La vitamine D est essentielle à la croissance et au développement des enfants, jouant un rôle crucial dans l'absorption du calcium et du phosphore, contribuant ainsi à la solidité des os et des dents. Cependant, la supplémentation en vitamine D chez les nourrissons nécessite une attention particulière, car un surdosage peut entraîner des complications graves. Cet article vise à informer les parents sur les risques associés aux compléments alimentaires en vente libre, les alternatives plus sûres comme ZymaD, et les facteurs à considérer pour une supplémentation appropriée en vitamine D chez les nourrissons.
Importance de la vitamine D et risques liés aux compléments alimentaires
La vitamine D est indispensable à la croissance des enfants, car elle intervient dans l'absorption du calcium et du phosphore ainsi que sur la fixation du calcium sur les os (la minéralisation). Elle est indispensable à la croissance durant la petite enfance. Une carence en vitamine D augmente le risque de fracture (en raison d'une ostéoporose) et serait associée à un risque plus important de maladies cardiovasculaires. La carence en vitamine D majore le risque de diabète de type I et II, de scléroses en plaque, de polyarthrite rhumatoïde, et d'au moins 15 cancers différents (cancer du sein, des ovaires, de la prostate, du poumon, colorectal…). La vitamine D semble agir sur le système immunitaire. Elle aurait également un rôle protecteur vis-à-vis des allergies.
L’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) renouvelle son avertissement : supplémenter un nourrisson en vitamine D à l’aide de compléments alimentaires en vente libre n’est pas dénué de risque. La concentration des gouttes est mal connue, variable selon les produits. Un surdosage est vite arrivé, avec des conséquences potentiellement sérieuses : sous l’action de la vitamine D, le calcium assimilé peut atteindre des taux sanguins trop élevés, au point de compromettre le fonctionnement normal des reins. En 2020, rapporte l’ANSM, deux cas graves d’intoxication ont été signalés suite à l’utilisation d’un complément acheté sur Internet, dont chaque goutte contenait 10 000 UI (unité internationale, soit 0,025 microgramme) de vitamine D. La dose journalière recommandée chez les enfants sans problème de santé est de… 400 UI. Il est facile de trouver sur Internet, notamment sur les sites des pharmacies en ligne, des flacons affichant sans complexe 1 000 UI. Prudence donc, les arguments misant sur le « naturel », le « végétal » ou encore le foie de morue ne doivent pas endormir la vigilance ni faire oublier les effets indésirables possibles.
Médicaments avec autorisation de mise sur le marché (AMM) : Une option plus sûre
Afin d’assurer leurs besoins en toute sécurité, l’ANSM conseille de s’en tenir aux médicaments ayant une autorisation de mise sur le marché (AMM), prescrits par les médecins et délivrés sur ordonnance. Avantage, ces spécialités disposent, contrairement aux compléments alimentaires, d’une notice conçue pour cadrer l’usage quotidien. Trois sont actuellement disponibles sous forme de gouttes pour les plus petits : Adrigyl, Deltius et ZymaD. Il convient de s’assurer avec le médecin qui prescrit que le nombre de gouttes donné correspond bien aux apports recherchés.
L’ANSM veut aussi rassurer les personnes qui se méfient des excipients mis en œuvre dans ces médicaments et qui, pour cette raison, préfèrent les compléments alimentaires, dont la composition paraît plus sûre. Il semble que les médicaments cités ne posent pas de problème sérieux de sécurité. L’Adrigyl peut rebuter à cause de la saccharine (édulcorant puissant soupçonné de perturber le microbiote) ou du butylhydroxytoluène (BHT), que nous estimons tolérable aux doses journalières limites, mais soupçonné d’être un perturbateur endocrinien. Dans ce cas, il est possible de se reporter vers les deux autres spécialités, qui semblent au-dessus de tout soupçon.
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ZymaD : Posologie, utilisation et alternatives
ZymaD, solution buvable en gouttes, est un médicament utilisé dans la prévention et le traitement des carences en vitamine D. Dans le cas d’un traitement, prendre 7 à 13 gouttes par jour pendant 4 à 6 mois ou 14 à 26 gouttes par jour pendant 1 à 2 mois, jusqu'au retour à la normale de la calcémie et de la phosphorémie, en surveillant la calciurie pour éviter un surdosage. En traitement, consommer 7 à 66 gouttes par jour jusqu'au retour à la normale de la calcémie et de la phosphorémie, en surveillant la calciurie pour éviter un surdosage. Une hypercalcémie pendant la grossesse pourrait être néfaste pour l'enfant à naître.
Posologie et mode d'administration de ZymaD
Population pédiatrique :
- Prématuré : 2 à 3 gouttes par jour pendant le séjour en unités de soins intensifs néonatals, en prenant en compte la teneur en vitamine D dans le lait et la nutrition parentérale, la supplémentation en vitamine D pendant la grossesse et le poids à la naissance.
- Enfant de 0 à 18 ans : 1 à 2 gouttes par jour chez les enfants en bonne santé. 3 à 4 gouttes par jour chez les enfants âgés de 2 à 18 ans en cas de disponibilité réduite de la vitamine D (obésité, peau pigmentée, absence d'exposition au soleil) ou d'un apport réduit (régime végétalien).
- Enfant et adolescent avec une pathologie digestive : 2 à 6 gouttes par jour
- Enfant et adolescent recevant des anti-convulsivants : 5 à 6 gouttes par jour
- Traitement de la carence : 7 à 13 gouttes par jour pendant 4-6 mois ou 14 à 26 gouttes par jour pendant 1-2 mois, jusqu'au retour à la normale de la calcémie et de la phosphorémie, en surveillant la calciurie pour éviter un surdosage. Ne pas dépasser une dose totale de 600 000 UI par an.
Femme enceinte ou allaitante : Traitement de la carence : la dose recommandée peut aller jusqu'à 7 gouttes voire 13 gouttes par jour.
Adulte et sujet âgé :
- Prophylaxie : 2 à 3 gouttes par jour.
- Traitement de la carence : 7 à 66 gouttes par jour jusqu'au retour à la normale de la calcémie et de la phosphorémie, en surveillant la calciurie pour éviter un surdosage. Ne pas dépasser une dose totale de 600 000 UI par an.
Mode d'administration : Voie orale. Le contenu des gouttes en flacon peut être pris pur dans une petite cuillère ou mélangé dans un aliment liquide ou semi-liquide.
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Contre-indications de ZymaD
- Hypersensibilité à la substance active ou à l'un des excipients
- Hypercalcémie, hypercalciurie, lithiase calcique
- Hypervitaminose D
- Néphrocalcinose
- Pathologie et/ou conditions entraînant une hypercalcémie et/ou une hypercalciurie
Interactions médicamenteuses et précautions d'emploi
Il est important de prendre en compte les interactions médicamenteuses potentielles de ZymaD avec d'autres substances, notamment les anticonvulsivants inducteurs enzymatiques, les glucocorticoïdes, les résines chélatrices et la rifampicine. Une surveillance accrue est nécessaire chez les patients sous digoxine ou diurétiques thiazidiques.
Pour éviter tout surdosage, tenir compte de l'apport total en vitamine D toutes sources confondues, qu'il s'agisse de sources nutritionnelles, d'autres supplémentations contenant déjà cette vitamine, ou en cas d'utilisation de lait supplémenté en vitamine D, ainsi que des médicaments susceptibles d'interagir avec ZYMAD 10 000 UI/ml, solution buvable en gouttes.
Effets indésirables et surdosage
Un surdosage aigu ou chronique en vitamine D peut entraîner une hypervitaminose D. L'intoxication médicamenteuse par la vitamine D peut provoquer des taux anormalement élevés de calcium dans le sang, ce qui peut finir par endommager gravement les tissus mous et les reins.
Les signes cliniques d'un surdosage incluent : céphalées, asthénie, anorexie, amaigrissement, arrêt de croissance, état confusionnel, douleurs osseuses, faiblesse musculaire, nausées, vomissements, constipation, douleurs abdominales, polyurie, polydipsie, déshydratation, soif, hypertension artérielle, lithiase calcique, calcifications tissulaires, insuffisance rénale, calculs rénaux, arythmie cardiaque.
En cas de surdosage, il est impératif de cesser l'administration de vitamine D, réduire les apports calciques et augmenter la diurèse. Dans les cas d'hypercalcémie sévères, une hyperhydratation et un traitement avec des diurétiques, des bisphosphonates, de la calcitonine et des glucocorticoïdes peuvent être nécessaires.
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Alternatives à ZymaD et considérations importantes
Certains parents se tournent vers des alternatives comme Pediakid ou Ergy D, souvent en raison de préoccupations concernant les coliques ou les excipients présents dans ZymaD. Cependant, il est crucial de comprendre que ces produits sont des compléments alimentaires et non des médicaments, ce qui signifie qu'ils ne sont pas soumis aux mêmes normes de contrôle et de qualité que les médicaments sur ordonnance.
Pediakid
Pediakid est un complément alimentaire qui nécessite une dose plus importante (6 gouttes pour atteindre les 1200 UI recommandés par jour contre 4 pour Zyma D). Il est difficile de recommander un passage à Pediakid sans plus de renseignements sur l'alimentation du bébé. Il est important de noter que les bébés sous Zyma D ne souffrent pas plus de coliques que les bébés sous Pediakid.
Ergy D
Ergy D est un autre complément alimentaire à base de vitamine D3. Il n'a cependant pas été évalué pour la supplémentation en vitamine D du nourrisson. La posologie de 1 goutte par jour soit 200 UI de vitamine D3 est insuffisante pour couvrir les besoins en vitamine D du nouveau-né.
Coliques du nourrisson et vitamine D
Il est important de noter que les bébés sous Zyma D ne souffrent pas plus de coliques que les bébés sous Pediakid. Pour les coliques du nourrissons, un trouble bénin des trois premiers mois, qui existe essentiellement dans les pays dites développés, il est conseillé de retenir la phase de l’attachement des premiers 4-6 mois, en privilégiant le portage, les câlins et le peau-à-peau.
Recommandations générales
- Consultez toujours un médecin : Avant de commencer ou de modifier la supplémentation en vitamine D de votre enfant, consultez un professionnel de santé.
- Respectez les doses prescrites : Suivez scrupuleusement les recommandations de votre médecin concernant la posologie et le mode d'administration.
- Soyez vigilant avec les compléments alimentaires : Les compléments alimentaires ne sont pas soumis aux mêmes contrôles que les médicaments. Privilégiez les médicaments avec AMM pour une supplémentation plus sûre.
- Surveillez les signes de surdosage : Soyez attentif aux symptômes pouvant indiquer un surdosage en vitamine D et consultez rapidement un médecin en cas de doute.
- Ne confondez pas les produits : Rangez les flacons de vitamine D séparément des autres produits, comme les huiles essentielles, pour éviter toute confusion.
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