Le choix d’un prénom est une étape importante pour les futurs parents. Pour vous aider à décider, nous vous proposons de plonger dans la signification et les origines de ce prénom. Connaître son histoire, sa symbolique ou encore ses traits associés peut vous donner des idées et vous aider à choisir un prénom qui vous ressemble, qui vous plaît et qui a du sens pour votre famille. Ce texte ne traitera pas de la signification du prénom Choumicha. Nous allons explorer le parcours de Choumicha, une figure emblématique de la gastronomie marocaine.

L'Ascension d'une Figure Culinnaire Marocaine

Choumicha est devenue rapidement populaire au Maroc et ailleurs grâce à ses recettes simples qui sont partagées avec son large public à la télévision, dans ses livres et dans son appétissant magazine. Elle est aujourd'hui une ambassadrice de la cuisine marocaine dans le monde entier. Choumicha, c'est un savoureux concentré de cordons bleus : la notoriété de Maïté, l'amour du terroir de Jean-Luc Petit Renaud, le style jeune et moderne de Carine Teyssandier ou de Cyril Lignac, les connaissances de Jean-Pierre Coffe et les tours de main d'Eric Léautey? Un délicieux mélange qui, en quelques années, a transformé ce "petit soleil"(la traduction de Choumicha) aux doigts de fée, en ambassadrice de la cuisine marocaine. Ses deux émissions culinaires, quotidienne et hebdomadaire, diffusées sur l'une des grandes chaînes publiques nationales, réunissent des millions de téléspectateurs conquis. Grâce à sa simplicité, son dynamisme, son sourire chaleureux, ses astuces et idées gourmandes d'exception, Choumicha est accueillie dans tous les foyers du Royaume, comme un membre de la famille. Elle aborde la cuisine avec beaucoup d'aisance, animée par l'enseignement reçu dans son jeune âge, "tel un don d'amour", par une grand-mère experte en cuisine marocaine. Choumicha est portée par sa passion pour la gastronomie de son pays, avec une grande détermination, une exigence du travail bien fait et sa curiosité gourmande, qui l'amène à découvrir des spécialités du monde entier qu'elle fait ensuite partager à tous les téléspectateurs.

De la Communication à la Cuisine: Un Parcours Inattendu

Titulaire d'un bac scientifique et d'un diplôme de communication, Choumicha est très tôt attirée par l'univers des médias : animatrice radio, chargée de production? Un producteur de télévision la remarque et relève son naturel et sa spontanéité. Depuis 2000, elle anime une émission quotidienne tournée dans sa propre cuisine, aménagée en studio, à Casablanca. Elle est aujourd'hui suivie d'une émission hebdomadaire filmée à travers le pays, à la rencontre des femmes du Maroc. Un programme qui redonne vie à des gestes et des saveurs oubliés. Son savoir-faire, elle le transmet aussi dans des ouvrages rassemblant des recettes simples, délicieuses, originales et pratiques. Depuis 2005, son magazine Saveurs et Cuisine du Maroc prolonge cette ambition dans tout le Royaume, mais aussi en France et en Belgique où, ce bimestriel de qualité, est tiré à 20 000 exemplaires. "Nous avons des abonnés du monde entier". La jeune mère de deux enfants épaulée de son mari qui gère à ses côtés l'entreprise, est fière d'avoir donné ses lettres de noblesse à la cuisine marocaine. "Le métier de cuisinier était considéré avant comme un sous- métier. Je suis heureuse de le valoriser et de véhiculer une image positive de la profession, de montrer aux jeunes que des artisans passionnés peuvent réussir". Choumicha y croit vraiment. Elle ouvrira bientôt un restaurant très attendu dans un riad situé dans le quartier des Habous à Casablanca. "Mais pas avant fin 2008"précise Choumicha qui nous mitonne encore de savoureux projets !

L'Alimentation et l'Identité Marocaine: Un Lien Indéfectible

Que l’on soit né au Maroc ou en France de parents marocains, l’alimentation occupe une place centrale dans le tissage du lien avec ses origines réelles, rêvées ou mythiques. L’acte alimentaire est porteur de sens. En mangeant certains plats ou en les refusant, on exprime, plus ou moins consciemment, qui l’on est, qui l’on veut être ou qui l’on ne veut pas être. On raconte son histoire et on prend place dans la société dans laquelle on vit. L’alimentation sert la création identitaire autant que la langue ou la musique. Entendue comme un des systèmes symboliques mobilisés pour produire du sens, elle intervient dans les constructions sociales autour de la mémoire et du “positionnement identitaire”. Comment l’alimentation agit-elle dans le parcours migratoire et l’installation dans une nouvelle société ? Quel est son statut dans les perceptions des populations issues de l’immigration ?

Pour analyser le lien entre l’alimentation, la mémoire, l’identité et la construction des origines, nous avons entendu une trentaine d’hommes et de femmes marocains ou d’origine marocaine âgés de 21 à 65 ans sur leur histoire familiale et personnelle, le parcours migratoire vécu ou son souvenir raconté par les parents, l’enfance et la scolarité, l’entrée dans le monde du travail, la vie d’aujourd’hui et les projets pour demain. Nous sommes parties du récit de vie des individus en repérant comment l’alimentation était mobilisée. Pour comprendre le statut symbolique de l’alimentation dans les parcours migratoires et capter des identités en mouvement, nous nous sommes appliquées à recueillir des ressentis plus que des faits concrets. Du sens et des sens : des univers de signification liés à l’alimentation que l’on peut aussi appeler “sémiosphère du manger”, puis des souvenirs liés aux odeurs et aux goûts.

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Socialisation et Resocialisation Alimentaires: Un Processus Continu

Cet article propose d’analyser les processus de socialisation et de resocialisation alimentaires postérieurs à la migration et la façon dont ils s’adossent à des repositionnements identitaires. Nous nous focaliserons d’abord sur le cas de Marocains nés et ayant eu une socialisation alimentaire au Maroc. Qu’ils aient traversé la Méditerranée dans les années 1970 ou plus récemment dans les années 2000, nous repérons chez tous les interviewés nés au Maroc et arrivés en France entre l’âge de 18 et 21 ans une resocialisation alimentaire en trois temps. Il s’agit d’un processus révélant un parcours alimentaire post-migratoire en trois phases. La première est une phase de perturbation identitaire touchant les principales dimensions de l’“espace social alimentaire”. Durant cette étape, les Marocains rencontrés évoquent leurs difficultés à faire face à ce qu’ils vivent comme une baisse qualitative de leur alimentation, mais en même temps certaines habitudes persistent. Les représentations de partage, de convivialité et de lien social autour de la nourriture, tout comme la symbolique des aliments et les modalités de consommation, se trouvent bouleversées et font l’objet de diverses adaptations compensatoires. Cela ne signifie pas la perte de la culture d’origine. On sait que, selon les contextes, les pratiques alimentaires “oscillent entre continuité/discontinuité et discontinuité/continuité”. Les mécanismes porteurs de métissage s’inscrivent dans ces bricolages et restent bien souvent adossés à un “manger marocain” cristallisé sur des composantes “totems” : kebab, BMK (bide/matecha/kefta, correspondant à un tajine d’œuf, tomate et viande hachée), pain associé à de l’huile d’olive, miel, thé et conserves en tout genre qu’ils agrémentent d’épices.

La seconde phase repose sur des (re)compositions identitaires naviguant entre un “manger d’ici” et un “manger de là-bas”. Les normes comme les symboles se mêlent. Les interviewés passent du manger marocain au manger français ou du “français à la marocaine” et vice versa. Ils mangent français certains jours de la semaine, souvent par commodité, et marocain d’autres jours lorsqu’ils ont plus de temps. Il y a des jours avec, des jours sans, mais des épices tout le temps. Parfois, le manger marocain reste très exceptionnel et marque une certaine temporalité se rattachant à leurs origines. Ils mangent marocain pour les mariages, les naissances, les enterrements et toujours pendant le ramadan pour faire entrer le Maroc en soi pendant un mois : “Je mange très rarement marocain. Ce qui est sûr, c’est que ma dose de nourriture marocaine, je la prends pendant le ramadan ! Je me remplis pour l’année et ça me suffit” (Mustafa, 39 ans).

Enfin, la troisième et dernière phase du cycle par lequel passent toutes les personnes rencontrées révèle une appropriation et la cohabitation plus ou moins harmonieuse, très souvent argumentée et justifiée a posteriori, de différents codes du manger français et du manger marocain avec lesquels ils jouent pour se positionner en fonction de contextes d’interaction. Ce qui est important ici, ce n’est pas la cohabitation des modèles alimentaires, déjà présente au début du processus, mais les jeux identitaires et la mise en scène de soi qu’ils manifestent. Ces jeux se révèlent surtout lorsque l’on reçoit chez soi et pointent aussi l’importance de l’utilisation des nouvelles technologies dans les apprentissages, les partages et la transmission des savoir-faire culinaires. Ils téléphonent aux parents restés au pays pour avoir les recettes, ils regardent sur le Net ou se laissent attraper par Choumicha à la télévision. Cuisiner un plat de tradition familiale devient alors une façon d’exprimer aux autres cette part de soi et de son identité dont on ne pourra jamais se défaire. Désir d’identification et d’appartenance, mais aussi expression des spécificités, sont au cœur des stratégies qui poussent à exprimer sa singularité tout en prenant position au sein d’un groupe. Nous nommons ce processus construction d’une “personnalité alimentaire”. À l’opposé, certains interviewés choisissent de mettre en scène l’adoption de certains codes de la culture alimentaire française comme l’individualisation de la vaisselle. Autant de symboles pour eux et leur famille de leur identité française ou en tout cas de ce qu’ils considèrent comme représentatif de l’univers français. Ce jeu entre univers marocain et univers français, qui est à la fois autre et proche par réappropriation, se rencontre souvent. La différence est alors vécue comme un atout, un élément à valoriser et à dévoiler aux autres en même temps qu’on se dévoile soi-même. Plusieurs enquêtés déclarent adorer cuisiner des tajines, des couscous et autres soupes pour leurs amis, histoire de leur faire découvrir leur cuisine… ou qui ils sont au fond. Étudier la façon dont ces populations prennent place au sein de la société d’accueil par l’alimentation tout en maintenant ou non le fil avec le pays des origines permet de repenser les (re)socialisations alimentaires en les inscrivant dans un processus se déroulant finalement tout au long de la vie et pour tout le monde. Ce qu’il faut garder à l’esprit, c’est que tous les interviewés passent par ces phases, mais chacun les vit selon des intensités différentes qui dépendent en grande partie des contextes de la migration et des dimensions politiques, économiques, socioculturelles ou matérielles. La question des modalités d’accès à certains produits alimentaires est par exemple déterminante dans l’évolution des modèles alimentaires et se lie aux phénomènes d’acculturation et d’implantation dans la société d’accueil.

L'Héritage Alimentaire des Générations Nées en France

Pour les enquêtés nés en France de parents marocains, la socialisation alimentaire est portée par une double dynamique. Il y a d’une part ce qui est présenté comme produit par la mémoire familiale, avec l’idée d’une transmission d’un manger marocain plus ou moins accepté et revendiqué selon les cas et, d’autre part, ce qui se construit, s’élabore au présent et dans l’ici, dans la société majoritaire. Cette dualité va sans cesse être en mouvement en fonction d’aspects tels que les contextes et formes d’interactions, les âges ou encore les préférences alimentaires. À la question “Manger marocain pour toi, qu’est-ce que cela signifie ?”, un jeune homme français d’origine marocaine a répondu : “C’est viscéral… tu sais, je suis français, je suis né en France, je me sens français, mais quand je me regarde dans la glace, je vois bien que je ne le suis pas tout à fait et qu’une part de moi est ailleurs… et la société me le renvoie aussi. Alors manger marocain, ça calme ce conflit. Quand je suis en crise, je cuisine et je mange, le bénéfice est immédiat” (Moasin, 29 ans, né en France). On retrouve dans ces propres la dualité que vivent beaucoup de personnes nées en France de parents étrangers.

Oscillant entre ressemblance et différence, entre familier et étranger, les jeunes rencontrés nous parlent d’un sentiment de perte de repères mais surtout de double rejet. Ni tout à fait français, ni tout à fait marocain, il s’agit alors de résoudre les tiraillements entre un soi actuel et un soi possible. Contrairement aux apprentissages linguistiques ou religieux qui peuvent parfois prendre du temps, les nourritures produisent des sentiments apportant des réponses qui peuvent être déployées de façon immédiate. Dans ce climat d’écartèlement entre rejet et appartenances multiples, les processus de construction identitaire conduisent à la recherche d’une certaine continuité de soi que nous nous proposons de nommer processus de construction d’un “soi-mangeant” lorsque la dimension alimentation s’y ajoute.

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Toujours dans l’expérience de la dualité, il y a un manger familial correspondant le plus souvent à un style vécu et présenté comme marocain et un manger public, du dehors, avec des consommations identifiées comme françaises : “À la maison, ce n’était pas que de la cuisine marocaine, mais c’était souvent marocain ou ‘d’influence marocaine’, alors que dehors, au restaurant, au foot, à l’école ou avec les copains, on mangeait français : des burgers, des steaks-frites, des sandwichs, du fromage, du vin, de la ventrèche même… des trucs de Français, quoi !” (Jamel, 32 ans, né en France). D’autres se sont découverts différents par cette dualité. Mangeant marocain tous les midi à la maison, un jeune homme nous a déclaré s’être senti privé d’une part de son identité française lorsqu'il s'est mis à fréquenter la cantine du lycée. Il y a découvert les cordons bleus, le fromage, le bœuf bourguignon et les carottes Vichy : “Des choses basiques que tout le monde mange, nous, on n’y a pas eu accès. J’ai été un peu jaloux de ça.

Stratégies d'Adaptation et Mise en Mémoire

Cette façon de prendre position par l’alimentation, nous la retrouvons aussi chez des personnes nées et socialisées au Maroc. Elles oscillent entre ici et là-bas en fonction des contextes d’interaction au sein desquels nous avons eu parfois une influence à aucun moment négligée. Intervient alors un jeu de mise en scène de soi : “Moi, je mange français, je suis comme toi, je suis comme tout le monde, je fais comme tout le monde, je suis en France alors je mange français” (Amhed, 58 ans, né au Maroc et arrivé en France au début des années 2000). Pour les personnes nées au Maroc, la (re)socialisation alimentaire consiste en la mise en place de stratégies d’adaptation concrètes - comme nous l’avons vu plus haut - et de stratégies d’adaptation symbolique où l’expérience de la dualité force parfois à des ruptures : “Je pense sincèrement que ma façon de manger a contribué à mon intégration et à construire mon sentiment d’appartenance à la France. Quand j’ai débarqué du Maroc à Tarbes, à la fin des années 1970, j’ai tout de suite mangé comme tout le monde. C’est par l’alimentation que je suis entré en contact avec ce pays. Sans manger tu meurs, non ? Alors je me suis débrouillé et j’ai surtout cassé mes cadres” (Mohammed, 60 ans, né au Maroc). Pour “casser ses cadres”, Mohammed est passé par une phase troublante de déconstruction de tout un univers de croyances, normes et représentations liées à la dimension religieuse qui habite le modèle alimentaire marocain. Depuis, nourritures françaises et marocaines cohabitent dans sa façon de manger mais ne se rencontrent jamais : “Je ne mélange jamais les recettes. Les recettes françaises restent françaises et les recettes marocaines restent marocaines. Chez moi, il n’y a pas de mélange possible.

Même si certaines personnes rencontrées disent s’être intégrées selon le schéma assimilationniste, en matière d’alimentation, l’oubli de soi n’est jamais total. C’est ce que nous nommons “phénomènes de mise en mémoire”. Ces phénomènes de mise en mémoire peuvent apparaître à tout âge et sont majoritairement réactivés dans des contextes particuliers. L’éloignement de la famille ou l’isolement du groupe de référence, par exemple : “Pendant longtemps j’ai mangé du porc, toute mon adolescence en fait, pour faire comme les copains et pour ne pas me sentir différent. Depuis, que je vis ici à Toulouse je suis retourné vers une alimentation plus ‘traditionnelle’” (Jamel, 32 ans, né en France). Le décès d’un proche : “C’est à la mort de mon grand-père au bled que j’ai demandé à ma grand-mère de m’apprendre quelques recettes, ça m’a touché… j’en ai eu besoin” (Younane, 29 ans, né en France). Un mariage ou la cohabitation avec l’être aimé : “Depuis que je suis en couple je prends le temps de cuisiner des bons petits plats de chez nous le week-end, ce que je ne faisais jamais avant” (Samira, 30 ans, née en France). La naissance d’un enfant, la vieillesse ou tout simplement une maladie qui, en mettant l’homme face à la mort, le fait se retourner sur son histoire : “Avant, je mangeais n’importe comment. Je mangeais surtout des choses françaises, en sauce, grasses, prises sur le pouce pendant mes déplacements professionnels. J’ai fait un infarctus il y a quelques années. Depuis je fais attention.

Mémoire et Identité: Un Dialogue Constant

Mémoire et identité sont au service l’une de l’autre, elles “se fécondent mutuellement, se fondent et se refondent pour produire une trajectoire de vie, une histoire, un mythe, un récit”. Le travail de mémoire est un opérateur majeur de la construction identitaire ; il s’agit d’un travail de réappropriation et de négociation que chacun opère vis-à-vis de son passé pour élaborer et nourrir son individualité. Ce processus se déploie dans un environnement où “l’autre”, les “autres”, sont aussi acteurs et producteurs de sens et d’histoires en interaction avec celle de l’individu. Cette réalité invalide en grande partie l’approche essentialiste ou substantialiste de l’identité pour inviter à prendre en compte la relation que l’homme entretient avec le monde qui l’entoure et les bricolages qu’il met en œuvre pour s’y adapter.

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