Périclès (Περικλῆς / Periklễs), né vers 495 av. J.-C. et mort en 429 av. J.-C., est une figure marquante de l'histoire athénienne. Stratège, orateur et homme d'État, il a exercé une influence considérable durant l'âge d'or d'Athènes, une période charnière située entre les guerres médiques et la guerre du Péloponnèse. Son héritage est tel que Thucydide, historien contemporain, le considérait comme le « premier citoyen de sa patrie », et son époque est souvent désignée comme le « siècle de Périclès ».

Contexte familial et social

Fils de l'homme politique Xanthippe et d’Agaristé, issue de la puissante famille des Alcméonides, Périclès était prédestiné à jouer un rôle majeur dans la vie politique athénienne. Issu d'une famille prestigieuse, les Alcméonides, qui s'étaient illustrés aux côtés de Solon et dans la lutte contre le tyran Pisistrate, neveu de Clisthène le réformateur, Périclès était comme prédestiné à faire de la politique. Sa famille, liée à l'accroissement des pouvoirs du peuple, a contribué à forger ses convictions démocratiques. Son père, Xanthippe, a été stratège au moment des guerres médiques, et son grand-oncle Clisthène est l’instigateur des réformes qui ont créé les institutions démocratiques.

Ascension politique et démocratie

Bien qu'il fût un grand aristocrate, il fut un partisan de la démocratie et apparut sur le devant de la scène en étant au nombre des procurateurs publics qui attaquèrent Cimon en -463. En -462/-461, il s'allia à Éphialtès pour réduire les pouvoirs de l'aréopage, et après le meurtre d'Éphialtès et l'ostracisme de Cimon, en -461, il devint l'homme le plus influent d'Athènes. Ses décisions politiques s'imposaient d'elles-mêmes à la plupart des citoyens. Périclès entra dans la vie publique alors que pâlissait l'étoile de l'aristocrate Cimon et que se développait un vif mouvement démocratique, conséquence tardive des guerres médiques où Athènes n'avait pu remporter sa paradoxale victoire que par les sacrifices du démos (peuple) tout entier. Vite investi de la confiance du peuple, il est réélu stratège pendant quinze années successives. C'est donc dans le cadre de la constitution clisthénienne, sans occuper de magistrature exceptionnelle, qu'il dirige en fait une cité sensible au prestige de son génie et qui fait sienne la politique à la fois pragmatique et idéaliste qu'il lui propose.

En tant que chef du parti démocratique, Périclès domine la vie politique d'Athènes pendant plus de 30 ans. Réélu quinze fois stratège entre 443 et 429 av. J.-C., il remporte de nombreuses victoires, militaires comme diplomatiques. Il assure ainsi l'hégémonie d'Athènes sur le monde grec. Il cherche également à réformer la démocratie athénienne et mène une politique dirigée vers les plus pauvres, entreprenant notamment de grands travaux sur l'Acropole pour donner du travail à tous. Sa dernière action politique est de pousser les Athéniens à se lancer dans une guerre contre la cité de Sparte : c'est le début de la guerre du Péloponnèse (431-404 av.

Périclès fut l'initiateur d'un courant démocratique appelé « démocratie radicale. » Cette expression signifie, entre autres, que les citoyens athéniens étaient rémunérés par l'État pour prendre part aux affaires publiques. Auparavant, seuls les plus riches avaient les moyens de consacrer leur temps à la politique. Périclès décida également de mettre en place une indemnité pour tous les citoyens servant comme juré, soldat, marin et administrateur. Cette évolution changea la face de la démocratie et de la société athéniennes. En effet, les citoyens les plus pauvres appelés thètes pouvaient désormais participer au même titre que les citoyens propriétaires. Brillant orateur, Périclès déclara dans sa plus célèbre Oraison funèbre que les citoyens d'Athènes percevaient « l'homme qui ne s'intéresse pas aux affaires publiques non pas comme un innocent, mais comme un insignifiant.

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Il créa l'action de Graphê Paranomôn (plainte en illégalité) qui permettait d'empêcher que des malveillances nuisent à la loi et portent atteinte à la démocratie. Cette action se réglait devant l'Héliée, l'assemblée judiciaire de la cité d'Athènes. En -451, à son initiative, la citoyenneté fut restreinte à ceux dont le père était citoyen et la mère fille de citoyen athéniens. À partir de ce moment et jusqu'à sa mort, il domina la vie politique athénienne et fut élu stratège quinze fois de suite.

Politique impérialiste et grands travaux

Sous sa direction, Athènes adopta une politique impérialiste, et la ligue de Délos, créée pour maintenir les Perses hors de Grèce, fut transformée en un empire athénien. Il semble avoir essayé de convoquer une assemblée de tous les États grecs pour envisager la reconstruction des temples détruits par les Perses, ainsi qu'une forme d'union politique, mais rien n'aboutit en raison de l'hostilité de Sparte. En -437, il fonda une colonie à Amphipolis et peu après à la même époque il dirigea une expédition pour établir l'influence athénienne dans la région de la mer Noire, après avoir soumis Samos en -439, lorsque l'île s'était révoltée et avait quitté la ligue de Délos.

Il fut l'instigateur de la construction du Parthénon (commencée en -447), des Propylées et des autres bâtiments importants de cette époque sur l'Acropole : menant une politique de prestige redoutablement efficace, il n'hésita pas à se servir dans les caisses de la ligue de Délos pour financer les monuments. Il fut également à l'origine du Misthos, indemnité versée au citoyen pour le temps qu'il consacre à la vie politique (en effet, en se rendant à l'Assemblée du Peuple, le citoyen perdait les bénéfices d'une journée entière de travail).

Vers 449 avant notre ère, la ligue de Délios signa la paix de Callias, un traité qui mit fin à près de 50 ans d'affrontements avec les Perses et marqua le début de vingt ans de paix. Afin de rendre grâce aux dieux pour la victoire et de magnifier Athènes, Périclès proposa de puiser dans le trésor de la ligue de Délos pour financer un projet de construction à l'envergure prodigieuse. Les travaux débutèrent en 447 avant notre ère, ils avaient pour ambition de transformer la colline rocheuse connue sous le nom d'Acropole en un fabuleux sanctuaire religieux. La construction nécessita plus de 20 000 tonnes de marbre pour faire sortir de terre l'iconique Parthénon et l'imposante colonnade des Propylées, l'entrée principale de l'Acropole.

Guerre du Péloponnèse et mort

Il est vraisemblable que Périclès pressentit bien à l'avance la guerre avec Sparte et il résista à toutes les exigences des Péloponnésiens. Il préconisa à ses concitoyens une attitude ferme face aux exigences des Spartiates, qui selon lui cherchaient un prétexte pour déclencher le conflit. Périclès pensait donc qu'il n'était pas nécessaire de faire des concessions avec des gens qui ne souhaitaient pas vraiment négocier. Quand la guerre éclata en -431, Périclès imposa à Athènes une politique qui devait neutraliser la supériorité spartiate sur terre, mais elle impliqua des difficultés considérables pour la population de l'Attique. Néanmoins, sa stratégie d'encerclement et de blocus maritime autour du Péloponnèse (rendue possible grâce à la suprématie incontestable de la flotte athénienne) fut un succès éclatant.

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Cependant, malgré son aura et sa popularité, des Athéniens mécontents d'avoir perdu leurs biens lors de l'incursion spartiate en Attique de -430 lui intentèrent un procès : et, oubliant tous les services que Périclès avait rendu à la patrie, les juges le condamnèrent à une forte amende et à la déchéance de ses droits civiques (atimia, déshonneur). Il se retira alors de la vie politique. Quelques mois après, sa condamnation fut annulée et les citoyens athéniens firent de nouveau appel à lui - en le réélisant stratège - lors de la crise provoquée par la Grande peste athénienne (-429). Il contracta la maladie mais réussit à en guérir ; néanmoins, elle l'avait épuisé et il mourut six mois après son retour au pouvoir. Cela fera 2455 ans que Périclès est mort le 2026. Périclès ne put voir que les premiers événements de la guerre. Il mourut peu après de la peste qui désolait Athènes (429 av. J.-C.).

Héritage et postérité

Périclès a marqué ses contemporains et les générations suivantes à Athènes, dans le monde hellénistique, puis romain : il existe de nombreuses sources littéraires antiques à son sujet dont les auteurs sont parfois devenus des classiques. Ces sources riches en renseignements ne sont jamais neutres et leurs orientations ont fait l'objet de nombreux débats historiographiques. Il s'illustre également dans la promotion des arts, une des principales raisons pour lesquelles Athènes détient la réputation d'être le centre éducatif et culturel du monde grec antique. Il est à l'origine du projet de construction de la plupart des structures encore présentes aujourd'hui sur l'Acropole d'Athènes dont le Parthénon. En outre, il favorise la démocratie athénienne à tel point que des critiques le qualifient de démagogue. Athènes connut alors son plus grand essor : aussi nomme-t-on souvent cette époque le Siècle de Périclès.

Autour de Périclès et d'Aspasie s'organisa bientôt un véritable cercle intellectuel dont les principaux membres furent :

  • Anaxagore, philosophe et écrivain ;
  • Phidias, sculpteur ;
  • Protagoras, sophiste ;
  • Hérodote, historien ;
  • Sophocle, auteur de tragédies.

Périclès, grâce à l'estime qu'il inspirait, à son intelligence et à son évidente intégrité, avait acquis une autorité qui lui permettait de contenir le peuple tout en respectant sa liberté. Il n'était pas de ceux qui se laissent diriger par lui plutôt qu'ils ne le dirigent, car, ne cherchant pas à accroître son pouvoir par des moyens condamnables, il ne lui adressait jamais des paroles dictées par la complaisance. Tel était le crédit dont il jouissait qu'il allait même jusqu'à provoquer sa colère en s'opposant à ses désirs. Quand il voyait les Athéniens manifester mal à propos une confiance excessive, il les intimidait par des discours alarmants et, inversement, quand ils se trouvaient en proie à des craintes injustifiées, il savait les rassurer.

Discours et éloquence

Seuls deux discours de Périclès sont parvenus jusqu'à nous par l'intermédiaire de l'Histoire de la guerre du Péloponnèse, écrite par Thucydide, contemporain de Périclès. Ces deux discours sont Les conseils aux Athéniens sur les exigences des Péloponnésiens et l'Oraison funèbre des premiers soldats athéniens morts durant la Guerre du Péloponnèse. Ces discours attribués à Périclès sont toutefois à relativiser, puisque Thucidide l'avoue lui-même dans sa partie méthodologique dans son livre premier aux chapitre XX et suivants, il reproduit « le fond » du discours tel qu'on lui en a parlé, ou tel qu'il s'en souvient, ou ce qui lui semblait être le "fond" le plus adapté, mais en revanche la "forme" vient entièrement de lui. Le plus connu est l'Oraison funèbre : on retrouve dans ce discours toute la modération, toute la vigilance et surtout la clairvoyance qui caractérise Périclès. C'est un vibrant éloge de la démocratie et aussi un hommage patriotique d'Athènes, L'école de la Grèce. On devine à travers l'oeuvre un homme empreint de dignité qui était le véritable chef de la cité (et non pas un orateur ponctuel comme la plupart des hommes politiques de son époque) : « De nom, la cité était une démocratie : dans les faits, c'était le gouvernement du premier des citoyens ».

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Vie privée et Aspasie

Périclès épousa une femme avec qui il eut deux fils : Xanthippe et Paralos. Par la suite, il s'éprit d'Aspasie — qui était non seulement une métèque mais également une courtisane — avec qui il eut un fils, qu'il parvint à faire inscrire comme citoyen malgré ses propres lois. Aspasie est la seconde compagne de Périclès. C'est une métèque, originaire de la cité de Milet : elle ne peut donc pas épouser Périclès mais vit avec lui en concubinage. Certains auteurs font d'elle une hétaïre, c'est-à-dire une prostituée, mais c'est peut-être une fausse information venant des opposants de Périclès. Car Aspasie ne plait pas à tout le monde : personnalité forte et indépendante, elle ne correspond pas à l'idéal féminin qui domine à l'époque.

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