La contraction musculaire est un processus fondamental qui permet le mouvement et le maintien de la posture. Ce phénomène complexe, impliquant une cascade d'événements cellulaires et moléculaires, transforme l'énergie chimique en énergie mécanique. Cet article explore en détail les mécanismes de la contraction musculaire, en mettant l'accent sur le rôle de l'ATP, du calcium, des protéines contractiles et des structures cellulaires impliquées.

Introduction

La contraction musculaire est essentielle à la vie, permettant une vaste gamme d'activités allant de la marche à la respiration. Comprendre les mécanismes qui sous-tendent ce processus est crucial pour appréhender la physiologie humaine et les pathologies musculaires.

Structure du Muscle Squelettique

Le muscle squelettique, responsable des mouvements volontaires, est un assemblage complexe de cellules musculaires spécialisées dans la contraction. Il est constitué de faisceaux de fibres musculaires, reliés aux os par des tendons. La contraction du muscle squelettique entraîne un raccourcissement qui engendre un mouvement des os. Les muscles squelettiques sont attachés de manière solide aux os par des tendons. La contraction d'un muscle s'accompagne donc du mouvement des os. La contraction d'un muscle doit s'accompagner du relâchement du muscle antagoniste.

La Cellule Musculaire Striée: Une Cellule Spécialisée

Les cellules musculaires, ou fibres musculaires, sont des cellules allongées disposées en faisceaux. Elles possèdent un cytoplasme riche en protéines, organisées en myofilaments épais (myosine) et fins (actine). Ces myofilaments sont organisés en une unité structurale appelée sarcomère. Les myofibrilles sont entourées d'un réticulum assurant le stockage du calcium. Le cytoplasme est riche en mitochondries, organites producteurs d'énergie.

Les cellules musculaires squelettiques présentent une striation transversale caractéristique, constituée par l'alternance de bandes claires (bandes I) et de bandes sombres (bandes A). Cette alternance est liée à la disposition des myofilaments d'actine et de myosine.

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Le Sarcomère: Unité Fonctionnelle Contractile

Le sarcomère est la portion de myofibrille délimitée par deux stries Z successives. La disposition particulière des myofilaments est à l'origine de la striation des myofibrilles et des cellules. Le cytoplasme des cellules musculaires est très riche en mitochondries, organites producteurs d'énergie, sous forme de molécules d'ATP (adénosine triphosphate).

Mécanismes de la Contraction Musculaire

La contraction musculaire est un processus complexe qui nécessite une stimulation nerveuse, des interactions entre les myofilaments et le calcium, ainsi qu'une consommation d'énergie.

La Synapse Neuromusculaire

La transmission des ordres de contraction du nerf au muscle s'effectue au niveau d'une zone de communication chimique : la synapse neuromusculaire ou plaque motrice. Il s'agit d'une synapse chimique à acétylcholine qui agit sur des récepteurs spécifiques. La fixation du neurotransmetteur génère un potentiel d'action musculaire responsable de l'élévation du taux de calcium dans la cellule musculaire.

Le fonctionnement de la synapse neuromusculaire suit la chronologie suivante :

  1. Arrivée du potentiel d'action à l'extrémité du neurone moteur.
  2. Entrée de calcium dans l'extrémité du neurone.
  3. Déclenchement de la sécrétion par exocytose de l'acétylcholine.
  4. Diffusion de l'acétylcholine et fixation de cette dernière sur des récepteurs membranaires spécifiques de la cellule musculaire.
  5. Déclenchement d'un potentiel d'action musculaire.
  6. Augmentation de la concentration intracellulaire en calcium (par libération des stocks de calcium du réticulum essentiellement).
  7. Déclenchement de la contraction par mise en activité d'interactions entre les myofilaments.

Le Rôle du Calcium

Lorsque la cellule musculaire a reçu un ordre de contraction, le taux de calcium cytoplasmique augmente. Le calcium interagit avec les protéines des myofilaments. Les liaisons entre myofilaments épais et myofilaments fins et leurs glissements entraînent le raccourcissement des sarcomères et la contraction des cellules. Le relâchement se produit lorsque le taux de calcium revient à sa valeur initiale.

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Le Glissement des Filaments et l'ATP

La contraction est obtenue sans raccourcissement des myofilaments, mais par un glissement des myofilaments fins par rapport aux myofilaments épais. Ce sont les sarcomères qui se raccourcissent, donc les myofibrilles et, finalement, les cellules musculaires. Outre le calcium, la contraction musculaire nécessite de l'ATP. La contraction musculaire nécessite du calcium et de l'énergie.

La contraction se déroule en plusieurs phases :

  1. L'ATP se fixe sur la tête de myosine qui est fixée à l'actine. Cette fixation permet de libérer la tête de myosine de l'actine.
  2. L'ATP est hydrolysée en ADP (adénosine diphosphate) et phosphate inorganique (Pi) qui restent fixés sur la tête de myosine, ce qui libère de l'énergie. Cette énergie permet le redressement de la tête de myosine.
  3. La tête de myosine se fixe sur l'actine.
  4. L'ADP et le Pi sont libérés, ce qui entraîne un basculement de la tête de myosine. Ce basculement provoque le déplacement du filament d'actine qui glisse entre les filaments de myosine : c'est la contraction.

L'ensemble de ces phénomènes se poursuit tant que la concentration cytoplasmique en calcium reste élevée. Dès que cette concentration décroît (lorsque le calcium est repompé dans le réticulum endoplasmique), la contraction cesse. On parle alors de relâchement.

Le Rôle de l'ATP

La contraction d’un muscle squelettique, à l’origine d’un mouvement volontaire, nécessite un travail cellulaire. Les cellules musculaires effectuent ce travail en transformant l’énergie chimique des molécules organiques en énergie mécanique. L’ATP ou adénosine triphosphate est composée d’une base azotée (l’adénine), d’un sucre à 5 carbones (ribose) et de trois groupements phosphate (H3PO4). L’hydrolyse de l’ATP (de la dernière liaison phosphate) en un ADP (adénosine diphosphate) et un phosphate inorganique Pi, libère de l’énergie à raison de 30.5 kJ.mol-1 : on parle de réaction exergonique. Ainsi, le corps humain ne contient à chaque instant qu'environ 250 g d'ATP mais consomme et régénère chaque jour l’équivalent de son propre poids en cette molécule énergétique. Le raccourcissement des sarcomères est donc dû à un cycle de liaison-dissociation entre actine et myosine associé à des changements de conformation des têtes de myosine. Ce cycle se produit tant que de l’ATP est disponible et que la concentration en Ca2+ est élevée (au moins 1 μmol.L-1), celui-ci étant nécessaire pour démasquer les sites de liaison situés dans les molécules d'actine.

Protéines Clés de la Contraction Musculaire

Plusieurs protéines jouent un rôle crucial dans la contraction musculaire.

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Actine et Myosine

Les myofibrilles sont composées de filaments épais (composés de myosine) et de filaments fins (composés d’actine, de troponine et de tropomyosine). L’actine monomérique (ou actine G pour Globulaire) est une molécule globulaire de 42 kDa pouvant polymériser pour former des filaments (actine F pour Filamenteuse). Les filaments d’actine sont composés de deux chaînes linéaires qui s’enroulent l’une autour de l’autre pour former une double hélice. La myosine II est une molécule allongée de 2 × 240 kDa composée de deux chaînes lourdes (environ 200 kDa chacune) et de quatre chaînes légères (environ 20 kDa chacune). Chaque chaîne lourde est constituée d’une queue C-terminale allongée et fibrillaire en hélice alpha, d’une tête globulaire N-terminale enzymatique à activité ATPasique associée à deux chaînes légères, et d’un domaine cervical déformable reliant les deux extrémités. Tête globulaire et partie cervicale forment la méromyosine lourde, la partie fibrillaire caudale formant la méromyosine légère. Les queues allongées de deux chaînes lourdes de myosine s’enroulent l’une autour de l’autre en une superhélice, les deux têtes globulaires se trouvant côte à côte. Plusieurs centaines de molécules de myosine II s’assemblent pour former un filament épais. Les parties caudales de ces molécules sont rassemblées parallèlement. Les têtes globulaires dépassent en périphérie de ce filament et sont donc disponibles pour pouvoir se fixer aux filaments d’actine. Les molécules de myosine étant disposées en deux groupes tête-bêche, la partie centrale du filament (correspondant à la strie M) est dénudée, c’est-à-dire dépourvue de tête globulaire.

Troponine et Tropomyosine

En effet, le filament d’actine est maintenu stable par 2 protéines : la tropomyosine très longue qui enserre les filaments d’actine et des complexes de troponine. Ces derniers masquent les sites de liaison de la myosine avec l’actine. La tropomyosine est une protéine allongée homodiégétique ou hétérodimèrique, chaque monomère étant constitué de 284 acides aminés adoptant une structure en hélice alpha s’enroulant l’une autour de l’autre pour former une super-hélice. Elle va se lier à l’actine en se logeant au creux des sillons de la double hélice formée par l’actine. À chaque extrémité d’une molécule de tropomyosine, soit un intervalle correspondant à 7 molécules d’actine, une molécule de troponine vient se lier avec la tropomyosine. La troponine est une molécule composée de 3 chaînes respectivement dénommées troponine-T, troponine-I et troponine-C.

Couplage Excitation-Contraction

L’évènement déclenchant de la contraction musculaire est une augmentation de la concentration intracellulaire en calcium. Au repos, cette concentration est d’environ 0,1 μmol.L-1. Lors d’une stimulation, cette concentration peut grimper jusqu’à 0,1 mmol.L -1 soit une augmentation d’un facteur 1000. Le couplage excitation - contraction correspond aux mécanismes permettant cette forte augmentation. L’arrivée d’un potentiel d’action dans la terminaison nerveuse d’un neurone moteur déclenche la libération du neuromédiateur (de l’acétylcholine) dans la fente synaptique. Après diffusion dans l’espace inter synaptique, l’acétylcholine va se lier à son récepteur spécifique, le récepteur nicotinique de l’acétylcholine. Celui-ci est un récepteur canal cationique ouvert par la présence de son ligand. Son ouverture entraîne la dépolarisation locale de la membrane post-synaptique musculaire (pour plus de détails sur fonctionnement de la synapse cholinergique, voir cette animation). Le potentiel de plaque excitateur ainsi généré va provoquer la naissance d’une vague de dépolarisation propagée sur tout le sarcolemme (membrane plasmique musculaire) correspondant à un potentiel d’action musculaire. Cette propagation est due à l’ouverture de canaux sodiques et calciques voltages dépendants selon un décours temporel précis. Les canaux calciques impliqués sont les canaux de type L, également appelés récepteurs aux dihydropyridines (DHPR), qui ont comme caractéristique d’être à inactivation lente (d’où le nom de canaux de type L, pour Late). Par ailleurs, la vague de dépolarisation pénètre au cœur de la cellule par l’intermédiaire des tubules transverses. Or, ceux-ci sont au voisinage immédiat des citernes terminales du réticulum sarcoplasmique au niveau des triades (voir fig. 4) : les deux membranes sont distantes d’environ 15 nm. Dans la membrane des citernes terminales du réticulum sarcoplasmique, on trouve le récepteur à la ryanodine (RyR1). Cette protéine est un canal calcique ayant une forme de trèfle à quatre feuilles qui arrive presque au contact de la membrane des tubules transverses. La dépolarisation de la membrane et l’augmentation de la concentration intracellulaire en calcium, due à l’ouverture des DHPR, va entraîner l’ouverture du RyR. Ce couplage, dont on ne connaît pas encore toutes les subtilités, fait intervenir une interaction directe entre le DHPR activé par la dépolarisation de la membrane et le RyR. Cette interaction, va entraîner l’ouverture du RyR, ouverture qui est également favorisée par le calcium et l’ATP. Cela dit, ce résultat est obtenu même en absence de calcium extracellulaire, montrant que la seule dépolarisation de la membrane plasmique suffit à provoquer l’ouverture du RyR. Dans la lumière du réticulum sarcoplasmique, le calcium est stocké à des concentrations pouvant atteindre 1 mmol.L-1. Il est en particulier lié à la calséquestrine, une protéine soluble spécifiquement localisée dans les citernes terminales du réticulum sarcoplasmique, qui est capable de lier à basse affinité un nombre important d’ions calcium (50 ions calcium par molécule de calséquestrine). Or, calséquestrine et RyR sont reliés par de la triadine, une protéine soluble. Cette organisation permet un stockage local d’importantes quantités de calcium.

Raccourcissement des Sarcomères

La contraction musculaire correspond à un raccourcissement des sarcomères dû au glissement relatif des filaments d’actine et de myosine : les deux disques Z délimitant un sarcomère se rapprochent l’un de l’autre. Ce phénomène se produisant simultanément pour tous les sarcomères de la cellule, il en résulte un raccourcissement global de la cellule musculaire selon l’axe longitudinal.

Lorsque la troponine C n’est pas liée à du calcium (et en présence de troponine T et de tropomyosine), la troponine I inhibe l’interaction actine-myosine en faisant occuper par la tropomyosine le site d’interaction de la myosine situé sur l’actine. La liaison de calcium sur la troponine C entraîne un changement de conformation de la troponine, ce qui déplace légèrement la tropomyosine qui lui est liée, démasquant ainsi les sites de liaison actine-myosine. La suite des évènements peut, en première approximation, être découpée en quatre étapes. Au repos, la myosine est couplée à de l’ADP et du phosphate inorganique (Pi). Le départ du phosphate inorganique, puis de l’ADP, va stabiliser la liaison actine-myosine et entraîner un changement de conformation de la myosine. L’angle que fait la tête de myosine avec la queue allongée va diminuer de 90° à 45°. Myosine et actine étant liées, ce changement de conformation va entraîner un mouvement relatif entre filaments fins et filaments épais. Enfin l’hydrolyse de cet ATP en ADP + Pi entraîne un changement de conformation de la myosine : l’angle formé par la tête et la queue de myosine revient à sa valeur initiale. Le raccourcissement des sarcomères est du à un cycle de liaison-dissociation entre actine myosine associé à des changements de conformation de la myosine. Ce cycle peut se reproduire aussi longtemps que la concentration en calcium reste élevée. A chaque fois, la myosine se fixe une peu plus près de l’extrémité « plus » du filament d’actine, c’est-à-dire plus près du disque Z. Comme la même chose se produit à l’autre extrémité du filament de myosine, les deux disques Z se rapprochent, ce qui correspond à un raccourcissement du sarcomère.

En résumé, la suite linéaire d’évènements généralement présentée (voir fig. L’augmentation de la concentration en calcium intracellulaire ne dure que quelques millisecondes. On estime que le temps nécessaire pour ramener le taux de calcium intracellulaire à sa valeur de repos est de l’ordre de 30 ms. La concentration en calcium diminuant, on a dissociation du calcium lié à la troponine C, ceci entraînant le rétablissement de l’inhibition exercée par la troponine I sur la liaison actine-myosine.

Pathologies Musculaires: La Myopathie de Duchenne

Des maladies, telles que la myopathie de Duchenne, peuvent être la conséquence de défauts héréditaires dans la structure des muscles. La myopathie de Duchenne est une maladie génétique provoquant une dégénérescence musculaire. C’est une maladie héréditaire entraînant l'absence de fabrication d'une protéine musculaire.

Causes et Symptômes

La myopathie de Duchenne est une maladie héréditaire par transmission gonosomique (X) récessive. Les garçons sont quasi exclusivement atteints avec environ 1 naissance masculine sur 4 000. Cela conduit à un apprentissage retardé de la marche, des chutes nombreuses et des difficultés pour se relever. Il y a une perte de motricité vers l’âge de 10 ans. Le myocarde est aussi touché (atrophie après 3 ans), comme les muscles lisses impactant le fonctionnement digestif. Des études chez des souris atteintes montrent une fatigabilité musculaire : au bout de six cycles de contraction, le muscle ne se contracte plus chez les souris mutées, alors que chez les souris sauvages témoins, le muscle se contracte encore à plus de 60% de sa force initiale.

Le mode de transmission de cette maladie génétique est dit récessif et lié au gène DMD du chromosome X. Cela signifie que la maladie se déclare chez les individus n'ayant pas d'allèle fonctionnel pour ce gène. Les hommes n'ayant qu'un seul chromosome X, ils ne possèdent qu'un seul allèle : tous les hommes porteurs d'une mutation délétère de ce gène sont donc atteints. Les femmes ont deux chromosomes X . L’espérance de vie étant faible, peu d’individus atteints transmettent l’allèle muté.

Mécanismes Moléculaires

La présence de l'allèle anormal sans l'allèle normal empêche la fabrication d'une protéine du muscle : la dystrophine. Celle-ci permet habituellement l'ancrage de la cellule musculaire dans la matrice extracellulaire, indispensable à la cohésion du muscle et donc à son bon fonctionnement. Cette matrice extracellulaire est constituée par diverses molécules qui assurent le lien entre les cellules d'un même tissu. Si la cohésion cellulaire n'est plus assurée, le tissu se dégrade. Sans la dystrophine, les cellules musculaires finissent par disparaître.

Des études histologiques et moléculaires poussées montrent que la myopathie de Duchenne est due à un déficit en une protéine du cytosquelette : la dystrophine. En effet, les fibres de collagène de la matrice extracellulaire sont reliées à un complexe protéique membranaire lui-même relié au cytosquelette situé sous la membrane plasmique. Ces protéines de cytosquelette sont des filaments de dystrophine eux-mêmes associés à des filaments d’actines reliés aux myofibrilles. Ainsi chez les individus myopathes, l’absence de dystrophine entraîne une perturbation du lien entre le cytosquelette, la membrane et la matrice extracellulaire, ce qui abîme les cellules musculaires à chaque contraction. Leur membrane se déchire laissant s’échapper des enzymes de type créatine kinase et entrer du Ca2+. En présence de dystrophine défectueuse, la répétition des cycles de contraction/relâchement endommage les cellules musculaires.

Perspectives Thérapeutiques

Malgré des essais de thérapie génique (le principe étant de remplacer le gène défectueux par une version fonctionnelle), il n'existe pas de traitement pour cette maladie. La transgénèse serait un espoir thérapeutique. Une autre voie de recherche, dite « technique du saut d’exon », envisage de forcer l’épissage de l’exon muté de l’ARN codant pour la dystrophine (c’est cette mutation qui empêche de synthétiser correctement la dystrophine).

Modulation de la Contraction Musculaire

L’intensité de la contraction d’un muscle varie selon l’importance du raccourcissement des cellules musculaires qui le constituent : on parle de modulation de la contraction musculaire. Chaque cellule musculaire est commandée par un neurone moteur qui intègre des messages nerveux d’origines multiples.

Mécanismes Nerveux

Dans les conditions physiologiques, la contraction des cellules d’un muscle est déclenchée uniquement par les messages nerveux des motoneurones qui les innervent. La contraction de la cellule musculaire est modulée par la fréquence des potentiels d’action du message nerveux moteur. La cellule musculaire traduit fidèlement dans sa contraction l’information véhiculée par le message nerveux moteur.

Des axones de neurones variés établissent un contact synaptique avec le corps cellulaire et les dendrites d’un motoneurone médullaire. Ce sont par exemple les axones des neurones moteurs du cortex, qui émettent des messages nerveux « volontaires », ou ceux de neurones sensoriels en relation avec des récepteurs périphériques (fuseaux neuromusculaires, récepteurs nociceptifs, à la pression, au froid, au chaud). Tous ces neurones afférents véhiculent des messages codés en fréquence de potentiels d’action. Le message émis par le motoneurone dépend du traitement qu’il fait de ces messages afférents, et donc des mécanismes des synapses en jeu.

Intégration des Messages Afférents

Le motoneurone est capable de prendre en compte l’ensemble des messages afférents excitateurs et inhibiteurs qu’il reçoit. C’est grâce à cette propriété intégratrice que le motoneurone est capable d’émettre un message nerveux variable, modulant la contraction de la cellule musculaire qu’il commande.

Métabolisme Energétique de la Cellule Musculaire

La cellule musculaire doit produire en permanence l’ATP dont elle a besoin. La respiration est un ensemble de réactions chimiques qui permettent d’oxyder chacun des atomes de carbone du glucose et donc de former du CO2.

Respiration Cellulaire

- La glycolyse : Ensemble de 10 réactions se déroulant dans le cytoplasme qui aboutissent à l’oxydation du glucose en pyruvate (C3H4O3). Les H+ issus de l’oxydation du glucose permettent la réduction de 2 NAD+ en 2 NADH,H+ qui constituent un stock de pouvoir réducteur car ces molécules seront utilisées pour d’autres réactions métaboliques d’oxydoréduction. - Le cycle de Krebs : dans la matrice mitochondriale, le pyruvate va intégrer un cycle de réactions dans lequel il subit une série de décarboxylation oxydatives. - La chaine de transport d’électron mitochondriale, appelée chaine respiratoire. La réduction du dioxygène en eau par les électrons libérés. Le dioxygène est donc l’accepteur final des électrons issus de l’oxydation du NADH,H+ en NAD+ . Les molécules de la chaine de transfert d’électrons font également passer des protons vers la matrice mitochondriale. Bilan : la respiration est donc une voie métabolique de dégradation du glucose qui débute dans le cytoplasme par la glycolyse et se poursuit dans les mitochondries par le cycle de Krebs et la chaine respiratoire. Cette voie est aérobie et aboutit à la dégradation totale du glucose et à la production de 36 molécules d’ATP.

Fermentation Lactique

En absence de dioxygène et en présence de glucose, les cellules peuvent dégrader du glucose de manière incomplète et produire du CO2 et un déchet : le lactate (acide lactique). Lors de cette fermentation lactique, le glucose subit dans un premier temps la glycolyse : il y a donc production de pyruvate, 2 ATP et 2 NADH,H+. Ces derniers sont alors réoxydés et le pyruvate est transformé en lactate. Seules 2 ATP sont formées par l’oxydation d’une molécule de glucose, le rendement de la fermentation est donc bien inférieur à celui de la respiration (36 ATP par molécule de glucose), mais la fermentation permet une production d’ATP rapide et sans dioxygène.

Adaptation Métabolique

La cellule musculaire a donc la possibilité de produire de l’ATP sous différentes conditions. Selon l’effort à fournir (durée et intensité) la production d’ATP se fera par voie anaérobie avec la fermentation ou par voie aérobie avec la respiration. Les fibres de type I qui sont spécialisées dans la respiration cellulaire (elles contiennent de nombreuses mitochondries) et apportent donc une grande quantité d’ATP au muscle, mais lentement (le temps que l’apport en O2 soit suffisant). Les fibres de type II, qui sont spécialisées dans la fermentation lactique (peu de mitochondries et beaucoup d’enzymes fermentaires) et apportent donc moins d’énergie, mais plus rapidement.

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