La moelle épinière, élément vital du système nerveux central, assure la transmission des informations sensorielles et motrices entre le cerveau et le reste du corps. Sa substance grise, organisée de manière complexe, joue un rôle essentiel dans le traitement de ces informations. Au sein de cette substance grise, les couches de Rexed constituent une classification anatomique et fonctionnelle précise, permettant de comprendre les mécanismes de la nociception, de la proprioception et du contrôle moteur.

Introduction

La substance grise de la moelle épinière, en forme de papillon, est le siège des corps cellulaires des neurones, de leurs dendrites et de leurs synapses. Elle est divisée en dix couches ou lames cytoarchitectoniques, numérotées de I à X, selon la classification établie par Bror Rexed en 1952. Cette organisation laminaire reflète la complexité du traitement de l'information nerveuse au sein de la moelle. Chaque couche possède une population neuronale unique, recevant et projetant des informations spécifiques. La compréhension de ces couches est fondamentale pour l'analyse des voies ascendantes et descendantes, impliquées dans la perception sensorielle, le contrôle moteur et les réflexes.

Organisation Générale de la Moelle Épinière

Avant d'aborder en détail les couches de Rexed, il est essentiel de comprendre l'organisation générale de la moelle épinière.

Structure Macroscopique

La moelle épinière est un cordon de tissu nerveux situé dans le canal vertébral, s’étendant de la première vertèbre cervicale à la deuxième vertèbre lombaire. Elle mesure environ 43 cm de long chez l’adulte et pèse une trentaine de grammes. La partie la plus inférieure de la moelle s’appelle le cône terminal, prolongé par le filum terminale. Elle est protégée par une enveloppe fibreuse : la dure-mère.

La surface de la moelle épinière est parcourue par des sillons verticaux. Le plus large, situé sur la face ventrale, est appelé fissure médiane ventrale. Sur la face dorsale, il existe un sillon médian dorsal.

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Nerfs Spinaux

Il existe 31 paires de nerfs spinaux qui naissent de la moelle épinière. Ils constituent le premier segment des nerfs périphériques. Ils possèdent près de la moelle deux racines :

  • Racine dorsale (sensitive) : pourvue d’un ganglion spinal dans lequel se trouvent les corps cellulaires des neurones sensitifs (cellules en T).
  • Racine ventrale (motrice) : contient le cylindraxe des neurones moteurs.

En raison de la croissance différentielle de la moelle épinière et du canal vertébral, la disposition des racines varie selon le niveau considéré. Au niveau cervical, les racines sont pratiquement horizontales. Elles deviennent progressivement de plus en plus obliques le long de la moelle thoracique, puis de plus en plus verticales au niveau de la moelle lombo-sacrée. Enfin, à ce niveau, les nerfs spinaux descendent verticalement sous la moelle dans le cul-de-sac dural. L’ensemble de ces racines nerveuses lombo-sacrées constituent les nerfs de la queue de cheval.

Globalement, la moelle épinière donne naissance à :

  • 8 nerfs spinaux cervicaux (C1 à C8)
  • 12 nerfs spinaux thoraciques (T1 à T12)
  • 5 nerfs spinaux lombaires (L1 à L5)
  • 5 nerfs spinaux sacrés (S1 à S5)
  • 1 nerf spinal coccygien (C1)

Le Spina bifida est une malformation congénitale de la moelle épinière terminale et des racines nerveuses lombo-sacrées. Elle présente plusieurs degrés de gravité, de la forme bénigne (Spina bifida fermé) à la forme grave (Spina bifida ouvert) qui est détectable à la naissance.

La projection cutanée des territoires sensitifs des racines spinales détermine à la surface du corps des bandes sensitives plus ou moins parallèles appelées dermatomes sensitifs.

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Méninges et Vascularisation

Dans le canal vertébral, la moelle épinière est protégée par les méninges : la dure-mère, l’arachnoïde et la pie-mère. La dure-mère est partiellement adhérente aux parois osseuses du canal vertébral, ménageant des espaces étagés entre la méninge et la surface osseuse. Cet espace extra-dural s’appelle « espace épi-dural ».

La vascularisation de la moelle est assurée par un apport artériel et un drainage veineux.

  • Artères : un réseau horizontal péri-médullaire distribue des artérioles pénétrantes et assure la vascularisation des cordons de substance blanche. Chez l’embryon, il existe une artère radiculo-médullaire par nerf spinal, donc 31. En fait, la disposition métamérique des artères régresse progressivement (désegmentation artérielle), à partir de la naissance. Elles n’ont pas toutes le même calibre ni la même valeur fonctionnelle.
    • Au niveau cervical : les artères vertébrales assurent la formation de la partie haute de l’artère spinale antérieure.
    • Au niveau thoracique, il existe une ou deux artères radiculo-médullaires principales provenant des artères intercostales.
  • Veines : en plus des veines médullaires satellites des artères déjà décrites, il existe, dans le canal vertébral, un très important réseau veineux plexiforme, en position extra-durale et en rapport avec les veines des vertèbres. Ce sont les veines épi-durales.

Substance Grise et Substance Blanche

La moelle épinière est formée par la substance grise, située en profondeur, et la substance blanche, située en périphérie.

  • Substance grise : autour du canal de l’épendyme, elle est formée par les corps cellulaires des neurones, leurs dendrites et leurs synapses. C’est le centre nerveux de la moelle. Cette substance grise, à la coupe, a la forme d’un papillon, permettant de reconnaître des expansions antérieures appelées cornes ventrales (fonction motrice) et des expansions postérieures appelées cornes dorsales (fonction sensitive). La partie centrale péri-épendymaire a une fonction végétative et synaptique. Cette région contient un grand nombre de courts neurones interposés entre les voies de la sensibilité et les voies de la motricité.
  • Substance blanche : elle est formée par les fibres nerveuses recouvertes de leur gaine et groupées en faisceaux. Les fibres sensitives montent dans la moelle vers les centres supérieurs, tandis que les fibres motrices descendent vers les motoneurones. La substance blanche est donc une zone de passage. C’est une mince couche de substance blanche située à la périphérie de la substance grise.

Les Cornes de la Moelle Épinière et leurs Fonctions

La substance grise de la moelle épinière est divisée en cornes dorsales (postérieures) et ventrales (antérieures), chacune ayant des fonctions spécifiques.

Corne Postérieure (Dorsale)

La corne postérieure de la moelle épinière fait partie de la substance grise dorsale, située derrière le canal central. Elle a une fonction sensorielle et représente le point où les informations provenant de la surface du corps et des tissus sous-jacents atteignent pour la première fois le système nerveux central.

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  • Structure et Subdivisions : La corne postérieure s'étend sur toute la longueur de la moelle. Selon les anciennes descriptions, elle est divisée en différentes sous-parties : un apex, une tête, un cou et une base. Elle peut également être subdivisée en couches distinctes, appelées laminae de Rexed, basées sur les caractéristiques cytoarchitectoniques des cellules de chaque région.
  • Noyaux Sensoriels : La corne postérieure contient différents groupes de noyaux sensoriels, situés dans les lamines spécifiques :
    • Noyau de la zone marginale (lamina I)
    • Substance gélatineuse (lamina II)
    • Noyau propre (lamines III et IV, avec extension dans la lamina V)
    • Noyau dorsal de Clarke ou noyau thoracique postérieur (lamina VII)
    • Noyau viscéral afférent (lamina VII)
  • Types d’Informations Sensorielles :
    • Douleur et température : Transmises par les neurones de premier ordre du faisceau spinothalamique aux noyaux de la substance gélatineuse et de la zone marginale.
    • Proprioception consciente, vibration et discrimination à deux points : Transmises au noyau propre par des collatérales des neurones de premier ordre du faisceau de la colonne dorsale.
    • Proprioception inconsciente : Transmise au noyau dorsal de Clarke pour le cervelet.

Corne Ventrale (Antérieure)

Elle a une fonction motrice. Elle contient les motoneurones dont les axones forment les fibres motrices des nerfs périphériques. Ces motoneurones sont groupés en noyaux moteurs. Les uns, en situation médiale, sont responsables de l’innervation des muscles axiaux (muscles spinaux). Les autres, en situation latérale, sont responsables de l’innervation des muscles des membres. Enfin, le plan le plus antérieur correspond aux muscles extenseurs et le plan postérieur, aux muscles fléchisseurs.

Au niveau des renflements médullaires, c’est-à-dire au niveau de la naissance des plexus des membres, les noyaux moteurs sont groupés verticalement formant de véritables colonnes, se prolongeant sur plusieurs segments de moelle et formant des centres moteurs pluri-segmentaires.

Les Couches de Rexed : Description Détaillée

La substance grise de la moelle est divisée dans le sens postéro-antérieur en 10 lames ou couches de Rexed. Cette organisation laminaire, basée sur la cytoarchitecture et la fonction des neurones, permet de comprendre les circuits neuronaux impliqués dans le traitement de l'information sensorielle et motrice. L'organisation n'est pas uniforme sur toute la longueur de la moelle épinière ; certaines couches sont plus développées dans certaines régions, en fonction de leur rôle fonctionnel prédominant. Par exemple, les couches motrices sont plus importantes dans les segments de la moelle thoracique et lombaire, impliqués dans l'innervation des muscles squelettiques des membres. Inversement, les couches sensorielles sont plus développées dans les segments cervicaux et sacrés, correspondant à l'entrée des informations sensorielles des membres supérieurs et inférieurs respectivement.

Couches I et II : Traitement de la Douleur

La couche I de Rexed, aussi connue sous le nom de zone marginale, représente la couche la plus superficielle de la substance grise de la moelle épinière. Elle est située juste sous la substance blanche et se caractérise par une structure relativement lâche et une faible densité cellulaire. Cette couche est principalement composée de cellules gliales, avec une population clairsemée de petits neurones interneurones et de fibres nerveuses. Ces fibres proviennent principalement du tractus spinothalamique et du système lemniscal, acheminant des informations sensorielles. La couche I joue un rôle important dans le traitement de la douleur et de la température, ainsi que dans d'autres modalités sensorielles. Elle est impliquée dans les mécanismes de modulation de la douleur, intégrant des informations provenant de différentes sources.

La couche II de Rexed, également appelée substance gélatineuse de Rolando, est une fine couche de substance grise située immédiatement sous la couche I. Elle se distingue par sa texture gélatineuse et sa composition cellulaire particulière. Contrairement à la couche I, la couche II présente une densité cellulaire plus élevée, constituée principalement de petits interneurones de type II de Golgi, caractérisés par leurs dendrites courtes et ramifiées. Ces interneurones jouent un rôle crucial dans le traitement des informations sensorielles, notamment la douleur, la température et le toucher léger. Ils reçoivent des afférences de différentes sources, y compris les fibres nerveuses provenant des récepteurs périphériques et d'autres interneurones de la moelle épinière. La substance gélatineuse de Rolando est un centre important de modulation de la douleur. Les neurones de cette couche libèrent des neurotransmetteurs, tels que les enképhalines et la substance P, qui modulent la transmission des signaux nociceptifs.

Les fibres Aδ et C se terminent principalement dans les couches I et II, les grosses fibres Aβ dans les lames III et plus profondes. Mais ces différentes fibres établissent des connexions entre elles. Une même cellule nerveuse de cette corne postérieure de moelle peut recevoir des afférences à la fois cutanées, musculaires et viscérales.

  • Deux groupes de neuromédiateurs permettent la transmission des messages nociceptifs périphériques vers les neurones spinaux : celui des acides aminés excitateurs comme le Glutamate et celui de nombreux neuropeptides comme la SP, la Neurokinine A, ou la CGRP.
  • Les neurones nociceptifs spécifiques, qui ne reçoivent leurs informations que de nocicepteurs afférents primaires, ne répondant donc qu’à des stimulations d’origine mécanique ou thermique uniquement nociceptives. Ils sont activés soit par les fibres Aδ, soit par des fibres C et sont localisés surtout dans la couche I. Ils sont le siège de convergence viscérosomatiques.
  • Les neurones à convergence, nociceptifs non exclusifs à large gamme dynamique répondent de façon préférentielle mais non exclusive au stimulus nociceptif. Ils répondent à des stimulations mécaniques légères (non nociceptives), et aux stimulations nociceptives mécaniques et thermiques, on parle de convergence de modalités. Ces neurones à convergence reçoivent donc des messages véhiculés par des fibres Aβ, Aδ et C, et vont répondrent de façon graduée à des stimulations dont l’intensité varie de la non-nociception à la nociception. Ce neurone non spécifique accentue sa décharge en fonction de l’intensité du stimulus. Les neurones nociceptifs non spécifiques ont des champs récepteurs composés de surfaces excitatrices mais aussi inhibitrices.
  • Les interneurones : la transmission de l’influx nociceptif ne se résume pas uniquement au passage de l’information du premier neurone afférent au second neurone de projection situé dans la moelle.
    • Les interneurones excitateurs : se concentrent au niveau de la lame II, et font synapse localement.
    • Les interneurones inhibiteurs : participent au contrôle du message nociceptif, et contiennent des neurotransmetteurs responsables de l’hyperpolarisation de la membrane, comme l’acide gamma-amino-butyrique (GABA) ou les enképhalines.

Couches III et IV : Intégration Sensorielle

La couche III de Rexed, appelée noyau propre du cortex, se situe entre la substance gélatineuse (couche II) et le noyau thoracique (couche IV). Elle se caractérise par une population neuronale plus dense et plus diversifiée que les couches sus-jacentes. Cette couche contient une variété de neurones intermédiaires, dont la taille et la morphologie varient considérablement. On y trouve des neurones de taille moyenne à grande, avec des dendrites plus élaborées que celles des couches II et I, reflétant une complexité accrue dans le traitement de l’information. La couche III reçoit des afférences de différentes sources, incluant les couches plus superficielles (I et II) qui transmettent des informations sensorielles, ainsi que des projections descendantes de centres supérieurs du cerveau. Ces connexions permettent une intégration complexe des informations sensorielles et motrices. Le rôle principal de la couche III est l'intégration et le traitement des informations sensorielles avant leur relais vers d'autres régions de la moelle épinière ou vers le cerveau. Elle joue un rôle crucial dans le traitement de la proprioception, c’est-à-dire la conscience de la position du corps dans l'espace. Les neurones de la couche III sont impliqués dans les circuits neuronaux responsables des réflexes et des mouvements volontaires.

La couche IV de Rexed, également connue sous le nom de noyau thoracique, est une couche de la substance grise de la moelle épinière qui se distingue par sa structure et sa fonction spécifiques. Située entre la couche III et la couche V, elle reçoit principalement des afférences sensorielles provenant des fibres nerveuses de gros diamètre, principalement les fibres Aβ, qui transmettent des informations tactiles précises et la proprioception. Cette couche est particulièrement bien développée dans les segments de la moelle épinière cervicale et lombaire, zones importantes pour le traitement des informations sensorielles provenant des membres. La couche IV joue un rôle crucial dans le traitement et l’intégration des informations sensorielles tactiles et proprioceptives, avant leur transmission vers les centres supérieurs du cerveau. Elle participe à la discrimination fine du toucher, à la perception de la pression et à la localisation précise des stimuli tactiles.

Couche V : Intégration Sensorimotrice

La couche V de Rexed, désignée comme le noyau intermédiaire, occupe une position stratégique au sein de la substance grise de la moelle épinière, se situant entre les couches IV et VI. Cette couche se caractérise par une population neuronale hétérogène, incluant des neurones de taille et de morphologie variées, reflétant la complexité de ses fonctions. Elle reçoit des afférences de différentes origines, tant sensorielles que motrices, soulignant son rôle d'intégration dans le traitement de l'information. Les neurones de la couche V sont impliqués dans des circuits neuronaux complexes qui contribuent à la coordination des mouvements et au contrôle postural. Un aspect remarquable de la couche V est sa contribution à la modulation des réflexes spinaux. Les neurones de cette couche peuvent influencer l'activité des motoneurones, permettant ainsi une régulation fine des réponses réflexes.

Couches VI à X

Les informations disponibles ne permettent pas de détailler précisément les fonctions des couches VI à X. Cependant, il est important de noter que la lame VII, située dans la région centrale de la substance grise, contient des neurones d’association. C’est la zone des interneurones.

Convergence Synaptique et Modulation de l'Information Nociceptive

La corne postérieure reste le site privilégié d’une importante convergence synaptique. Il est important de noter que les cornes postérieures renferment un important réseau de convergences synaptiques mettant à contribution des fibres collatérales et des interneurones. Le passage dans la moelle sensorielle est donc une étape importante au cours de laquelle l’information nociceptive sera modulée.

La nociception dans le SNC implique les neurones de projection nociceptifs, les interneurones excitateurs et les interneurones inhibiteurs, ainsi que les influences inhibitrices en provenance des centres supérieurs. La moelle est donc un important centre d’intégration des afférences nociceptives.

Implications Cliniques et Thérapeutiques

L'étude des couches de Rexed est essentielle pour comprendre les mécanismes de la douleur, de la proprioception et du mouvement volontaire. Des lésions spécifiques à une ou plusieurs couches peuvent entraîner des déficits fonctionnels distincts, fournissant ainsi des informations précieuses sur les fonctions de chaque lamine.

Douleur Chronique

Des études ont montré que les dysfonctionnements de la couche II peuvent être impliqués dans des affections douloureuses chroniques, telles que la fibromyalgie et la neuropathie périphérique. Une meilleure compréhension des mécanismes neuronaux et moléculaires impliqués dans le fonctionnement de la substance gélatineuse de Rolando est donc essentielle pour développer des stratégies thérapeutiques efficaces pour ces affections.

Hyperalgésie

L’hyperalgésie se définit comme une réponse exagérée à une stimulation normalement douloureuse. L'hyperalgésie cutanée est de deux natures : primaire (directement au site de la lésion) et secondaire (d’origine centrale). L’hyperalgésie primaire est due à différents facteurs inflammatoires en périphérie, ce qui mène au recrutement de nocicepteurs avoisinant le site de la lésion. L’hyperalgésie secondaire s’explique pour sa part par un phénomène central que l’on connaît sous le terme général de sensibilisation centrale.

Stimulation Médullaire

La stimulation de la moelle épinière est une approche thérapeutique qui tend à remplacer les approches conventionnelles quand elles sont inefficaces. Elle consiste à introduire une électrode dans la moelle à l’étage rachidien du dermatome sur lequel on veut produire l’effet analgésique. Cette électrode est placée sous la peau du patient afin que celui-ci puisse s’induire des stimulations épidurales à l’aide d’un contrôleur à radiofréquences. On pense que l’analgésie est produite par la stimulation des fibres non nociceptives (Aβ).

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