Neil Alden Armstrong, né le 5 août 1930 à Wapakoneta, dans l'Ohio, et décédé le 25 août 2012, est une figure emblématique de l'exploration spatiale. Astronaute américain, pilote d'essai, aviateur de l'United States Navy et professeur, il restera à jamais dans l'histoire comme le premier homme à avoir foulé le sol lunaire.

Jeunesse et formation : les racines d'une passion

Descendant d’une vieille famille écossaise, Neil Armstrong grandit dans le Middle West rural. Son père, Stephen Koenig Armstrong, travaille pour le gouvernement de l'État de l'Ohio, ce qui amène la famille à déménager fréquemment. Le jeune Neil va ainsi vivre dans une quinzaine de villes et villages entre l’âge de 18 mois et ses 14 ans avant que sa famille ne se fixe alors à Wapakoneta. Dès l’âge de 7 ans, après un vol à bord d’un Ford Trimotor, il se passionne pour l’aviation. Il a 11 ans quand l’Amérique entre en guerre contre le Japon et dévore les récits de pilotes, aussi bien en Europe que dans le Pacifique. Il est incollable sur l’aviation militaire de l’époque. Dès l’âge de 13 ans il en est sûr il sera pilote de chasse.

Neil Armstrong est d’ailleurs un excellent élève, doublé d’un sportif de premier plan. Il a aussi la réputation d’être alors un gaffeur et un grand timide. En 1946 la paix est revenu et l’adolescent de 16 ans obtient sa première licence de pilotage d’avion, sur Piper J-3 Cub. À 17 ans il intègre l’université publique Purdue de West Lafayette pour un cursus d’ingénierie aéronautique. Là encore il brille, impressionnant ses professeurs. Son côté gaffeur continue de le poursuivre, notamment auprès des jeunes filles de son âge.

Il est d'origine écossaise, irlandaise et allemande. Armstrong, l'aîné, avait deux frères et sœurs, June et Dean. Le dernier déménagement forcé de son père fut à Wapakoneta en 1944. À ce moment-là, Armstrong était actif dans le scoutisme et entra chez les Boy Scouts of America où il a finalement obtenu le rang d'Eagle Scout, distinction la plus élevée possible dans l'organisation. À l'âge adulte, celle-ci lui décernera la Distinguished Eagle Scout Award et Silver Buffalo Award.

En 1947, Armstrong a commencé à étudier l'aérospatiale à l'Université Purdue, où il a été membre du Phi Delta Theta et Kappa Kappa Psi. Il était seulement la deuxième personne de sa famille à aller à l'université. Il a également été accepté au Massachusetts Institute of Technology (MIT), mais le seul ingénieur qu'il connaissait et qui y avait étudié, le dissuada d'y aller, en disant à Armstrong qu'il n'était pas nécessaire d'aller à Cambridge (Massachusetts) pour recevoir une bonne éducation. Les frais de scolarité pour l'université ont été versés dans le cadre du Plan Holloway qui permettait le règlement de quatre années d'études aux candidats retenus, si les trois années suivantes étaient faites au profit d'un engagement au sein de US Navy, puis l'achèvement des deux dernières années du diplôme.

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Service dans la marine : l'apprentissage du courage et de la discipline

Après deux ans de cursus universitaire il choisit de rejoindre l’US Navy. Il veut piloter des chasseurs embarqués. L'appel de la marine est arrivé le 26 janvier 1949, et a exigé sa présence à la Naval Air Station Pensacola pour ses entraînements au vol. Il suit la formation habituelle sur North American SNJ Texan. Le 16 aout 1950 il est macaronné pilote de chasse, il n’a que 20 ans. Sa première monture sera un chasseur à moteur à pistons Grumman F8F-1 Bearcat. Le 27 novembre 1950 il est transformé sur Grumman F9F-1 Panther, devenant par la même occasion le plus jeune pilote de chasseur embarqué à réaction de l’histoire aéronavale. Un titre qu’il détient toujours en 2025.

Au début des années 1950 Neil Armstrong a un problème physique qui va le pousser à s’entraîner bien plus que ses camarades : il a un visage juvénile. Malgré cela il fait la guerre avec son escadrille VF-51 Screamming Eagles. Neil Armstrong est déployé en Corée à l’été 1951. Après une première mission consistant en l’escorte d’un avion de reconnaissance il participe à une attaque contre un pont et un entrepôt de munitions ennemies. Son chasseur est cependant frappé par la DCA et il fait tout pour ne pas tomber entre les mains de l’adversaire. Alors malgré une aile en partie déchiquetée il réussit à rejoindre les lignes américaines et s’éjecte. Coup de chance pour lui un de ses camarades de formation passe par là en jeep et le récupère sans que le pilote n’ait besoin d’attendre les secours. Il passe trois jours à l’infirmerie et reprend ses missions. Point particulier son avion n’a jamais été retrouvé.

Cela a duré presque dix-huit mois, période pendant laquelle il s'est qualifié pour l'appontage à bord des porte-avions USS Cabot et USS Wright. Sa première affectation a été au « Fleet Aircraft Service Squadron 7 » de la Naval Air Station San Diego, base aujourd'hui connue sous le nom de Naval Air Station North Island. Deux mois plus tard, il a été affecté à l'escadron de chasse 51 (VF-51), un escadron de jet. Il fera son premier vol dans ce type d'appareil, un Grumman F9F-2B Panther le 5 janvier 1951. Six mois plus tard, il réalise son premier appontage sur l'USS Essex. La même semaine, il a été promu d'aspirant à enseigne.

À la fin du mois, l’Essex, a mis le cap vers la Corée avec le VF-51 à son bord, afin que ses appareils agissent comme avions d'attaque au sol. Armstrong commença son action dans la guerre de Corée le 29 août 1951 en tant qu'escorte pour un avion de reconnaissance photo sur Sŏngjin (Kimch'aek). Cinq jours plus tard, son avion a été abattu, ce qui restera la seule fois. Les cibles principales de son vol de reconnaissance étaient une zone de stockage de marchandises et un pont sur une étroite vallée au sud du village de Majon-ni, à l'ouest de Wonsan. En bombardant à basse altitude à près de 560 km/h dans son F9F Panther, son avion a été touché par des tirs anti-aériens. L'avion a piqué du nez, et son aile droite fut cisaillée sur environ 2 m par un câble suspendu à environ 150 m à travers la vallée par les Nord-Coréens. Armstrong a été en mesure de piloter l'avion pour revenir en territoire « ami », mais ne put atterrir sans danger à cause de la perte de l'aileron et dut s'éjecter au-dessus d'un plan d'eau près de Pohang et attendre les hélicoptères de secours. Grâce au vent, son siège éjectable tomba sur la terre ferme et Armstrong, indemne, put être repris par une jeep conduite par un de ses amis de chambrée de l'école de pilotage.

Au cours de la guerre de Corée, Armstrong a effectué 78 missions pour un total de 121 heures en vol, la plupart en janvier 1952. Il a reçu l'Air Medal pour ses 20 premières missions de combat, une Gold Star pour les 20 suivantes, et la Korean Service Medal et l'Engagement Star.

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Pilote d'essai : aux frontières de l'inconnu

De retour aux États-Unis il reprend ses études à l’université publique Purdue tout en signant un contrat de réserviste. Il volera aussi bien sur avions de transport léger Beechcraft JRB-6 Expeditor que sur chasseurs embarqués Grumman F9F-2 Panther. Il est enfin diplômé en ingénierie aéronautique en janvier 1955. Il vit alors en couple avec Janet Shearon qui deviendra un an plus tard Janet Armstrong.

À peine son diplôme universitaire en poche l’ex pilote de chasse est recruté par le NACA, le National Advisory Committee for Aeronautics. Le NACA veut faire de Neil Armstrong un de ses pilotes d’essais, il a le profil parfait. Afin de ne pas les effrayer le jeune pilote d’essais ment à ses parents. Il leur dit qu’il vole sur des avions comme les autres. En réalité il vole au plus près des avions X. Pourtant son début de carrière ne se fait pas sur un appareil particulièrement élaboré. Il est copilote sur Boeing PB2B Mothership, un bombardier stratégique B-29 Superfortress modifié pour l’emport et le lancement d’avions expérimentaux.

Armstrong est retourné à l'université Purdue, après avoir quitté la marine, et ses meilleurs semestres furent ceux suivant son retour de Corée. Sa dernière moyenne était de 4,8 sur 6,0. Après avoir obtenu son diplôme de Purdue, Armstrong a décidé d'essayer de devenir pilote d'essai. Il a postulé à la High-Speed Flight Station de la National Advisory Committee for Aeronautics (NACA) - l'ancien nom de la National Aeronautics and Space Administration (NASA) - de l'Edwards Air Force Base, qui n'eut pas de postes libres pour lui, et a donc transmis son dossier au Lewis Flight Propulsion Laboratory du Glenn Research Center de Cleveland, Ohio. Lors de sa première journée à la base d'Edwards, Armstrong a effectué ses premières missions, comme le pilotage d'avions suiveurs.

Le 12 mars 1956 il est chargé de larguer le Douglas D-558-2 Skyrocket quand un incident moteur vient tout perturber. Le pilote et lui doivent manœuvrer en urgence leur quadrimoteur s’ils veulent sauver les deux avions, et leurs vies. Ils réussissent finalement à libérer l’avion expérimental et à ramener le PB2B à bon port… sur un seul moteur. Ses camarades de chambrées mettront cet incident sur le compte de la légendaire maladresse du pilote. Pourtant le NACA ne lui en veut pas. Il se retrouve à devoir tester tout un tas d’avions de chasse : McDonnell F-101A Voodoo, Convair F-102A Delta Dagger, Lockheed F-104A Starfighter mais aussi Douglas F5D-1 Skylancer. Et à chaque il s’en sort très bien. Il n’en dira pas autant en août 1957 de son vol sur Bell X-1B. Malgré une mission sans difficulté il casse son train à l’atterrissage. L’avion est bon pour retourner en atelier.

Armstrong était dans le siège droit d'un Boeing B-29 Superfortress le 22 mars 1956 qui relâcha en l'air un Douglas Skyrocket D-558-2. En tant que pilote de droite, Armstrong était en charge de la libération de la charge utile, tandis que le pilote de gauche, Stan Butchart, pilotait le B-29. En montant à 30 000 pieds (9 km), le moteur numéro quatre s'est arrêté et l'hélice a commencé à tourner dans le vent. Stopper l'hélice fut impossible et celle-ci tourna encore plus vite que les autres moteurs, menaçant d'emporter le moteur en le désolidarisant de l'aile. L'avion avait besoin de maintenir une vitesse de 338 km/h pour le lancement de la Skyrocket, et il ne pouvait pas atterrir avec. Armstrong et Butchart réussirent à lancer la Skyrocket juste avant que le moteur ne se désintègre. Les morceaux de celui-ci endommagèrent deux autres moteurs. Butchart et Armstrong ont été contraints d'arrêter le moteur numéro trois en raison de dommages, et le moteur numéro un en raison du couple créé.

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Le premier vol de Armstrong dans un avion fusée a été le 15 août 1957 avec le Bell X-1B, à une altitude de 18,3 km. Il cassa le train d'atterrissage avant quand il se posa, ce qui était déjà arrivé sur une dizaine de vols précédents en raison de la conception de l'avion.

En effet le pilote d’essais de 28 ans a rejoint l’équipe de marque de l’ultrasecret North American X-15, l’aéronef piloté le plus rapide de l’Histoire. Neil Armstrong volera à sept reprises dessus entre novembre 1960 et juillet 1962. Il réalisera un vol le portant à la vitesse de Mach 5.74, soit dans le cas qui l’intéresse 6420 kilomètres heures. Dans le cadre du programme X-15 Neil se retrouve le 24 avril 1962 en position de copilote sur un simple jet d’entraînement Lockheed T-33A T-Bird. Lui et son pilote doivent réaliser une série de tests afin de vérifier qu’un terrain d’aviation puisse servir en cas d’urgence avec l’avion d’essais.

En novembre 1960, Armstrong a été choisi dans le cadre du projet X-20 Dyna-Soar, un avion militaire destiné à l'espace. Armstrong a été impliqué dans plusieurs incidents qui ont marqué le folklore de la base d'Edwards ou furent cités par ses collègues. Le premier était un vol sur North American X-15 le 20 avril 1962, lors duquel Armstrong devait tester l'auto-ajustement du système de contrôle. Il volait à une altitude de 63 km, mais a maintenu le nez de l'appareil trop longtemps au cours de la descente, faisant « rebondir » l'avion jusqu'à 43 km. À cette altitude, l'atmosphère est si ténue que les surfaces aérodynamiques n'ont pas d'effet. Il a dépassé la piste d'atterrissage à Mach 3 (3 200 km/h) et plus de 30,5 km d'altitude. Il a terminé à 72 km au sud de la base Edwards, en direction du Rose Bowl Stadium selon la légende. Après suffisamment de descente, il réussit à tourner l'appareil vers la zone d'atterrissage, et à peine réussi à atterrir.

Un deuxième incident s'est produit quand Armstrong a volé avec Chuck Yeager, quatre jours après son aventure sur le X-15. Pilotant un Lockheed T-33 Shooting Star, leur travail consistait à tester le Smith Ranch Dry Lake comme site d'atterrissage d'urgence pour le X-15. Dans son autobiographie, Yeager a écrit qu'il savait et avait averti que le lac n'était pas utilisable pour les atterrissages après de récentes pluies, mais Armstrong a insisté pour faire le vol. Faisant un atterrissage « Touch-and-go », les roues furent bloquées et ils ont dû attendre les secours. Armstrong raconte une version différente des événements, où Yeager n'a jamais essayé de lui parler et où ils ont fait un premier atterrissage réussi sur le côté est de la zone. Puis Yeager lui aurait dit d'essayer de nouveau, cette fois un peu plus lentement.

Beaucoup de pilotes d'essai à Edwards ont salué la capacité d'ingénierie d'Armstrong. « Milt » Thompson a déclaré qu'il était « le plus technique des premiers pilotes de X-15 » et Bruce Peterson dit d'Armstrong qu'il avait « un esprit qui absorbait des choses comme une éponge ». Ceux qui venaient de l'United States Air Force ont tendance à avoir une opinion différente, en particulier des gens comme « Chuck » Yeager et « Pete » Knight, qui n'avaient pas de diplôme d'ingénieur.

Le 21 mai 1962, Armstrong a été impliqué dans « l'affaire Nellis ». Il a été envoyé dans un Lockheed F-104 Starfighter pour inspecter le Delamar Dry Lake, là encore pour les atterrissages d'urgence. Il a mal évalué son altitude, et ne s'est pas rendu compte que le train d'atterrissage n'était pas complètement déployé. En touchant le sol, le train d'atterrissage a commencé à se rétracter. Armstrong mis les gaz pour faire annuler l'atterrissage, mais la partie ventrale de l'avion et le cache du train d'atterrissage heurtèrent le sol, ce qui a endommagé la radio et causa une fuite de liquide hydraulique. En l'absence de communication radio, Armstrong s'est rendu à la Nellis Air Force Base, passa près de la tour de contrôle, et agita la queue de l'appareil, code pour signaler une approche sans radio. La perte de fluide hydraulique causa la libération du crochet d'appontage et à l'atterrissage, celui-ci se prit à un câble causant un délai de trente minutes pour dégager la piste et réparer le câble. Pendant ce temps, Armstrong téléphona à Edwards et demanda à quelqu'un de le ramener. Milt Thompson a été envoyé dans un F-104B, le seul avion biplace disponible, mais que Thompson n'avait jamais piloté. Avec beaucoup de difficultés, Thompson arriva à Nellis, mais de forts vents de travers ont causé un atterrissage musclé faisant éclater un pneu. La piste a de nouveau été fermée afin d'être dégagée. Bill Dana a été envoyé lui aussi à Nellis, cette fois-ci dans un Lockheed T-33 Shooting Star, mais il a atterri preque trop large.

Armstrong effectua un total de sept vols sur North American X-15, atteignant une altitude de 63 km (207 500 pieds) et une vitesse de 6 615 km/h (Mach 5,74) à bord du X-15-1. Il quitta son poste avec plus de 2 450 heures de vol sur plus de 200 appareils différents (dont jets, hélicoptères, planeurs).

Astronaute : la conquête de l'espace

Le 13 septembre 1962 Neil Armstrong quitte Edwards AFB et l’équipe de fous furieux du NACA High-Speed Flight Station. Les avions d’essais c’est fini pour lui… enfin le croit t-il. Il rejoint le corps des astronautes de la NASA. Il intègre directement le groupe numéro 2 qu’on appellera plus tard les New Nine. Ses collègues s’appellent alors Frank Borman, Pete Conrad, Jim Lovell, James McDivitt, Elliot See, Tom Stafford, Ed White, et John Young.

Il n'y a pas de moment déterminant dans la décision d'Armstrong de devenir astronaute. Cependant, dans les mois suivant l'annonce de l'ouverture des propositions pour le Groupe d'astronautes 2, il est devenu de plus en plus enthousiasmé par le programme Apollo et la perspective de découvrir un nouvel environnement aéronautique. Mais la candidature d'Armstrong, arriva environ une semaine après la date limite fixée au 1er juin 1962. Dick Day, avec qui Armstrong avait collaboré étroitement à la base d'Edwards, travaillait à ce moment-là au Manned Spacecraft Center et voyant l'arrivée tardive de la demande, la glissa dans la pile sans que personne ne le remarqua. « Deke » Slayton appela Armstrong le 13 septembre 1962 et lui a demandé s'il était intéressé pour rejoindre le groupe des astronautes en tant que membre du Groupe 2, ce que la presse baptisa « The New Nine » (les neuf nouveaux). Sans hésitation, Armstrong accepta.

Le programme Gemini : une préparation cruciale

Avant d’aller sur notre satellite naturel il faut s’y préparer. C’est le rôle de la mission Gemini. Neil Armstrong est commandant de réserve de la mission Gemini 5. Ils reste donc au sol. Il devra attendre le 16 mars 1966 et la mission Gemini 8 qu’il commande pour devenir un véritable astronaute. Son engin spatial s’arrime à l’Agena, un étage supérieur de fusée permettant de simuler dans l’espace un rendez-vous. Sur Gemini 11 il subit le même scénario que sur Gemini 5.

Les membres de l'équipage pour la mission Gemini 8 ont été annoncés le 20 septembre 1965, avec Armstrong comme commandant et David Scott comme pilote. Ce dernier était le premier membre du groupe d'astronautes 3 à recevoir une place dans l'équipage titulaire d'une mission spatiale. La mission est lancée 16 mars 1966. Celle-ci fut la plus complexe jamais réalisée pour l'époque, avec un rendez-vous et un amarrage de la capsule avec la fusée-cible inhabitée Agena, la deuxième activité extravéhiculaire (EVA) américaine (et troisième en tout) et réalisée par Scott. Au total, la mission devait durer 75 heures dont 55 heures en orbite.

Le premier rendez-vous et l'amarrage entre les deux engins - premier amarrage de deux engins spatiaux en orbite - furent menés avec succès, après 6 heures et trente minutes en orbite. Le contact avec l'équipage était intermittent à cause du manque de suivi des stations couvrant la totalité de leurs orbites. Pendant une rupture de contact avec le sol, l'engin spatial a commencé à tourner sur lui-même. Armstrong a essayé de corriger l'attitude avec le Orbital Attitude Maneuvering System (OAMS) de l'engin spatial Gemini. Suivant un conseil du centre de contrôle, ils ont désamarré, constatant malheureusement que l'effet s'était accru de façon spectaculaire au point où ils effectuaient une rotation à peu près une fois par seconde, signifiant que le problème était le contrôle d'attitude dans leur engin Gemini. Armstrong décida d'engager le Reentry Control System (RCS) et de désactiver l'OAMS. Les règles de la mission imposaient qu'une fois ce système activé, l'engin devait effectuer sa rentrée sur Terre dès que possible.

Apollo 11 : un petit pas, un bond de géant

Pourtant il est déjà sur le short list qui doit le mener sur la Lune. Le 23 décembre 1968 alors que la mission Apollo 8 est en orbite lunaire le responsable de la sélection et de l’entrainement des astronautes Donald Slayton annonce à Neil Armstrong qu’il sera commandant de mission d’Apollo 11. Il va devenir le premier homme à poser le pied sur le sol lunaire. Et l’astronaute américain n’aura pas longtemps à attendre. Pour se préparer à poser le module lunaire six mois plus tard il enfile de nouveau sa tenue de pilote d’essais et retourne auprès de ses anciens collègues d’Edwards AFB. Le NASA Flight Research Center a remplacé le NACA High-Speed Flight Station.

Le mercredi 16 juillet 1969 la fusée Saturn V décolle du centre spatial Kennedy en Floride. À son sommet Apollo 11 avec à son bord Neil Armstrong, Buzz Aldrin, et Michael Collins. Le dimanche 20 juillet 1969 leur module lunaire se pose sur la Mer de la Tranquilité. Armstrong en sort le premier. Il pose le pied sur la Lune et dit : « That’s one small step for man, one giant leap for mankind« . Sa traduction française la plus fidèle serait : « C’est un petit pas pour l’homme, un bond de géant pour l’humanité« . Neil Armstrong vient d’entrer dans l’Histoire. Aldrin et lui resteront 21 heures et 36 minutes à la surface de la Lune avec une unique sortie extra-véhiculaire d’une durée totale de 2 heures et 31 minutes.

Le jeudi 24 juillet 1969 après 195 heures 18 minutes et 35 secondes la mission Apollo 11 est officiellement sur Terre. En l’objet elle flotte au milieu du Pacifique. Ce sont trois hélicoptères Sikorsky SH-3H Sea King de l’escadrille HSC-4 Black Knights qui les récupèrent. Leurs équipages ont été spécialement formés pour cela.

Lors de cette mission, Armstrong emporte avec lui le badge du scoutisme mondial pour rendre hommage au mouvement qui lui a beaucoup apporté. Ce badge est dorénavant visible au siège de l'OMMS à Genève.

Après la Lune : une vie discrète au service de la science et de l'éducation

De retour à la vie civile Neil Armstrong est un héros pour l’Amérique, mais aussi pour le monde entier. Il est embauché comme cadre supérieur par l’Office of Advanced Research and Technology avant de rejoindre au bout de treize mois le département d’aéronautique de l’université de Cincinnati. Armstrong la choisit car elle de taille modeste et il sait qu’il pourra échanger plus facilement avec les étudiants. Il y enseignera huit ans.

Par la suite il deviendra consultant, notamment sur les commissions d’enquêtes spatiales. En 1986 il est numéro 2 de la commission Rogers qui doit faire la lumière sur le drame de l’explosion de la navette spatiale Challenger.

La première biographie autorisée consacrée à Armstrong a été publiée en 2005 (en anglais uniquement, par James R. Hansen, First Man: The Life of Neil A.

Décès et héritage

Malgré un double pontage réalisé deux semaines auparavant Neil Armstrong décède le 25 août 2012 à l’âge de 82 ans d’une coronaropathie aigüe aggravée par une infection nosocomiale. Refusant les obsèques nationales sa famille autorise la mise en berne des drapeaux américains. Ses cendres sont dispersés dans l’océan Atlantique le 14 septembre suivant.

Parmi les centaines d’honneurs qui lui ont été rendu dans le monde entier il faut savoir que l’ex NACA High-Speed Flight Research Station s’appelle désormais l’Armstrong Flight Research Center. Timbre commémoratif américain du premier homme sur la Lune.

Au fil des années, Neil Armstrong se retire peu à peu de la vie publique et reste dans sa ferme reculée de l'Ohio. Ne sortant de sa réserve qu'en de très rares occasions, il refuse les interviews et ne signe plus d'autographes, après avoir découvert que ceux-ci pouvaient être vendus pour d'importantes sommes d'argent.

Au cours des années suivantes, de nombreux autres hommages lui sont rendus dans le monde.

Anecdotes et faits marquants

  • Armstrong avait-il des instructions pour prononcer ces mots lors de cet instant historique? A l’époque, cela paraît peu probable. Apollo XI était une aventure à l’issue trop incertaine pour en planifier le message de succès. Selon James Hansen, son biographe officiel, l'astronaute américain aurait conçu sa phrase juste avant sa sortie du module lunaire.
  • Les assurances-vie, ça ne coûte pas le même prix quand on explique qu'on part pour la Lune. Sachant que les trois astronautes de la mission Apollo XI n'avaient pas les moyens de verser la somme demandée au cas où il leur arriverait malheur, ils ont décidé de signer des cartes postales que leurs familles auraient pu revendre après leur mort.
  • Neil Armstrong avait été incorporé comme civil à la Nasa, à la différence de Buzz Aldrin qui était resté sous statut militaire. Or l’agence spatiale américaine tenait à ce que ce soit un civil qui pose le pied sur la Lune pour la première fois, de peur qu'on puisse associer cet événement à une conquête militaire.
  • Sur les clichés pris pendant les deux heures et demi de sortie, l'astronaute qui apparaît est quasiment toujours Buzz Aldrin. C'est Armstrong qui le photographie : sur l'un des clichés, on aperçoit, malgré tout, l'ombre d'Armstrong ou encore son reflet dans le casque.

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