Introduction

La spondylarthrite ankylosante (SPA) est une maladie inflammatoire chronique qui affecte principalement la colonne vertébrale et le bassin. Elle peut également toucher d'autres articulations et organes. Les femmes atteintes de SPA peuvent se demander si leur cycle menstruel influence leurs symptômes ou vice versa. Cet article explore les liens potentiels entre le cycle menstruel et les symptômes de la spondylarthrite ankylosante, en s'appuyant sur des informations médicales et des témoignages.

Qu'est-ce que la Spondylarthrite Ankylosante (SPA) ?

La spondylarthrite ankylosante (SPA) est une maladie inflammatoire chronique qui affecte principalement la colonne vertébrale et les articulations sacro-iliaques (situées dans le bassin). La SPA évolue lentement et par poussées. Elle appartient à la famille des spondylarthropathies, qui regroupent les maladies touchant les articulations des vertèbres. En France, ce type de rhumatisme inflammatoire touche environ 0,3 % de la population, soit 300 000 personnes.

Symptômes de la SPA

Les premiers symptômes ressentis par le patient sont des douleurs dans le bas du dos et les fesses. Ces douleurs surviennent surtout la nuit, entraînant des réveils nocturnes (souvent en 2e partie de nuit vers 2h-3h du matin), et sont associées à une raideur matinale qui met généralement plus de 30 minutes à disparaître.

D’autres symptômes sont possibles :

  • Gonflement douloureux d’une ou plusieurs articulations (genou, cheville, doigts et orteils dits « en saucisses »)
  • Douleur du talon ou talalgie
  • Uvéite (œil rouge et douloureux)
  • Psoriasis (maladie de la peau)
  • Diarrhées

Dans environ 10 % des cas, la SPA évolue vers une forme grave, caractérisée par une ankylose sévère, c’est-à-dire une limitation importante des mouvements de la colonne vertébrale, du thorax (pouvant gêner la respiration) et des autres articulations.

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Diagnostic de la SPA

Le diagnostic de la spondylarthrite repose sur plusieurs paramètres. L’examen clinique ainsi que l’interrogatoire du médecin sont les premiers éléments permettant son orientation. Des radiographies de la colonne vertébrale et des hanches ainsi qu’un bilan sanguin (nécessaire à l’identification de l’inflammation) viennent compléter la recherche. Chez 90 % des individus atteints de cette maladie, le gène appelé HLA B27 est en cause.

Traitements de la SPA

Le traitement de la SPA vise à réduire la douleur et l’inflammation, à maintenir la mobilité et à prévenir les complications.

  • Médicaments : En période de poussées, des Anti-Inflammatoires Non Stéroïdiens (AINS) sont prescrits afin de réduire l’inflammation et la douleur au niveau des articulations. Ils peuvent être associés à des antalgiques (médicaments contre la douleur) tels que le paracétamol ou des opiacés lorsqu’ils ne suffisent pas à soulager le patient. En dehors des crises douloureuses, si l’état du patient ne s’améliore pas, l’instauration d’un traitement de fond peut s’avérer nécessaire. Les anticorps monoclonaux comme les anti-TNF correspondent à une nouvelle classe de traitement, les biothérapies. Le TNF (Tumor necrosis factor) est une protéine qui est fabriquée en excès dans la SPA et qui va être responsable de l’inflammation chronique. La biothérapie a pour but alors de mettre au point une substance qui va bloquer l’action délétère de cette protéine. Dans le cas de la SPA, cette substance est un anticorps dirigé contre le TNF d’où le nom d’anti-TNF.
  • Rééducation : La rééducation, en particulier de la colonne vertébrale, est un complément indispensable dans la prise en charge de la spondylarthrite. L’objectif principal de la rééducation est de préserver la mobilité du rachis et des différentes articulations. L’utilisation de l’analgésie thermique permet de calmer les douleurs. Il s’agit d’appliquer du froid (sac de glace) sur une articulation très inflammatoire ou du chaud (douche chaude) sur une articulation douloureuse mais peu enflammée.
  • Ergothérapie : En complément, ou plus largement en prévention, l’ergothérapie est une discipline à ne pas négliger.

Le Cycle Menstruel et ses Effets sur le Corps

Le cycle menstruel est une série de changements hormonaux que le corps d'une femme subit chaque mois en préparation d'une éventuelle grossesse. Ce cycle est contrôlé par des hormones, principalement l'œstrogène et la progestérone, qui fluctuent tout au long du mois.

Phases du Cycle Menstruel

  1. Phase folliculaire : Débute avec les règles et se termine avec l'ovulation. L'œstrogène augmente, stimulant la croissance de la muqueuse utérine.
  2. Ovulation : Libération d'un ovule par l'ovaire, déclenchée par un pic de l'hormone lutéinisante (LH).
  3. Phase lutéale : Débute après l'ovulation. La progestérone augmente, préparant l'utérus à l'implantation d'un ovule fécondé. Si la fécondation n'a pas lieu, les niveaux d'œstrogène et de progestérone diminuent, entraînant les règles.
  4. Menstruations : Évacuation de la muqueuse utérine, marquant le début d'un nouveau cycle.

Symptômes Associés au Cycle Menstruel

De nombreuses femmes ressentent des symptômes physiques et émotionnels pendant leur cycle menstruel, notamment :

  • Crampes abdominales
  • Douleurs lombaires
  • Maux de tête
  • Fatigue
  • Ballonnements
  • Irritabilité
  • Sautes d'humeur

Lien entre le Cycle Menstruel et la Spondylarthrite Ankylosante

Bien que la recherche sur l'interaction directe entre le cycle menstruel et la spondylarthrite ankylosante soit limitée, plusieurs facteurs suggèrent une influence potentielle :

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Influence Hormonale

Les fluctuations hormonales du cycle menstruel pourraient influencer l'inflammation et la perception de la douleur chez les femmes atteintes de SPA. L'œstrogène, par exemple, a des effets modulateurs sur le système immunitaire et pourrait influencer l'activité de la maladie.

Douleurs Lombaires et Troubles Gynécologiques

Il est important de noter que les douleurs lombaires peuvent être liées à des troubles gynécologiques tels que les douleurs de règles, l'endométriose, la grossesse, le cancer, les cicatrices ou les problèmes de périnée. Lors du cycle menstruel, les contractions de l’utérus peuvent provoquer des douleurs à type de crampe dans le bas ventre et des douleurs en bas du dos. Ces douleurs sont en fait liées aux contractions de l’utérus. Lors du cycle menstruel et en l’absence de fécondation, l’ovaire cesse de produire les hormones de la grossesse et enclenche les contractions utérines. Ce phénomène est généralement plus intense à la fin de la puberté et lors les années qui précèdent la ménopause à cause des changements hormonaux. De plus, la perception des contractions utérines lors des règles est très variable d’une femme à l’autre.

L'endométriose est une maladie gynécologique qui se caractérise par la présence et le développement de muqueuse utérine hors de la cavité utérine. Pour faire simple c’est comme si vous avez vos règles, mais à des endroits qui n’y sont pas préparés. Les cellules endométriales peuvent migrer sur la vessie, le côlon ou même le péritoine, ce qui explique que certains des symptômes ressentis en période de règle ne sont pas que d’ordre gynécologique (diarrhée, constipation, brulure à la miction, miction fréquente, sang dans les urines) !

Témoignages et Observations

Certaines femmes atteintes de SPA rapportent une aggravation de leurs symptômes, en particulier des douleurs et de la raideur, pendant les règles. Cela pourrait être dû à une sensibilisation accrue à la douleur ou à une inflammation accrue pendant cette période.

Un témoignage mentionne une douleur à la hanche droite à la limite du supportable lors du premier jour des règles, suggérant que le côté hormonal peut influer sur les douleurs de la spondylarthrite. D'autres témoignages indiquent que les douleurs qui annoncent l'arrivée des règles sont plus fortes, avec une sensation de compression ou de poids sur le bas du dos, différente des douleurs de règles classiques et des douleurs de la SPA.

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Grossesse et SPA

La spondylarthrite ne modifie en rien le déroulement de la grossesse. Néanmoins, certains de ses traitements sont contre-indiqués chez les femmes enceintes, mais aussi chez les femmes qui ont décidé d’avoir un enfant. Ils doivent être suspendus dès la décision de concevoir. La douleur en bas du dos est la conséquence directe des modifications physiologiques de la grossesse. Au début de la grossesse, l’utérus prend du volume au fil des semaines et déplace le centre de gravité du corps vers l’avant. Pour ne pas tomber en avant, la maman à se cambrer vers l’arrière, augmenter la courbure des lombaires. Cette bascule de du bassin et cette cambrure sont facilités par une hormone augmentant l’élasticité des ligaments (la relaxine), donnant plus de mobilité aux articulations pour donner plus d’espace pour le bébé. Les structures du bas du dos peuvent donc être fortement mis en contrainte d’autant plus qu’il existe une diminution de la tonicité de la sangle abdominale qui ne joue plus correctement son rôle de « corset ». Tout ceci peut donc à terme faciliter des douleurs lombaires qui peuvent être pris en charge par votre ostéopathe !

Attention : en début de grossesse ou lorsque vous tentez de tomber enceinte, il faut être particulièrement vigilent par rapport à la Grossesse Extra-Utérine, pouvant se traduire par des douleurs lombaires. C’est lorsque que le bébé ne s’implante pas dans la cavité utérine mais ailleurs (trompe de Fallope, proche de l’ovaire, col de l’utérus ou la cavité abdominale). Les douleurs aux lombaires peuvent également apparaître après l’accouchement, toujours à cause de cette sangle abdominale moins tonique, d’où l’importance de faire ses séances de rééducation abdominale et périnéale. Elles vont vous permettre de mieux gainer le ventre, renforcer votre sangle abdominale et de retrouver une courbure harmonieuse de vos lombaires !

Prise en charge chirurgicale et douleurs post-opératoires

Que ce soit pour l’endométriose, une césarienne ou une résection d’un cancer ou d’un fibrome, la prise en charge chirurgicale à souvent vu naître des douleurs post opératoires associées à des adhérences cicatricielles. Ces adhérences peuvent avoir une grande répercussion sur votre posture globale et provoquer des douleurs à terme. Lorsqu’une femme vient de subir une césarienne, elle va vouloir naturellement protéger son bas ventre en évitant de tirer sur la cicatrice. Et pour ceci, elle va se pencher vers l’avant relâchant ainsi les tensions abdominales. « Oui mais moi je ne suis pas concerné, ma cicatrice est super belle ! ». Certes, mais ce n’est pas le problème ! N’oubliez pas que dans le cas d’une césarienne le chirurgien/sage femme a dû couper avec son scalpel une dizaine de tissus de votre peau jusqu’à votre utérus pour extirper votre bébé de votre abdomen (peau, gras, fascias, muscles, utérus). Il se peut donc que la couche superficielle au niveau de la peau ai bien cicatrisée, mais qu’il y ai encore de nombreuses adhérences cicatricielles au niveau des couches intermédiaires ou profondes !

Conseils pour Gérer les Symptômes

Si vous êtes une femme atteinte de spondylarthrite ankylosante et que vous remarquez une influence de votre cycle menstruel sur vos symptômes, voici quelques conseils :

  1. Suivi des symptômes : Tenez un journal de vos symptômes, en notant les fluctuations de la douleur, de la raideur et de la fatigue pendant votre cycle menstruel. Cela peut aider à identifier les schémas et à anticiper les périodes difficiles.
  2. Communication avec votre médecin : Discutez de vos observations avec votre médecin ou votre rhumatologue. Ils pourront vous conseiller sur les ajustements de traitement ou les stratégies de gestion de la douleur.
  3. Gestion de la douleur : Utilisez des techniques de gestion de la douleur telles que l'application de chaud ou de froid, les exercices de relaxation, la physiothérapie et les médicaments prescrits par votre médecin. Des témoignages ont permis de constater que le froid ou le chaud pouvaient soulager les douleurs de la spondylarthrite ankylosante. En effet, la fraicheur est anti-inflammatoire et vasoconstrictrice. Elle va donc agir sur la cause des douleurs à savoir l’inflammation articulaire. La cryothérapie est d’ailleurs souvent utilisée pour soulager les douleurs des personnes atteintes de spondylarthrite. Une fois la crise inflammatoire passée, il peut rester des douleurs musculaires et tensions. La chaleur à la fois décontractante et vasodilatatrice va alors être bénéfique pour apaiser ces symptômes musculaires résiduels. Vous pourriez alors, selon vos besoins du moment, profiter des bienfaits du chaud ou du froid sur les zones douloureuses. Ces applications de froid ou de chaud vous permettraient de retrouver un sommeil normal, de faciliter votre réveil et ainsi de mieux supporter la maladie au quotidien.
  4. Activité physique régulière : Maintenez une activité physique régulière, adaptée à vos capacités, pour préserver la mobilité et réduire la raideur. Pour revenir à la rééducation, il est important de maintenir une activité physique régulière surtout en dehors des crises.
  5. Soutien émotionnel : Recherchez un soutien émotionnel auprès de votre famille, de vos amis ou de groupes de soutien pour les personnes atteintes de SPA.

L'Ostéopathie et les Troubles Gynécologiques

D’abord, votre ostéopathe aura pour rôle d’identifier si vos douleurs en bas du dos sont bien à cause d’un trouble gynécologique grâce à des questions et des tests. En fonction du trouble gynécologique, votre ostéopathe pourra vous accompagner dans la prise en charge de ce trouble, et plus particulièrement si les causes sont : les règles, l’endométriose, des adhérences cicatricielles post-opérations ou un trouble de la posture lié à une faiblesse périnéale. Ensuite, selon le trouble gynécologique, votre ostéopathe pourra vous proposer un traitement exclusivement manuel afin de soulager vos lombalgies ayant pour but de redonner de la mobilité aux zones de votre corps qui favorise ces troubles. Ces zones vous sont propres, c’est pour cela que le traitement sera adapté à vos besoins à vous et rien qu’à vous ! Votre ostéopathe pourra tant bien redonner de la mobilité aux structures du système musculo-squelettique (bassin, lombaires, périnée, …), système viscéral (utérus), système fasciale (adhérences cicatricielles) qu’au système crânio-sacré (pour le système nerveux).

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