L'allaitement maternel est largement reconnu pour ses nombreux avantages tant pour le bébé que pour la mère. Cependant, certaines conditions médicales et traitements peuvent rendre l'allaitement contre-indiqué. Cet article vise à fournir une vue d'ensemble complète des contre-indications à l'allaitement maternel, en particulier en ce qui concerne l'utilisation de médicaments, et offre des conseils pratiques pour gérer ces situations.

Contre-indications chez le nouveau-né

Dans de rares cas, l'allaitement maternel peut être contre-indiqué chez le nouveau-né. La seule contre-indication totale et définitive est la galactosémie congénitale, une maladie métabolique rare qui empêche le bébé d'assimiler le lactose. Dans ce cas, le lait maternel, ainsi que tous les laits infantiles classiques, sont à proscrire.

En cas de phénylcétonurie, un autre trouble métabolique, l'allaitement est possible à condition de compléter l'alimentation du bébé avec un lait en poudre spécifique sans phénylalanine.

Par ailleurs, certaines malformations de la bouche, telles que la fente labiale ou palatine, peuvent rendre la tétée difficile, mais ne constituent pas une contre-indication absolue.

Contre-indications chez la mère

Les contre-indications à l'allaitement maternel chez la mère sont relativement rares. Cependant, l'allaitement est déconseillé dans les cas suivants :

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  • Maladies cardio-vasculaires, rénales ou respiratoires sévères : L'allaitement peut aggraver l'état de santé de la mère.
  • Infection par le VIH : En raison du risque de transmission du virus à l'enfant, l'allaitement est formellement contre-indiqué. Il est à noter que des études ont montré que le chauffage du lait maternel à 62,5°C pendant 30 minutes détruit les virus, permettant potentiellement au bébé de recevoir le lait maternel ainsi traité.
  • Certaines infections bactériennes : La listériose, la gonococcie, les infections à salmonelles ou les infections à streptocoques peuvent nécessiter un sevrage temporaire et une séparation de la mère et de l'enfant. La reprise de l'allaitement est possible après 24 heures de traitement ou lorsque les examens confirment l'absence de contamination du lait.
  • Herpès avec lésions sur un sein : Il est impératif d'éviter tout contact entre le bébé et les lésions, surtout si l'enfant a moins d'un mois. Cependant, l'administration de lait tiré du sein affecté ou l'allaitement avec l'autre sein ne présentent aucun danger.
  • Traitement d'un cancer par chimiothérapie : La chimiothérapie est une contre-indication à l'allaitement en raison du risque de toxicité pour le nourrisson.

Médicaments et allaitement : ce qu'il faut savoir

Contrairement à une idée répandue, très peu de médicaments sont réellement incompatibles avec l'allaitement maternel. En moyenne, le bébé reçoit au maximum 1 % de la dose du traitement ingéré par sa mère. Les médicaments problématiques sont ceux qui restent longtemps dans la circulation sanguine, entraînant un risque d'accumulation.

Principes généraux

  • Évaluation bénéfice/risque : Pendant l'allaitement, le bénéfice d'un traitement pour la mère doit être supérieur au risque encouru par le nouveau-né.
  • Choix du médicament : Le médecin privilégiera les médicaments dont le passage dans le lait est limité et dont l'élimination par la mère est rapide.
  • Horaire de prise : Il est préférable de prendre le médicament juste après une tétée pour minimiser sa présence dans le lait au moment de la tétée suivante. Cette règle est particulièrement valable pour les médicaments à élimination rapide.
  • Adaptation des horaires de tétée : Le médecin peut conseiller d'adapter les horaires de tétée pour que l'enfant tète lorsque le médicament est le moins présent dans le lait.
  • Durée du traitement : Si le traitement est de courte durée, un lait de substitution peut être utilisé temporairement.

Ressources et conseils

  • Consulter un professionnel de santé : Il est essentiel de se renseigner auprès d'un médecin compétent, d'un consultant en lactation ou de la Leche League pour trouver les médicaments les plus adaptés.
  • Le CRAT (Centre de Référence sur les Agents Tératogènes) : Cet organisme recense les données disponibles sur l'usage des médicaments pendant la grossesse et l'allaitement et met à disposition des informations validées sur les médicaments compatibles avec l'allaitement.
  • Demander conseil à son pharmacien : Le pharmacien peut orienter vers des médicaments sans ordonnance et donner des conseils d'hygiène et de diététique.

Médicaments à surveiller

  • Codéine : Bien que généralement présente à faibles doses dans le lait maternel, certaines femmes métabolisent la codéine en morphine de manière excessive, ce qui peut entraîner une toxicité chez l'enfant (somnolence, difficulté à téter, pauses respiratoires).
  • Médicaments diminuant la sécrétion de lait : Les diurétiques et les dérivés de l'ergot de seigle (bromocriptine, cabergoline) sont contre-indiqués pendant l'allaitement car ils freinent la production de lait.
  • Terpènes : Les terpènes (camphre, eucalyptus, lévomenthol) peuvent donner un goût particulier au lait.

Précaution

Il est crucial de ne jamais prendre de médicament, de complément alimentaire ou de produits à base de plantes de sa propre initiative pendant l'allaitement.

Alcool, tabac et drogues

  • Alcool et tabac : Il est conseillé de limiter leur consommation. Il est préférable de donner le sein avant de consommer de l'alcool ou de fumer, plutôt qu'après.
  • Drogues : La consommation de drogues, en particulier le cannabis, est formellement contre-indiquée pendant l'allaitement.

Hospitalisation et allaitement

Une hospitalisation ne nécessite pas forcément l'arrêt de l'allaitement. Il est possible de garder son bébé avec soi ou de le faire venir régulièrement pour la tétée. Si ce n'est pas possible, il est important de tirer son lait pour entretenir la lactation et éviter un engorgement.

Contraception et allaitement

Les pilules estroprogestatives ne sont pas recommandées pendant les 6 premiers mois après l'accouchement. Les progestatifs (pilule progestative microdosée ou implant sous-cutané) sont une alternative compatible avec l'allaitement.

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