La cyanose, caractérisée par une coloration bleutée de la peau et des muqueuses, est un symptôme qui peut susciter l'inquiétude, surtout chez les nourrissons. Cet article se concentre sur la cyanose péri buccale, une coloration bleutée autour de la bouche, et explore ses causes, son diagnostic et sa prise en charge chez les nourrissons.

Qu'est-ce que la Cyanose ?

La cyanose se manifeste par une coloration anormale bleutée de la peau, due à un trouble de la circulation sanguine et à un manque d'oxygénation du sang. On parle de cyanose lorsque la peau prend une teinte bleuâtre, signe d'un sang appauvri en oxygène (désoxygéné). Cette teinte atypique révèle la présence de plus de 5 g/100 ml d'hémoglobine désoxygénée dans le sang du sujet.

La cyanose est un signe d’hypoxémie (diminution de l’oxygène sanguin). Elle peut être isolée ou associée à d’autres signes, tels qu'une gêne respiratoire, de la fièvre, des douleurs à la poitrine ou une fatigue généralisée, selon son origine.

Le sang qui circule dans l’organisme se présente sous deux formes : artérielle ou veineuse. Le sang veineux, plus sombre, coule dans les veines jusqu’aux poumons. Au niveau des poumons, le sang va se charger en oxygène et se colorer : il devient du sang artériel.

Types de Cyanose

Il existe différents types de cyanose, notamment :

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  • Cyanose centrale : Affecte la totalité de l’organisme. Les symptômes de la cyanose centrale ne s'atténuent pas lorsque la partie du corps est chauffée. Dans le cas d'une cyanose des lèvres (lèvres violettes), on parlera de cyanose centrale.
  • Cyanose périphérique : Est une forme localisée de l’affection. On parle de cyanose périphérique lorsque les mains, les bouts des doigts ou les pieds deviennent bleus à cause d'une baisse du débit sanguin. Elle se manifeste par exemple au niveau des mains ou du visage et peut être d’origine interne (cardiaque ou syndrome de Raynaud) ou externe (exposition au froid).
  • Cyanose différentielle : Il existe un troisième type de cyanose.

Causes de la Cyanose Péri Buccale chez le Nourrisson

Une coloration bleutée autour de la bouche, en particulier au-dessus de la lèvre supérieure, est un phénomène relativement fréquent chez les nourrissons. Cette cyanose circumorale peut être due à plusieurs facteurs, allant d'une simple exposition au froid à des problèmes plus sérieux. La cyanose survient quand le taux d'oxygène dans le sang est trop bas (hypoxémie).

"Ce taux varie d'un enfant à l'autre. Il n'existe pas de seuil", explique le Dr Alexandra Masson-Rouchaud, pneumo-pédiatre au CHU de Limoges.

Voici les différentes causes possibles de cyanose du bébé :

  • Cyanose congénitale : Cela concerne une atteinte cardiaque de l'enfant diagnostiquée dès la naissance ou dans les premiers jours de vie. "Certaines malformations font que le sang désoxygéné part totalement ou en partie vers les organes au lieu d’aller aux poumons pour être rechargé en oxygène", détaille le Dr El Harrif. Toutes ces malformations cardiaques sont regroupées sous le terme de cardiopathies cyanosantes. "Elles sont graves et font pour cela l’objet d’un dépistage en maternité de manière systématique. Dans ce cas, le traitement est le plus souvent une chirurgie curative.
  • Atteinte respiratoire : Un problème au niveau des poumons par exemple, lorsqu'ils n’arrivent plus à effectuer leur travail d’hématose, c’est-à-dire à oxygéner le sang artériel, peut être lié à une atteinte respiratoire. Une infection pulmonaire peut être à l'origine d'un défaut d'oxygénation dans le sang et donc d'une cyanose.
  • Cyanose transitoire (acrocyanose) : Une cyanose peut survenir chez un enfant qui fait un malaise - le malaise du nourrisson - lors d'une régurgitation par exemple. En l'absence de signes de gravité associés, cette cyanose est transitoire et l'enfant récupère rapidement sa respiration et ses couleurs. Il arrive souvent que les lèvres du bébé virent au bleu voire au violet lors d'une exposition au froid ou que bébé reste un peu trop longtemps dans un bain frais. Dans certains cas, les ongles, les doigts et les orteils bleuissent également.

D'autres causes incluent :

  • Maladies des membranes hyalines (problème congénital touchant les alvéoles pulmonaires)
  • Malformations cardiovasculaires (shunt)
  • Spasme du sanglot (chez le jeune enfant de 2 à 5 ans)
  • Exposition au froid
  • Il arrive que le bébé ne reçoive pas suffisamment d’oxygène durant l’accouchement.

Laryngomalacie

Appelée aussi stridor laryngé congénital essentiel, c’est l’anomalie la plus fréquente chez le nouveau-né et le nourrisson (50 à 75 %) par association de troubles fonctionnels et structuraux. En cause : l’immaturité neuromusculaire qui entraîne une hypotonie des muscles sous-hyoïdiens, responsable d’une position basse du larynx et d’un défaut d’ascension à la déglutition. S’y ajoutent des troubles de la musculature intrinsèque de l’œsophage avec reflux gastro-œsophagien (RGO). Le symptôme majeur est le stridor : intermittent, grave, musical, polyphasique, comparé classiquement au gloussement d’une poule. Dû aux vibrations des structures sus-glottiques lors de l’inspiration, il apparaît après un intervalle libre de 1 à 2 semaines après la naissance. Il augmente après un effort (alimentation) et disparaît lors des pleurs et des cris. Dans les cas sévères, il s’accompagne de dyspnée avec tirage sus-sternal. Toujours rechercher un ralentissement de la croissance staturo-pondérale dû aux difficultés respiratoires et à l’association fréquente d’un RGO. Le diagnostic positif est fait par naso-fibroscopie : analyse du larynx, des structures sus-glottiques et de la dynamique laryngée. Les formes mineures (sans retentissement ventilatoire ou staturo-pondéral) nécessitent un suivi clinique simple avec endo-scopies régulières pendant 1 an. Le médecin traitant doit surveiller l’évolution du stridor et la croissance de l’enfant.

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Épiglottite

Elle concerne l’enfant de 1 à 6 ans. H. influenzae B est en cause dans 90 % des cas. Elle est plus rare depuis la vaccination mais n’a pas disparu (plusieurs sérotypes possibles). La dyspnée laryngée est majeure et s’aggrave en décubitus (syndrome positionnel). Hypersialorrhée, fièvre élevée (> 38,5 °C), altération de l’état général compliquent une infection rhino- pharyngée. Surtout, ne pas coucher l’enfant ni stimuler la base de langue (très réflexogène) pour ne pas provoquer de bascule postérieure de l’épiglotte et risquer une apnée asphyxique.

Laryngite striduleuse

Encore plus banale mais bénigne, la laryngite striduleuse ou « faux croup » se manifeste par des accès nocturnes soudains (moins de 1 heure) de dyspnée avec tirage et stridor, parfois quintes, suivie de suffocation. Ce spasme bref est probablement favorisé par l’association « inflammation, RGO et anxiété » lors d’une infection rhino-pharyngée.

Reflux gastro-œsophagien (RGO)

Le reflux physiologique est fréquent (deux tiers des nourrissons de 4-5 mois) et survient plusieurs fois par jour, surtout en période postprandiale (régurgitations et vomissements). Peu symptomatique, il dure moins de 3 minutes, et disparaît vers 12-14 mois. Il ne nécessite que l’épaissement/fractionnement des biberons et des mesures posturales. Toutefois, une atteinte laryngée associée est fréquente. Le diagnostic repose sur des signes indirects en nasofibroscopie (bonne sensibilité mais faible spécificité) : œdème de la margelle postérieure, œdème glottique postérieur, érythème, granulome. De Bortoli confirme le reflux en pH-métrie chez 40 % des patients ayant ces signes endoscopiques. Il faut donc y penser en cas de dysphonie, stridor, toux et/ou laryngite chronique, récidivants et/ou résistants. Le RGO du nourrisson n’est pathologique (consensus international) que lorsqu’il perdure au-delà de 16 mois et/ou qu’il est impliqué dans une pathologie ORL : laryngites œdémateuses à répétition, laryngomalacies, survenue et récidive de sténoses sous-glottiques, papillomatoses. Il ne nécessite pas d’examens de confirmation quand il y a des signes indirects à la nasofibroscopie. Si besoin, la pH-métrie reste la référence, après avis pédiatrique et ORL, avec des limites : elle ne mesure pas les pH œsophagien supérieur et pharyngé. Elle ne diagnostique pas les reflux non ou faiblement acides.

Diagnostic de la Cyanose

Une cyanose est un symptôme qui se manifeste par une coloration bleutée de la peau et des muqueuses. Elle est diagnostiquée par le médecin traitant. Si vous remarquez une coloration bleutée autour de la bouche de votre bébé, il est important de consulter un médecin pour déterminer la cause et recevoir les soins appropriés. Il est important de noter que la cyanose circumorale peut être un signe d'une pathologie sous-jacente. Si la peau de votre enfant est plus foncée, la décoloration peut sembler plus grise ou blanche.

Pour confirmer le diagnostic, il est possible de mesurer son taux saturation en oxygène. « Elle est considérée comme insuffisante entre 90 % et 94 %, et cas d’urgence en dessous de 90 % », détaille Raphaël Sebag. La mesure de la saturation en oxygène se fera à l’oxymètre, qui est un petit capteur que l’on va poser sur le doigt ou au niveau du lobe de l’oreille.

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Diagnostic différentiel des malformations laryngées

Les symptômes communs des malformations laryngées sont présents à des degrés divers selon l’étage concerné (glottique, sus- ou sous-glottique). De gravité variable, ils sont liés à l’anatomie locale.

  • Dyspnée laryngée : manifestation obstructive principale des voies aériennes supérieures, elle se caractérise par un stridor isolé, une bradypnée inspiratoire, un cornage jusqu’au tirage sus-sternal, voire l’apnée. Un stridor musical polyphasique oriente vers une laryngomalacie (excès de muqueuse, larynx trop flasque). S’il est continu, il faut suspecter une paralysie laryngée bilatérale ou une sténose sous-glottique.
  • Dysphonie ou aphonie : Le caractère du cri aide à localiser la lésion : aigu ou absent si elle est glottique (palmure laryngée par fusion des cordes vocales) ; étouffé si elle est sus-glottique.
  • Troubles de la déglutition : fausses routes, toux à la déglutition et étouffements répétés en absence d’atteinte neurologique évoquent des malformations de type diastème laryngotrachéal (fente postérieure ouvrant sur le pharynx et l’œsophage) ou une fistule trachéoœsophagienne.
  • Signes de gravité : des sueurs et une cyanose péribuccale témoignent respectivement de l’hypercapnie chronique et de l’hypoxémie.

Le diagnostic est clinique et surtout endoscopique : au tube souple et/ou rigide (nasofibroscope), si besoin sous anesthésie générale. En fonction du type de malformation et de sa gravité, une imagerie complémentaire peut être demandée.

Traitement de la Cyanose

Le traitement d'une cyanose correspond au traitement du trouble à l'origine de l'hypoxémie. "On va tout d'abord traiter le symptôme, à savoir le manque d'oxygénation avec d'une oxygénothérapie. Et dans un deuxième temps, il va falloir traiter la cause qu'elle soit pulmonaire ou cardiaque ", conclut le Pr Maxime Maignan.

Le traitement de la cyanose dépendra de la cause de celle-ci. Seule la cyanose transitoire peut être évitée. Si elle est due au froid, il suffit simplement de couvrir davantage son enfant. Si l’enfant souffre de reflux et des régurgitations régulières (RGO), il faudra traiter les symptômes pour éviter la cyanose, mais également l’œsophagite, une anémie, un retard de croissance ou encore d’autres complications respiratoires, plus rares.

Le traitement va de l’abstention à l’intervention chirurgicale.

Conduite à tenir

Votre enfant devient bleu ? Chez le nourrisson, une cyanose - une peau bleutée au niveau des extrémités dans un premier temps - peut être simplement due au froid ou à un malaise lors d'une régurgitation : on parle alors d'acrocyanose. Il existe la cyanose centrale et périphérique. Les principales causes sont cardiaques et respiratoires.

Il faut que les parents soient bien vigilants et qu'ils réagissent s'ils constatent que l'enfant devient bleu lors de tétée ou d'un effort.

Complications possibles

Les complications vont dépendre de la durée de la cyanose. "S'il y a un défaut d'oxygénation prolongée dans le sang, notamment dans le cadre d'une cardiopathie, les séquelles peuvent être neurologiques. Mais même dans le cadre de malformations cardiaques, il peut n'y avoir aucune conséquences graves chez l'enfant avant qu'il ne soit opéré", précise la pédiatre.

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