Charlotte Rampling, OBE, est une actrice britannique d'expressions française et anglaise, née le 5 février 1946 à Sturmer dans l'Essex. Sa carrière, riche et diversifiée, l'a propulsée au rang d'icône du cinéma, reconnue pour son talent, son audace et son élégance.
Jeunesse et Formation
Charlotte Rampling est la fille de Godfrey Rampling, colonel de l'armée britannique. Sous les couleurs du Royaume-Uni, son père fut champion olympique d'athlétisme au relais 4 × 400 mètres lors des Jeux olympiques de Berlin de 1936, et d'Anne Isabelle (née Gurteen), peintre. Elle a huit ans lorsque sa famille s'installe à Fontainebleau. Inscrite à l'école communale, elle y apprend le français. De retour en Angleterre, l'adolescente se produit dans des spectacles de music-hall avec sa sœur, puis travaille brièvement comme mannequin.
Elle fait ses débuts à l'écran dans le film phare du Swinging London, Le Knack… et comment l'avoir, en 1965, puis tourne dans des comédies à succès tout en prenant des cours d'art dramatique à la Royal Court School.
Débuts et Premiers Rôles
Comme Jane Birkin et Jacqueline Bisset, Charlotte Rampling fait ses premiers pas au cinéma dans Le Knack…ou comment l’avoir (Lester, 1964), puis enchaîne avec plusieurs comédies. Après avoir fait de brefs débuts au cinéma, en 1965, dans The Knack… and How to Get it de Richard Lester, elle suit des cours d'art dramatique au Royal Court, tout en se produisant au cinéma, où elle est la colocataire garce de l'héroïne de Georgy Girl de Silvio Narizzano (1966), et à la télévision, avec notamment un épisode de The Avengers (Chapeau melon et bottes de cuir ; 1967).
L'Exil et la Révélation Internationale
Marquée par le décès brutal de sa sœur Sarah en 1966, elle décide de quitter la Grande-Bretagne. Installée en Italie, Charlotte Rampling y fait sa première rencontre marquante, celle de Luchino Visconti, qui la dirige en 1969 dans Les Damnés.
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Elle se rend ensuite aux États-Unis, où elle joue dans trois films, dont Vanishing Point (Point limite zéro, 1971) de Richard Sarafian, retourne en Italie pour Addio, fratelle crudele (Dommage qu'elle soit une putain, 1971) de Giuseppe Patroni Griffi, puis au Royaume-Uni où, entre autres rôles, elle incarne Anne Boleyn dans la mini-série télévisée Henry the Eight and his Six Wives (1972) de Warris Hussein, avant de repartir pour l'Italie où elle tourne Giordano Bruno (1973) de Giuseppe Montaldo.
La comédienne prouve très tôt qu'elle n'a pas froid aux yeux, passant de l'univers SF de Zardoz (Boorman) à celui, SM, de Portier de nuit, le film qui la révèle au grand public en 1974. Dans ce succès-scandale de Liliana Cavani, elle incarne une rescapée des camps nazis qui entretient une étrange relation avec son ex-bourreau. En 1974, Charlotte Rampling obtient son premier succès personnel, face à Sean Connery, dans Zardoz de John Boorman. La même année, sa composition d'une rescapée des camps nazis entretenant une relation sado-masochiste avec un de ses anciens tortionnaires dans Il Portiere di notte de Liliana Cavani, fait d'elle une vedette.
Exploration des Ténèbres de l'Âme Humaine
Se plaisant à explorer à travers ses rôles les zones les plus troubles de l'âme humaine, elle joue le rôle, devant la caméra d'Oshima, d'une femme qui s'éprend d'un chimpanzé (Max mon amour, 1985). Dès lors, elle interprète souvent des personnages troubles, ambigus, énigmatiques, manipulateurs, aux motivations obscures, auxquels sa singulière beauté, sa sensualité, son magnétisme, confèrent une inquiétante étrangeté : l'héritière séquestrée de La Chair de l'orchidée (1975) de Patrice Chéreau, la femme fatale de Farewell, my Lovely (Adieu ma jolie, 1975) de Dick Richards, la juriste séductrice et traîtresse de The Verdict (Le Verdict, 1982) de Sidney Lumet, la maîtresse de la victime assassinée de On ne meurt que deux fois de Jacques Deray (1986), la bourgeoise amoureuse d'un chimpanzé de Max mon amour (1986) de Ōshima Nagisa.
Carrière en France et Retour en Force
Vivant en France à compter de la fin des années 1970, elle y tourne avec Boisset (Un taxi mauve), Lelouch (Viva la vie !) et Deray (le polar On ne meurt que deux fois en 1985). Ayant élu domicile en France à la fin des années 1970, Charlotte Rampling continue d'exercer sa carrière entre l'Europe et les États-Unis, notamment dans Stardust Memories (1980) de Woody Allen, Angel Heart (1987) d'Alan Parker, Hammers over the Anvil (1993) d'Ann Turner, The Cherry Orchard (1999) de Michael Cacoyannis, Spy Game (Jeux d'espions, 2001) de Tony Scott, Immortel (2004) de Enki Bilal, Vers le sud (2006) de Laurent Cantet et Melancholia(2011) de Lars von Trier.
Moins présente sur les écrans dans les années 1990, elle livre en 2000 des prestations remarquées dans La Cerisaie (d'après Tchekhov) et le singulier Signs & Wonders de Jonathan Nossiter. L'année suivante, Charlotte Rampling fait un retour éclatant grâce à Sous le sable, portrait d'une femme désemparée après la disparition de son mari, signé François Ozon, cinéaste qu'elle retrouvera ensuite pour Swimming pool. C'est au moment même où un César d'honneur vient récompenser l'ensemble de sa carrière (en 2001) qu'elle redevient une actrice de premier plan, s'illustrant aussi bien dans la comédie (Embrassez qui vous voudrez, 2002) que dans le thriller (Lemming), le film d'auteur (Vers le sud, 2006) que le divertissement hollywoodien (Basic Instinct 2).
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Vie Privée
En 1972, elle épouse l'acteur Bryan Southcombe. La presse rapporte qu'ils vivent en « ménage à trois » avec un mannequin, causant un scandale. Cependant elle déclarera à ce sujet « Il y a tellement de malentendus dans la vie. J'ai causé un scandale en disant que je vivais avec deux hommes […] Je ne voulais pas dire d'une manière sexuelle […] Nous étions juste des gens qui partageaient un appartement. » Rampling et Southcombe ont un fils, Barnaby, puis divorcent en 1976. En 1978, elle épouse le compositeur français Jean-Michel Jarre avec lequel elle a un enfant, David Jarre. Elle se séparera de Jean-Michel Jarre en 1997.
Filmographie Sélective
- 1965 : Le Knack… et comment l'avoir
- 1969 : Les Damnés
- 1971 : Point limite zéro
- 1974 : Zardoz
- 1974 : Portier de nuit
- 1975 : Adieu ma jolie
- 1980 : Stardust Memories
- 1982 : Le Verdict
- 1985 : Max mon amour
- 1986 : On ne meurt que deux fois
- 2000 : Sous le sable
- 2003 : Swimming Pool
- 2006 : Vers le sud
- 2008 : Babylon A.D.
- 2011 : Melancholia
- 2021 : Juniper
Récompenses et Hommages
En 2001, elle reçoit un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière. En 2003, elle reçoit le prix européen pour la meilleure actrice pour son interprétation dans Swimming Pool de François Ozon. En 2001, un César d'honneur vient récompenser l'ensemble de sa carrière. Dédié en premier lieu à la mémoire de Sidney Pollack, qui a succombé à un cancer en mai dernier, le festival international du film de Stockholm récompensera l’œuvre de Charlotte Rampling et Wong Kar-wai.
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