Kirk Douglas, une figure emblématique du cinéma américain, a marqué l'histoire par son talent, son audace et son engagement. Jouant tour à tour des rôles de truand, de cow-boy, de gladiateur ou de soldat, il a contribué à la disparition du vieil Hollywood, laissant derrière lui un héritage cinématographique immense.

Une Naissance dans la Misère

Issur Danielovitch, plus tard connu sous le nom de Kirk Douglas, est né le 9 décembre 1916 à Amsterdam, dans l'État de New York. Issu d'une famille d'immigrés juifs venus de Biélorussie, les Danielovitch, son enfance est marquée par la pauvreté. Son père, Herschel, est chiffonnier, et Issur, unique garçon parmi six filles, doit multiplier les petits travaux pour financer ses études. Cette enfance difficile, qu'il relate dans son autobiographie "Le Fils du chiffonnier", forge son caractère et sa détermination.

Des Études et une Vocation Naissante

À l'adolescence, Issur se découvre une vocation d'acteur. Il réussit à s'inscrire à l'université de St Lawrence, où il excelle dans l'équipe de lutte, surmontant l'antisémitisme ambiant. Il poursuit ensuite sa formation dans une école d'art dramatique de New York. C'est à cette époque qu'Issur Danielovitch adopte le pseudonyme de Kirk Douglas. Parmi ses condisciples, il croise Betty Joan Perske, la future Lauren Bacall.

Service Militaire et Débuts à Hollywood

Lorsque les États-Unis entrent en guerre, Kirk Douglas s'engage dans la marine. Blessé, il est démobilisé en 1944. De retour à la vie civile, il reprend sa carrière d'acteur. Grâce à l'appui de Lauren Bacall, devenue une star d'Hollywood, il fait ses débuts à l'écran en 1946 dans "L'Emprise du crime" de Lewis Milestone, à l'âge de 30 ans.

Des "Rôles de Fils de Pute" aux Premiers Succès

Malgré son pouvoir de séduction, Kirk Douglas incarne d'abord des personnages antipathiques, des truands et des hommes durs. Il joue notamment dans "Pendez-moi haut et court" (1947) de Jacques Tourneur. Il interprète également des rôles de mâle imparfait, comme dans "Chaînes conjugales" (1949) de Joseph Mankiewicz.

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En 1949, il refuse une superproduction de la MGM pour tourner "Le Champion" où il incarne un boxeur luttant contre ses propres démons. L'acteur s'illustre alors dans tous les genres, il tourne dans le western "La Captive aux yeux clairs", le film noir "Les Ensorcelés" et incarne Vincent Van Gogh dans un film de Vincente Minelli qui le pousse aux frontières de la folie.

La Collaboration avec Vincente Minnelli

La rencontre avec Vincente Minnelli marque un tournant dans la carrière de Kirk Douglas. Ensemble, ils tournent "Les Ensorcelés" (1952), une représentation impitoyable de la magie noire du cinéma. En 1956, ils collaborent à "La Vie passionnée de Vincent Van Gogh", un rôle dans lequel Kirk Douglas avouera s'être presque perdu. Malgré la violence de son interprétation, il ne reçoit pas l'Oscar du meilleur acteur, qui est attribué à Yul Brynner pour "Le Roi et moi". Minnelli et Douglas se retrouvent une troisième fois pour "Quinze jours ailleurs" en 1962.

Un Acteur Engagé et Audacieux

Kirk Douglas s'engage pleinement dans ses rôles, quitte à se mettre en danger psychiquement ou physiquement. Il termine le tournage de "La Captive aux yeux clairs" (1952) avec une pneumonie et réalise lui-même les cascades périlleuses des "Vikings" (1958).

Ce goût du risque se traduit également par la création de sa société de production, Bryna, en hommage à sa mère. Cette indépendance lui permet de produire des films qui s'éloignent de l'« entertainment » hollywoodien, comme "Les Sentiers de la gloire" (1957) de Stanley Kubrick, un drame antimilitariste dans lequel il incarne un colonel français.

En 1957, Kirk Douglas condamne publiquement le communisme et « tout ce qui peut mettre en péril l’American Way of Life ».

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"Spartacus" : Un Film Engagé et une Production Tumultueuse

En 1960, Kirk Douglas produit et joue dans "Spartacus", un péplum réalisé par Stanley Kubrick après le renvoi d'Anthony Mann. Le film, qui raconte l'histoire d'un esclave révolté contre l'Empire romain, est l'occasion pour Kirk Douglas de dénoncer le maccarthysme qui sévit alors à Hollywood.

Le tournage de "Spartacus" est marqué par des querelles incessantes, notamment avec Charles Laughton et Stanley Kubrick. Malgré ces difficultés, le film est un succès et remporte quatre Oscars.

Les Années 1960 et 1970 : Diversification et Réalisation

Le début des années 1960 est moins fructueux pour Kirk Douglas. Il apparaît dans des films à grand spectacle comme "Paris brûle-t-il ?" (1966) et dans des westerns aux côtés de John Wayne et Robert Mitchum.

En 1970, il renoue avec des cinéastes de premier plan, comme Joseph Mankiewicz pour "Le Reptile" et Elia Kazan pour "L'Arrangement". Ce dernier film, dans lequel il incarne un cadre supérieur en crise, est comme un bilan de carrière pour Kirk Douglas.

Dans les années 70, Kirk Douglas passe à la réalisation avec "Scalawag" (1973) et "La Brigade du Texas" (1975), mais ces films ne rencontrent pas le succès escompté.

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Fin de Carrière et Reconnaissance Tardive

La fin de la carrière de Kirk Douglas sur le grand écran s'étend sur plusieurs décennies. Il croise le chemin de Brian De Palma dans "Furie" (1978) et renoue avec Burt Lancaster dans "Coup double" (1986). En 2003, il partage l'affiche avec son fils Michael et son petit-fils Cameron dans "Une si belle famille".

Malgré ses succès passés, Kirk Douglas n'a jamais reçu d'Oscar pour une performance spécifique. Il reçoit finalement un Oscar d'honneur pour l'ensemble de sa carrière en 1996. Les Festivals de Venise et de Berlin lui rendent également hommage.

Une Présence Médiatique et Littéraire

En plus de sa carrière d'acteur, Kirk Douglas est également un auteur à succès. Il publie "Le Fils du chiffonnier" en 1988, un best-seller dans lequel il raconte son enfance misérable et ses combats artistiques et politiques.

En 1991, il échappe à la mort lors d'un accident d'hélicoptère, un événement qui le rapproche de la foi juive. Il évoque ce cheminement spirituel dans d'autres livres.

Ces dernières années, il s'était distingué sur la Toile avec un blog d’une spontanéité inattendue chez un nonagénaire.

Vie Privée et Famille

Kirk Douglas a été marié à Diana Dill, avec qui il a eu deux fils, Michael et Joel. Après son divorce en 1951, il épouse Anne Buydens en 1954. De cette union naissent deux autres fils, Peter et Eric. Eric Douglas décède d'une overdose en 2004.

Kirk Douglas est le père de l'acteur Michael Douglas, dont le succès rejaillit sur sa propre carrière.

Décès et Héritage

Kirk Douglas est décédé le 5 février 2020, à l'âge de 103 ans. Il laisse derrière lui un héritage cinématographique immense, composé de plus de 90 films. Il est considéré comme l'un des derniers géants de l'âge d'or d'Hollywood.

Son talent, son charisme et son engagement ont marqué l'histoire du cinéma et continuent d'inspirer les générations futures. Sa fossette au menton, son regard intense et sa force d'expression resteront à jamais gravés dans la mémoire collective.

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