Introduction
Bernadette Lafont, figure emblématique du cinéma français, a marqué plusieurs générations par son talent, son anticonformisme et sa joie de vivre. Actrice prolifique, elle a collaboré avec les plus grands noms du septième art, de la Nouvelle Vague aux réalisateurs contemporains.
Jeunesse et Débuts
Bernadette Lafont est née le 28 octobre 1938 à Nîmes, dans le Gard. Issue d'une famille protestante, elle grandit dans un milieu bourgeois à la fois sévère et libéral. Dès son adolescence, elle se passionne pour la danse et prend des cours à l'Opéra de Nîmes, se destinant initialement à une carrière de danseuse. C'est dans ce contexte qu'elle rencontre Gérard Blain, un comédien venu tourner dans la région. Ce dernier deviendra son premier mari et jouera un rôle déterminant dans son entrée dans le monde du cinéma.
À 16 ans, elle rencontre Gérard Blain, comédien venu jouer dans la région. Grâce à celui qui deviendra brièvement son mari, elle côtoie, à Paris, les Jeunes Turcs de la Nouvelle Vague.
Son mariage avec Gérard Blain la conduit à Paris où elle fait la connaissance de François Truffaut et de l'équipe des "Cahiers du cinéma". C'est Truffaut qui lui offre son premier rôle au cinéma dans le court-métrage Les Mistons (1957), tourné à Nîmes. Ce rôle marque le début d'une longue et riche carrière.
L'Égérie de la Nouvelle Vague
Au fil des années, Bernadette Lafont s'impose comme une figure incontournable de la Nouvelle Vague. Après Les Mistons, elle joue dans Le Beau Serge (1958), le premier long-métrage de Claude Chabrol, où elle incarne Marie, une "vamp" d'un village de la Creuse. Sa fraîcheur, sa vivacité et son esprit gouailleur séduisent les réalisateurs de cette nouvelle vague cinématographique.
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Claude Chabrol fait de nouveau appel à elle pour Les Bonnes Femmes (1960), un film qui fait scandale à l'époque. Elle collabore également avec d'autres cinéastes importants de ce mouvement, tels que Jacques Doniol-Valcroze (L'Eau à la bouche, 1960), Claude de Givray (Une grosse tête, 1961) et Édouard Molinaro (La Chasse à l'homme, 1964).
Au même titre que Brigitte Bardot, elle est la muse de Truffaut, Eustache ou encore Chabrol. Arrivée devant leur caméra après un joli concours de circonstances et par l'intermédiaire de son premier mari Gérard Blain, épousé à 18 ans à peine, elle se retrouve propulsée sur les grands écrans qu’elle maîtrise naturellement.
Succès et Reconnaissance
Après une période plus discrète au milieu des années 1960, Bernadette Lafont renoue avec le succès en 1969 grâce à La Fiancée du pirate de Nelly Kaplan. Dans ce film, elle incarne une fille rebelle aux mœurs légères, une incarnation du vent de liberté qui souffle alors sur la société. Ce rôle lui assure un immense succès populaire et critique.
Dans les années 1970, elle continue d'alterner films d'auteur et comédies populaires. Elle retrouve François Truffaut pour Une belle fille comme moi (1972) et Jean Eustache pour La Maman et la Putain (1973), un film-culte présenté à Cannes. Elle travaille également avec Jacques Rivette, Jean-Pierre Mocky et d'autres réalisateurs importants.
En 1969, son rôle dans La fiancée du pirate de Nelly Kaplan lui assure un immense succès. Jolie comédienne, malicieuse, au tempérament trempé, elle joue de sa voix acidulée, ironique, joyeuse. Anticonformiste, elle incarne la liberté et la féminité, aime s'amuser et parle avec une gouaille élégante.
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Les Années 1980 et le César
Dans les années 1980, Bernadette Lafont poursuit sa carrière au cinéma et commence également à travailler pour la télévision. On retrouve son grain de folie et sa truculence chez Ruiz (Généalogies d'un crime en 1996), Bonitzer (Rien sur Robert en 1998) et la débutante Marion Vernoux (Personne ne m'aime en 1993). Elle apparaît dans plusieurs films de Jean-Pierre Mocky.
En 1985, elle joue dans L'Effrontée de Claude Miller, aux côtés de la jeune Charlotte Gainsbourg. Son rôle de confidente lui vaut le César de la meilleure actrice dans un second rôle en 1986.
Théâtre et Difficultés Personnelles
En 1988, Bernadette Lafont est frappée par un drame personnel : la mort accidentelle de sa fille Pauline, à l'âge de 25 ans. Cette tragédie la marque profondément.
Après une pause, elle reprend son activité cinématographique et fait ses débuts au théâtre en 1997 dans L'Arlésienne. Elle renouvelle cette expérience en 2002 et 2004.
Les Dernières Années
Dans les années 2000, Bernadette Lafont continue de tourner régulièrement, alternant comédies populaires et films d'auteur. Elle inspire nombre de cinéastes de la jeune génération. En 2003, elle reçoit un César d'honneur pour l'ensemble de sa carrière.
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Elle apparaît notamment dans La Première Étoile de Lucien Jean-Baptiste (2008) et dans un épisode de la série Scènes de ménages (2013). En 2012, elle incarne Paulette, une vieille dame qui se lance dans le trafic de cannabis pour s'en sortir financièrement.
En mai 2007, elle préside le jury de la cinquième édition du Prix de l'éducation nationale décerné à l'occasion du 60e Festival de Cannes. Le jury, composé de 10 membres, visionne pendant "la quinzaine" la sélection officielle et la sélection "un certain regard" et prime l'un de ces films en compétition. Elle est faite Officier de la Légion d'honneur le 14 Juillet 2009.
Décès
Bernadette Lafont décède le 25 juillet 2013 au centre hospitalier du Grau-du-Roi, à l'âge de 74 ans. Elle laisse derrière elle une œuvre riche et variée, témoignant de son talent et de sa passion pour le cinéma.
Vie Privée
Mariée à deux reprises, avec Gérard Blain en 1956 puis avec Diourka Medveczky en 1959, Bernadette Lafont donne naissance à trois enfants : Élisabeth, David et Pauline.
Héritage
Bernadette Lafont fut l’une des actrices les plus prolifiques du cinéma français, avec plus de deux cents films à son actif. Elle restera dans les mémoires comme une actrice talentueuse, anticonformiste et pleine de joie de vivre, une véritable icône du cinéma français.
Filmographie Sélective
- Les Mistons (1957)
- Le Beau Serge (1958)
- Les Bonnes Femmes (1960)
- La Fiancée du pirate (1969)
- Une belle fille comme moi (1972)
- La Maman et la Putain (1973)
- L'Effrontée (1985)
- La Première Étoile (2008)
- Paulette (2012)
Bibliographie
- Le Roman de ma vie (1998) de Bernadette Lafont
- Mes enfants de la balle (1988) de Bernadette Lafont
- La Fiancée du cinéma (1985) de Bernadette Lafont
- Vagabondages - Bernadette Lafont (1984) Dir. Dominique Païni
- Bernadette Lafont, une vie de cinéma (2013) de Bernard Bastide
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