La maternité tardive est un phénomène sociétal de plus en plus courant. Les femmes développent leurs projets de vie et reportent le moment de la maternité. Les 40 ans représentent une période d’épanouissement pour beaucoup, et avoir un enfant à cet âge est une option de plus en plus envisagée. Cependant, il est crucial de comprendre les spécificités de la fertilité à cet âge et les mesures à prendre pour optimiser les chances de concevoir.
Fertilité Féminine après 40 Ans: Une Réalité Biologique
Il est essentiel de reconnaître que le meilleur moment personnel n’est pas toujours le meilleur moment physique. La fertilité change avec l’âge. Le corps est biologiquement mieux préparé pour la maternité entre 25 et 30 ans. Après 35 ans, la réserve ovarienne (le nombre d’ovules disponibles) diminue, et leur qualité se dégrade. Après 40 ans, cette baisse est drastique, jusqu’à l’arrivée de la ménopause. Des organisations comme l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) considèrent qu’un âge maternel moyen supérieur à 35 ans constitue un facteur de risque.
En France, l'âge moyen de la mère à l'accouchement dépasse désormais 30 ans. L'accès à la contraception permet aux femmes de ne pas devenir mères tant qu’elles ne se sentent pas prêtes, mais même si elles le souhaitent, il est parfois difficile de concevoir après 40 ans. Les chances de conception, qui sont d’une chance sur quatre par cycle à 25 ans (25 %), ne sont plus que de 12 % par cycle à 35 ans (une chance sur huit) et seulement 6 % par cycle à 40 ans (une chance sur seize). De plus, les risques de fausse couche spontanée augmentent avec l’âge (près de 50 % des grossesses à 42 ans).
La fertilité féminine est considérée comme étant maximale aux alentours de 25 ans. Au-delà, elle commence à chuter progressivement et s’effondre vers 38 ans. Après 42 ans, les chances de grossesse sont minimes. A 45 ans, les grossesses spontanées sont exceptionnelles. Parallèlement, le risque que la grossesse n’atteigne pas son terme augmente avec l’âge. En effet, plus l’âge de la mère est élevé, plus le risque de fausse couche augmente. A partir de 43 ans chez la femme, il convient donc à la patiente et à son médecin d’évaluer la balance bénéfices-risques avant de débuter un protocole de PMA.
Impacts de l'Âge sur la Fertilité
L’âge peut avoir plusieurs effets néfastes sur la fertilité féminine. En conséquence, l’âge a également un effet sur le fonctionnement de l’appareil reproducteur féminin.
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- Qualité de l’ovocyte : Les faibles chances de grossesse chez les femmes âgées de plus de 40 ans sont associées à une altération de la qualité des ovocytes. Le risque que les ovocytes présentent un nombre anormal de chromosomes et des mutations génétiques augmente avec l’âge.
- Corps jaune de la phase lutéale : Après l’ovulation, le corps jaune assure une production de progestérone au cours de la phase lutéale. L’âge peut impacter cette fonction.
- Processus de prolifération cellulaire : L’âge de la femme ralentit le processus de prolifération cellulaire, associé à une hausse de la sénescence cellulaire (perte des fonctions des cellules). Ce phénomène est responsable d’une diminution de l’épaisseur de l’endomètre, ce qui va impacter la fertilité féminine.
- Réponse immunitaire et inflammatoire : Avec l’âge, la fertilité, notamment la réponse immunitaire et inflammatoire de l’organisme, est perturbée. Pourtant, elle joue un rôle fondamental au cours de la grossesse, le corps de la mère devant s’adapter à l’implantation.
- Fonction hormonale placentaire : Il a été récemment observé que la mise en place de la fonction hormonale (notamment la production d’œstrogènes et de progestérone) est retardée dans les placentas de femmes plus âgées.
L’âge a donc des effets délétères sur l’ensemble de l’appareil reproducteur féminin : qualité ovocytaire, production hormonale, maturation de l’endomètre, immunotolérance et fonction placentaire sont altérées.
Fertilité Masculine et l'Âge
Chez l’homme, le « pic de fertilité » a lieu entre 30 et 34 ans. Au-delà, la fertilité commence à diminuer, bien que cette chute soit beaucoup moins prononcée que celle observée chez la femme. La fertilité masculine entame une chute significative dès 45 ans. Ainsi, 78% des hommes de moins de 35 ans parviennent à concevoir un enfant dans un délai de 6 mois. Contrairement aux idées reçues, l’âge de l’homme influence également la fertilité du couple. Au-delà de 40 ans, la production des hormones sexuelles, la quantité de spermatozoïdes produits et le pouvoir fécondant des spermatozoïdes est altéré. Cela peut induire une réduction des chances d’implantation embryonnaire.
- Production hormonale : Il est observé une dérégulation de la fréquence et des taux de production des hormones LH et FSH libérées par l’hypophyse. Parmi les conséquences, on observe une réduction du nombre de cellules de Leydig dans le testicule, induisant une réduction de la production de testostérone.
- Cellules de Sertoli : L’âge est associé à une réduction du nombre de cellules de Sertoli qui produisent les spermatozoïdes dans le testicule. Ces effets sont associés à une augmentation de la mort cellulaire et à une diminution de la prolifération des cellules.
- Qualité du sperme : Chez l’homme de 50 ans, il est observé une diminution du nombre de spermatozoïdes produits. Outre ces effets sur la fertilité masculine, il est mis en évidence une réduction de la mobilité et des altérations de la morphologie des spermatozoïdes.
- Volume de la prostate : Avec l’âge, la prostate augmente de volume, et ceci peut effectivement avoir un impact sur la fertilité masculine. Cela peut être associé à une réduction du volume de sperme. La prostate participe à la production du liquide séminal, le composant principal du sperme.
- Pouvoir fécondant : Chez l’homme âgé de plus de 40 ans, le pouvoir fécondant des spermatozoïdes est altéré. Cela est associé à une réduction du nombre d’embryons atteignant le stade blastocyste. Le taux d’implantation des embryons est lui aussi altéré, les chances de grossesse sont réduites.
Techniques et Conseils pour Optimiser la Fertilité après 40 Ans
Si une mère « âgée » souhaite avoir un enfant, il est conseillé de ne pas perdre de temps. En fonction de votre réserve ovarienne, de la réponse à la stimulation pharmacologique, de vos marqueurs génétiques et même de votre indice de masse corporelle, différentes marches à suivre sont établies pour optimiser le résultat.
- Connaître son cycle : Toutes les femmes n’ont pas des cycles réguliers, et même si c’est le cas, le moment de l’ovulation est susceptible de varier d’un cycle à l’autre. Si l’ovule ne peut être fécondé que pendant 24 heures, les spermatozoïdes survivent environ trois à cinq jours dans l’utérus.
- Fréquence des rapports sexuels : Par ailleurs, la fréquence des rapports sexuels améliore la qualité des spermatozoïdes, qui deviennent moins mobiles après une abstinence de cinq à six jours.
- Tests d'ovulation : Des tests d’ovulation sont désormais disponibles en pharmacie. Ces tests urinaires détectent le pic hormonal qui va déclencher l’ovulation.
- Courbe de température : Généralement réalisée sur plusieurs mois, la courbe de température sert à déterminer si l’ovulation a bien lieu et si elle survient toujours au même moment du cycle. L’ovulation s’accompagne en effet chez la plupart des femmes d’une élévation de la température corporelle d’environ 0,5°C. C’est pourquoi la prise de température chaque matin au réveil, avant de se lever, permet de détecter le moment où l’ovulation se déclenche.
Hygiène de Vie et Fertilité
La qualité de l’alimentation influence la fertilité. Si le surpoids est souvent un ennemi de la fécondité, c’est aussi le cas de la maigreur et des régimes hypocaloriques. Lorsqu’une perte de poids est recommandée, mieux vaut s’y mettre avant d’envisager une grossesse.
- Alimentation: Il est conseillé de suivre une alimentation variée, riche en fruits et légumes et en aliments contenant de l’acide folique comme les légumineuses, les légumes à feuilles vertes, les fruits secs ou les céréales.
- Exercice physique: Il est important de faire de l’exercice, de maintenir un poids adéquat et de garder un esprit alerte.
- Substances nocives: Vous devez éviter les substances nocives telles que l’alcool, le tabac et les excitants comme le café.
- Facteurs à éviter : L’obésité, le tabagisme et l’alcoolisme sont néfastes pour la fertilité masculine. Les pantalons moulants sont également susceptibles de contrarier les projets de parentalité. En effet, les testicules doivent être à une température d’environ 35°C (contre 37°C pour le reste du corps) afin de produire les spermatozoïdes en quantité et en qualité optimales. Or les vêtements trop prêts du corps réchauffent les organes génitaux. Le tabac et l’alcool sont néfastes pour la fécondité. La nocivité du tabac sur le fœtus est connue, mais son impact négatif sur la fécondité est souvent ignoré. Les anti-inflammatoires non-stéroïdiens (aspirine, ibuprofène, par exemple) bloquent la production des prostaglandines, des hormones qui interviennent à plusieurs niveaux dans le processus de reproduction (ovulation, fécondation et implantation de l’embryon dans l’utérus).
Assistance Médicale à la Procréation (AMP)
A partir de 43 ans chez la femme, il convient donc à la patiente et à son médecin d’évaluer la balance bénéfices-risques avant de débuter un protocole de PMA.
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- Fécondation in vitro (FIV): La fécondation in vitro (FIV) reste la technique la plus connue et la plus fréquemment proposée dans le cadre d’une PMA après 40 ans, selon le dossier du couple. Le principe est de stimuler les ovaires afin d’obtenir plusieurs ovocytes, qui seront ensuite fécondés en laboratoire avec les spermatozoïdes du partenaire (ou d’un donneur). Toutefois, les chances de succès d’une FIV diminuent avec l’âge.
- Don d’ovocytes: Lorsque la qualité et/ou la quantité des ovocytes ne permet plus d’envisager une grossesse, le don d’ovocytes reste la seule option possible. Le don d’ovocytes offre des taux de réussite élevés, indépendamment de l’âge de la receveuse, puisque la qualité embryonnaire dépend surtout de l’âge de la donneuse.
- Insémination artificielle: Moins invasive que la FIV, l’insémination artificielle consiste à déposer directement des spermatozoïdes préparés dans l’utérus de la femme au moment de l’ovulation. Cependant, après 40 ans, l’insémination artificielle offre des taux de réussite plus faibles qu’à un âge plus jeune.
Diagnostic Préimplantatoire (DPI)
Il est conseillé d’effectuer le diagnostic ou test génétique préimplantatoire (DPI, également appelé PGT). Le DPI est effectué sur l’embryon avant que celui-ci ne soit transféré dans l’utérus de la mère. Il consiste en son analyse à partir d’une petite biopsie. Son objectif est de détecter les anomalies génétiques et/ou chromosomiques.
Diagnostic Prénatal
Au-delà de 40 ans la grossesse est considérée comme une grossesse à haut risque. Pendant cette période, la femme enceinte peut choisir de procéder à des tests de diagnostic prénatal, qui permettent de connaître le risque que court le bébé de subir des altérations chromosomiques ou d’exclure des anomalies congénitales ou malformations.
- Test d’ADN fœtal dans le sang maternel: Permet de détecter les anomalies chromosomiques les plus courantes qui peuvent être identifiées grâce à l’échantillon de sang de la mère.
- Amniocentèse: Consiste à prélever du liquide amniotique à l’intérieur du placenta, le sac dans lequel se trouve le fœtus. La ponction est effectuée à l’aide d’une aiguille très fine dans l’abdomen et des cellules sont extraites de l’embryon et seront analysées pour détecter la présence éventuelle d’anomalies chromosomiques ou génétiques et de défauts du tube neuronal. Elle est réalisée entre la 15ème et la 18ème semaine.
- Biopsie choriale ou chorionique: On obtient du tissu du placenta pour l’étude des chromosomes fœtaux, de l’ADN ou des enzymes fœtales. Elle est réalisée par voie abdominale ou transcervicale. Son avantage par rapport à l’amniocentèse est qu’elle peut être effectuée à la 11ème et 12ème semaine.
- Cordocentèse ou prélèvement percutané de sang ombilical: Est la ponction et l’extraction du sang de la veine ombilicale pour détecter des anomalies congénitales et sanguines. Il s’agit d’une méthode peu fréquente qui doit être réalisée par des médecins experts.
Avantages de la Maternité Tardive
La maternité tardive a ses avantages. À ce stade, la femme a une plus grande maturité et un plus grand degré de responsabilité. La grossesse est souhaitée, la dépression post-partum est moins fréquente et la mère dispose de nombreuses informations qui ont une répercussion sur ses soins personnels et ceux de sa future famille. En outre, elle bénéficie généralement d’une meilleure situation économique et professionnelle qui lui donne une plus grande stabilité pour éduquer son enfant.
Planification et Suivi Médical
La planification de la grossesse devrait commencer par une consultation avant la conception. Une recommandation qui devient plus nécessaire encore lorsqu’on envisage la maternité à un âge avancé. Dès le désir d'enfant, il est recommandé de consulter un médecin afin qu'il puisse prescrire un complément d'acide folique (vitamine B9), qui est une vitamine nécessaire à la bonne formation du système nerveux du fœtus. Pour être pleinement efficace, ce traitement doit être initié au moins un mois avant la fécondation.
L’interlocuteur privilégié reste votre médecin traitant, votre gynécologue ou une sage-femme. Un entretien approfondi avec vous et votre partenaire, si vous êtes en couple, vise à identifier d’éventuelles causes simples et explicables d’infertilité. Le médecin pourra ensuite proposer une première série d’explorations pour l’homme et la femme : courbes de température, test d’ovulation. Selon la situation, il pourra prescrire des traitements pour stimuler l’ovulation de la femme ou vous adresser rapidement à un centre pluridisciplinaire d’Assistance Médicale à la Procréation (AMP).
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