La ferritine, une protéine essentielle au stockage du fer dans l'organisme, joue un rôle crucial dans le diagnostic des réserves de fer. Un taux anormalement élevé de ferritine, ou hyperferritinémie, peut susciter des inquiétudes et nécessiter une évaluation médicale approfondie. Cet article explore les causes potentielles de l'hyperferritinémie, en particulier en relation avec le cycle menstruel, ainsi que les stratégies de gestion et de traitement disponibles.

Comprendre la Ferritine et son Rôle

La ferritine est un marqueur médical qui permet de déterminer la quantité de fer présente dans l’organisme. C’est un paramètre clé pour le diagnostic d’une anémie ferriprive ou d’une surcharge hépatique. Il s’agit d’une protéine localisée à l’intérieur des cellules de nombreux organes (foie, reins, cœur, poumons, moelle osseuse…). On la trouve aussi dans les globules rouges, où elle participe à la formation de l’hémoglobine. Elle assure le stockage du fer dans l’organisme et reflète les réserves de fer, un élément vital pour la santé.

Hyperferritinémie : Causes et Symptômes

Un taux de ferritine élevé peut résulter de causes telles que l’hémochromatose héréditaire, les maladies hépatique, les transfusions fréquentes ou certaines inflammations. Les symptômes incluent fatigue, douleurs articulaires, troubles cardiaques, et même une anémie paradoxale. Une surcharge de fer peut conduire à un risque accru d’ostéoporose, de diabète, de cirrhose ou de cancer du foie.

Les patients peuvent être inquiets face aux symptômes : fatigue intense, douleurs articulaires ou abdominales, troubles cardiaques, baisse de la libido, vertiges. À long terme, cette hyperferritinémie favorise l’ostéoporose, le diabète, la cirrhose et augmente le risque de cancer hépatique. Pour ces raisons, il est important de prendre le problème au sérieux et de solliciter un traitement auprès d’un professionnel de santé.

Cycle Menstruel et Anémie : Un Lien Important

Les règles sont une des phases du cycle menstruel féminin. Sans fécondation de l’ovocyte par un spermatozoïde, la muqueuse qui tapisse l’utérus ( l’endomètre) va se désagréger et être expulsée sous forme de saignements : ce sont les règles. Cela peut occasionner des crampes utérines ainsi que différentes douleurs menstruelles. La durée des règles est très variable. Il est difficile de quantifier exactement la quantité de sang expulsée chaque mois durant les menstruations. Les femmes avec un flux menstruel abondant perdent entre 50 et 80 ml. D’après une étude suisse, 15 % des femmes souffrent de ménorragies ou d’hyperménorrhées. On estime que si l’on perd 100 ml de sang, on perd environ 50 mg de fer. Toutefois le seul moyen de diagnostiquer avec certitude une anémie est de réaliser un bilan sanguin avec un dosage du fer. Il peut être prescrit par un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme.

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Des règles trop longues ou très abondantes peuvent causer une anémie c’est-à-dire une carence en fer, ce qui peut avoir des conséquences sur la santé. Les causes de l’anémie peuvent être nombreuses, mais des saignements menstruels très abondants peuvent clairement jouer un rôle. Il peut donc y avoir un lien direct entre règles abondantes et anémie. Plus largement, l’anémie peut aussi être liée à un apport alimentaire insuffisant en fer, une absorption moins efficace (fer, B12), ou des besoins plus importants (ex : grossesse, notamment pour la B9).

Impact des Règles Abondantes sur la Qualité de Vie

Quand on demande aux femmes si elles pensent avoir un flux abondant, elles sont déjà 40 % à répondre oui. Mais quand on mesure l’impact via l’échelle de “qualité de vie” utilisée dans l’enquête, la réalité grimpe : près de deux femmes sur trois sont concernées par des règles abondantes. Et pourtant, seules 4 femmes sur 10 s’en déclarent conscientes.

Une femme sur deux évoque un impact direct de ses règles abondantes sur sa santé physique et mentale. Ce n’est pas “dans la tête” et ce n’est pas anodin : l’étude montre davantage de difficultés à se sentir “en forme” physiquement et psychologiquement chez les femmes concernées, ainsi qu’une fréquence plus élevée de troubles gynécologiques.

Pour beaucoup, avoir ses règles devient une organisation permanente et une peur qui colle à la peau. Deux chiffres qui résument la réalité :

  • 92% des femmes ayant un flux abondant craignent les accidents liés aux saignements.
  • 83% disent éviter des activités sociales et planifier leurs vêtements lorsqu’elles ont leurs règles.

Au travail et dans les études, cette réalité devient une inégalité invisible.

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Solutions et Prise en Charge des Règles Abondantes

Il existe des moyens de limiter le risque d’anémie. Le plus souvent, il est recommandé de consommer des aliments riches en fer comme :

  • La viande rouge
  • Les abats
  • Le foie
  • Les fruits de mer (palourdes, moules)
  • Les légumineuses (lentilles, haricots blancs, pois chiches)
  • Le poisson
  • Les noix
  • Les céréales
  • Le jaune d’oeuf

Il est également recommandé de consommer des aliments contenant de la vitamine C qui favorise l’absorption du fer par l’organisme comme :

  • La goyave
  • Le kiwi
  • Le brocoli
  • Le poivron
  • Les fraises

Une supplémentation sous la forme de compléments alimentaires peut aussi être recommandée.

Hyperferritinémie et le Syndrome Métabolique et le Stress Chronique

Le syndrome métabolique : caractérisé par un excès de graisse abdominale et souvent des valeurs élevées de triglycérides, d’hyperglycémie et de tension artérielle. Les maladies inflammatoires aiguës ou chroniques (arthrite, maladie de Crohn…), le Covid long ou le stress chronique.

Lorsqu'on est confronté à un stress chronique, le corps réagit en libérant l'hormone du stress, le cortisol. Bien que le cortisol soit essentiel pour réguler la réponse au stress, son élévation prolongée peut avoir des répercussions négatives sur la santé. Cette hormone, en plus de son rôle de régulation du stress, peut également engendrer des effets pro-inflammatoires, déclenchant ainsi une inflammation à long terme.

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En situation de stress prolongé, les niveaux élevés de cortisol peuvent donner lieu à une résistance à l'insuline, l'hormone responsable de réguler le métabolisme du glucose. Cette résistance à l'insuline peut entraîner une augmentation de la glycémie et, de manière intéressante, elle déclenche également une inflammation à basse échelle dans le corps. L'inflammation induite par la résistance à l'insuline peut influencer la production de ferritine.

Gérer le Stress et l'Inflammation

Le yoga combine des postures physiques avec la respiration et la méditation, créant ainsi une synergie qui apaise le système nerveux. Les pratiques de yoga sont conçues pour réduire le cortisol et favoriser un état de relaxation profonde. La méditation quant à elle, vise à calmer l'esprit et à cultiver la pleine conscience. Vous pouvez également apprendre à réguler votre respiration pour synchroniser les battements cardiaques, c’est ce qu’on appelle la cohérence cardiaque. Cette technique régule le système nerveux autonome, favorisant le calme et la détente. Enfin, la sophrologie, basée sur la respiration, la visualisation et la détente musculaire, vise à équilibrer le corps et l'esprit en favorisant un état de relaxation profonde.

Certaines plantes adaptogènes se distinguent par leur capacité à aider le corps à s'adapter aux stress physiologiques et psychologiques, tout en contribuant à la réduction des niveaux de cortisol. Le Ginseng : utilisé depuis des siècles dans la médecine traditionnelle chinoise, est reconnu pour ses propriétés adaptogènes. Il peut contribuer à atténuer le stress en influençant la régulation du cortisol, l'hormone du stress.

Les vitamines B, notamment la B6, la B9 (acide folique) et la B12, sont impliquées dans la production d'hormones régulatrices du cerveau, comme la sérotonine et la dopamine. Ces hormones jouent un rôle crucial dans la régulation de l'humeur et du stress. Des niveaux adéquats de vitamines B peuvent aider à maintenir un équilibre émotionnel et à atténuer les effets du stress sur le corps.

Le magnésium est un minéral essentiel qui joue un rôle dans plus de 300 réactions biochimiques dans le corps, dont certaines sont liées à la réponse au stress. Le magnésium favorise la relaxation musculaire et nerveuse, ce qui peut aider à atténuer les symptômes physiques du stress. De plus, il contribue à la régulation de l'activité de l'amygdale, une région du cerveau impliquée dans la réponse au stress et à l'anxiété.

Hémochromatose : Une Cause Génétique d'Excès de Fer

L’hémochromatose : maladie génétique entraînant un défaut de production d’hepcidine au niveau hépatique. Maladie génétique la plus fréquente en Occident, l’hémochromatose reste pourtant mal connue. En cause : des symptômes peu spécifiques et très variables d’un patient à l’autre, souvent responsables d’un retard diagnostique.

L’hémochromatose génétique est justement caractérisée par un excès de fer dans l’organisme. La maladie est liée à un dysfonctionnement des mécanismes qui permettent habituellement de réguler son absorption au niveau intestinal et de contrôler sa réutilisation dans l’organisme, notamment lors du recyclage du fer contenu dans les globules rouges. Avec le temps, l’hémochromatose peut entraîner des dépôts de fer dans différents tissus de l’organisme, qui détruisent peu à peu les organes.

Diagnostic et Traitement de l'Hémochromatose

Fatigue, douleurs articulaires atypique, pigmentation de la peau, gros foie, diabète… En cas de signes évocateurs de la maladie, le médecin va d’abord prescrire une prise de sang pour contrôler deux paramètres cruciaux. Tout d’abord, on mesure le taux de saturation de la transferrine, généralement supérieur à 45 % à au moins deux reprises chez les patients. La prise de sang permet aussi de doser la concentration en ferritine, la protéine qui permet de stocker nos réserves de fer : elle franchit le cap des 200 microgrammes par litre chez les femmes hémochromatosiques, celui des 300 chez les hommes et peut atteindre des valeurs très élevées. À ces tests sanguins, vient si besoin s’ajouter un examen d’imagerie par IRM, pour détecter la présence de dépôts de fer dans le foie. Cet organe est en effet en première ligne car il est très avide en fer non lié à la transferrine et le stocke. Pour affirmer la cause génétique d’une surcharge en fer ainsi mise en évidence, le médecin fait ensuite pratiquer un test génétique capable de déceler l’anomalie du gène HFE responsable d’environ 90 % des cas d’hémochromatose héréditaire : la mutation C282Y. Chez les malades, cette mutation est présente en deux copies, l’une héritée du père, l’autre de la mère.

Il n’existe pas encore de médicament qui permet de guérir l’hémochromatose. Le traitement de référence actuel consiste à pratiquer des saignées (ou phlébotomies) pour réduire le taux de fer dans le sang, et ainsi les dépôts de ferritine dans les organes. En retirant de la circulation des globules rouges à l’hémoglobine très riche en fer, l’organisme est alors obligé de puiser dans sa réserve de fer pour en fabriquer de nouveaux. Au départ, une saignée par semaine est généralement nécessaire, durant laquelle on prélève près de 300 à 400 ml de sang selon le poids et le sexe du patient.

Autres Causes Possibles d'Hyperferritinémie

Outre l'hémochromatose, d'autres facteurs peuvent contribuer à un taux élevé de ferritine :

  • Maladies inflammatoires chroniques : Les maladies auto-immunes (polyarthrite rhumatoïde, lupus), les infections chroniques (tuberculose, VIH) et certains cancers peuvent augmenter la production de ferritine.
  • Maladies du foie : La cirrhose, l'hépatite et la stéatose hépatique (foie gras) peuvent entraîner une élévation de la ferritine.
  • Syndrome métabolique : L'obésité abdominale, la résistance à l'insuline, l'hypertension et l'hypercholestérolémie sont souvent associées à une ferritine élevée.
  • Prise de certains médicaments : La chimiothérapie, les anti-inflammatoires et certains médicaments hormonaux peuvent avoir un impact sur la ferritine.
  • Alcoolisme chronique : L'alcool favorise l'élévation de la ferritine et augmente la toxicité du fer dans le foie.
  • Insuffisance rénale chronique : Des taux de ferritine élevés peuvent être observés chez les patients souffrant d'une insuffisance rénale.

Diagnostic et Traitement de l'Hyperferritinémie

Le diagnostic de l'origine d’une ferritine élevée repose sur une évaluation complète, incluant une analyse des antécédents médicaux du patient, un examen clinique minutieux et un bilan sanguin complémentaire.

Le traitement dépend de la cause sous-jacente et de l’importance de l’élévation du taux de ferritine.

  • Traitement de la surcharge en fer : Saignées thérapeutiques (phlébotomies) ou chélateurs du fer.
  • Prise en charge des maladies inflammatoires et métaboliques : Contrôle des maladies hépatiques, gestion des maladies inflammatoires et amélioration du syndrome métabolique.
  • Ajustement des apports en fer et nutrition : Réduction des aliments riches en fer héminique, éviter les suppléments de fer en l’absence de carence confirmée et limiter l’alcool et la vitamine C en excès.

Quand Consulter un Médecin

Il est recommandé de consulter un médecin si vous présentez :

  • Une fatigue inexpliquée persistante.
  • Des douleurs articulaires ou abdominales récurrentes.
  • Une coloration anormale de la peau.
  • Des antécédents familiaux d’hémochromatose.

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