Nelson Mandela, figure emblématique de la lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud, a marqué l'histoire par son engagement indéfectible envers la justice et l'égalité. Sa vie, jalonnée d'épreuves et de triomphes, est un témoignage de courage, de résilience et de réconciliation. Né Rolihlahla Mandela le 18 juillet 1918, son parcours exceptionnel l'a conduit de son village natal à la présidence de l'Afrique du Sud, faisant de lui un symbole mondial de paix et de liberté.
Une Enfance Africaine et Royale (1918-1934)
Rolihlahla Mandela est né le 18 juillet 1918 à Mvezo, un petit village traditionnel de la région rurale du Transkeï, en plein hiver austral. Fils de Gadla Henry Mphakanyiswa et de Noseki Fanny, il était membre de la maison royale des Thembus. Son père, conseiller principal du régent du peuple Thembu, lui donna son premier prénom, inspiré par l'amiral anglais vainqueur à Trafalgar. Son second prénom, Rolihlahla, issu de la tradition xhosa, signifiait littéralement "tirer la branche d'un arbre", mais dans l'esprit, il était interprété comme "celui qui crée des problèmes".
Les premières années de Nelson furent empreintes d'insouciance et de tradition. Il gardait moutons et veaux dans le veld, se bagarrait avec les autres garçons, récoltait du miel sauvage, des fruits et des racines comestibles, buvait du lait chaud et sucré directement au pis de la vache, et nageait dans les ruisseaux clairs et froids.
En 1927, la mort de son père changea le cours de sa vie. Jongintaba Dalindyebo, régent du peuple thembu, proposa de devenir son tuteur. À neuf ans, Nelson quitta son village pour la résidence royale à Mqhekezweni, capitale provisoire du Thembuland. Avant son départ, sa mère lui dit : "Uqinisufokotho, kwedini !" (Sois courageux, mon fils !).
À l'école près du palais, il apprit l'anglais, le xhosa, l'histoire et la géographie, et se lia d'amitié avec ses frères et sœurs adoptifs. C'est à cette époque que ses proches commencèrent à l'appeler "Tatomkhulu" (grand-père) en raison de sa ressemblance avec un vieil homme lorsqu'il était sérieux. À l'école, l'institutrice lui donna un nom anglais, comme le voulait la tradition : Nelson.
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Formation et Engagement Politique (1934-1964)
Formé à la mission méthodiste de Qunu, puis au collège de Clarkebury, au lycée de Healdtown et à l'université pour Noirs de Fort Hare, Mandela était destiné à faire partie de l'élite indigène utile à son peuple et à l'administration blanche. Il comprit petit à petit qu'au-delà de son identité thembu, il était surtout un Africain.
Ce chemin de l'acculturation lui permit d'intégrer la culture anglaise tout en restant fidèle à ses origines. La rupture intervint en 1941, lorsqu'en désaccord avec l'autorité de son tuteur, il gagna Johannesburg, attiré par les lumières de la grande métropole.
C'est chez Walter Sisulu que Nelson Mandela commença à participer à des réunions qui marquèrent le début de son activisme politique. Le groupe qui se forma alors (Walter Sisulu, Oliver Tambo, Anton Lembede, Ashby Mda…) est à l'origine de la création, en 1944, d'une Ligue des jeunes au sein du vieux parti politique de l'African National Congress (ANC), fondé en 1912 sous le nom de South African Natives National Congress.
En 1942, Nelson Mandela rejoint l'ANC afin de lutter contre la domination politique de la minorité blanche. En 1955, il participe à la rédaction de la charte de la liberté dont le programme fondamental est la lutte contre la ségrégation raciale et l'apartheid.
Le 5 décembre 1956, Mandela et 150 autres personnes sont arrêtés et accusés de trahison. Après le massacre de Sharpeville en 1960, les appels à la lutte armée se font plus pressants, d'autant plus que l'ANC et le Congrès panafricain sont interdits et leurs leaders emprisonnés ou assignés à résidence.
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Avocat, il a mis toute la force du droit pour faire tomber le régime raciste d’Afrique du Sud, avant de devenir l’architecte de la première Constitution démocratique du pays.
L'Épreuve de l'Emprisonnement (1964-1990)
Le 12 juin 1964, Nelson Mandela a été condamné à la prison à vie. Emprisonné dans le pénitencier de Robben Island avec d’autres leaders du mouvement anti-apartheid, il transforma la prison en véritable école de militantisme : le futur d’une Afrique du Sud multiraciale s’est construit là.
Il fut en partie libéré le 7 décembre 1988 et mis en résidence surveillée. Le 5 juillet 1989, il rencontre au Cap le président Pieter Botha. Il fut définitivement libéré le 11 février 1990 sur ordre de Frederik de Klerk qui, pour des raisons politiques, mit fin à la clandestinité de l'ANC, et le sollicita pour maintenir la paix civile en Afrique du Sud. Le 11 février 1990, Nelson Mandela sort de prison après 27 ans et 190 jours passés enfermé. Le poing levé en guise de signe de victoire, il est accueilli par une foule enthousiaste, qui l’acclame, et voit dans sa libération le début de la fin de l’apartheid, cause pour laquelle il s’est battu toute sa vie.
La Libération et la Présidence (1990-1999)
Sa libération et ses retrouvailles avec sa femme Winnie Mandela, devenue à son tour une figure de la lutte anti-apartheid, sont suivies à la télévision dans le monde entier. Quelques heures plus tard, il prononce au Cap un discours historique où il déclare : « Je me tiens devant vous non comme un prophète, mais comme votre humble serviteur à vous, le peuple. Vos sacrifices infatigables et héroïques ont rendu possible ma présence ici aujourd'hui. Je place en conséquence les années restantes de ma vie entre vos mains ».
En 1993, il reçoit le Prix Nobel de la paix avec Frederik de Klerk pour sa lutte contre la ségrégation raciale. Un an plus tard, il remporte l’élection présidentielle qui fera de lui le premier président noir de l’Afrique du Sud.
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Conformément aux négociations de la période de transition, une commission "vérité et réconciliation" est créée pour entendre des exactions et des crimes commis sous l'apartheid par le gouvernement, les forces de sécurité mais également par les mouvements de libération. En 1999, Thabo Mbeki lui succède à la présidence de la république. Comme il s'y était engagé lors de son élection, Nelson Mandela n'est pas candidat à un second mandat et quitte la vie politique.
Héritage et Hommages
En janvier 2003, lors d'un discours au International Women's Forum, Mandela s'oppose fermement à l'attaque des États-Unis et du Royaume-Uni contre l'Irak sans l'aval des Nations unies. Il accuse le président George W. Le 6 janvier 2005, il annonce publiquement le décès de son fils, Makgatho Mandela âgé de 54 ans, des suites du SIDA. Par ce geste, il veut montrer qu'il est temps de briser le tabou qui entoure cette maladie dans de nombreux pays. Il déclare à ce sujet : "Nous ne devons pas dissimuler la cause de la mort des membres de nos familles, que nous respectons, car c'est le seul moyen de pouvoir faire comprendre à la population que le Sida est une maladie ordinaire. De nombreuses personnalités et hommes politiques ont vu des membres de leur famille mourir du SIDA, mais ils l'ont caché, car cette maladie est considérée comme une honte."
À sa mort à l’âge de 95 ans, le 5 décembre 2013, il laissera l’image d’un homme de dialogue et de résolution, qui a su conduire son pays vers la démocratie en évitant la guerre civile.
Le monde entier a eu une pensée pour Nelson Mandela, vendredi 6 décembre, au lendemain de l’annonce de sa mort. Au sommet de l’Élysée, tous les chefs d’État ont rendu hommage à Nelson Mandela. À l’origine d’abord soutenu par l’extrême gauche en France, Nelson Mandela a reçu après sa libération les honneurs de la République. Vendredi 6 décembre, les drapeaux bleu-blanc-rouge étaient en berne. « Dieu a laissé Mandela vivre longtemps.
Chaque année, le 18 juillet, date de naissance de Nelson Mandela (1918-2013), est célébré dans le monde entier comme le « Mandela Day ». Parrainé par les Nations unies, le Mandela Day suggère à tous les participants du monde de dédier 67 minutes de leur journée pour lutter contre la pauvreté. L’ONU proclame le 18 juillet « Mandela Day ».
Dates Clés de la Vie de Nelson Mandela
- 18 juillet 1918 : Naissance à Mvezo, Afrique du Sud.
- 1943 : Rejoint l'ANC.
- 1944 : Cofonde la Ligue de jeunesse de l'ANC.
- 1952 : Ouvre le premier cabinet d'avocats noirs avec Oliver Tambo.
- 1961 : Crée Umkhonto we Sizwe.
- 1962 : Arrêté pour sabotage.
- 12 juin 1964 : Condamné à perpétuité au procès de Rivonia.
- 11 février 1990 : Libéré de prison.
- 1991 : Élu président de l'ANC.
- 1993 : Reçoit le prix Nobel de la paix avec de Klerk.
- 10 mai 1994 : Devient président de l'Afrique du Sud.
- 1995 : Fonde la Nelson Mandela Children’s Fund.
- 1999 : Quitte la présidence.
- 2004 : Publie Long Walk to Freedom.
- 5 décembre 2013 : Décès à Johannesburg.
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