Henri Salvador, né Henri Gabriel Salvador le 18 juillet 1917 à Cayenne (Guyane) et décédé le 13 février 2008 à Paris, fut un artiste aux multiples talents : auteur, compositeur, chanteur, humoriste et musicien français. Sa carrière, d'une longévité exceptionnelle, a marqué plusieurs générations et continue de résonner dans le cœur du public. "Savoir rigoler, c'est un métier" disait-il, une devise qui résume bien son approche de la vie et de la musique.
Une Enfance Baignée dans le Jazz
L'enfance d'Henri Salvador est bercée par le jazz. Dès son plus jeune âge, il développe une passion pour la musique et apprend à jouer de plusieurs instruments. Au début des années 30, alors qu'il n'a que 16 ans, il commence à travailler dans des cabarets où son humour est particulièrement remarqué. Son talent est rapidement reconnu, et il se fait engager comme guitariste pour trois mois à Boulogne-sur-Mer. Une nouvelle boîte, le Jimmy's, s'ouvre à Montparnasse et cherche à monter un quartette pour créer l'ambiance. Henri Salvador en sera le guitariste et se fera connaître du Tout-Paris
Des Débuts Prometteurs et une Ascension Fulgurante
Contrairement à beaucoup de chanteurs à succès, aucune destinée familiale ne lie Henri Salvador au métier de chanteur. Mais rapidement, son manque d'attrait pour les bancs de l'école l'oblige à se débrouiller dès 15 ans pour gagner sa vie. C'est grâce à sa tante, chanteuse, qu'il commence à s'intéresser à l'apprentissage de la musique. Il maîtrise rapidement la guitare et la batterie, et se prend d'affection pour la musique Jazz. Il ne le sait pas encore, mais il en écrira certaines des plus belles pages en France. Il est notamment repéré par la star de la musique tzigane Django Reinhardt, alors que la popularité et la gouaille de l'Antillais le font connaître dans tout Paris.
Durant son service militaire, il continue à se produire dans les cabarets. Sa notoriété grandissant, il joue avec les plus grands, dont Django Reinhardt. En 1940, après avoir intégré l'orchestre de Bernard Hilda, il rejoint les Collégiens de Ray Ventura et part en tournée en Amérique du Sud. Grâce à ses imitations de Popeye, ses sketches tout en mimiques et onomatopées et son adaptation d'un air folklorique antillais, Maladie d'amour, il devient très vite une vedette au Brésil. Après deux ans de pérégrinations en Uruguay, au Chili, en Argentine, l'orchestre se dissout à l'annonce de la Libération. Henri reste au Brésil, où son nom devient de plus en plus important.
En 1945, il cède à la proposition de Ray Ventura et, en décembre, il est à nouveau parmi les Collégiens, salle Pleyel. Fort de son succès brésilien, il veut montrer à Paris ce dont il est capable en solo. Il persuade le directeur de Bobino de le prendre en vedette américaine du spectacle d'Andrex. Jacques Canetti lui fait enregistrer son premier 78-tours en 1948. Une dizaine de disques sont gravés en deux ans qui, à une exception près, mettent en avant ses talents de chanteur de charme. En 1949, il passe à l'ABC. Au premier rang de ses admiratrices, Jacqueline Garabédian, qu'il épouse l'année suivante. Elle devient son plus fidèle supporter et son mentor. Il enchaîne les tournées au Portugal, en Espagne, en Tunisie, au Maroc, spectacles aux Trois Baudets et galas à Bobino.
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L'Ère des Succès Populaires
Henri Salvador enchaîne alors les tournées triomphales, faisant salle comble partout où il passe. Ses premiers disques sont devenus des classiques : "Une chanson douce (Le loup, La biche et le chevalier)" ou "Maladie d'amour" sont connus de tous encore aujourd'hui. Au milieu des années 50, Salvador rencontre Boris Vian. De leur collaboration fructueuse naîtront des titres tels que "Blouse du Dentiste", "Moi, j'préfère la marche à pied" ou "Faut Rigoler".
Parallèlement à sa carrière musicale, Henri Salvador s'essaie au cinéma et au théâtre, avec un talent comique indéniable.
Diversification et Période d'Éclipse
Spectacles TV avec "Les Salves d'or", maison de production : Henri Salvador endosse dans les années 1960 le costume d'homme d'affaires, avec une activité florissante. Mais la perte de sa femme en 1976 met fin à l'embellie. S'ensuivront deux décennies marquées par une faible activité.
Dans les années 70, il enregistre de nombreux disques destinés aux enfants, certains sous l'égide de la maison Disney comme pour "Les Aristochats" ou "Blanche Neige et les Sept Nains". En 88, il enregistre même un show télé pour TF1 où il chante aux côtés de Tom Jones. Salvador est sans conteste un grand showman. Il sort aussi deux albums : "Des goûts et des couleurs" (89) et "Monsieur Henri" (94).
Un Retour Triomphal et une Reconnaissance Tardive
C'est en 2000 qu'Henri Salvador retrouve l'estime populaire avec "Chambre avec vue" et son tube "Jardin d'hiver". L'album que personne ne voulait produire devient très vite un des plus grands succès de l'année. 2001 est également un cru exceptionnel pour Salvador : il est désigné meilleur interprète et obtient la victoire de l'album de variété lors des Victoires de la musique. C'est également l'année de son retour sur scène ; à l'Olympia d'abord puis dans le reste de l'hexagone, à New York ou encore à Tokyo. Il se produit également en Guyane, sa terre natale. La tournée doit se poursuivre jusqu'en 2007. Des spectacles où l'on entendra des extraits de son album sorti en 2003, "Ma chère et tendre".
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En 2006, l'artiste revient avec "Révérence", un disque qui oscille entre la bossa nova et le jazz, enregistré à Rio, New-York et Paris.
Longtemps considéré comme un artiste de variété parmi les autres, il ouvre les portes de son jardin secret en 2000, avec un album intime, pudique et sensible, Chambre avec vue. Enfin, le grand public adhère en masse à son véritable univers.
Vie Privée
État civil : Henri SALVADOR fut le nom d'artiste d'Henri Gabriel SALVADOR. Il était un chanteur et humoriste français. À la fois compositeur et guitariste, il est le seul chanteur français de variété à figurer dans le Dictionnaire du Jazz. Il est le fils de Clovis SALVADOR et d'Antonine PATERNE. Il se marie en 1940 avec une jeune Corse, Lili SUSINI. Il se remarie avec Jacqueline GARBÉDIAN en 1950. Suite au décès de sa seconde épouse en 1976, il épousa en troisièmes noces Sabine de RICOU, en mai 1986. Le couple divorça en 1995. En novembre 2001, il épouse Catherine COSTA. Henri Salvador avait 42 ans de différence d'âge avec sa dernière compagne, Catherine Costa. Une osmose totale existait entre deux. Ce vendredi 3 mai, Catherine Salvador, la veuve d'Henri Salvador, est revenue sur sa rencontre et son mariage avec le chanteur, dans les colonnes de France Dimanche.
Entre lui et son fils biologique, Jean-Marie Périer, la communication était plutôt complexe. Sur Instagram, le 5 août, le photographe Jean-Marie Périer a partagé une tendre déclaration d’amour à l’intention de l’acteur François Périer, décédé en 2002 et qui l’a élevé comme son véritable fils. Jean-Marie Périer était l'invité de "L'Instant De Luxe" ce lundi 15 mars.
Disparition et Hommages
C'est le 13 février 2008 que l'artiste tire sa révérence. Henri SALVADOR meurt d'une rupture d'anévrisme à son domicile parisien, place Vendôme, à l'âge de 90 ans. Ses obsèques ont eu lieu le 16 février 2008 en l'église de la Madeleine à Paris, avant qu'il ne soit inhumé au cimetière du Père-Lachaise (97e division, à côté d’Édith Piaf). Le quotidien « L’Express » publie l’article « Henri SALVADOR est mort » pour annoncer son décès. « Le Nouvel Observateur » quant à lui annonce la disparition du « chanteur à l'éternel complet blanc et à l'inusable joie de vivre ».
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Près de quatre ans plus tard, en juin 2012, sort un album posthume réarrangé par Benjamin Biolay, qui avait déjà contribué, avec Karen Ann, à son retour avec "Chambre avec vue". Ce samedi 13 février marque le treizième anniversaire de la mort d'Henri Salvador.
Un Héritage Musical Inestimable
Chanteur à la voix douce et au charme irrésistible, Henri Salvador s'impose comme un maître de la chanson française. Son répertoire, riche et varié, oscille entre swing, bossa nova, samba et chansons légères. À son actif de nombreux succès populaires comme : "Une chanson douce", "Zorro est arrivé", "Le travail c'est la santé" ou encore "Le Lion est mort ce soir".
Artiste caméléon, à la fois clown aux éclats de rire contagieux, crooner, compositeur, guitariste de jazz, Henri Salvador reste ce chanteur osant les pires grimaces et les travestissements les plus insensés mais capable d'offrir aux générations qu'il a accompagnées pendant plus de soixante ans une berceuse d'anthologie, "Le Loup, la biche et le chevalier", célèbre par ses premiers mots : « Une chanson douce que me chantait ma maman ».
Henri Salvador est une figure bien-aimée du monde de la chanson populaire française. Il a su combiner plusieurs styles classiques de crooner de jazz avec un esprit vif et un rire contagieux. Souvent comparé à Frank Sinatra et Nat « King » Cole, Salvador est également connu pour sa polyvalence. Il était capable d’interpréter aussi bien des chansons romantiques que des chansons fantaisistes. Ce sont d’ailleurs celles-là qui l’ont rendu célèbre pendant la Seconde Guerre mondiale.
Influences et Collaborations
Né le 18 juillet 1917 à Cayenne d'un père guadeloupéen d'origine espagnole, Clovis, percepteur des impôts, et d'une mère indienne des Caraïbes, Antonine, il a sept ans lorsque la famille s'installe à Paris. Ses parents espèrent que leur fille et leurs deux fils pourront ainsi faire de brillantes études et accéder à des professions libérales. Le contraste est cruel pour le jeune Henri et ses résultats scolaires s'en ressentent. Son père, qui espérait le voir devenir pharmacien, se rend à l'évidence face à la passion que nourrit son rejeton pour la musique en général et le jazz en particulier. « C'est la T.S.F. qui est à l'origine de ma vocation. Lorsque j'y ai entendu Django Reinhardt, j'ai su que je ferai comme ce type. » En 1934, il achète sa première guitare et s'enferme dans sa chambre des heures entières pour apprendre à reproduire les accords du maître. Il fait la manche et dépense une partie de ses gains pour aller au cinéma et au cirque. À Médrano, il découvre le clown Rhum et le pouvoir du comique. En 1935, il signe son premier contrat avec un chef d'orchestre russe qui l'engage comme guitariste pour trois mois à Boulogne-sur-Mer.
Il rencontre en 1935 le guitariste de jazz manouche français Django Reinhardt avec qui il va travailler durant plusieurs années. La ville abritait de nombreux musiciens de jazz afro-américains dans les années 1930. Il a donc pu s’améliorer et a approfondi ses compétences en signant avec un groupe dirigé par le violoniste Eddie South. La sécurité de Ventura, qui était juif, était gravement menacée par le gouvernement pro-nazi de la ville française de Vichy. Henri Salvador avec sa peau foncée et parce que né à l’étranger, n’était pas mieux loti. Il parvient à fuir la France grâce au groupe. En tournée au Brésil, il fait des imitations de Sinatra et d’autres grands chanteurs américains. Il s’imprègne de la musique populaire du pays. Dans les années 1950, le style brésilien sobre mais sensuel connu sous le nom de bossa-nova connait une popularité internationale. Il l’a facilement intégré à son propre style. Avec Paul Misraki, un membre du groupe, Henri Salvador commence à écrire ses propres chansons.
Reconnaissance et Récompenses
Il reçu en 2001 deux Victoires de la musique : artiste interprète masculin de l’année et album de variétés de l’année pour l'opus à succès "Chambre avec vue". On lui doit notamment les titres Syracuse, Maladie d'amour, Le loup, la biche et le chevalier (Une chanson douce). Il a reçu de nombreuses récompenses et notamment la médaille d'or de l'Académie française et le titre de commandeur de la Légion d'honneur.
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