La fièvre chez un bébé est souvent source d'inquiétude pour les jeunes parents, mais elle est bien souvent le signe que son organisme se défend contre une infection. Il est en train de lutter et, l'une des armes naturelles de notre corps est justement cette hausse de température. En entrant en "surrégime thermique", l'organisme devient capable d'éliminer de nombreux agents pathogènes qui ne survivront pas à cette surchauffe. La fièvre traduit une réaction de défense, une forme d'autoguérison activée par le corps lui-même. Ainsi, plutôt que de chercher systématiquement à la faire baisser, il est important de comprendre ses causes, d'observer les signes cliniques, et, si besoin, de recourir à un examen médical pour affiner le diagnostic. Cet article vise à fournir aux auxiliaires de puériculture et aux parents des informations claires et précises sur la prise en charge de la fièvre chez les jeunes enfants, en particulier dans le contexte des établissements d'accueil du jeune enfant (EAJE) et chez les assistantes maternelles.
Comprendre la Fièvre chez le Bébé
La fièvre est une élévation de la température du corps au-delà de 38 °C. C’est une réaction physiologique normale de l’organisme pour l’aider à lutter contre une infection. Très fréquente chez l’enfant, elle est le plus souvent sans gravité et disparaît spontanément en quelques jours. « La fièvre correspond à un dérèglement du thermostat central situé dans l’hypothalamus, normalement réglé autour de 37 °C chez l’être humain (nous sommes homéothermes) » explique le Dr Ordioni. En cas de fièvre, l’organisme met en place une diminution de la thermolyse (fermeture des capillaires périphériques expliquant les extrémités froides et pâles) et une augmentation de la thermogenèse (tremblements musculaires). La fièvre est donc un mécanisme de défense et non une maladie en soi. « Il est important de la distinguer de l’hyperthermie, situation dans laquelle le thermostat reste réglé à 37 °C, mais où les mécanismes de régulation sont dépassés par des conditions extérieures (canicule prolongée, environnement surchauffé, apports hydriques insuffisants) », ajoute le Dr Ordioni. Dans ce cas, la thermolyse (vasodilatation et sudation) ne parvient plus à compenser l’excès de chaleur. Cette situation, contrairement à la fièvre, peut être dangereuse en elle-même, explique le spécialiste.
Symptômes de la Fièvre chez le Bébé
La fièvre est définie par une température rectale supérieure à 38°C. Chez le nourrisson, la température corporelle normale se situe généralement entre 36,5°C et 37,5°C. Des variations sont possibles en fonction de l'heure de la journée et de la technique de mesure (rectale, frontale, auriculaire…). Chez l'enfant de moins de 3 ans, l'état fébrile peut se manifester par :
- Une peau chaude et sèche au toucher sur le visage et le dos.
- Des yeux brillants.
- Des pleurs inhabituels ou plus fréquents que d'habitude.
- Une baisse d'appétit ou un refus de se nourrir.
- Une soif importante.
- Un enfant plus irritable.
- Une somnolence inhabituelle.
- Des frissons.
- Une diminution des activités (jeu, mouvements…).
- Une respiration accélérée.
Il est recommandé de prendre la température avec un thermomètre rectal adapté à l'enfant pour une mesure fiable. En dessous de 3 mois, toute fièvre doit entraîner une consultation avec un médecin rapidement.
Causes Fréquentes de la Fièvre
La plupart du temps, la fièvre chez le bébé est d'origine virale. Rhume, bronchite, otite ou encore gastro-entérite sont les plus souvent en cause. Très fréquentes chez les tout-petits durant la saison froide, les maladies hivernales peuvent s'accompagner de fièvre chez le bébé. Une fièvre peut également apparaître dans les suites d'une vaccination. Il est en effet courant que le corps réagisse temporairement par une légère fièvre, touchant jusqu'à la moitié des enfants selon les vaccins administrés. Plus rarement, une infection bactérienne (urinaire ou pulmonaire) peut être en cause.
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Quand S'inquiéter et Consulter un Médecin
Comme le souligne le Dr Ordioni, il est essentiel de rappeler que la fièvre peut parfois être le signe d’une infection grave. L’apparition de signes cliniques associés, une mauvaise tolérance de la fièvre ou la persistance d’un état fébrile prolongé ou répété doivent conduire à une consultation médicale. Le pédiatre rappelle également que chez le nourrisson de moins de trois mois, toute fièvre justifie une prise en charge immédiate avec une évaluation médicale complète, pouvant inclure des examens biologiques, une imagerie thoracique et, dans certaines situations, une ponction lombaire.
Une consultation médicale s’impose :
- Chez le nourrisson de moins de 3 mois.
- Si la fièvre dépasse 39 °C.
- Si elle persiste plus de 48 à 72 heures.
- En cas de fièvres répétées.
- Ou si l’enfant présente une mauvaise tolérance (altération de l’état général, refus de boire ou de s’alimenter, troubles du sommeil, apathie).
En dehors de ces situations, il est possible d’attendre 2 à 3 jours, si l’enfant va globalement bien.
Risques et Conséquences de la Fièvre
Lors d'un épisode de fièvre, il est essentiel d'observer le comportement de l'enfant : un bébé fiévreux mais qui réagit est rassurant. L'âge de l'enfant joue également un rôle important dans l'évaluation de la gravité : plus il est jeune, plus la vigilance doit être accrue. Ainsi, une fièvre persistante de plus de 48 heures ou accompagnée de signes inhabituels, tels qu'une pâleur marquée, des vomissements répétés, une raideur de la nuque, des troubles de la conscience (baisse de vigilance, somnolence extrême), ou encore une respiration rapide ou sifflante, doit conduire à consulter. Chez le nourrisson, une fièvre élevée peut entraîner des déshydratations rapides ou, plus rarement, des convulsions fébriles.
Que faire en cas de Convulsions Fébriles?
Ce n'est pas de l'épilepsie. Les épisodes de convulsion sont impressionnants mais généralement sans gravité. En cas de convulsions fébriles :
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- Protégez l’enfant en le plaçant dans un endroit sûr, en soutenant sa tête et en évitant qu’il ne tombe.
- Ne mettez rien dans sa bouche (retirer s’il a quelque chose en bouche) et restez à ses côtés.
- Notez l’heure de début de la crise.
- Si la convulsion dure plus de 5 minutes, appelez le 15 immédiatement.
- Une fois la crise terminée, placez l’enfant sur le côté (position latérale de sécurité) avec la tête un peu plus basse que le corps pour faciliter l’écoulement de la salive ou des vomissements.
- Il peut rester somnolent et sa récupération prendra du temps. N’offrez ni boisson ni aliment tant qu’il n’est pas bien réveillé.
- N'hésitez pas à appeler le 15 pour avoir des informations précises sur la conduite à tenir en fonction de la situation.
- Consultez dans les 24 heures, soit son médecin, soit les urgences pédiatriques.
Prise en Charge de la Fièvre: Mesures Générales
Un traitement médicamenteux peut être utile surtout si la fièvre est supérieure à 38,5°C et que l’enfant est mal à l’aise (joues rouges, corps chaud, extrémités froides, modifications du comportement). L’objectif est de soulager l’inconfort. Le paracétamol est le médicament le plus couramment utilisé. Il doit être donné en première intention. Il a des propriétés antipyrétiques (abaissement de la température corporelle) et antalgiques (soulagement de la douleur). De l’ibuprofène (anti-inflammatoire) peut être ponctuellement utilisé chez l’enfant de plus de trois mois. Mais attention, il ne doit pas être administré si l’enfant a la varicelle, précise la Haute autorité de santé dans ses recommandations . Aucune étude ne prouve que l’alternance ou l’association de deux médicaments est plus efficace. Cette pratique n’est donc pas recommandée. L’aspirine ne doit pas être administrée chez l’enfant sans avis médical. Concernant les mesures d’hygiène, il est recommandé de découvrir l’enfant fiévreux, de proposer régulièrement à boire et contrôler la température de la pièce en la maintenant à une température autour de 20°C et en aérant plus souvent. Le bain frais ou l’application d’une vessie de glace ne sont plus indiqués pour faire baisser la fièvre. Ils peuvent être inconfortables et mal tolérés par l’enfant.
Comment Faire Baisser la Fièvre Naturellement ?
Voici quelques conseils pour aider votre bébé qui a de la fièvre :
- Veillez à une température ambiante de 18 à 20°C.
- Découvrez votre bébé sans le laisser nu.
- Proposez-lui à boire fréquemment, car une bonne hydratation est primordiale pour l'aider à réguler la température du corps et éviter tout risque de déshydratation.
- Placez des linges tièdes sur le front et les jambes.
- Si nécessaire, un médicament antipyrétique (Doliprane pour enfant) peut être administré sur prescription, en respectant le dosage et l'intervalle.
Si votre bébé a moins de 3 mois, l'hydratation est encore plus importante. Ses réserves sont limitées et son organisme, particulièrement vulnérable.
Bain et Fièvre: Que Faire?
Contrairement à une idée répandue, donner un bain froid à un enfant fiévreux est déconseillé pour faire baisser sa température. L’eau froide peut en effet provoquer un choc thermique et aggraver l’inconfort du bébé. Il peut être source de convulsions. En cas de fièvre, mieux vaut privilégier les compresses tièdes et les gestes simples comme l’aération de la pièce ou l’ajustement des vêtements. En cas de doute, demandez conseil à un professionnel de santé.
Vêtements et Température Ambiante
Il est essentiel de maintenir un environnement à température modérée pour un bébé fiévreux, afin de ne pas accentuer l'élévation de sa température corporelle. Privilégiez des vêtements légers en coton (body par exemple), limitez les couvertures et surveillez la température de la pièce. La chambre idéale doit être aérée régulièrement, sans courant d'air. Tout cela aide le corps à réguler naturellement la température de votre enfant et lui assure un meilleur confort.
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Prévention de la Fièvre Récurrente
Pour limiter les infections, lavez-vous régulièrement les mains, surtout après avoir changé votre bébé ou avant de préparer ses repas. Nettoyez le thermomètre électronique. Pensez également au nettoyage des objets et jouets qu’il porte à la bouche. En crèche comme à la maison, il est préférable d’éviter les contacts avec des personnes malades ou présentant des symptômes de rhume ou de grippe. Assurez-vous également d’aérer les pièces plusieurs fois par jour pour renouveler l’air et limiter la propagation des germes. L’hygiène quotidienne, incluant le lavage des vêtements, la désinfection des surfaces et l’entretien du matériel de puériculture, joue un rôle clé pour protéger votre enfant. Ces gestes simples mais réguliers constituent une barrière efficace contre les virus saisonniers, particulièrement nombreux en hiver, et participent activement à la prévention des épisodes de fièvre.
Cadre Légal et Protocoles en Milieu de Garde
La question de l’administration des médicaments sur le lieu d’accueil est assez délicate. Les pratiques et la loi ne semblent pas toujours en accord. Il faut dire que les textes sont flous ou jouent sur les mots entre « administrer les médicaments » et « aider à la prise des médicaments » et peuvent permettre toutes sortes d’interprétation.
Assistantes Maternelles: Ordonnance et Autorisation Parentale
Une circulaire du 27 septembre 2011 de la direction de la sécurité sociale et de la direction générale de la santé a permis de préciser que, dans le cas d’un médicament prescrit, si le mode de prise ne présente pas de difficultés particulières ni de nécessité d’apprentissage, et lorsque le médecin n’a pas demandé l’intervention d’un auxiliaire médical, l’aide à la prise du médicament est considérée comme un acte de la vie courante. Cette circulaire cite nommément les assistants maternels. Elle permet d’assouplir une loi qui sinon, de facto, empêchait qu’un enfant diabétique ou en situation de handicap, sensible ou allergique soit accueilli chez un assistant maternel. Mais la même circulaire stipule que l’assistante maternelle doit être en possession d’une ordonnance datant de moins de 6 mois et avoir l’autorisation écrite des parents.
Pour que ces règles soient bien connues des assistants maternels, le décret du 15 mars 2012 relatif au référentiel fixant les critères d’agrément des assistants maternels prévoit que soit prise en compte pour l’examen d’une demande d’agrément la « capacité du candidat à appliquer les règles relatives à l’administration des médicaments.» Les juristes eux considèrent, qu’en cas d’incident ou d’accident, la responsabilité de l’assistant maternel est engagée même si les parents ont donné préalablement leur autorisation. En fait, la plupart des organisations professionnelles d’assistantes maternelles conseillent à leurs adhérents d’être prudents et de s’en tenir à des médicaments courants. Mais soulignent aussi qu’une assistante maternelle qui refuserait d’administrer des médicaments serait dans son droit. En tout cas, en aucune façon un assistant maternel ne peut avoir l’initiative d’un traitement. En cas de forte fièvre ou autres symptômes préoccupants, il doit appeler les parents pour qu’ils viennent chercher leur enfant ou appeler les secours s’il y a une notion d’urgence.
Établissements d'Accueil du Jeune Enfant (EAJE): Rôle des Auxiliaires de Puériculture
Dans les crèches, la question se pose de la même façon. La loi reste la loi. Selon le code de la santé, seules les infirmières-puéricultrices sont en principe habilitées à administrer des médicaments aux enfants. Mais la même circulaire de septembre 2011 s’applique. Et donc, les auxiliaires de puériculture comme les éducateurs de jeunes enfants peuvent aider à la prise de médicament, quand celle-ci peut être assimilée à un acte de la vie courante. Et les juristes eux gardent leur position. « Concrètement, regrette Anne-Marie Besançon, directrice de l’Institut de Formation des Auxiliaires de Puériculture (IFAP) de Bullion, cela met les équipes en grandes difficultés. Une circulaire peut elle contredire une loi ? Selon les textes, les auxiliaires travaillent sous la responsabilité et en collaboration avec l’infirmière. Juridiquement l’infirmière peut donner des médicaments par délégation du médecin qui a prescrit le médicament et signé l’ordonnance. Mais elle ne peut déléguer une délégation ! C’est une question de responsabilité. Et même tous les juristes ne sont pas d’accord ».
C’est pourquoi dans la plupart des écoles, il est enseigné que ce n’est pas dans le rôle d’une auxiliaire de puériculture de donner des médicaments, qu’elle n’est pas formée pour cela. Et les professionnels comme les enseignants espèrent que le nouveau référentiel métiers en cours d’élaboration réglera la question une bonne fois pour toutes. Face à ce vide juridique, dans la plupart des établissements, les auxiliaires « n’aident pas à la prise des médicaments » mais préparent et donnent les médicaments ! Ce que d’ailleurs relevait une étude menée en 2012 par le Comité d’entente des écoles préparant aux métiers de l’Enfance (Ceepame). « Généralement quand elles sortent de l’école elles refusent, déplore une responsable de crèche parisienne. Mais heureusement à Paris, la PMI est claire et leur dit explicitement qu’elles doivent le faire. Que c’est un acte de la vie courante qui fait partie de leur travail ». « Néanmoins constate Anne-Marie Besançon, pour limiter les risques les directrices demandent toujours une ordonnance du médecin, la validation de celle-ci par une infirmière et demandent aux parents que leur pédiatre limite les prescriptions avec prise de médicaments sur le lieu d’accueil » . En fait chaque établissement, chaque PMI aménage la cohabitation entre la loi et la circulaire à sa façon. Et cela marche tant qu’il n’y pas d’accident ! Quand il y en a un, la jurisprudence est contradictoire ! « Cela concernait des aides soignantes, explique Anne- Marie Besançon, mais parfois il y a condamnation pour avoir donné un médicament, et une autre fois pour ne pas l’avoir donné… »
Guide Ministériel sur les EAJE
Sensé aider les PMI, gestionnaires et directrices de crèches à clarifier les points de réglementation sujets à interprétation, le guide ministériel sur les EAJE , publié sur le site du Ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des Femmes à la mi-avril 2017, n’est pas vraiment parvenu à expliquer clairement qui peut ou ne pas donner des médicaments aux enfants accueillis dans les crèches et dans quelles conditions. L’ambiguïté concernant la définition de la notion « d’aide à la prise » semble levée. Ainsi est-il noté : « Le cadre réglementaire actuel permet une aide à la prise de médicaments. Celle-ci se distingue de l’administration des médicaments non pas en raison des gestes opérés par les professionnels (…) mais par le fait que les professionnels ne décident ni de la substance ingérée, ni de ses quantités et se limitent à appliquer les prescriptions de l’ordonnance ». Une précision vient cependant jeter le trouble : (…). « Les professionnels peuvent souhaiter réaliser une aide à la prise sous la supervision d’un infirmier, notamment un infirmier libéral auquel l’établissement ferait ponctuellement appel à cette fin. » Par ailleur le guide ne précise pas qui sont ces professionnels ? Faut-il comprendre que sur ce sujet les titulaires de CAP, auxiliaires de puériculture, EJE sont logés à la même enseigne ?
Opinions Juridiques Divergentes
Les juristes ne sont pas d’accord entre eux !
- Géraldine Chapurlat, ancienne avocate-juriste spécialisée petite enfance: « S’il existe un véritable flou juridique, il ne doit en aucun sens aboutir à ce que des enfants ne puissent bénéficier d’un traitement prescrit par un médecin. Le gestionnaire doit se positionner vis-à-vis de ce flou par un engagement en référence au bien-être de l’enfant en définissant précisément dans un protocole les modalités d’aide à la distribution de médicaments. La responsabilité professionnelle consistera donc à agir conformément aux protocoles définis par l’employeur. Il m’apparaît ensuite très discutable de mettre en avant les risques auxquels s’exposent les professionnels non médicaux lorsqu’ils aide de jeunes enfants à la prise de médicaments.. Jamais aucun professionnel de la petite enfance aidant à la prise de médicaments prescrit n’a été condamné pour exercice illégal de la médecine! L’incrimination pénale de non-assistance à personne en danger engage bien d’avantage la responsabilité d’un professionnel qui n’administrerait pas un médicament. Evoquer la responsabilité civile des professionnels, c’est faire fi de l’obligation d’assurance du gestionnaire pour tous les agissements des professionnels qu’il emploie mais surtout c’est renvoyer à un préjudice plus qu’hypothétique. Rappelons enfin que le médecin qui examine un enfant malade et prescrit un médicament estime vraisemblablement que l’enfant n’a pas besoin d’être surveillé par des professionnels de santé. Face aux crispations engendrées par ce flou juridique, il devient impérieux que le secteur de la petite enfance se dote d’une disposition similaire à celle crée par la loi du 21 juillet 2009 pour le secteur social et médico-social, afin de permettre à des personnels d’accueil d’administrer des médicaments en l’absence de personnel médical.»
- Pierre Brice Lebrun, professeur de droit: « Arrêtons de faire croire aux assistantes maternelles, que si les parents sont d’accord, elles ne risquent rien en cas de problème. Elles peuvent le faire mais elles prennent le risque de le faire. Arrêtons aussi de faire croire aux auxiliaires de puériculture et aux éducateurs de jeunes enfants qu’ils sont couvets par une circulaire ou leur hiérarchie… C’est faux, tous ces professionnels engagent leur responsabilité personnelle et professionnelle, civile et pénale. Le code de la santé est clair : si on n’est ni médecin, ni sage-femme, ni dentiste, ni infirmier, administrer des médicaments cela équivaut à un exercice illégal de la médecine. Et même si les PMI insistent, cela ne change rien à l’affaire. D’ailleurs, certaines assurances professionnelles ne prennent pas ce type de responsabilité en charge. Par ailleurs, aider à la prise de médicaments c’est aider quelqu’un d’autonome, ce que n’est pas un bébé ou jeune enfant ! (cf. CE du 4 mars 1999). »
Recommandations et Bonnes Pratiques en Milieu de Garde
Compte tenu des ambiguïtés juridiques et des responsabilités engagées, il est crucial que les EAJE et les assistantes maternelles mettent en place des protocoles clairs et précis concernant la prise en charge de la fièvre et l'administration de médicaments. Ces protocoles doivent être élaborés en collaboration avec les professionnels de santé (médecins, infirmières puéricultrices) et les gestionnaires, et doivent tenir compte des recommandations des PMI.
Voici quelques éléments clés à inclure dans ces protocoles :
- Mesure de la température: Définir la méthode de mesure de la température (rectale, axillaire, etc.) et le type de thermomètre à utiliser.
- Administration de médicaments:
- Exiger une ordonnance médicale datant de moins de 6 mois pour tout médicament administré.
- Obtenir une autorisation écrite des parents pour l'administration de médicaments.
- Vérifier l'absence d'allergies et de contre-indications.
- Respecter scrupuleusement les dosages et les modalités d'administration prescrits par le médecin.
- Enregistrer chaque administration de médicament dans un registre spécifique.
- Surveillance de l'enfant:
- Observer attentivement le comportement de l'enfant et rechercher tout signe de gravité (pâleur, vomissements, raideur de la nuque, troubles de la conscience, etc.).
- Contacter immédiatement les parents en cas de fièvre élevée, de signes inquiétants ou de doute.
- Appeler les secours (15) en cas d'urgence.
- Communication avec les parents:
- Informer les parents de la température de leur enfant et des mesures prises.
- Recueillir les informations nécessaires sur l'état de santé de l'enfant et ses antécédents médicaux.
- Échanger avec les parents sur les modalités de prise en charge de la fièvre et l'administration de médicaments.
- Formation des professionnels:
- Assurer une formation continue des auxiliaires de puériculture et des autres professionnels de la petite enfance sur la prise en charge de la fièvre et l'administration de médicaments.
- Sensibiliser les professionnels aux risques et aux responsabilités liés à l'administration de médicaments.
Fièvre et Modes de Garde
Lorsqu’un bébé présente de la fièvre, les parents se demandent souvent s’il peut être confié à sa structure d’accueil habituelle. La réponse dépend de son état général et des consignes de la crèche. En cas de fièvre isolée, sans autre symptôme et si l’enfant reste tonique et réactif, un accueil peut parfois être envisagé, sous certaines conditions. Généralement, cela est décidé en amont, dans le règlement de la structure. En revanche, si la fièvre s’accompagne de signes plus marqués (vomissements, diarrhée, fatigue intense…), un repos à domicile est préférable.
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