L'entrée à l'école maternelle est une étape importante dans la vie d'un enfant et de ses parents. Parmi les nombreuses préoccupations qui peuvent surgir, la question de la propreté occupe une place centrale. Cet article vise à démystifier l'utilisation des couches à l'école maternelle, en abordant les aspects légaux, les rôles du personnel éducatif, les pratiques courantes et les conseils pour accompagner au mieux cette transition.
Acquisition de la propreté : une étape clé du développement de l'enfant
L'acquisition de la propreté est une étape importante dans le développement du jeune enfant, particulièrement lors de son entrée à l'école maternelle. L'acquisition de la propreté est une étape importante qui participe à la construction de l'autonomie de l'enfant et contribue à sa réussite scolaire future. Il n'existe pas d'âge précis auquel un enfant doit être propre. Rappelez-vous que chaque enfant apprend à son rythme. La propreté n'est qu'une des nombreuses compétences que votre enfant acquerra durant sa petite enfance.
Le rythme d'apprentissage de chaque enfant
Chaque enfant apprend à son propre rythme, selon sa maturité physiologique et psychologique. La petite enfance est une période où l'enfant développe progressivement son autonomie. L'acquisition de la continence (souvent appelée à tort « l’acquisition de la propreté ») est un processus qui prend du temps et qui nécessite une maturité motrice, affective, psychologique et sociale. Pour certains enfants cet apprentissage sera long et parfois ne sera jamais possible. Pour d’autres enfants, des périodes de régression pourront apparaitre.
Signes de préparation à l'acquisition de la propreté
Ces signes de préparation indiquent que votre enfant est physiologiquement et psychologiquement prêt pour cette étape importante.
Cadre légal et réglementaire
L'école ne peut pas refuser un enfant non propre
Non, un enfant ne peut pas être exclu de l'école maternelle parce qu'il n'a pas encore acquis la propreté. L'éducation nationale précise qu'aucune condition d'acquisition de la propreté ne peut être imposée lors de l'inscription d'un enfant. L’instruction scolaire est obligatoire dès l’âge de 3 ans et elle garantit un égal droit d’accès à l’école à tous les enfants, sans aucune distinction. L'article L113 du Code de l'Éducation rappelle que la propreté n'est pas un critère de refus pour accéder à l'école. « Tout enfant doit pouvoir être accueilli, à l’âge de trois ans, dans une école maternelle ou une classe enfantine le plus près possible de son domicile, si sa famille en fait la demande . » Alors qu’il soit propre ou non, votre enfant pourra aller à l’école. Il précise aussi que l’enseignement est obligatoire dès l’âge de trois ans, c’est donc à l’établissement de s’adapter à votre progéniture.
Lire aussi: Tout savoir sur les couches Freelife Taille 5
L'importance de l'adaptation des écoles
Depuis 2019, l’école est devenue obligatoire dès l’âge de 3 ans, au lieu de 6 ans auparavant. Pour respecter cette nouvelle règle, les écoles ont dû s’adapter à accueillir des enfants bien plus jeunes, au niveau de l’hygiène notamment.
Absence de texte réglementaire conditionnant l'accès à l'école
Aucun texte règlementaire ou autre disposition législative ne conditionne l’accès à l’école à l’acquisition de la propreté (continence) d’un enfant. Autrement dit, l’école ne peut pas refuser l’accueil d’un enfant incontinent.
Rôles et responsabilités du personnel éducatif
Le rôle des ATSEM
À l’école, les enseignants coopèrent avec les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (Atsem) : des professionnels qui occupent un rôle majeur dans l’éducation et le bien-être des enfants de 2 à 6 ans. D’après leur fiche métier, ce sont eux qui s’occupent « des soins corporels d’hygiène pour les plus petits. Ils les accompagnent aux toilettes, vérifient le lavage des mains, leur inculquent les gestes d’hygiène ». Les Atsem sont également chargés de changer les enfants lorsqu’il y a un « petit accident ». « L’Atsem et l’enseignant sont appelés à effectuer les gestes d’hygiène nécessaires pour conduire l’enfant à franchir cette étape, dans le respect de sa maturation et de son intimité », nous expliquait l’ancien ministre de l’Éducation nationale Jean-Michel Blanquer, en séance de questions au gouvernement au Sénat, en 2021.
L'article 2 du décret n° 2018-152 du 1er mars 2018 indique : « Art. 2.-Les agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles sont chargés de l’assistance au personnel enseignant pour l’accueil et l’hygiène des enfants des classes maternelles ou enfantines ainsi que de la préparation et la mise en état de propreté des locaux et du matériel servant directement à ces enfants. Il peut y avoir des différences d’interprétation des textes et des missions des ATSEM, notamment sur le fait de changer ou pas les couches des enfants. Un extrait de ce document indique : « Ce sont les conditions d’accueil (et leur cadre) des élèves en cours d’acquisition de la propreté qui vont permettre aux ATSEM de mener leur mission relative à l’hygiène : Faciliter le change en utilisant des couches culotte Avoir accès à une douche si besoin Avoir des changes en quantité Actuellement, les ATSEM opèrent déjà le change des élèves ayant des « accidents ». »
Le rôle des AESH pour les enfants en situation de handicap
Les enfants qui n’auraient pas acquis la propreté et qui bénéficient d’un accompagnement par un(e) AVS/AESH, peuvent être aidés et accompagnés par cette personne pour les actes essentiels de la vie quotidienne. Les missions des AVS/AESH sont précisées par la circulaire n°2017-084 du 3-5-2017 : « Aider à la toilette (lorsque celle-ci est assimilée à un acte de vie quotidienne et n’a pas fait l’objet de prescription médicale) et aux soins d’hygiène de façon générale » L’aide à la toilette, le change des couches ou des protections ainsi que l’aide aux WC (installation d’un élève présentant des troubles moteurs, essuyage…) font partie des missions des AESH quel que soit l’âge de l’élève.
Lire aussi: Astuces pour un canapé comme neuf
Solutions provisoires en l'absence d'AESH
Lorsqu’un dossier de demande d’AESH est en cours d’instruction, il est important de trouver collectivement des solutions provisoires. Par exemple, si l’école élémentaire est en proximité de l’école maternelle, et par dérogation, une ou deux ATSEM peuvent être sollicitées pour aider pendant les récréations, ou bien tout autre professionnel de l’école pouvant accepter cette mission pour permettre à l’enfant d’être scolarisé malgré tout. Mais, on peut aussi prendre en compte les nouvelles dispositions des Pôles Inclusifs d’Accompagnement Localisé (PIAL) qui sont là, selon les textes, pour répondre au plus près et avec souplesse, aux besoins des élèves. Tous les établissements scolaires, aujourd’hui, relèvent en principe d’un PIAL. Les AESH du PIAL devraient être sollicités, pour cette action spécifique de change, même si le dossier MDPH n’est pas encore abouti.
Recommandations pour les interventions
Il est important, pour cet acte qui peut être soit de l’accompagnement à l’hygiène soit de la prise en charge d’acte de la vie quotidienne que les intervenants ne soient pas trop nombreux en évitant le plus possible de changer d’intervenants, afin de respecter l’intimité de l’enfant. Se pose également la question du lieu de l’intervention. Les toilettes ne sont pas toujours les mieux indiquées ou adaptées. Selon l’âge et les besoins de l’enfant, le change se fait-il debout ou couché ? Y-a-t-il une table de taille adaptée ? Y-a-t-il la nécessité d’avoir un point d’eau à proximité ?
Pratiques courantes concernant les couches à l'école maternelle
Acceptation des couches pour la sieste
Pour certains moments de la journée d’ailleurs, comme la sieste, les pratiques diffèrent selon les établissements. Il n’est précisé nulle part que l’école peut refuser les couches, mais on considère que chaque établissement à le choix sur la façon d’amener votre enfant à la propreté. Officiellement, les enfants doivent être propres à leur entrée en maternelle. « Mais dans la réalité, on adapte : certains enseignants acceptent les couches-culottes discrètes pour les siestes. D’autres préfèrent mettre un slip, quitte à changer et nettoyer l’enfant en cas d’accident. »
Gestion des changes et de l'autonomie
Parfois en début de PS, tous les élèves n’ont pas encore la maturité nécessaire pour enlever définitivement les couche-culottes (maitrise insuffisante des sphincters). Comme son nom l’indique, l’enfant reste debout et il participe aux soins du début jusqu’à la fin du change. S’inscrire dans une harmonisation des pratiques. L’enfant devient acteur de de son propre développement. Les étapes ne changent pas : il s‘agit toujours de se déshabiller, d’enlever la couche souillée, de se nettoyer, de remettre une couche ou un linge propre puis de se rhabiller. NB : La proposition de s’assoir sur les genoux de l’adulte pour installer la couche propre n’a pas lieu d’être à l’école maternelle.
1/ Récupérer une couche-culotte propre et une serviette propre (pour se sécher après le soin). NB : En cas de selles, une serviette peut être disposée au sol. Les selles tombent sur la serviette et le professionnel réalise le soin du siège (nettoyer l’enfant et verbaliser ce qui est fait). Il est important de veiller à proposer à l’enfant d’aller aux toilettes, de lui proposer de ne pas plus mettre de couches s’il se sent prêt à essayer. L’adulte est présent à chaque instant pour accompagner l’enfant (aide matérielle, gestes appropriés), pour parler avec lui (formuler et expliquer ce qu’il fait) puis pour l’encourager à continuer de se changer seul. Il dédramatise les petits accidents.
Lire aussi: Créer un Gâteau de Couches Mémorable
Rôle des parents dans l'apprentissage des gestes de base
Ben à 3 ans (ou presque), si l'enfant n'est pas propre il est normalement à minima capable d'enlever une couche, de prendre une lingette (fournie par les parents) et de se passer un coup avant de remettre une culotte… A un moment c'est pas aux atsem d'apprendre les gestes de toilette de base aux enfants mais bien aux parents. (j'ai pas eu le cas car à 2 ans mes enfants étaient propres… mais avant d'être propres (donc avant 2 ans) ils etaient capables d'enlever leur couche seuls et de se passer un coup de gant de toilettes… Ça ne me paraît pas fou… comme ils jetaient leurs couches à la poubelle et mettaient leurs vêtements au sale… mais bon ils savaient s'habiller avant d'entrer à l'école aussi… )Pour moi c'est le minimum quand un petit sort de la sieste de s'assurer qu'il se nettoie bien…
Conseils aux parents pour une transition sereine
Préparation de l'enfant
Préparer la première rentrée de son enfant est toujours un moment plein de fierté, de bonheur, mais également de doutes.
Communication avec l'école
Si jamais cela vous dérange ou que vous avez un doute sur la manière dont l’école s’occupe de votre enfant, il ne faut alors pas hésiter à se rapprocher de l’enseignant, pour lui faire part de vos craintes ou de vos attentes. Toutefois, dans la séance de questions au Sénat de 2021, il est également rappelé que « l’éducation à la « propreté » se fait conjointement à l’école et dans la famille ».
Encourager l'autonomie
J'ai toujours profité de l'été pour rendre un peu plus autonome mes enfants : mettre et enlever ses chaussures et son pantalon en font partie. Et ça me paraît normal Alors oui, des fois, on récupère son enfant avec le pantalon du copain ou les chaussures à l'envers mais c'est aussi ça l'apprentissage !
Faire confiance à son enfant
Fais-lui confiance. Tu ne veux pas qu'elle soit impactée par le fait de ne pas être changée mais il ne faut pas se leurrer, elle sera forcément impactée par le fait qu'elle porte une couche, qu'elle la mouille ou pas. Les enfants ne sont pas toujours tendres entre eux même à 3 ans. Tu la maintiens dans la phase "bébé" en lui laissant les couches. Tu lui expliques que les couches, c'est interdit à l'école, qu'elle ira aux toilettes avant et après la sieste, que si pendant la sieste, elle a envie, elle a le droit de demander à aller aux toilettes. Et tu ne lui montres pas ton angoisse, tu lui dis que tu as confiance en elle et elle va y arriver !
Adopter une approche positive
L’acquisition de la propreté ne doit jamais être ressentie comme une contrainte ou un rapport de force. C’est à notre enfant de sentir à quel moment il a envie ou pas. Néanmoins, quand il se lancera dans la phase “active” d’acquisition, nous pouvons lui proposer des rendez-vous réguliers, sans que les horaires ne soient vraiment fixes. À chaque nouveau petit progrès, on le félicite, mais pas trop non plus ! Ce n’est pas un exploit, et si toute la famille crie au prodige, notre enfant pourrait penser qu’il devient propre pour nous faire plaisir, à ses parents, et non parce qu’il grandit.
Préparation pratique
Une fois que la décision de ne plus mettre de couche est prise, on s’y tient ! Mais l’acquisition de la propreté ne se fait pas du jour au lendemain, et il faut accepter, sans gronder, les petits accidents et fuites qui ne manqueront pas de se produire. On évite également de remettre une couche à certaines occasions que l’on juge “à risque”. Par exemple, durant un long voyage en voiture ou quand il dort chez d’autres personnes. On prévoit, en revanche, une alèse afin de protéger le matelas des petits incidents.
Gestion des difficultés
Si notre enfant rencontre des difficultés à se passer de ses couches, ce peut être parce qu’il n’a pas tout à fait envie de devenir grand, qu’il n’est pas prêt à lâcher quelque chose de la petite enfance. Les petites fuites sont normales, mais si les accidents se multiplient peu après avoir commencé à porter une culotte, remettons-lui une couche, sans honte ni punition. On peut faire une pause d’un à trois mois, et ne plus aborder la question pendant ce temps. L’apprentissage de la propreté s’appuie sur la confiance et la collaboration. Certains bouts de chou deviennent propres du jour au lendemain, de jour comme de nuit, tandis que d’autres gardent leur couche la nuit jusqu’à 4 ou 5 ans.
La sieste à l'école maternelle : un moment particulier
Importance de la sieste
La première rentrée des classes, en maternelle, soulève de nombreuses questions et interrogations pour les parents. C'est aussi une grand étape pour eux ! Parmi les interrogations, la sieste. A l'âge de rentrer en maternelle, nos petits ont besoin de repos la journée ! Vont-ils réussir à s'endormir en dehors de la maison ? Quelle place pour les couches, les doudous ou la tétine ? « La sieste est indispensable en petite section. Les enfants sont jeunes - parfois à peine 2 ans et demi - et une journée d’école les épuise. »
Organisation de la sieste
Après le déjeuner (vers midi), les enfants passent aux toilettes, se déshabillent partiellement (culotte et t-shirt en hiver), et s’installent dans des petits lits ou des structures confortables, faciles à déplacer pour les agents municipaux. « On tamise la lumière, sans obscurité totale, pour éviter le stress mais aussi pour des raisons de sécurité si un enfant est amené à se lever, ou un adulte à se déplacer. » La durée du repos varie d’1h30 à 2h. Le réveil se fait progressivement, sans brusquerie. « On ne réveille pas un enfant qui dort profondément, surtout s’il ne dort pas bien chez lui. Les cas d'enfants qui ne dorment pas en petite section sont très rares. « Quand un enfant ne veut pas dormir, on lui propose quand même de se coucher, et en général il finit pas tomber dans les bras de Morphée à un moment donné.
Adaptation en moyenne et grande section
À partir de la moyenne section, la sieste n’est plus systématique : « Il n’y a souvent pas assez de place. » Certains enseignants installent des coins repos avec des tapis, voire des petits matelas dans la classe. « Les enfants qui ont encore besoin de dormir peuvent s’y allonger, parfois même en grande section. » Après le déjeuner (souvent en second service), les enfants ont un moment de récréation puis remontent en classe. Selon les projets d’école, un court temps calme peut être proposé : repos, lecture, silence. « Cela dépend des années, des enfants, et aussi des conditions de vie à la maison.
En cas de difficultés
L’intérêt de l’enfant est une préoccupation constante au sein du système éducatif, notamment à l’école maternelle. En cas de besoins particuliers, un dialogue doit être engagé entre les parents de l’enfant, l’équipe éducative de l’école, mais aussi la Protection Maternelle et Infantile (PMI), l’enseignant référent et les professionnels qui suivent l’enfant afin de trouver collectivement les solutions et aménagements permettant l’accueil de l’enfant dans de bonnes conditions.
tags: #couches #utilisation #ecole #maternelle
