Introduction
L'accueil de la petite enfance est un enjeu majeur pour de nombreuses communes. Face à ce défi, des initiatives innovantes émergent, cherchant à compléter l'offre existante et à répondre aux besoins des familles. Parmi ces initiatives, le concept de crèche bilingue intégrant la langue des signes se distingue par son approche multiculturelle et son souci du développement global de l'enfant. Ces établissements se positionnent comme un acteur nouveau, à mi-chemin entre la crèche traditionnelle et l'assistante maternelle, en proposant un environnement riche et stimulant.
Un Concept Innovant à la Croisée des Chemins
L'idée d'une crèche bilingue intégrant la langue des signes repose sur la volonté de développer un concept riche, à cheval entre la crèche et l'assistante maternelle. L'objectif est d'apporter une solution innovante et pérenne aux problèmes de garde d'enfants, en complétant l'offre existante et en comblant un possible manque d'infrastructure. Une telle approche se veut un nouvel acteur au sein de l'univers de la petite enfance, proposant une alternative originale et enrichissante pour les familles.
L'Ouverture à la Nature: Une Orientation Verte
Il est essentiel que les enfants aient dès le plus jeune âge un contact privilégié avec la nature. Pour que celle-ci ne leur soit pas étrangère, l'apprentissage d'une langue étrangère, notamment l'anglais, est préconisé.
La Langue des Signes: Un Outil d'Éveil et de Communication
L'intégration de la langue des signes dans les crèches bilingues offre de nombreux avantages pour les enfants. Les signes associés à la parole permettent à l'enfant de devenir acteur dans les échanges, de se sentir écouté et de gagner en confiance. Cette approche favorise la communication précoce, même avant l'acquisition de la parole, et renforce le lien entre l'enfant et l'adulte.
L'importance des interactions professionnelles
Les interactions que les professionnels de la petite enfance établissent avec l’enfant sont primordiales dans la construction de ce dernier, et possèdent un impact considérable sur le bien-être et le développement des enfants (OCDE, 2015, p.134).
Lire aussi: Communication Bébé en LSF
Analyse des pratiques multimodales
Une étude s'est penchée sur les pratiques multimodales mises en œuvre par Raquel, une professionnelle hispanophone interagissant avec des enfants qui ne connaissent pas sa langue. Cette situation exolingue a permis d'observer les stratégies multimodales et plurilingues mobilisées par l'auxiliaire de puériculture. L'analyse s'appuie sur 25 heures de vidéo d'interactions en crèche et des notes de terrain prises durant huit demi-journées, se concentrant sur les interactions entre Raquel et les enfants.
La crèche: un lieu de socialisation et de développement langagier
Les crèches constituent un contexte typique de socialisation et de développement langagier des jeunes enfants. Les professionnels de la petite enfance se situent en effet dans un rôle de passeurs « entre le petit enfant, sa famille et le grand monde » (Giampino, 2016, p. 41). Dès lors, les interactions qu’ils établissent avec l’enfant sont primordiales dans la construction de ce dernier, et, si elles ne peuvent se substituer à celles des parents, ont néanmoins « un impact considérable sur le bien-être et le développement des enfants » (OCDE, 2015, p. Comme dans toute interaction adulte-enfant en d’autres contextes, Giampino nous rappelle que, dans les établissements d’accueil des jeunes enfants, « [l]'aisance d'un geste, un ton de voix, le poids d'une main, jusqu'à l'odeur de l'adulte qui s'approche : tout est message » (2016, p. 49). Ces lieux offrent par ailleurs quotidiennement à l’enfant une « palette relationnelle » (ibid., p. 50) plus large offrant des modèles et des façons d’être à l’autre démultipliés et a priori diversifiés. Cette dimension collective, moins évidente dans le cercle familial, impacte la façon d’interagir. La crèche met en effet en présence une pluralité d’acteurs qui vivent en collectivité, aussi restreinte soit-elle, comme c’est le cas des micro-crèches qui accueillent jusqu’à 10 enfants par jour. Cette dimension collective est importante, comme le souligne Miehakanda (2012).
Interactions de tutelle et rôle des éducatrices
Si l’on se penche spécifiquement sur l’interaction de tutelle1, il convient de noter qu’il existe très peu d’études comparant ces interactions dans divers contextes, dont la crèche (Giraudeau & Florin, 2002). Dans cette étude, Giraudeau et Florin comparent les interactions de tutelle entre adultes et enfants de 30 mois en considérant quatre catégories de tuteurs : assistantes maternelles, mères, éducatrices jeunes enfants et enseignantes de maternelle. Les éducatrices de crèche laissent une place importante à l’enfant : elles partagent équitablement les responsabilités de la réalisation. La moitié de leurs interventions est de l’ordre du métacognitif (explication, analyse de la tâche). Elles présentent une grande régularité dans leur participation en intervenant modérément quels que soient la tâche, l’enfant et les difficultés qui apparaissent. (p.
Ouverture à la diversité linguistique et justice sociale
L’indépendance progressive de l’enfant est au cœur du métier de l’éducateur de jeunes enfants, même lorsqu’il s’agit d’ouvrir à la diversité linguistique (Caporal-Ebersold, 2018). Rezzoug et Moro (2011) soutiennent la nécessité d’« oser la transmission des langues maternelles » dans le champ du soin en situation transculturelle ; Hélot (2018) défend quant à elle l’idée que l’accueil de la diversité linguistique et culturelle en crèche relève de la justice sociale.
Le bilinguisme: une réalité dynamique et fluide
Le travail doctoral réalisé par Caporal-Ebersold (2018) a permis d’étudier la façon dont les professionnels d’une crèche bilingue français-anglais organisent les interventions dans la langue qu’ils sont supposés employer avec les enfants, biculturels. Ces derniers sont en contact avec plusieurs langues à la maison dont souvent l’anglais et/ou le français, selon leur langue principale. Si, pour l’essentiel, la règle de la crèche « une langue une personne » (désigné initialement comme le principe de Grammont-Ronjat, « un parent, une langue », Ronjat, 1913 ; Escudé, 2014) est respectée, il arrive qu’elle soit outrepassée pour s’assurer de la sécurité des enfants et de la communication en général. Caporal-Ebersold observent des moments de translanguaging (Garcia & Wei, 2014), qui réfère au fait d’utiliser plusieurs langues, souvent de façon simultanée, dans un contexte d’enseignement des langues ou d’acquisition bilingue. Ces temps rappellent d’une part que le bilinguisme est une réalité dynamique et fluide, que cette pratique dépend aussi bien des interlocuteurs que des situations interactionnelles, mais surtout qu’elle fait partie du quotidien des personnes bilingues. Comme nous le voyons dans les exemples de travaux mentionnés, la place des langues est principalement motivée par la question migratoire : promouvoir ou entretenir les langues des familles ou du pays d’accueil.
Lire aussi: Tout savoir sur la micro-crèche de Souppes-sur-Loing
Exemple d'une Micro-Crèche Bilingue
La micro-crèche BGT, créée en 2015, est située dans une ville de l’agglomération de Montpellier composée d’une population appartenant à une catégorie socio-professionnelle supérieure. Au moment de la recherche, l’équipe comptait en plus d’une responsable plurilingue (français, anglais, russe), une référente technique et trois auxiliaires de puériculture qualifiés2, dont une hispanophone. Seule cette dernière interagissait avec les enfants en espagnol. La recherche peut être désignée comme ethnographique dans le sens où une observation filmée ou non s’est effectuée sur place de manière régulière entre janvier et décembre 2020 ; des entretiens ont par ailleurs été réalisés avec tous les professionnels de la crèche ainsi qu’avec certains parents volontaires. La présente contribution se limite à l’étude d’interactions entre les enfants et la puéricultrice hispanophone. L’analyse s’est effectuée en considérant les interactions multimodales3 (Ferré, 2011) des participants dans une forme de métissage théorique (Kerbrat-Orecchioni, 2005) comprenant les outils d’analyse des discours en interaction ainsi que les apports des études en sémiotique sociale (Kress, 2010) et celles relevant de la gestuelle coverbale (McNeill, 1992).
Interactions et bien-être de l'enfant
Il peut paraitre assez paradoxal qu’une crèche se donne pour projet d’ouvrir à la diversité linguistique des enfants qui n’ont aucun rapport avec la langue de l’auxiliaire de puériculture, alors que les interactions enfants-adultes sont au cœur des actions du métier, et contribuent d’une manière ou d’une autre au développement de l’enfant. Tout comme le note Caporal-Ebersold (2018) dans son travail, les échanges entre Raquel et les enfants visent prioritairement le bien-être et la qualité de l’interaction plutôt que la nécessité d’employer telle ou telle langue.
Alternance codique et communication
L’extrait suivant s’inscrit dans une interaction plus longue d’une durée de 90 secondes. Raquel y est en interaction avec Lola et Élise. Comme nous le voyons, à l’exception de l’énoncé du tour 6, l’ensemble des interventions de Raquel s’effectue en espagnol. Rien dans l’échange ne laisse pourtant percevoir une incompréhension ou un malentendu lié à l’usage de la langue. Pour ce qui est de l’alternance codique, le changement de langue (tour 6) intervient après un effort constant de la part de Raquel pour trouver une issue qui puisse satisfaire tout le monde. Elle explique les raisons du choix de Clic-clac (choix initial de Lola), et indique que Le gâteau de Ouistiti pourra être écouté plus tard. Elle ne refuse donc pas à Élise son histoire. Pourtant cette dernière continue d’insister, une pression qui est d’autant plus forte que l’enfant reste près de Raquel. C’est cette montée en tension qui initie l’alternance codique. Le passage au français permet de poser une alternative jusqu’ici non envisagée : faire autre chose qu’écouter une histoire qui ne l’intéresse pas. Cinq minutes plus tard, alors que Lola et Élise ainsi qu’un autre enfant sont regroupés autour de Raquel pour suivre l’histoire contée à partir du livre, Élise se saisit du livre tenu par Raquel pour le fermer. Raquel réagit : « Lo estamos leyendo nosotros <Élise, Élise, je suis désolée mais on est en train de le voir> ». À nouveau, le changement de langue permet de reposer le cadre nécessaire à la poursuite de l’activité telle que construite avec les enfants. Nous notons également que le passage au français introduit un terme d’excuse « je suis désolée », absent en espagnol, qui vient réparer l’offense que le refus a pu provoquer (Kerbrat-Orecchioni, 1994). Par ce moyen discursif, Raquel rétablit « l’équilibre rituel de l’interaction » (p.
Le geste coverbal: un support à la compréhension
Le geste coverbal, c’est-à-dire associé à la parole, apparait clairement comme un support à la compréhension et l’interaction. Constamment dans les échanges, la place des gestes est tout aussi importante que les schèmes d’interaction. Ainsi, si nous reprenons l’énoncé du tour 8, nous voyons comment l’auxiliaire de puériculture accompagne son explication de gestes mimant les actions et l’organisation des activités (Fig. R. ah, si, luego, iremos al jardin con la moto y con el coche. À noter que les gestes sont réalisés en synchronie avec les termes qu’ils représentent, ce qui permet l’association geste/mot, d’autant que les gestes ne semblent pas spécifiques à la langue espagnole.
Langage des signes pour bébé et bilinguisme bimodal
Le principe éducatif retenu par la crèche a permis d’observer et documenter l’usage du langage des signes pour bébé. Les rares travaux que nous rencontrons sur ce langage sont pour l’essentiel en faveur de son usage tant il aurait des effets positifs sur le plan linguistique et développemental (Acredolo & Goodwin, 2009) ou de la socialisation langagière (Pizer, 2004). Notre analyse montre tout au moins que l’utilisation de ce code, qui se rapproche selon nous des gestes emblématiques dans le sens où ils répondent à une certaine convention spécifique à chaque langue5, contribue à la réalisation de l’interaction. Lorsque produits en synchronie avec la parole, ils peuvent être rapprochés d’une forme de bilinguisme-bimodalité (Estève, 2011) à base espagnole. Partant, ils offrent une convergence multimodale qui facilite la compréhension du message (Colletta, 2004). Qu’ils puissent représenter une aide à la compréhension est à mettre en lien avec le fait que ces mêmes gestes sont utilisés par l’ensemble des adultes de la crèche dans les interactions en français. Dès lors, ils constituent une forme non documentée, dans les études sur les communications exolingues, de « bouées transcodiques » (Moore, 1996) auxquelles peuvent se raccrocher les enfants.
Lire aussi: Regard approfondi : Crèche des Sablons
Impact de la Langue des Signes sur le Développement de l'Enfant
Afin de faciliter la communication adultes/enfants, la langue des signes permet aux tout petits d’exprimer leurs différents besoins et émotions en associant un geste à certaines phrases simples ou mots. Le recours à la langue des signes ne retarde en rien l’acquisition de la parole chez l’enfant, il est même, aujourd’hui démontré que cela leur apporte un vocabulaire plus élargi car chaque geste est accompagné d’un mot.
Le Bilinguisme à l'École: Un Cadre Défini
La circulaire n° 2008-109 du 21-8-2008 définit ainsi le biliguisme à l’école :« Il convient de préciser, dans le cadre de l'enseignement scolaire, le sens de l'expression «communication bilingue» contenue dans l'article L. 112-2-2. Les précisions qui suivent résultent des conclusions unanimes d'un groupe d'experts, compétents dans le domaine de la linguistique, de la déficience auditive, de la communication et de l'institution scolaire, mis en place par le ministère de l'Éducation nationale en 2006.Le bilinguisme s'inscrit dans les potentialités individuelles de chaque enfant. À partir de l'apprentissage ou de la consolidation de sa connaissance de la langue des signes française, l'institution scolaire s'efforce de construire pour chaque élève sourd dont la famille a fait ce choix, un accès graduel au français en s'appuyant d'abord sur le français écrit dont la maîtrise est le minimum indispensable pour attester du succès du bilinguisme choisi, et la responsabilité propre de l'Éducation nationale pour tous les jeunes, sourds ou entendants.Dans la vie du jeune sourd, la pratique de la langue des signes française tient lieu d'équivalent de communication orale, et la langue française écrite tient lieu de langue écrite, moyen capital de la communication par écran (messages de type SMS, internet…) dont la place ne cesse de croître dans la vie sociale et s'avère plus que jamais le moyen par excellence de communication entre les sourds et la majorité des entendants.Dans le cadre du bilinguisme en situation scolaire, l'accès à la forme orale du français, nécessairement variable selon de nombreux paramètres propres à chaque enfant et à son milieu, apparaît comme un complément important qui ne saurait être ni ignoré ni construit de façon privilégiée. Il est souhaité, autant que faire se peut, que les jeunes sourds aient un accès même limité à l'oral. Cependant, dans l'ensemble du parcours scolaire, les jeunes sourds ayant fait le choix de la communication bilingue ne seront pas évalués sur leurs compétences en français oral qui, par conséquent, ne sera pas systématiquement enseigné. Les élèves sourds participent à la vie scolaire (récréation, self, CDI, ateliers, …), sans accompagnement particulier. Pour les autres matières, ils constituent une classe spécifique d'élèves sourds. sourds ou par des enseignants entendants bilingues. Les contenus de l'enseignement correspondent donc aux programmes officiels. Un atelier "langue des signes" est proposé aux élèves entendants intéressés.
Défis et Perspectives
Au terme de cette étude, il apparait que la situation exolingue observée dans la crèche bilingue ne semble pas constituer un obstacle pour les interactions avec les enfants ni pour leur épanouissement. Les résultats permettent de montrer que l’usage d’une langue inconnue avec des enfants en crèche ne constitue pas un frein à leur épanouissement et au développement langagier : les enfants produisent des énoncés en français, enrichissent leur palette de sons.
Précocité des acquisitions et apprentissages
Cela dit, le développement de ce langage, souvent promu car il serait un accélérateur d’acquisition langagière (Acredolo & Goodwyn, 2009), semble donner raison aux propos de Mollo-Bouvier (1995) lorsqu’elle signalait une certaine dérive dans l’éducation des jeunes enfants qui recherche à tous prix une précocité des acquisitions et des apprentissages.
Exemples de Micro-Crèches Innovantes
Après Le Rheu, en 2021, Julie Lermenier, fondatrice des crèches Les Ptibôô vient d’ouvrir un local à Pont-Péan (Ille-et-Vilaine). Les douze enfants accueillis dans chacune de ces microcrèches sont âgés de 10 semaines à 4 ans. À Pont-Péan, l’équipe est composée de Soizic Jouan et Aurélie Pottier, titulaires d’un CAP petite enfance, et de Julie Feillel, auxiliaire de puériculture. Une référente technique, Charlotte Heudré, éducatrice de jeunes enfants, est présente sur les lieux dix heures par semaine. Les filles sont polyvalentes. Chacune a sa tâche à accomplir en fonction de ce qu’elles souhaitent faire. Ce qu’apporte en plus la micro-crèche Les Ptibôô ce sont des activités d’éveil aux langues et au langage des signes, ou plus précisément au bébé signe. Dès 1 an, avant de parler, l’enfant est capable de signer le mot moteur de la phrase : encore, manger, boire, changer la couche », constate Julie Lermenier. Les chansons apprises par les enfants sont signées en français puis, avec l’intervenante qui vient dix heures par semaine, les comptines sont signées en anglais. Julie Lermenier a constaté des changements d’habitude depuis le COVID : Les parents sont plus proches de leurs enfants. Ils prennent de plus en plus de congés parentaux.
Les Métiers de la Petite Enfance
L’univers de la petite enfance est vaste, et de nombreux métiers gravitent autour de ce monde ! Les assistants petite enfance s’occupent des tout-petits de tout âge durant leurs journées au sein de la micro-crèche. Il ou elle accueille les enfants ainsi que leurs parents à leur arrivée avant de proposer des activités qui viendront rythmer la journée de votre enfant. Les auxiliaires de puériculture, spécialisés dans les soins des enfants, interviennent dans différents lieux tels que les maternités mais également les haltes-garderies ainsi que les crèches. Les éducateurs de jeunes enfants sont quant à eux responsables de la création des différentes activités d’éveil des enfants, en accord avec le projet éducatif de l’établissement d’inscription de votre enfant. ! Les infirmières et infirmiers, les puériculteurs et puéricultrices en crèche veillent pour leur part au bien-être médical.
Le Projet d'Accueil Individualisé (PAI)
Qu’est-ce qu’un projet d’accueil individualisé (PAI) en crèche ? Le projet d’accueil individualisé (PAI) est un processus établi par la direction de la crèche en collaboration avec le référent santé et accueil inclusif d’inclusif et le médecin traitant de l’enfant. Le document regroupe alors les différentes informations nécessaires au sujet des précautions à adopter pour le bien-être de l’enfant, et met en lien le personnel de la crèche avec le médecin du tout-petit concerné ainsi que le Référent Santé et Accueil Inclusif.
tags: #creche #bilingue #langue #des #signes
