Charles Bronson, un nom qui résonne avec force dans l'histoire du cinéma d'action, fut bien plus qu'un simple acteur. Né Charles Dennis Buchinsky le 3 novembre 1921 à Ehrenfeld, en Pennsylvanie, et décédé le 30 août 2003 à Los Angeles, il incarna la virilité et la ténacité à l'écran, devenant une figure emblématique pour des générations de cinéphiles. Son parcours atypique, de mineur de fond à star internationale, témoigne d'une vie marquée par la persévérance et le travail acharné.
Une enfance difficile au cœur de la Pennsylvanie
Issu d'une famille d'immigrés lituaniens, Charles Bronson grandit dans la pauvreté. Il était le onzième enfant de Walter Buchinsky, un mineur lituanien, et de Mary Valinsky, née en Pennsylvanie, également d'origine lituanienne. La famille vivait dans une seule pièce, et dès l'âge de 16 ans, Charles dut travailler dans les mines de charbon pour subvenir aux besoins des siens, gagnant un dollar par tonne extraite. Cette expérience marquante lui servira sans doute à composer le personnage de prisonnier claustrophobe dans La Grande Évasion (1963) de John Sturges. Avant cela, à six ans, il s'interrogeait déjà sur la manière d'aller à l'école en portant les habits de sa sœur, et à dix ans, sur sa survie après la mort de son père.
La Seconde Guerre mondiale et les débuts à Hollywood
Charles Bronson s'engage dans l'United States Army Air Forces en 1943, où il effectue des missions de bombardement sur le théâtre Asie-Pacifique. Il reçoit la Purple Heart pour blessures de guerre. Démobilisé en février 1946, il part pour Philadelphie et s'inscrit dans une école de dessin grâce au G.I. Bill. Il a alors 27 ans. Il se lie d'amitié avec Jack Klugman, qui l'entraîne sur les scènes de théâtre. Il interprète des rôles secondaires dans diverses pièces et passe une audition avec Elia Kazan pour Un tramway nommé Désir de Tennessee Williams. Pendant cette période, il travaille comme garçon de chaises à Atlantic City, où des acteurs de cinéma lui conseillent de tenter sa chance à Hollywood en raison de son physique.
En 1949, il épouse Harriet Tendler, qu'il avait rencontrée au théâtre, et part pour la Californie. La même année, il est admis au célèbre théâtre de Pasadena et se fait remarquer dans La Grand'Route d'August Strindberg. Son nom de scène, "Bronson", est inspiré du Bronson Gate, un portail d'entrée des Paramount Studios sur la Bronson Avenue.
En 1951, il obtient son premier grand rôle au cinéma dans La marine est dans le lac de Henry Hathaway.
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L'ascension d'une star : des seconds rôles aux westerns légendaires
D'abord cantonné aux séries B, où divers cinéastes exploitent son physique imposant, Charles Bronson apparaît également chez Robert Aldrich dans Bronco Apache et chez Samuel Fuller dans Le Jugement des flèches. C'est en 1960 qu'il a pour la première fois l'occasion de se distinguer, dans Les Sept Mercenaires de John Sturges. Trois ans plus tard, sous la direction du même réalisateur, il joue aux côtés de Steve McQueen dans La Grande Évasion.
Présent au générique de Propriété interdite de Sydney Pollack, Charles Bronson accède définitivement à la célébrité en 1967 en campant l'un des Douze Salopards pour Robert Aldrich. Devenu une star internationale, l'acteur multiplie alors les productions de premier plan.
Son visage buriné et son physique imposant le prédestinent aux rôles de durs et de personnages inquiétants. Il incarne de nombreuses silhouettes pour George Cukor, Henry Hathaway ou André de Toth. Les compositions d’Indien lui sont aussi destinées, notamment dans Bronco Apache (1954) de Robert Aldrich, L’aigle solitaire (1954) de Delmer Daves, et Le jugement des flèches (1957) de Samuel Fuller.
Il était une fois dans l'Ouest : La consécration
Charles Bronson accède à la consécration internationale grâce à son rôle de l'Homme à l'Harmonica dans Il était une fois dans l'Ouest (1968) de Sergio Leone. Ce rôle, face à Henry Fonda et Claudia Cardinale, sur la musique légendaire d'Ennio Morricone, reste sans doute le plus célèbre de sa carrière. Sergio Leone avait choisi Bronson contre l'avis des producteurs, qui lui préféraient Rock Hudson ou Warren Beatty, car il trouvait que la stature de l'acteur collait mieux à la mélodie composée par Ennio Morricone.
Le Justicier : une figure controversée
Marié à l'actrice Jill Ireland, Charles Bronson tourne par la suite à plusieurs reprises, seul ou avec son épouse, dans des films où ses compositions se font de plus en plus stéréotypées, à l'image du héros archétypal qu'il incarne en 1974 pour Michael Winner dans Un Justicier dans la ville. Ce film lance la saga du Justicier, qui comprendra plusieurs suites, d'Un justicier dans la ville (1974) de Michael Winner au Justicier : l’ultime combat (1994) d’Allan A. Goldstein, en passant par Le justicier braque les dealers (1987) de J. Lee Thompson.
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La popularité de Charles Bronson fut aussi l’objet de critiques : le succès planétaire de Death Wish a été analysé comme un symptôme du « cinéma de la vengeance » et a soulevé des débats sur la représentation de la violence à l’écran.
Vie privée et engagements
Charles Bronson épouse en 1949 Harriet Tendler, avec qui il aura deux enfants, Suzanne et Tony, avant leur divorce en 1965. En 1968, il se remarie avec l’actrice Jill Ireland, son partenaire à l’écran dans de nombreux films ; le couple adopte plusieurs enfants et ensemble ils forment une famille recomposée de sept enfants. En 1998, il épouse Kim Weeks.
Connu pour sa vie privée discrète, Bronson est aussi engagé en soutien aux anciens combattants et participe à des actions de mémoire autour de la Seconde Guerre mondiale. Son image de dur au cœur tendre, associée à un engagement silencieux pour ses proches et ses proches collaborateurs, fait de lui un acteur atypique dans le paysage hollywoodien. Il refuse souvent les grandes cérémonies et préfère une existence retirée dans le Vermont, où il mène une vie simple entre tournages et nature.
Les dernières années et l'héritage
L'acteur, qui souffrait depuis la fin des années 90 de la maladie d'Alzheimer, s'est éteint le 30 août 2003 à Los Angeles des suites d'une pneumonie, à l'âge de 81 ans. Il est inhumé dans le cimetière de Brownsville (West Windsor, Vermont).
Sa ville natale d’Ehrenfeld lui a consacré une plaque commémorative, et ses films continuent d’être projetés dans des festivals dédiés au cinéma d’action des années 1970.
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Charles Bronson laisse derrière lui une filmographie impressionnante de plus de 150 films, et l'image d'un homme dur au grand cœur, symbole d'une Amérique en quête de héros. Il reste une figure emblématique du cinéma d'action, dont l'influence se fait encore sentir aujourd'hui.
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