Claude François, affectueusement surnommé "Cloclo", est une figure emblématique de la chanson française dont la carrière fulgurante et la vie tragique ont marqué à jamais l'histoire de la musique. Né le 1er février 1939 à Ismaïlia, en Égypte, il a conquis le cœur du public avec ses tubes entraînants, ses spectacles novateurs et son perfectionnisme légendaire. Son héritage musical perdure encore aujourd'hui, faisant de lui une véritable icône intemporelle.

Une jeunesse cosmopolite et un retour difficile en France

Claude François voit le jour dans une Égypte cosmopolite, où son père travaille comme contrôleur de la circulation maritime sur le canal de Suez. Il passe sa prime jeunesse dans l’opulence des expatriés employés pour la construction du Canal de Suez. Il est influencé par des rythmes américains et latins. Cependant, la nationalisation du canal de Suez en 1956 contraint la famille à quitter l'Égypte et à revenir en France. Le retour en France signe la ruine de sa famille. Claude François connaît alors la pauvreté.

Âgé de 17 ans, il arrive avec sa famille à Monte-Carlo. L'adolescent commence à prendre des cours de musique et rapidement est engagé dans un orchestre qui se produit à l’International Sporting Club. De son enfance, il n'oubliera jamais le rythme de la musique des Bédouins et il chantera son premier disque en 1962, le Nabout twist, en arabe, sous le pseudonyme de Koko. Élevé dans l'amour de la musique par ses oncles pianiste et violoniste, il forme sa voix dans les chœurs d'église. Mais c'est comme batteur, au casino de Monte-Carlo, dans l'orchestre de Louis Frosio qu'il prend contact avec le monde du show-business. Puis on le retrouve percussionniste dans le groupe des Gamblers.

Des débuts difficiles à la consécration

Ce n'est qu'après avoir été employé de banque qu'il décide de s’essayer à la chanson. Il suit alors avec assiduité les cours du conservatoire. Au début des années 60, le couple décide de tenter sa chance et quitte le sud de la France pour s’installer à Paris. Sous le nom de scène Koko, il sort son premier 45 tours, Le Nabout twist, mais c’est un échec.

Renforcé par ce bagage, il saute le pas en 1961 et décide de tenter sa chance à Paris, soutenu par son épouse Janet Woollacott, mais aussi Sacha Distel et Brigitte Bardot. En 1962, après quelques échecs, il connaît son premier succès avec le tube Belles ! Belles ! Belles !, une adaptation d’un succès américain qui le propulse sur le devant de la scène. Dès lors, l’imprésario Paul Lederman prend en main sa carrière, qui connaît un élan considérable: Cloclo enchaîne les tournées à un rythme frénétique, et ses succès se font toujours plus nombreux.

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L'ascension fulgurante d'une star

Rien que sur l’année 1963, il reçoit deux disques d’or, et l’année suivante, il bat tous les records et joue en vedette à l’Olympia. Ses apparitions créent des scènes d’hystérie, notamment auprès des jeunes femmes. Claude François ne se contente pas d’être un chanteur. Il continue ainsi à soigner son image, et en 1966, les “Claudettes”, ses danseuses attitrées, apparaissent et renforcent sa popularité. En décembre de la même année, le chanteur se produit sur la scène de l'Olympia et, pour la première fois, quatre jeunes femmes l'accompagnent. Les "Claudettes" sont les danseuses de Claude François. En 1966, Michel Bourdais, un cinéaste, lui suggère de monter un spectacle avec des danseuses.

Véritable bourreau de travail, Claude François savait s'entourer de bons musiciens, de belles danseuses, les Claudettes, et voulait offrir, à chaque prestation, un spectacle digne de ses maîtres américains (Sammy Davis Junior, surtout). Ses tubes, parlant le plus souvent de ruptures amoureuses difficiles, continuent de s’enchaîner, et il entame même une carrière internationale dès 1976, en traduisant et interprétant ses plus grands succès en anglais.

En 1967, Claude François choisit également de créer son propre label, les Disques Flèche. En 1972, il rachète la revue Podium à Claude Bernardini et installe la rédaction, initialement basée à Toulouse, à Paris. La carrière et la vie personnelle du chanteur sont alors mises en scène dans les pages du magazine. Dans les années 70, il multiplie les collaborations, et travaille notamment avec Patrick Juvet qui lui écrit Le lundi au soleil en 1972. Il poursuit les tournées et enchaîne les tubes; Chanson populaire, Ça s’en va et ça revient ou encore Le téléphone pleure.

Perfectionnisme et innovation : la marque de Cloclo

Perfectionniste, l’artiste tient à porter une attention particulière à la mise en scène de ses spectacles et aux chorégraphies. Claude François ne se contente pas d’être un chanteur. Chanteur, danseur et créateur des célèbres Clodettes, il a su imposer un style novateur dans l’univers du spectacle.

Vie privée et relations amoureuses

Côté vie privée, il est divorcé de la danseuse Janet Woollacott (1960-1967). Le 5 novembre 1960, il épouse Janet Wollacott, la seule femme avec laquelle il se marie. Le couple se sépare en 1967. Il partage un temps la vie de la jeune chanteuse France Gall. En 1964, Claude François, alors marié avec la danseuse Janet Wollacott, vit une histoire d'amour plutôt tumultueuse avec la chanteuse France Gall, qui n'a alors que 17 ans. Cette relation, cachée pour conserver la réputation de séducteur du chanteur, se termine en 1967.

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Séducteur, infidèle et jaloux, Claude François enchaîne les conquêtes. Après son idylle avec France Gall, Claude François rencontre en tournée Annie Philippe, connue pour son titre Ticket de quai. Puis il rencontre Isabelle Forêt et devient papa de deux garçons, Marc (né en novembre 1969) et Claude junior, dit Coco (né en juillet 1968). De son union avec Isabelle Forêt, naît Claude François Junior, le 8 juillet 1968. Un second garçon naît le 15 novembre 1969, Marc François. Pendant six ans, jusqu'en 1975, le chanteur dissimule l'existence de son deuxième fils. Il explique que l'objectif est de le protéger des médias. Mais le couple se sépare en 1972. En janvier 1998, le magazine Voici révèle l'existence d'une fille cachée de Claude François, Julie Bocquet. Le 15 mai 1977, Julie Bocquet naît sous X et est adoptée à l'âge de deux mois. Elle serait issue d'une liaison entre le chanteur et une adolescente âgée d'environ 14 ans, même si elle fit croire à Claude François qu'elle était majeure. Grâce à un mégot de cigarette et à un test ADN, les doutes concernant son père sont levés.

Dannemois : un havre de paix

Le moulin de Dannemois est un ancien moulin situé dans le village de Dannemois dans l'Essonne. Claude François y a vécu pendant 14 ans, de 1964 à 1978. Après un début de carrière au succès fulgurant, le chanteur qui vit à Paris dans le 16e arrondissement de Paris, recherche une maison de campagne pour y vivre avec sa famille. En 1972, ses weekends au soleil lui inspirent le titre Le Lundi au soleil.

Une disparition tragique et un héritage immense

Sa disparition est soudaine et crée un émoi considérable auprès des fans. En effet le 11 mars 1978, alors qu'il est attendu pour participer à une émission de télévision, il meurt électrocuté dans son bain à son domicile du boulevard Exelmans, à Paris. Une disparition choc qui avait déclenché un séisme en France et donné lieu à de nombreuses rumeurs sur les circonstances de la mort de l'artiste. Mais alors que s'est-il réellement passé dans le XVIe arrondissement parisien ce fameux 11 mars 1978 ? En 2018, l'inspecteur Michel Pleiber, appelé sur les lieux du drame pour enquêter sur la mort de Claude François, mettait un terme aux nombreuses rumeurs qui circulaient sur cette disparition dans les colonnes du Parisien. "On a constaté un hématome quasi rectiligne sur l'épaule droite, qui indiquait très clairement une chute. Cette chute lui a fait violemment heurter le rebord de la baignoire. Pour moi, il n'y a pas de doute possible : il s'était mis debout pour redresser l'applique. Il y avait plein d'eau autour de la baignoire. Et l'applique était décollée du mur et pendait. Il a glissé sa main derrière l'applique et a touché les fils électriques. La mort du chanteur est annoncée le jour même à 16 heures. Les fans sont sous le choc et les "Claudettes", orphelines.

Le 15 mars 1978, ses obsèques se déroulent en l’église d’Auteuil à Paris. Il est enterré à Dannemois. Il laisse dans les mémoires ses chansons comme Même si tu revenais, Le Lundi au soleil, Le téléphone pleure, Magnolias for Ever, Alexandrie Alexandra ou encore Comme d’habitude, chanson à ce jour la plus reprise dans le monde, et par des grands noms tels Frank Sinatra et Paul Anka sous le titre My Way. Mais c'est aussi sa réputation de tombeur auprès des femmes qui contribue à faire de lui un mythe.

Le 11 mars 2000, lors du 22e anniversaire de sa mort, une place Claude François est inaugurée à Paris, au pied de son ancien domicile et en 2015, une plaque commémorative y est ajoutée. En 2008, des artistes lui rendent hommage en reprenant ses chansons dans un album intitulé Autrement dit. En 2016, sur l'album My Way, M.

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