Alassane Dramane Ouattara, communément appelé « ADO », est une figure marquante de la politique ivoirienne. Né le 1er janvier 1942 à Dimbokro, en Côte d'Ivoire, il occupe le poste de président de la République de Côte d’Ivoire depuis le 6 mai 2011. Son parcours est celui d'un économiste de renom devenu un homme d'État influent, naviguant à travers les complexités de la politique ivoirienne.

Formation et carrière économique

Éduqué au Burkina Faso puis aux États-Unis, Alassane Ouattara a bâti une solide carrière dans le domaine économique. Après avoir obtenu un Master en économie en 1967, il entre au Fonds monétaire international (FMI) en tant qu’économiste dès 1968. Il bénéficie d’une bourse américaine qui lui permet de poursuivre ses études à l’Institut de Technologie de Drexel, puis à l’Université de Pennsylvanie à Philadelphie. En mai 1972, il décroche un Doctorat d’État en Sciences économiques (Ph.D.) à l’université de Pennsylvanie.

Il travaille au FMI de 1968 à 1973, avant de rejoindre la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO) en 1973. Il devient alors directeur des Etudes à Paris, puis à Dakar. Parallèlement, Alassane Ouattara est nommé Conseiller spécial du Gouverneur. Dès 1982, il devient vice-gouverneur de la BCEAO. En 1984, il retourne au FMI comme directeur du département Afrique puis, à partir de 1987, comme conseiller spécial du directeur général du FMI. Il quitte à nouveau l’institution pour prendre le poste de gouverneur de la BCEAO en 1988, poste qu'il occupera jusqu'en 1993, devenant ensuite gouverneur honoraire.

Entrée en politique et rôle de Premier ministre

L'entrée d'Alassane Ouattara en politique se fait en 1990, lorsque Félix Houphouët-Boigny, qui vient de l’emporter sur Laurent Gbagbo à l’élection présidentielle, le nomme à la tête d’un comité interministériel sur la relance économique en avril. En novembre 1990, il devient le premier à exercer la fonction de Premier ministre de Côte d’Ivoire. Durant son mandat de Premier ministre, de 1990 à 1993, il met en œuvre une politique de rigueur budgétaire pour assainir les finances publiques et relancer l’économie ivoirienne. Il mène une politique de privatisations et de réduction des dépenses publiques, en adoptant des mesures d’austérité impopulaires.

Parcours politique dans l'opposition

En 1993, à la mort d’Houphouët-Boigny, alors que Henri Konan Bédié, président de l’Assemblée nationale et dauphin choisi par le « Vieux », succède à ce dernier, Alassane Dramane Ouattara, dit ADO, entre dans l’opposition au sein du Rassemblement des Républicains (RDR), né d’une scission au sein de l’ancien parti unique, le PDCI. Nommé directeur adjoint du FMI (1994), Ouattara n’abandonne pas son ambition présidentielle et, une fois élu à la tête du RDR (1999), se présente au scrutin de 2000.

Lire aussi: Retour sur le parcours de Fernando Alonso

Alassane Ouattara rejoint, en 1995, le Rassemblement des républicains (RDR) pour se présenter à l’élection présidentielle. Mais une réforme du code électoral qui impose aux candidats d’être né ivoirien de père et de mère nés ivoiriens, l’en empêche. C'était sans compter avec la réforme du code électoral adoptée en 1994 (imposant notamment aux candidats d’être nés ivoiriens de parents également nés ivoiriens) : se voyant reprocher son « ivoirité douteuse », il doit retirer pour la seconde fois sa candidature. Toutefois, il obtient officiellement la nationalité ivoirienne en 2002 et, à la fin de l’année 2004, l’Assemblée nationale révise la Constitution pour étendre l’éligibilité à la présidence aux Ivoiriens possédant au moins un parent ivoirien.

Après le coup d’État manqué de 2002, le pays sombre dans une guerre civile opposant les rebelles du nord, majoritairement favorables à Alassane Ouattara, et les partisans du gouvernement de Laurent Gbagbo qui contrôlent le sud du pays. Alassane Ouattara quitte à nouveau le pays à la fin de 2002 et n’y revient qu’en janvier 2006. L. Gbagbo s’étant imposé à la tête de l’État, les partis d’opposition, dont le RDR et le PDCI, parviennent à s’unir en 2005, tandis que le pays est au bord d’une guerre civile ouverte entre le Nord, favorable à Ouattara, et le Sud, davantage fidèle à Gbagbo.

Accession à la présidence et mandats

En raison de la guerre civile, l’élection présidentielle, prévue en 2005, est reportée à plusieurs reprises. L’obstacle de sa nationalité définitivement levé, A. Ouattara peut disputer l’élection d’octobre-novembre 2010 et rassembler sur son nom les mouvances « houphouëtistes » au second tour de scrutin, l’emportant sur le président sortant qui refuse cependant d’accepter ce résultat, reconnu par la communauté internationale. Le premier tour du scrutin se tient le 31 octobre 2010 : Alassane Ouattara arrive derrière Laurent Gbagbo. À l’issue du second tour, la commission électorale indépendante déclare, le 2 décembre, Alassane Ouattara vainqueur avec 54,1 % des voix. Ce n’est qu’au terme d’un long bras de fer entre les deux prétendants que A. Ouattara finit par s’imposer à la suite de l’offensive militaire de ses alliés des « Forces républicaines de Côte d’Ivoire » (ex-rébellion du Nord) qui parviennent à mettre la main sur L. Gbagbo le 11 avril avec l’appui militaire de la France et des troupes des Nations unies. Le 21 Mai 2011, il est élu 5e Président de la République avec 54,10 % des voix. Il exerce pleinement ses fonctions de chef d'État après l'arrestation par ses partisans du président sortant, Laurent Gbagbo, qui estimait avoir remporté le scrutin et refusait de quitter le pouvoir.

Fort d’un bilan économique encourageant, il est réélu pour un second mandat en novembre 2015. Après avoir été réélu au premier tour de l'élection présidentielle de 2015 avec 84 % des voix, il annonce ne pas vouloir briguer un troisième mandat. Le Premier ministre Amadou Gon Coulibaly est ainsi désigné candidat de la majorité présidentielle à l'élection présidentielle de 2020 mais meurt peu de temps avant celle-ci. Alassane Ouattara revient alors sur sa décision de quitter le pouvoir et l’emporte largement à l’issue d’un scrutin boycotté par l’opposition, réunissant 95 % des suffrages au premier tour. En 2020, suite au décès tragique d’Amadou Gon Coulibaly, candidat désigné du Rassemblement des Houphouëtistes pour la Démocratie et la Paix (RHDP), à quelques mois de la présidentielle, Alassane Ouattara se voit contraint de revenir sur sa décision et se présente à l’élection présidentielle.

Après les élections législatives de l’année suivante, auxquelles l’opposition accepte de participer, il conserve sa majorité à l’Assemblée nationale. Alassane Ouattara est candidat à un quatrième mandat présidentiel lors de l'élection de 2025.

Lire aussi: Thibault Rabiet : son engagement dans l'édition

Politique et controverses

Après cette grave crise politique, il conduit une politique libérale et interventionniste relançant la croissance économique. Son administration investit notamment dans la réhabilitation d’infrastructures et encourage les investissements dans le pays. Alassane Ouattara est cependant critiqué pour sa gestion de l'armée et de la justice, accusées de perpétrer des exactions contre des proches de son prédécesseur et de se livrer à une « justice des vainqueurs ». La corruption reste par ailleurs importante.

Vie privée

Alassane Ouattara est né le 1er Janvier 1942, à Dimbokro, de feu Dramane Ouattara et de Hadja Nabintou Ouattara née Cissé. Il est marié et père de quatre (4) enfants.

Lire aussi: Le pilier de la vie de Julien Courbet

tags: #date #de #naissance #Alassane #Ouattara

Articles populaires: