal de la pharmacie en 1989. L’affaire se solde par un non-lieu, mais affecte son image.

Les Dernières Années : Retour à la Musique et Disparition

En 2008, Rika Zaraï marque ses cinquante ans de carrière avec la sortie d'un nouvel album, "Quand les hommes…", dans lequel elle reprend des titres de Georges Brassens et d'Yves Duteil, et inclut quelques inédits. La même année, en juillet, elle subit un accident vasculaire cérébral.

Après cinq années de rééducation, elle sort un double album, "Anthologie 1960-1982", qui met en évidence sa riche carrière.

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L’ambassade d’Israël à Paris annonce son décès le 23 décembre 2020, à l’âge de 82 ans.

Héritage Musical et Littéraire

Rika Zaraï laisse derrière elle un riche héritage musical, composé de chansons populaires qui ont marqué les années 1960 et 1970. Son parcours de vie, marqué par la résilience et la détermination, inspire également de nombreuses personnes. Ses livres sur la médecine naturelle témoignent de sa passion pour les plantes et leur pouvoir de guérison.

Rika Zaraï restera dans les mémoires comme une artiste talentueuse, une femme forte et une pionnière de la médecine naturelle.

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