Ce 24 février 2020, l’empereur Charles Quint aurait eu 520 ans, rappelant ainsi l'importance de ce personnage historique dont l'influence a marqué le XVIe siècle européen. Né le 24 février 1500 à Gand, dans le comté de Flandre, Charles de Habsbourg a hérité d'un vaste empire, devenant l'un des monarques les plus puissants de son époque. Cet article explore sa vie, son ascension au pouvoir, ses défis et son héritage durable.

Naissance et Héritage Familial

Le 24 février 1500 marque la naissance de Charles, prince de Habsbourg, à Gand, dans le comté de Flandre, un territoire appartenant à la famille de Habsbourg et dirigé par son père. Charles de Habsbourg est le fils de Philippe le Beau et de Jeanne de Castille, dite Jeanne la Folle. Son père, Philippe, règne sur le duché de Bourgogne, ayant hérité de ces territoires de sa mère, la duchesse Marie de Bourgogne, elle-même seule héritière de son père, Charles le Téméraire. Marie de Bourgogne épousera le futur empereur Maximilien, de la famille de Habsbourg. C’est ainsi que leur fils, Philippe, fut donc le premier habsbourgeois à diriger les Pays-Bas, qui furent auparavant bourguignons.

À sa naissance, Charles n’est pas encore destiné à devenir l’homme le plus puissant du continent. Son père est jeune et est l’héritier présomptif de l’empereur Maximilien. Sa mère, Jeanne, bien qu’infante de Castille n’est pas l’héritière directe de cette couronne. Le neveu de Jeanne, étant un mâle, est devant elle dans l’ordre de succession, mais celui-ci meurt peu de temps après la naissance de Charles. Jeanne devient l’héritière, puis elle hérite de la couronne, à la mort de sa mère, Isabelle la Catholique, en 1504.

À peine deux ans plus tard, Philippe, l’époux de Jeanne et père de Charles, décède en voyage en Espagne. À cette date, en 1506, Charles devient donc héritier des possessions de son grand-père paternel et héritier de Castille, dont sa mère est la Reine. Son père étant duc de Bourgogne, Charles hérite directement de ce duché en 1506, âgé de seulement 6 ans. À l’époque, le duché de Bourgogne a proprement parlé était devenu une possession du roi de France.

Ascension au Pouvoir

Ferdinand II, le père de Jeanne de Castille (dite la Folle) ne souhaite pas qu’elle hérite du trône d’Aragon et des autres trônes qu’il occupe, elle qui avait déjà hérité du trône de Castille à la mort de son épouse. Il fait emprisonner sa fille à Tordesillas et il s’arrange pour émanciper son petit-fils, Charles, déjà duc de Bourgogne depuis ses 6 ans. Charles devient donc l’héritier de son grand-père en 1515 et en hérite à sa mort, un an plus tard.

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Nous sommes en 1516, à la mort de son grand-père Ferdinand II (dit le Catholique), Charles de Habsbourg, duc de Bourgogne devient alors roi d’Aragon, qui comprend divers territoires réunis sous cette même couronne, comme le royaume de Naples ou celui de Sicile. Par la même occasion, le jeune Charles, devenu roi d’Aragon, en profite pour destituer sa mère du trône de Castille, qui de toute façon est emprisonnée depuis 1509. Charles Quint vers 1516, époque à laquelle il est roi des Espagnes à la place de sa mère.

Le 12 janvier 1519 tout s’accélère. Maximilien 1e, archiduc d’Autriche, décède d’une crise d’apoplexie. C’est son petit-fils Charles qui hérite des territoires autrichiens. Maximilien 1e est également empereur du Saint-Empire, et laisse le trône impérial vacant, étant un titre que l’on obtient suite à une élection. Plusieurs candidats sont en lice pour le titre impérial. Par un jeu de votes des puissants de l’époque, le titre revient à Charles, roi des Espagnes. Plus de 10 ans après son ascension sur le trône impérial, Charles V connait son apogée. Il se fait alors couronner officiellement selon la tradition carolingienne, c’est-à-dire par le Pape en personne. Le couronnement de Charles Quint se déroule à la basilique San Petronio de Bologne. Le pape Clément VII dirige la cérémonie, tandis que le cardinal Alexandre Farnèse lui appose la sainte onction. Tableau peint par Pérugin, représentant le couronnement de Charles Quint par le pape Clément VII le 24 février 1530.

Ainsi, à 6 ans, il devient roi d’Aragon, et à 16 ans, il devient roi de Naples, roi de Jérusalem, roi d’Espagne puis empereur du Saint-Empire en 1519. Le 24 février 1530, a lieu son prestigieux couronnement par le pape Clément VII.

Les Défis du Règne

Charles Quint a régné sur un territoire vaste et diversifié, ce qui a entraîné de nombreux défis. Son règne a été marqué par des conflits avec la France, la montée du protestantisme, et la menace ottomane.

Rivalité avec François Ier

La rivalité avec le roi de France, François Ier, a été une constante de son règne. François Ier, dont le royaume est encerclé par les possessions de Charles Quint, le voit comme une menace et réclament Naples et Milan. De son côté, Charles Quint souhaite récupérer le duché de Bourgogne. Débute alors une tentative de reconquête des territoires bourguignons possédés par la France à partir de 1521 et pendant plus de 30 ans. Ce sont les guerres d'Italie. Le 24 février 1525, François Ier est défait lors de la bataille de Pavie et est fait prisonnier.

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Ces conflits ont culminé avec la capture de François Ier à la bataille de Pavie en 1525. La France, seul royaume assez puissant pour s'opposer à son hégémonie, est encerclée et vouée, semble-t-il, à un démantèlement rapide, Charles Quint souhaitant récupérer les éléments de l'héritage bourguignon annexés par Louis XI à la mort du Téméraire : duché de Bourgogne et Picardie.

La Réforme Protestante

Charles Quint, fervent catholique, a dû faire face à la montée du luthéranisme dans le Saint-Empire. Charles Quint rencontre des problèmes avec les réformateurs luthériens dans le Saint-Empire, qui rejettent le catholicisme. Fervent catholique, le roi fait face à la montée d'une nouvelle religion : le luthéranisme. Le conflit religieux prend forme, Charles Quint tente de le régler. En 1530, les princes protestants, formant la Ligue de Smalkalde, s'allient au roi de France. En 1545, lors du Concile de Trente, les protestants refusent d'y assister. Charles Quint envoie une armée contre les princes protestants qui sont battus à la bataille de Muhlberg en 1547. Le 25 septembre 1555, la paix d'Augsbourg est signée. Elle suspend les hostilités entre les Etats luthériens et les Etats catholiques dans le Saint-empire romain germanique.

La paix d'Augsbourg en 1555 a finalement reconnu la division religieuse de l'Empire, marquant un tournant dans l'histoire de la Réforme.

Menace Ottomane

L'Empire ottoman, sous Soliman le Magnifique, représentait une menace constante pour les territoires de Charles Quint. L'Empire ottoman s'impose progressivement en Méditerranée. Le sultan, Soliman le Magnifique, multiplie les conquêtes en Asie, en Europe et en Afrique. Charles Quint doit faire face à l'invasion des Turcs ottomans. En 1526, Soliman le Magnifique s'empare d'une grande partie de la Hongrie, dont le roi est Ferdinand Ier de Habsbourg, frère de Charles Quint. En 1529, les Turcs assiègent Vienne.

Charles Quint a mené des campagnes militaires en Afrique du Nord et en Europe de l'Est pour contrer l'expansion ottomane.

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Abdication et Retraite

Aussi rapide que fut l’ascension de Charles Quint, la fin de sa vie fut lente, dans l’agonie, se délaissant peu à peu de ses territoires. Une guerre d’héritage a lieu, alors que Charles Quint souffre de la goutte. L’année 1555 marque un tournant dans la vie de l’empereur. Bien qu’il ait toujours répudié sa mère, Jeanne de Castille, il apprend sa mort et est affecté par celle-ci. Ses maladies s’accumulent, souffrant d’asthme, de diabète, d’hémorroïdes et de nombreux maux liés à ses longues chevauchées. Il prépare son héritage depuis quelques années, léguant en secret certains territoires à son fils, Philippe, devenu notamment roi de Naples et dynastiquement solide suite à son mariage avec Marie Tudor.

Le 22 octobre 1555, Charles Quint réunit les chevaliers de la Toison d’or pour leur faire part de sa décision de se retirer. Il abdique le 25 octobre, au palais de Coudenberg à Bruxelles, et fait reconnaitre son fils Philippe comme héritier. Quelques mois plus tard, en janvier 1556, il se rend en Espagne pour se délaisser de ses fonctions espagnoles et les transmettre là aussi à son fils. Abdication de Charles Quint au palais de Coudenberg, faisant reconnaitre son fils, Philippe, le 25 octobre 1555. En 1558, alors qu’il a renoncé à la plupart de ses territoires en faveur de son fils, il est temps de se séparer de son pouvoir suprême, celui d’empereur du Saint-Empire. Il abandonne la Franche-Comté et les territoires des duchés de Bourgogne, demande aux électeurs du Saint-Empire d’accepter son abdication. Les électeurs acceptent son abdication le 24 février 1558, et élisent, sous le conseil de Charles Quint, Ferdinand, son frère cadet.

Le 24 février 1558, terriblement malade, il perd son titre d’empereur suite à sa demande d’abdication. Peu de temps après son abdication, Charles Quint se retire au monastère de Yuste, en Estrémadure. Il y mourut le 21 septembre 1558 de la malaria, à l’âge de 58 ans.

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