Jackie Chan, de son nom de naissance Chan Kong-sang, est une figure emblématique du cinéma d'arts martiaux. Acteur, réalisateur, producteur, chorégraphe, cascadeur et chanteur, il a marqué l'histoire du cinéma par son style unique mêlant kung-fu acrobatique et humour. Son parcours, depuis son enfance à Hong Kong jusqu'à la consécration à Hollywood, est une véritable success story.
Naissance et origines
Le petit Jackie Chan est né le 7 avril 1954 à Hong Kong, alors colonie britannique. Ses parents, Charles Chan, chef cuisinier, et Lee-lee Chan, femme de ménage, étaient originaires de Shandong et travaillaient tous deux au Consulat français de Hong Kong. L'accouchement par césarienne a coûté 500$HK, une somme considérable à l'époque. Faute de moyens, les parents de Jackie ont failli le vendre au docteur qui l'a mis au monde. Jackie pesait environ 5,4 kg à la naissance, ce qui lui a valu le surnom de « Pao-Pao », signifiant boulet de canon.
Enfance et formation à l'Opéra de Pékin
En 1961, lorsque Jackie a six ans, ses parents émigrent en Australie pour travailler à l'Ambassade des États-Unis. Souhaitant lui offrir une éducation chinoise, ils le laissent à Hong Kong et l'inscrivent en 1961 à l'Institut de Recherche sur l'Opéra Chinois de Maître Yu Shan Yuan, une école d'Opéra de Pékin. Ces écoles accueillaient souvent des enfants d'origine modeste dont les parents ne pouvaient payer les études. Un contrat était signé, engageant l'enfant pour dix ans d'enseignement rigoureux.
Les conditions d'apprentissage à l'Institut étaient extrêmement strictes, dignes d'un camp militaire. Discipline, obéissance et soumission étaient de rigueur. Les élèves s'entraînaient 18 heures par jour, de 5 heures à minuit, pour atteindre la perfection. Au programme : arts martiaux, kung-fu, danse, chant, théâtre et maniement d'armes comme le bâton et le sabre. En cas d'échec, les punitions étaient sévères, allant des coups à la privation de repas. Le maître avait droit de vie ou de mort sur ses élèves.
Jackie, alors nommé Yuan Lou, a appris à l'Institut les bases de ce qui allait faire de lui une star. Il rejoint la troupe "Les Sept Petites Fortunes", aux côtés de Samo Hung (Yuan Long) et Yuen Biao, qui deviendront ses amis et partenaires de cinéma. Pour payer son enseignement, Jackie participe à des films comme figurant. Il confiera plus tard n'avoir appris ni à lire ni à écrire durant cette période. Le film "Painted Faces" (1989) d'Alex Law retrace le dur apprentissage de Jackie et des autres enfants de l'Institut.
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Débuts dans le cinéma et cascades
En 1971, après dix ans d'Institut, Jackie obtient son diplôme. Cependant, l'Opéra Chinois est en déclin à Hong Kong. Il se renomme Chan Yuen-Long et devient cascadeur, enchaînant les castings avec Samo Hung et Yuen Biao. Il est remarqué par la Shaw Brothers et engagé comme cascadeur pour 75 francs par jour.
À l'époque, Bruce Lee est au sommet de sa gloire. Jackie réalise une cascade remarquée dans "La Fureur de Vaincre" (1972) : il défonce une vitrine en courant. Cette cascade lui vaut son premier petit rôle d'acteur dans "Le Jeune Tigre" (1971). Le nom de Chan Yuen-Long apparaît ensuite aux génériques de plusieurs films comme figurant ou cascadeur. En 1976, il est acteur et cascadeur dans "Hand of Death" avec John Woo.
La période Lo Wei et la naissance du style Jackie Chan
Le producteur Lo Wei, qui a travaillé avec Bruce Lee, voit en Jackie un successeur potentiel. Il le renomme Sing Lung (devenir un dragon), en référence à Bruce Lee Siu Lung (le petit dragon), et lui donne son nom anglais : Jackie Chan. Cependant, Jackie ne veut pas être un simple imitateur de Bruce Lee. Il souhaite révolutionner le genre en perte de vitesse et s'inspirer davantage de Charlie Chaplin, Buster Keaton et Jean-Paul Belmondo.
Jackie tourne une série de films de kung-fu sous la direction de Lo Wei, mais ces films sont peu originaux et ne rencontrent pas le succès. Jackie est discrédité et considéré comme un sous-Bruce Lee.
En 1977, dans "Le Protecteur" (Half a Loaf of Kung Fu) de Chen Chi Hua, on aperçoit les prémices du style Jackie Chan, un mélange de comédie et d'arts martiaux.
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La consécration : comédie kung-fu et cascades spectaculaires
Le premier grand succès de Jackie arrive en 1978 grâce à Seasonal Film et Yuen Woo-Ping. "Le Chinois se déchaîne" (Snake in Eagle's Shadow) marque une rupture avec les films de kung-fu traditionnels. Le potentiel de Jackie est enfin révélé au grand jour.
En 1979, la même équipe réalise "Le Maître Chinois" (Drunken Master), un film culte qui propulse Jackie au rang de star en Asie. Pour la première fois, un film de kung-fu aborde les relations maître-élève sous un angle humoristique.
Jackie passe ensuite derrière la caméra et réalise "La Hyène Intrépide" (The Fearless Hyena) en 1979, un succès. Il découvre un filon : les cascades dangereuses et spectaculaires. "J'invente toutes mes cascades. Je les imagine pour me mettre à l'épreuve ; je veux voir ce dont je suis capable." En 1980, dans "La Danse du Lion" (The Young Master), il se surpasse.
Tentatives à Hollywood et retour en Asie
Fort de son succès en Asie, Jackie tente de percer sur le marché américain avec "Le Chinois" (The Big Brawl) en 1980 et "L'Équipée du Cannonball" (Cannonball Run) en 1981. Cependant, ces films ne rencontrent pas le succès escompté. Le public américain n'est pas encore prêt pour le kung-fu rapide et les combats chorégraphiés.
Jackie se concentre alors sur le marché asiatique. En 1982, il réalise "Dragon Lord", mais le film ne rencontre pas le succès attendu. En 1983, il retrouve son public avec "Le Marin des Mers de Chine" (Project A). Ce film marque le début d'une série de collaborations avec Samo Hung et Yuen Biao. Jackie y réalise une cascade impressionnante : une chute du haut d'un clocher, amortie par des stores.
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Mariage et fondation
En 1983, Jackie épouse secrètement l'actrice taïwanaise Lin Feng Chow, avec laquelle il a un fils, Jackson. Le mariage est tenu secret pour protéger la vie privée de Jackie et éviter de potentiels drames avec ses fans.
En 1985 sort le mythique "Police Story", qui remporte le prix du meilleur film au Hong Kong Film Awards.
En 1986, Jackie réalise "Mister Dynamite" (Armour of God), un film qui a failli lui coûter la vie. Lors d'une cascade, il chute d'un arbre et se fracture le crâne. Il passe deux mois à l'hôpital et six mois en convalescence. Cet accident le pousse à créer la Jackie Chan Charitable Foundation, une fondation d'aide aux démunis, surtout les enfants.
Les années 1990 et la consécration à Hollywood
Dans les années 1990, Jackie alterne les tournages en Asie et en Amérique. Il réalise "Big Brother" (Miracles) en 1989, son film préféré en tant que réalisateur.
En 1998, il obtient la consécration à Hollywood avec "Rush Hour", aux côtés de Chris Tucker.
Récompenses et distinctions
Jackie Chan a reçu de nombreuses récompenses tout au long de sa carrière, notamment le Prix des Meilleures Chorégraphies aux Hong Kong Film Awards à six reprises. En 2008, il a eu l'honneur de conclure la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Pékin en chanson.
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