L'affaire Lola Daviet a profondément marqué la France, et au centre de ce drame se trouve Dahbia Benkired. Cet article vise à retracer la biographie de cette jeune femme, de son enfance en Algérie à son procès retentissant à Paris, en passant par les événements tragiques qui l'ont menée devant la cour d'assises.

Enfance et adolescence en Algérie

Dahbia B. est née en 1998 à Alger, en Algérie. Elle passe la majeure partie de son enfance dans le quartier populaire de Belouizdad, où sa famille vit dans des conditions modestes. Son père travaille comme chauffeur de bus, tandis que sa mère est femme au foyer. La famille vit dans une seule chambre. Un ami de la famille se souvient que le père de Dahbia est décédé d'un cancer.

Arrivée en France et difficultés d'intégration

Dans les années 2000, la mère de Dahbia décide de tenter sa chance en France. En 2014, Dahbia et ses deux sœurs la rejoignent. La famille s'installe dans un appartement près de la gare de Bry-sur-Marne, dans le Val-de-Marne. Dahbia est scolarisée dans un lycée de Champigny, mais elle n'obtient pas son baccalauréat. Elle réussit néanmoins un CAP restauration.

En 2016, elle obtient un titre de séjour étudiant. Elle suit une formation de CAP restauration dans un lycée, mais son assiduité est faible. Elle arrive souvent en retard et a du mal à justifier ses absences.

Précarité et errance

Après ses études, Dahbia B. n'entame pas de carrière dans la restauration. Elle mène une vie d'errance, enchaînant les petits boulots, notamment dans un bar de Colombes où elle travaille comme agent d'entretien. Elle vivote de petits boulots en petits boulots, toujours dans la restauration.

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En 2022, elle loge à Bry-Sur-Marne, dans le Val-de-Marne, auprès de ses deux sœurs. Elle est en situation irrégulière.

Le décès de ses parents et les troubles psychologiques

Le décès de ses parents est une épreuve difficile pour Dahbia. Son père meurt en Algérie en 2019, et sa mère décède d'un cancer de l'utérus en France en 2020. Un ami de la famille raconte que sa mère est morte dans les bras de Dahbia. Sa sœur évoque une forme de "dépression" dont aurait été sujette sa cadette après ces décès.

Après la mort de sa mère, Dahbia et ses sœurs sont expulsées de leur logement, car elles n'arrivent pas à payer le loyer. Elles commencent alors à faire leur vie chacune de leur côté.

Durant le mois précédant le crime, Dahbia aurait eu "des réveils nocturnes" et des délires dès le mois de juin. Durant ces réveils, la jeune femme "tenait des propos incohérents".

L'affaire Lola Daviet

Le 14 octobre 2022, Dahbia Benkired est impliquée dans la mort de Lola Daviet, une collégienne de 12 ans. Le corps de la jeune fille est retrouvé dans une malle dans le 19e arrondissement de Paris. Dahbia est rapidement identifiée comme la principale suspecte.

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Les images de vidéosurveillance montrent Lola suivant Dahbia dans un hall d'immeuble. Elle est ensuite entraînée de force dans un appartement situé au 6e étage de l'immeuble. C'est dans ce logement que Dahbia Benkired, alors visée par une obligation de quitter le territoire français (OQTF), séjournait.

Trois jours après les faits, Dahbia est mise en examen et placée en détention provisoire.

Les motivations du crime

Les motivations du crime restent floues. Au cours de l'enquête, l'accusée parle d'une forme de "vengeance", car un badge lui permettant d'accéder à la résidence lui aurait été refusé par les parents de Lola. Cependant, cette explication ne convainc pas les enquêteurs.

Dahbia Benkired est décrite comme une manipulatrice, dotée d'une personnalité "pathologique sévère". Elle a toujours entretenu la confusion sur le mobile de son acte. Lors de son premier interrogatoire, elle explique que les parents de Lola, gardiens de l'immeuble, ont refusé de lui donner un badge d'accès. Quelques heures plus tard, elle se rétracte et accuse son ex-compagnon.

L'enquête et les expertises psychiatriques

L'enquête révèle que Dahbia Benkired était en situation irrégulière en France au moment des faits. Elle faisait l'objet d'une obligation de quitter le territoire français (OQTF) qui ne lui avait pas été notifiée.

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Des expertises psychologiques et psychiatriques sont réalisées pour comprendre la personnalité de Dahbia Benkired. Pour le psychiatre Samuel Lepaster, Dahbia Benkired « n'est ni une sociopathe, ni une psychopathe ». Il avance l'hypothèse de la schizophrénie avec des éléments paranoïaques évidents.

Trois expertises psychiatriques différentes ont incité la justice à affirmer que Dahbia Benkired ne souffre pas d'une pathologie psychiatrique majeure et qu'elle peut donc être jugée.

Le procès

Le procès de Dahbia Benkired s'ouvre le 17 octobre 2025 devant la cour d'assises de Paris. Elle est accusée de "meurtre d'un mineur de 15 ans" et de "viol commis sur un mineur avec torture ou acte de barbarie". Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Au premier jour de son procès, Dahbia Benkired exprime ses regrets : « C’est horrible ce que j’ai fait. Je le regrette ». Elle raconte aux juges et jurés son court passé, faisant de sa vie un chemin traumatique dont le bout fut un crime effroyable. Cependant, son récit est pavé de contradictions.

Elle évoque un viol par un voisin à l'âge de 14 ans et des attouchements commis par ses tantes en Algérie. Elle assure avoir été poussée à se prostituer par son compagnon et avoir consommé du Lyrica. Cependant, aucun de ces traumatismes n'a été confirmé par ses proches.

Lors de son interrogatoire, Dahbia Benkired affirme qu'elle voulait « laisser le corps de Lola quelque part et partir ». Elle dit savoir « que j’ai tué un bébé, un ange. Au jour d’aujourd’hui, elle doit être au paradis ».

Le procès doit durer jusqu'au 24 octobre.

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