Luciano Pavarotti, ténor italien né le 12 octobre 1935 à Modène et décédé le 6 septembre 2007 dans la même ville, est universellement reconnu comme l'un des plus grands et des plus populaires chanteurs d'opéra depuis Enrico Caruso. Sa voix unique et reconnaissable, son charisme sur scène et sa contribution à la popularisation de la musique classique ont fait de lui une légende.

Une Famille Modeste et des Premières Passions

Luciano Pavarotti est né dans une famille modeste à Modène. Son père, Fernando, était boulanger et lui-même un excellent ténor amateur. Sa mère, Adele, était ouvrière dans une usine de cigares, où travaillait également la mère de Mirella Freni, une amie d'enfance qui allait également connaître un avenir brillant dans le monde de l'opéra.

Le jeune Luciano était partagé entre deux passions : le chant, qu'il pratiquait dans la chorale de l'église, et le football. Il hésita longtemps entre ces deux voies. Son père contribua grandement à nourrir sa passion pour l'art lyrique, lui faisant découvrir les plus grands ténors de son temps, en particulier Giuseppe Di Stefano, même s'il déconseillait à son fils de tenter une carrière dans ce domaine.

Après le lycée, Luciano hésita à devenir gardien de but, mais finit par suivre une formation pour devenir instituteur. Finalement, à l'âge de dix-neuf ans, il persuada ses parents de le laisser tenter sa chance dans l'opéra.

Les Débuts de sa Formation Vocale

C'est en 1954 que son éducation vocale formelle commença, sous l'égide d'un ténor local, Arrigo Pola, qui accepta de le former gratuitement. Le premier encouragement arriva en 1955, lorsque la chorale locale à laquelle il participait avec son père remporta le premier prix dans une compétition internationale galloise, le Eisteddfod de Llangollen.

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Néanmoins, les premières années furent dans l'ensemble difficiles. Luciano devait travailler à plein temps en parallèle de ses études, d'abord en tant qu'instituteur puis en tant que vendeur d'assurances, et ces métiers représentaient une charge considérable pour sa voix. Il manqua d'abandonner son rêve lorsqu'il fut atteint d'un nodule aux cordes vocales, mais heureusement, il se rétablit rapidement.

Les Premières Scènes et la Consécration Internationale

Luciano Pavarotti fit ses débuts sur scène au Théâtre municipal de Reggio Emilia en 1961, dans le rôle de Rodolfo dans La Bohème de Puccini. D'autres débuts italiens suivirent, mais c'est à l'étranger qu'il connut d'abord la consécration.

Il fit ses débuts à Belgrade dès 1961, y chantant Alfredo dans La Traviata de Verdi. Il reprit le rôle à Vienne en février 1963, et y retourna quelques mois plus tard dans La Bohème et dans Rigoletto de Verdi (le Duc). La même année, il fit ses débuts au Royaume-Uni à Belfast dans Madame Butterfly (Pinkerton) de Puccini.

Peu après, il remplaça son idole Giuseppe Di Stefano pour chanter Rodolfo pour ses débuts à Covent Garden. Cela lui ouvrit les portes de Glyndebourne l'année suivante dans Idoménée de Mozart (Idomante). Surtout, cela attira l'attention de la grande soprano Joan Sutherland. En 1965, il fit ses débuts américains avec cette dernière dans Lucia di Lammermoor de Donizetti, où il incarna Edgardo.

Il fit ensuite ses débuts à la Scala la même année dans La Bohème, face à son amie d'enfance Mirella Freni dans le rôle de Mimi, sous la direction de Karajan. Peu après, il partit en tournée en Australie avec Joan Sutherland et son mari, le chef d'orchestre Richard Bonynge, celle-ci y voyant un partenaire idéal. La tournée eut une grande influence sur lui : il apprit énormément de la Stupenda, notamment son impressionnante gestion du souffle. Il resta un partenaire habituel de Joan Sutherland jusqu'à la fin de sa carrière. Il fit son retour à la Scala en 1966, dans le rôle de Tebaldo dans I Capuleti e i Montecchi de Bellini.

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L'Ascension vers la Gloire

Luciano Pavarotti s'imposa progressivement comme l'un des plus grands ténors lyriques de sa génération. Sa voix convenait parfaitement aux exigences du bel canto, et Donizetti était sans doute le compositeur où il était le plus à l'aise, avec Verdi et Puccini. Par ailleurs, sa personnalité chaleureuse et sa nature de bon vivant étaient très communicatives, ce qui en fit un interprète idéal dans le répertoire comique.

C'est ainsi qu'en 1966, il débuta le rôle de Tonio dans La Fille du régiment de Donizetti à Covent Garden. En 1968, il fit ses débuts au Metropolitan dans La Bohème, mais étant fortement indisposé, il considéra lui-même que sa performance n'était pas à la hauteur. En 1970, il réalisa un enregistrement de référence de L'Élixir d'amour de Donizetti sous la direction de Bonynge, y chantant Nemorino, avec Joan Sutherland dans le rôle d'Adina. En 1971, il chanta Gustavo dans un enregistrement d'Un Bal Masqué de Verdi avec Renata Scotto en Amelia.

S'il réalisa plusieurs performances au Metropolitan après ses débuts, c'est avec La Fille du régiment en 1972, avec Joan Sutherland dans le rôle-titre, qu'il y devint une véritable vedette. Il y créa l'événement avec son interprétation de l'air « Ah mes amis », réputé être « l'Everest de l'opéra », du fait de ses neuf contre-ut très rapprochés. Cela lui valut le sobriquet de « king of the high Cs », surnom qui joue sur l'homophonie des mots anglais signifiant « contre-ut » et « haute mer ».

Parmi ses autres performances notables à cette période figurent des enregistrements de La Favorite de Donizetti en 1974 (Fernand, avec Fiorenza Cossotto dans le rôle-titre) et I Puritani de Bellini en 1975 (Arturo, avec Joan Sutherland dans le rôle d'Elvira). En 1976, il fit sa première apparition au Festival de Salzbourg, en chanteur italien dans Le Chevalier à la rose de Richard Strauss.

La Popularisation de l'Opéra

Sa renommée commença même à dépasser le seul milieu de l'art lyrique. Sa personnalité joviale et exubérante lui valut la faveur du public. Il participa aux premières rediffusions en direct du Met en 1977, en Rodolfo dans La Bohème. Durant cette période, s'il continua de chanter certains des rôles lyriques qui l'avaient rendu célèbres, il se tourna peu à peu vers des rôles plus dramatiques, exigeant une voix plus lourde, comme Radamès dans Aïda (Verdi) ou Manrico dans Le Trouvère (Verdi également). Il chanta ce dernier rôle sous la direction de Karajan à l'Opéra d'État de Vienne en 1979. En 1982 sortit le film Yes, Giorgio, son unique tentative de jouer la comédie, mais le film ne rencontra pas le succès espéré.

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En 1982, il créa sa compétition pour jeunes chanteurs, au terme de laquelle les gagnants avaient l'opportunité de se produire sur scène avec lui. En 1985, sa performance de Radamès dans Aïda de Verdi à la Scala, sous la direction de Lorin Maazel, fut un immense succès, qui fit l'objet d'un enregistrement, devenant sans doute sa performance du rôle la plus célèbre. En 1988, après avoir chanté Nemorino (L'Élixir d'Amour) à l'Opéra Allemand de Berlin, il fut rappelé à cent soixante-sept reprises, et les applaudissements durèrent plus d'une heure, un record.

Les Trois Ténors et la Reconnaissance Mondiale

En 1990, sa performance de l'air « Nessun Dorma », issu de Turandot de Puccini, fut choisie par la BBC comme l'accompagnement musical de la Coupe du Monde de football à Rome, depuis surnommé officieusement l'hymne de la coupe du monde. C'est ainsi que celui qui s'était un temps rêvé gardien de but devint une star planétaire, même auprès de ceux qui n'avaient aucune affinité pour l'opéra.

Toujours dans le cadre de la coupe, Pavarotti rejoignit les espagnols José Carreras et Plácido Domingo pour un concert aux thermes de Caracalla le 7 juillet 1990. Les Trois Ténors étaient nés. Ils se réunirent pour les deux coupes du monde suivantes, à Los Angeles puis à Paris, avec un succès croissant, lançant une mode des ensembles de chanteurs lyriques à succès, en particulier des trios. Ceux-ci se caractérisaient par un son pharaonique dans des interprétations émotives des plus grands tubes du répertoire. Cette alliance de l'art lyrique avec une sensibilité plus grand public a parfois été surnommée « popéra ».

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