Abdou Diouf, né le 7 septembre 1935 à Louga, est une figure emblématique de l'histoire politique sénégalaise. Il a occupé des fonctions importantes au sein de l'État, notamment en tant que Premier ministre de 1970 à 1980, puis Président de la République de 1981 à 2000. Son parcours est marqué par un engagement envers la démocratie, la libéralisation économique et la promotion de la francophonie.

Jeunesse et Formation

Abdou Diouf est né dans un contexte familial et géographique qui a influencé son parcours. Son père, Ndiaye Diouf, d'origine sérère et peule, était un fonctionnaire des postes à Saint-Louis, tandis que sa mère, Coumba Dème, était d'origine toucouleur et wolof. Il a reçu une éducation saint-louisienne, notamment par sa grand-mère paternelle.

Il a fait ses études primaires à l'école Brière-de-l'Isle, puis au lycée Faidherbe de Saint-Louis. Après son baccalauréat obtenu en 1955, il s'installe à Dakar pour étudier le droit à l'Institut des Hautes Études, qui devient l'université de Dakar en 1957. Il devient ensuite président de l'Amicale scolaire et universitaire de Louga, puis président de la Coordination des associations scolaires et universitaires du Sénégal.

Dans le contexte de l'africanisation des cadres, il passe le concours de l'École de la France d'Outre-Mer à Paris. Diplômé de la dernière promotion de l'ENFOM (1958-1960), il rédige un mémoire critique sur l'institution maraboutique.

Carrière Administrative et Politique

De retour au Sénégal en 1960, Abdou Diouf devient l'adjoint de Jean Collin au secrétariat général du gouvernement, puis brièvement secrétaire général au ministère de la Défense. En décembre 1961, il est nommé gouverneur du Sine et Saloum.

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Lors de la crise entre le président Senghor et le président du Conseil Mamadou Dia en décembre 1962, Abdou Diouf refuse l'acte d'allégeance au président Senghor exigé de tous les gouverneurs de région. Il est relevé de ses fonctions de gouverneur, mais Senghor le nomme directeur de cabinet aux Affaires étrangères fin décembre 1962, puis directeur de cabinet à la présidence de la République en juin 1963.

En tant que directeur de cabinet du président Senghor, puis secrétaire général de la présidence à partir de février 1964, il s'occupe des questions diplomatiques et des relations avec les chefs religieux, et participe à l'organisation du Festival mondial des arts nègres en 1966. Après la crise de 1968, Senghor le nomme ministre du Plan et de l'Industrie, puis Premier ministre en 1970, poste qu'il occupe jusqu'au départ de Senghor de la présidence fin 1980.

Présidence de la République (1981-2000)

Le 1er janvier 1981, Abdou Diouf succède à Léopold Sédar Senghor à la présidence de la République, conformément à la Constitution. Il est ensuite élu au suffrage universel en 1983, 1988 et 1993.

Ses mandats sont marqués par l'approfondissement de la démocratie, avec la pluralisation du champ politique et la libéralisation de la presse. Il met en œuvre une politique de libéralisation progressive de l'économie et de décentralisation de l'administration.

Sur le plan international, Abdou Diouf contribue à faire entendre la voix du Sénégal grâce à une diplomatie efficace et des participations remarquées aux grandes rencontres internationales. Il œuvre également pour une plus grande unité entre les États africains, par le biais d'une coopération plus vive.

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En politique intérieure, il a œuvré pour la réconciliation nationale, notamment en se rapprochant de Cheikh Anta Diop et d'une partie de la gauche. Il a également lancé les États Généraux de l'Éducation.

Fin de mandat et Secrétariat Général de l'OIF

Battu dans les urnes par le libéral Abdoulaye Wade en 2000, Abdou Diouf se retire de la vie politique sénégalaise. En 2003, il est élu Secrétaire Général de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), poste qu'il occupe jusqu'en 2015.

À la tête de l'OIF, Abdou Diouf s'engage à renforcer la visibilité et l'influence de l'organisation sur la scène internationale. Il met en avant les valeurs de la francophonie, telles que la diversité culturelle, la promotion de la langue française, le développement durable, la démocratie et les droits de l'homme.

Il œuvre également pour une meilleure coordination des institutions et opérateurs francophones, tels que TV5Monde, l'Assemblée parlementaire de la Francophonie, l'Agence universitaire de la Francophonie et l'université Senghor d'Alexandrie.

Héritage et Reconnaissance

Abdou Diouf est reconnu pour son engagement envers la démocratie, le développement et la francophonie. Son parcours est marqué par une volonté de servir l'intérêt général et de promouvoir les valeurs de paix, de justice et de solidarité.

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Il a contribué à faire du Sénégal un acteur important sur la scène internationale et a œuvré pour une plus grande unité entre les États africains. Son action à la tête de l'OIF a permis de renforcer la visibilité et l'influence de la francophonie dans le monde.

Abdou Diouf reste une figure respectée au Sénégal et dans le monde francophone. Son expérience et son expertise sont régulièrement sollicitées pour des missions de médiation et de conseil.

Dates Clés

  • 7 septembre 1935: Naissance à Louga (Sénégal).
  • 1970: Premier ministre de Léopold Sédar Senghor.
  • 1er janvier 1981: Succède à la présidence à Senghor, démissionnaire.
  • 1983, 1988, 1993: Élu, puis réélu, au suffrage universel.
  • 2000: Battu dans les urnes par Abdoulaye Wade.
  • 2003: Secrétaire général de l'OIF.

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