Lorsqu'il s'agit de comprendre les liens familiaux et leurs implications, notamment en matière de succession, les termes de "cousin maternel" et "cousin paternel" reviennent souvent. Cet article a pour but de clarifier ces définitions et d'explorer les droits successoraux des cousins en France, en tenant compte des règles de dévolution successorale et de l'importance d'un éventuel testament.

Définition des cousins maternels et paternels

Un cousin est, de manière générale, le descendant d'un frère ou d'une sœur de l'un de vos parents. Pour distinguer les cousins selon leur branche familiale, on utilise les termes "maternel" et "paternel".

  • Cousin maternel : Il s'agit du descendant d'un frère ou d'une sœur de votre mère.
  • Cousin paternel : Il s'agit du descendant d'un frère ou d'une sœur de votre père.

Il est important de noter que le degré de cousinage dépend du nombre de générations qui vous sépare de l'ancêtre commun. Le cousin germain, par exemple, est l'enfant de votre oncle ou de votre tante (frère ou sœur de votre père ou de votre mère).

La place des cousins dans la succession en l'absence de testament

En l'absence de testament, la loi française établit un ordre de priorité pour la dévolution successorale. Les héritiers sont classés en ordres, et au sein de chaque ordre, par degré de parenté. Les premiers héritiers désignés par la loi écartent de la succession tous ceux qui suivent.

L'ordre de priorité est le suivant :

Lire aussi: Fonctionnement et inscription à la crèche Cousin de Méricourt

  1. Les descendants : enfants, petits-enfants, etc.
  2. Les ascendants et les collatéraux privilégiés : parents, frères et sœurs, et les descendants de ces derniers.
  3. Les ascendants ordinaires : grands-parents, arrière-grands-parents, etc.
  4. Les collatéraux ordinaires : oncles, tantes, cousins, cousines jusqu'au sixième degré.

Pour qu'un cousin puisse hériter, il faut donc que le défunt n'ait ni conjoint survivant, ni descendants, ni ascendants, ni collatéraux privilégiés (frères et sœurs ou leurs descendants). Autrement dit, la probabilité d'hériter en tant que cousin est faible, sauf si le défunt a pris des dispositions testamentaires spécifiques.

Dévolution successorale et partage entre les lignes maternelle et paternelle

Si le défunt n'était pas marié, n'avait ni enfant, ni parent, ni frère et sœur (vivant ou représenté), ni ascendants, la succession est alors dévolue au 4ᵉ ordre, celui des collatéraux ordinaires. À partir des 3ᵉ et 4ᵉ ordres, la succession est divisée en deux parts égales : une moitié pour la famille maternelle, l’autre pour la famille paternelle. Cette division s'applique quel que soit le nombre d'héritiers et leur degré de parenté dans chacune des deux lignes qui les relie au défunt.

Le rôle du testament : anticiper et gratifier

L'existence d'un testament permet de déroger en partie aux règles de dévolution successorale. La loi française encadre la liberté de tester à travers les notions de réserve héréditaire et de quotité disponible. La réserve héréditaire est la part d'héritage réservée aux héritiers dits "réservataires" (enfants et, en l'absence d'enfants, conjoint survivant). La quotité disponible est la part restante du patrimoine, dont le testateur peut disposer librement.

Un testament permet donc de gratifier un cousin, qu'il soit maternel ou paternel, en lui léguant tout ou partie de la quotité disponible. Cependant, il est important de noter que les droits de succession applicables aux cousins sont relativement élevés (55 % pour un cousin germain).

Optimisation fiscale : le legs net de frais et de droits à une fondation

Pour réduire les droits de succession importants, il est possible de faire un legs net de frais et de droits à une fondation reconnue d'utilité publique, comme la Fondation de France. Cette option permet à la fondation de recevoir une partie du patrimoine exonérée de droits de succession, tout en lui imputant la charge de reverser une partie des fonds à un tiers (par exemple, un cousin) et d'assumer le paiement des droits à sa place. Les droits étant calculés sur la somme réellement perçue par le légataire et non sur le montant brut avant paiement de ces droits, une minoration de ces derniers est réalisée.

Lire aussi: Tout savoir sur le coussin de maternité

Les liens familiaux : au-delà de la génétique

Il est essentiel de comprendre que les liens familiaux ne se limitent pas aux liens de sang. Les liens d'alliance, créés par le mariage ou le PACS, sont également importants. De plus, les liens affectifs et les relations interpersonnelles peuvent jouer un rôle significatif dans la vie d'une personne et influencer ses décisions successorales.

Définir les liens familiaux

Le lien de parenté correspond à la relation entre deux personnes d’une même famille. D’une manière générale, on distingue les liens du sang (par filiation) et par alliance.Les liens du sang sont des liens de filiation ou filiatifs. Ils décrivent les relations entre les membres de la famille qui ont un lien génétique direct, comme les parents, les frères et sœurs, les grands-parents et les petits-enfants. Ces liens ne peuvent pas être rompus.Les liens par alliance décrivent les relations créées par le mariage ou le PACS, comme les beaux-parents, les beaux-frères et belles-sœurs, les gendres et les belles-filles. Ce sont des engagements dans la vie commune et ils peuvent donc être rompus.

Sur le plan juridique, la loi française ne fait pas de différence entre les enfants naturels (nés hors mariage), légitimes (nés de parents mariés), adoptés ou adultérins. Cela n’a cependant pas toujours été le cas.

On peux trouver dans les actes de l’état civil les mentions suivantes :

  • frère ou sœur utérin : issus de la même mère mais de père différent.
  • Frère ou sœur germain : de même père et mère.
  • Frère ou sœur consanguins : de même père.

En France, au XIIe siècle germain signifie né de même père et de même mère. On retrouve le mot dans l’expression cousin germain. Vous le trouverez dans de nombreux actes, en particulier chez les notaires.

Lire aussi: Allergologie : L'approche du Dr. Mathias Cousin

Repères dans les différents liens de parenté :

  • Père et mère : les parents d’une personne.
  • Frère et sœur : les frères et sœurs d’une personne, qui ont les mêmes parents.
  • Oncle et tante : les frères et sœurs de ses parents.
  • Grand-père et grand-mère : les parents de ses parents.
  • Grand oncle et grand tante : les frères et sœurs des grands-parents.
  • Cousin : les enfants des frères et sœurs de ses parents.
  • Beau-frère et belle-sœur : les conjoints de ses frères et sœurs.
  • Neveu et nièce : les enfants de ses frères et sœurs.
  • Gendre et belle-fille : les conjoints de ses enfants.
  • Petits-enfants : les enfants de ses enfants.

Qu’est-ce qu’un degré de parenté ?

Le lien de parenté se définit aussi par le nombre de génération, le degré. En généalogie, comme en droit, ont parle de « ligne », ce qui correspond à la suite des degrés :

  • la ligne directe : les personnes descendent l’une de l’autre (père-mère-enfant).
  • la ligne collatérale : les personnes ne descendent pas les unes des autres mais d’un parent commun (frère-sœur).

On compte alors par génération en remontant et en descendant : enfant - parents : 1er degré.

Cousin germain : des liens de parenté spécifiques

Le cousin est le descendant d’un frère ou d’une sœur par rapport au descendant d’un autre frère ou sœur. Par exemple, votre fils est le cousin du fils de votre frère : il s’agit d’un cousin au 1er degré.

Le terme cousin a pour racine latine consobrinus qui veut dire « cousin germain ».

Cousin par alliance

L’expression cousin par alliance fait référence à une personne qui n’est pas un cousin de sang, mais qui est liée à la famille par le mariage. Cela signifie que cette personne n’est pas un descendant direct d’un ancêtre commun, mais qu’elle est reliée à la famille par le mariage d’un de ses membres. Par exemple, si un homme épouse la sœur d’une femme, les enfants de cet homme et de cette femme sont des cousins par alliance. Ils ne sont pas liés par le sang, mais ils sont liés par le mariage de leurs parents respectifs.

Cousin germain

Cousin germain fait référence à un cousin de sang, c’est-à-dire qu’il est un descendant direct d’un ancêtre commun. Il est généralement utilisé pour décrire les liens du sang entre les enfants des frères et sœurs. Autrement dit mon cousin germain est l’enfant de mon oncle ou de ma tante.

Par exemple, si un homme a un frère et une sœur, les enfants de cet homme et de ses frères et sœurs sont des cousins germains. Ils sont liés par le sang, car ils ont un ancêtre commun qui est le parent de ces frères et sœurs. Il est important de noter que le degré de cousinage dépend du nombre de génération qui les sépare de l’ancêtre commun (exemple : cousin germain au quatrième degré). En effet, l’expression peut également être utilisés pour décrire les relations entre les enfants issus des cousins germains.

Cousin germain ne signifie pas lien de parenté avec une personne allemande, ancienne germanie même si le terme vient du latin germanus.

Cousin à la mode de Bretagne ou de Bourgogne

On peut trouver les deux expressions : cousin à la mode de Bretagne ou de Bourgogne. Elles ont la même signification c’est à dire qu’il s’agit des enfants des cousins issu de germain d’un ancêtre commun. Leur ancêtre commun étant leur arrière-grand-père. Actuellement, on parle plutôt de petits cousins ou cousins au second degré.

On parle aussi d’oncle et tante à la mode de Bretagne ou de Bourgogne qui désigne le ou la cousine germaine de son père ou de sa mère. On peut aussi trouver l’expression plus ancienne « cousin second » ou arrière cousin.

Cousin germain par alliance correspond par exemple au mari de sa cousine germaine ou au cousin germain du premier conjoint.

La consanguinité dans les liens familiaux

Les liens de parenté par le sang est parfois un obstacle au mariage en particulier entre cousins et strictement interdit entre parents du 1er degré (frères, sœurs, oncles, tantes). Interdit par l’Eglise, une dispense de consanguinité était alors requise auprès de l’évêque (pour des cousins issus de germains, du 3ème degré ou plus) ou du Pape (pour des cousins germains au 2eme degré).

En droit canon (la loi de l’Eglise) on considère que l’affinité spirituelle est équivalente au lien du sang c’est à dire quand deux personnes sont liées par un sacrement comme celui du baptême. Le parrain et la marraine d’un enfant sont unis par affinité spirituelle et doivent demander une dispense s’ils souhaitent se marier tous les deux.

Dernier cas de figure : le fils du mari (issu d’un premier lit) est considéré comme le frère de la fille (issue d’un premier lit) de l’épouse. Il leur faut donc une dispense pour se marier alors que ce sont deux étrangers entre eux selon les liens du sang.

Que veut dire implexe ?

Nous avons quatre grand-parents puisque notre père a deux parents et notre mère aussi. Plus on remonte dans le temps, et plus le nombre d’ancêtre à chaque génération grandit puisqu’il double à chaque fois. Nous passons ainsi de 2 (nos parents), à 4 (nos grand-parents), à 16 (arrière-grands-parents), 32, 64 … 512 à la dixième génération. Si l’on continuait ainsi, on arriverait à 17 milliards d’ancêtres (en l’an mille) ce qui est strictement impossible, la population de la France étant bien inférieure à cette époque là.

Ce nombre théorique démontre qu’en réalité un ancêtre peut apparaître plusieurs fois dans notre arbre généalogique.

L’implexe en généalogie :

Il est dû au mariage entre deux personnes apparentées.

Le nombre d’ancêtre réel et le nombre d’ancêtre théoriques ne sont pas égaux : il y a un implexe.

Si à la dixième génération, le nombre d’ancêtres que vous avez retrouvé est égal au nombre d’ancêtres théoriques (soit 512) le rapport est de 1 donc égal : il n’y a pas d’implexe.

Plus on remonte dans le temps, plus ce rapport peut s’affaiblir (inférieur à 1) et indiquer une forte consanguinité.

Arbre généalogique

Pour bien visualiser les liens familiaux entre les membres de votre famille et lever toute ambiguïté, l’une des méthodes les plus courantes consiste à établir un arbre généalogique. Pour le créer, vous pouvez utiliser des informations que vous connaissez telles que les dates de naissance, les dates de mariage et les lieux de naissance ou chercher l’état civil en ligne d’une personne pour relier les membres de votre famille.

C’est l’acte de mariage dans l’état civil qui vous donnera le plus d’informations sur les liens de parenté.

tags: #cousin #maternelle #et #paternelle #définition

Articles populaires: