Depuis l'Antiquité, les hommes et les femmes ont cherché à contrôler les naissances. Cette pratique s'est généralisée à partir du XVIIIe siècle en France et du XIXe siècle dans le reste de l'Europe, devenant un choix légitime. La baisse de la natalité au XIXe siècle n'est pas due au célibat ou à l'âge moyen au mariage, mais à la limitation des naissances au sein des couples. Malgré l'opposition de l'Église, des médecins et des responsables politiques, les pratiques de limitation des naissances se sont répandues.
Contexte historique et social
Au XIXe siècle, l'avortement est condamné dans de nombreux pays européens, y compris la Grande-Bretagne, la France et l'Empire allemand. Cette position peut surprendre, car l'économiste anglais Thomas Malthus avait souligné la menace que la croissance démographique représentait pour la prospérité économique. Cependant, le fort essor démographique de la seconde moitié du XIXe siècle s'accompagne d'une baisse de la fécondité et d'une émigration massive, suscitant des craintes d'affaiblissement politique, économique et militaire.
La diffusion de moyens de contraception mécanique, comme le préservatif, joue un rôle mineur, car ils sont réservés à une petite élite en raison de leur coût. On estime à seulement 16 % la proportion de couples anglais mariés utilisant des moyens de contraception mécaniques avant 1910. La limitation du nombre de naissances apparaît avant tout comme un facteur d'ascension sociale, permettant d'améliorer le niveau de vie du ménage et les chances de la nouvelle génération. L'idée que les parents doivent travailler pour leurs enfants et non l'inverse s'impose progressivement. L'apport des enfants n'est plus d'ordre économique, mais émotionnel.
Les idées néo-malthusiennes gagnent en audience, portées par des personnalités comme Annie Besant et George Bradlaugh en Grande-Bretagne. L'économiste suédois Knut Wicksell estime qu'un ménage devrait avoir un nombre d'enfants correspondant à ses moyens financiers. La plupart des pays d'Europe maintiennent la pénalisation de l'avortement et l'étendent aux méthodes contraceptives, une approche qui se renforce après la Première Guerre mondiale en raison des importantes pertes humaines. La loi du 31 juillet 1920 condamne ainsi, en France, la vente et la diffusion d'informations sur les méthodes anticonceptionnelles.
Ce durcissement n'empêche pas l'avortement de se développer, en particulier dans les pays touchés par la crise de 1929. On estime à un million le nombre d'avortements par an en Allemagne entre 1930 et 1932, soit autant que de naissances. Les politiques s'assouplissent dans de nombreux pays d'Europe, dans un souci de santé publique, l'accent étant mis sur la protection de la maternité et de l'enfance. Cela se traduit par des réformes, comme l'abrogation en Suède en 1938 de la loi anti-contraceptive de 1910, ou par une application moins stricte des législations, comme en Allemagne sous la République de Weimar.
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Évolution des méthodes contraceptives
Le baby-boom, qui se généralise en Europe après la Seconde Guerre mondiale, relègue au second plan la crainte d'une dépopulation. L'Union soviétique libéralise alors de nouveau l'avortement en 1955, un exemple repris progressivement par l'ensemble du bloc de l'Est, mais qui s'achève avec la fin du baby-boom. Dans l'Ouest de l'Europe, l'avortement reste longtemps illégal, mais la pilule fait son apparition dans les années 1960, provoquant une véritable révolution contraceptive. L'Allemagne est le premier pays d'Europe à la légaliser, dès 1961. La France suit en 1967, avec la loi Neuwirth (décrets d'application, en 1971), suscitant de vives critiques de la part de l'Église catholique. Dans l'encyclique Humanae Vitae, publiée le 25 juillet 1968, le pape Paul VI condamne explicitement la contraception.
L'essor de la pilule renforce le débat sur les moyens accessibles en cas d'échec, notamment l'avortement, suscitant une nouvelle opposition entre les gouvernements et les comportements dans la population - le taux de recours à l'IVG restant élevé. Avec le développement des mouvements féministes dans les années 1960 et 1970, plusieurs pays reconnaissent le droit à l'avortement, comme la Grande-Bretagne avec l'Abortion Act de 1967. En France, avec le manifeste paru en France le 5 avril 1971 de 343 femmes reconnaissant avoir avorté, les femmes expriment le souhait de pouvoir disposer librement de leur corps et de choisir le moment d'avoir un enfant. En 1974, la loi Veil autorise enfin l'interruption volontaire de grossesse en France.
Ces différences d'un pays à l'autre se retrouvent également dans les pratiques contraceptives. Si le contrôle des naissances était et reste toujours pour beaucoup un moyen de limiter le risque de déclassement social, il devient pour les femmes un moyen de liberté et d'indépendance. Une fois le processus engagé, aucun pays d'Europe n'est revenu en arrière.
Les différentes méthodes contraceptives
Il existe une variété de méthodes contraceptives, chacune ayant ses propres avantages et inconvénients. Il est essentiel de prendre en compte les besoins, les préférences et les effets négatifs potentiels de chaque personne lors du choix du meilleur contraceptif.
Méthodes de barrière
Les techniques de blocage de la fécondation créent une barrière physique qui empêche les spermatozoïdes d'entrer en contact avec l'ovule. Les préservatifs masculins et féminins, le diaphragme, la cape cervicale et l'éponge contraceptive en sont quelques exemples. Ces techniques présentent plusieurs avantages, notamment l'accessibilité et l'absence d'effets secondaires hormonaux négatifs. Pour être efficaces, elles doivent être utilisées correctement et régulièrement. Les quelques effets négatifs possibles sont généralement dus à des allergies ou à une sensibilité au latex. Attention, seul le préservatif protège des IST (infections sexuellement transmissibles).
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Contraceptifs hormonaux à courte durée d'action
La pilule contraceptive, l'anneau vaginal, le patch cutané et l'injection contraceptive sont des exemples de thérapies hormonales à courte durée d'action qui doivent être administrées régulièrement. Lorsqu'elles sont utilisées correctement, ces techniques offrent une contraception fiable ainsi que des avantages supplémentaires, notamment la régulation des cycles menstruels et la diminution des douleurs menstruelles. Cependant, elles peuvent entraîner des effets secondaires négatifs tels que des nausées, des seins douloureux, des sautes d'humeur ou des saignements irréguliers. La prise quotidienne, hebdomadaire ou mensuelle doit être respectée pour une efficacité maximale. Certains contraceptifs agissent en utilisant des hormones comparables à celles produites naturellement par les femmes, comme les œstrogènes et les progestatifs. Certaines femmes, en particulier celles qui souffrent de problèmes médicaux tels que le cancer du sein, ne devraient pas utiliser de contraceptifs contenant ces hormones.
- La pilule contraceptive : Un comprimé à prendre quotidiennement pendant trois semaines, suivi d'une semaine d'arrêt.
- Le patch contraceptif : Un patch à appliquer sur la peau, à changer chaque semaine pendant trois semaines, suivi d'une semaine sans patch.
- L'anneau vaginal : Un anneau en plastique flexible à insérer dans le vagin, à garder en place pendant trois semaines, suivi d'une semaine sans anneau.
Contraceptifs hormonaux à action prolongée
Les approches hormonales à longue durée d'action, qui comprennent l'implant contraceptif, le dispositif intra-utérin hormonal et les dispositifs intra-utérins au cuivre, entre autres, permettent une contraception prolongée sans nécessiter de surveillance quotidienne. Ces techniques offrent une sécurité durable, une commodité et une grande efficacité. Les traitements hormonaux, en revanche, peuvent entraîner des effets secondaires négatifs tels que des maux de tête, des sautes d'humeur ou des saignements irréguliers. Des interventions chirurgicales mineures sont nécessaires pour leur mise en place ou leur retrait.
- L'implant contraceptif (Nexplanon®) : Un dispositif métallique de la taille d'une allumette, placé sous la peau du bras. Il nécessite une évaluation gynécologique préalable.
- Le dispositif intra-utérin (DIU) : Un petit dispositif en plastique ou en cuivre placé à l'intérieur de l'utérus par un gynécologue. Certains DIU libèrent des petites quantités de progestérone. Les DIU ont une durée de placement entre 5 et 10 ans, en fonction du dispositif employé.
Stérilisation
Pour les personnes ou les couples qui ne veulent plus ou pas avoir d'enfants, les traitements de stérilisation permanente, tels que la ligature des trompes pour les femmes et la vasectomie pour les hommes, offrent une alternative à long terme. Bien que très efficaces, ces opérations doivent être considérées comme permanentes. Les risques potentiels sont une convalescence douloureuse après l'opération, des complications liées à l'intervention et, dans de rares cas, une grossesse extra-utérine. Il est essentiel de comprendre que la stérilisation n'offre pas de protection contre les IST.
- La ligature des trompes : L'électrocoagulation et/ou la coupe des deux trompes de Fallope afin d'empêcher le passage de l'ovule. Cette intervention est réalisée par laparoscopie et requiert une anesthésie générale et quelques heures d'hospitalisation.
- La vasectomie : La coupe des conduits déférents qui permettent aux spermatozoïdes de sortir des testicules. L'intervention a une durée d'entre 15 et 30 minutes et se réalise avec de l'anesthésie générale et sans hospitalisation. Son effectivité n'est pas immédiate, c'est pourquoi il faut vérifier à travers d'un spermogramme que les éjaculations n'ont aucun spermatozoïde.
- L'Essure : Un implant de 40 mm de longueur et 8 mm de diamètre qui se place à l'extrémité proximale des trompes de Fallope à travers d'une hystéroscopie.
Contraception d'urgence
La contraception d'urgence (la pilule du lendemain) n'est pas destinée à remplacer la contraception classique. Mais si vous avez des rapports sexuels non protégés et que votre méthode de contraception est inefficace, c'est une alternative. Pour être efficace, la contraception d'urgence doit être administrée le plus tôt possible après un rapport sexuel non protégé.
Méthodes contraceptives naturelles
Les contraceptions naturelles n’utilisent aucun moyen médical agissant sur le cycle menstruel ou sur l’appareil reproductif. Ces méthodes de contraception sont pour la plupart dérivées de techniques visant à identifier les phases fertiles du cycle dans le but de maximiser les chances de concevoir un enfant. Elles demandent un long temps d’apprentissage et sont contraignantes pour les deux partenaires. La plupart nécessitent d’avoir des cycles réguliers et ne sont donc pas adaptées aux adolescentes ou aux femmes en périménopause. De nombreuses femmes rejettent les méthodes de hormonales et ont recours à des méthodes de contraception dites « naturelles » dont l’efficacité est souvent moins élevée que celle des méthodes médicalisées. En effet, la plupart des méthodes ont des risques d'échec plus élevés que les méthodes médicalisées notamment en raison de nombreux facteurs (stress, fatigue, troubles du sommeil) qui peuvent décaler la période d’ovulation.
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- Sensibilisation à la fertilité : Les méthodes de connaissance de la fertilité sont des stratégies permettant de suivre son cycle menstruel et ses jours de fertilité afin d'éviter de tomber enceinte.
- Retrait : En empêchant le sperme de pénétrer dans le vagin, le retrait, prévient la grossesse.
- Méthode Mama : La technique de l'aménorrhée de lactation est un autre nom donné à l'allaitement maternel en tant que stratégie de contrôle des naissances.
Les différentes méthodes naturelles en détail
- L'abstinence périodique (ou "méthode Ogino-Knaus" ou "méthode du calendrier") : Il s’agit de l’une des méthodes naturelles les moins efficaces, car elle ne tient pas compte de la physiologie du cycle féminin. Elle repose sur l'hypothèse fausse que l'ovulation a toujours lieu au même moment.
- La méthode des jours fixes : Une méthode reposant sur le comptage des jours du cycle dans le but de repérer la période fertile. Les rapports vaginaux doivent être évités du 8 au 19ème jour du cycle.
- La méthode des deux jours : Une méthode basée sur l'observation de la glaire cervicale. Les rapports vaginaux sont possibles uniquement s'il n'y a pas eu de glaire la veille et le jour J.
- La méthode d'observation de la glaire cervicale : Repose sur l'observation quotidienne de la glaire cervicale.
- La méthode symptothermique : Repose sur la surveillance quotidienne de la glaire cervicale, de la température basale et la palpation du col de l'utérus.
- La méthode MAMA ou méthode de l'allaitement exclusif et de l'aménorrhée : Repose sur l'effet contraceptif de la prolactine sécrétée pendant l'allaitement. Il est nécessaire cependant de remplir trois conditions pour utiliser cette méthode : être dans les six premiers mois qui suivent la naissance ; être en aménorrhée ; effectuer un allaitement complet ou quasi-complet.
- La méthode du retrait ou méthode du coït interrompu : Consiste à éviter le contact entre le sperme et le vagin de la femme lors d'un rapport vaginal.
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