Les troubles neurologiques chez la chèvre, se manifestant par des contractions musculaires et une perte d'appétit, peuvent avoir diverses origines. Cet article explore les causes potentielles de ces symptômes, en tenant compte des aspects nutritionnels, métaboliques, infectieux et environnementaux.
Importance des vitamines, des minéraux et des oligo-éléments
Les vitamines, les sels minéraux et les oligo-éléments sont indispensables à la bonne santé des chèvres. Ils jouent un rôle essentiel dans divers processus métaboliques. Des carences ou des excès de ces nutriments peuvent entraîner des problèmes de santé, y compris des troubles neurologiques et une perte d'appétit.
- Vitamine B5 (acide pantothénique) : Essentielle pour le système nerveux et les glandes surrénales.
- Vitamine B6 (pyridoxine) : Coenzyme de nombreuses enzymes, indispensable à leur bon fonctionnement.
- Vitamine B8 ou H (biotine) : Importante pour le fonctionnement des enzymes et la croissance osseuse.
- Vitamine K : Essentielle à la coagulation sanguine. Les carences sont rares, mais peuvent survenir suite à l'ingestion d'anticoagulants par les rongeurs.
Rôle des minéraux essentiels
Le calcium, le phosphore, le magnésium et le potassium sont des minéraux essentiels pour la santé des chèvres.
- Calcium : Nécessaire à la formation des os, à la coagulation sanguine, à la contraction musculaire et à la transmission de l'influx nerveux.
- Phosphore : Essentiel à la formation des os et des dents, au transfert et à l'utilisation de l'énergie.
- Magnésium : Nécessaire au bon fonctionnement des enzymes, des muscles, des reins et des nerfs. Un excès de calcium peut entraîner un besoin accru de magnésium.
- Potassium : Une carence (hypokaliémie) peut être induite par une perte importante suite à des diarrhées chroniques, des vomissements ou des brûlures, ou par des troubles de la fonction rénale.
Oligo-éléments et leur impact sur l'immunité et la reproduction
Les oligo-éléments tels que le cuivre, le zinc et le sélénium jouent un rôle crucial dans l'immunité et la reproduction.
- Cuivre : Certaines races de chiens (Doberman, Bedlington Terriers et les Westies) peuvent être atteints de façon héréditaire d’un trouble fonctionnel qui fait s’accumuler le cuivre dans le foie.
- Zinc : Une carence induit une dermatose sensible au zinc (zinc responsive dermatosis).
- Sélénium : Une carence en sélénium induit une diminution de l’activité bactéricide et limite également la migration de cellules immunitaires vers le lieu d’infection.
Hypocalcémie : Un trouble métabolique majeur
L'hypocalcémie, ou manque de calcium dans le sang, est un trouble métabolique courant chez les chèvres, en particulier en début de lactation. Elle peut entraîner des contractions musculaires et une perte d'appétit.
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Causes de l'hypocalcémie
- Défaut de réponse à une demande accrue : L'hypocalcémie est due à un trouble temporaire de la calcémie, résultant d'un défaut de réponse assez rapide face à une demande augmentée.
- Mobilisation lente des réserves du squelette : Les réserves du squelette ne sont pas mobilisables rapidement : les mécanismes de régulation mettant en jeu la parathormone, la vitamine D et la calcitonine nécessitent une trentaine d'heures pour être opérationnels.
- Excès de calcium : Les excès de calcium ont un effet négatif sur ces capacités d'adaptation, tandis que les rations acidogènes favorisent les mécanismes de régulation.
- Baisse de l'appétit et diminution de la résorption osseuse : L'augmentation du taux d'oestrogènes au moment du part s'accompagne d'une baisse de l'appétit associée à une diminution de la résorption osseuse du calcium.
- Carence en magnésium : Une carence en magnésium peut aussi être en cause, la mobilisation des réserves osseuses étant plus lente en cas d'hypomagnésémie.
Facteurs favorisant l'hypocalcémie
- Stress : Animaux à l’engrais soumis à un stress (transport, froid, vaccination…).
- Début de lactation : Les chèvres sont plutôt touchées en début de lactation.
- Gémellité, âge, atteintes hépatiques : La gémellité, l’âge, les atteintes hépatiques sont des facteurs favorisants de l’hypocalcémie chez les femelles.
- Animaux trop gras : Les animaux trop gras présentent une diminution importante des hydroxylations hépatiques et rénales de la vitamine D et donc un trouble de synthèse de cette vitamine intervenant dans le métabolisme calcique.
Signes cliniques de l'hypocalcémie
Les signes cliniques de l'hypocalcémie sont variables, allant de la simple anorexie à un coma profond.
- Premiers symptômes : Hyperexcitabilité, tremblements musculaires et incoordination motrice.
- Ensuite : Les animaux deviennent abattus, présentent une parésie, un décubitus sternal avec attitude de self-auscultation.
- Autres signes : Ralentissement de la motricité digestive, salivation par hypokinésie des mâchoires et parésie du pharynx. L'atonie musculaire peut être à l'origine d'un reflux du contenu ruminal.
Diagnostic de l'hypocalcémie
Le diagnostic de l'hypocalcémie repose sur :
- Signes cliniques : Une étude statistique de la fréquence d'apparition de certains signes, corrélée au statut normo ou hypocalcémique a permis de déterminer un faisceau de présomption utile au clinicien.
- Dosage de la calcémie : Confirmation par dosage de la calcémie (<60 mg/L pour une calcémie normale entre 80 et 130 mg/L) rarement mise en uvre.
Traitement de l'hypocalcémie
Le traitement de l'hypocalcémie consiste à rétablir l'équilibre calcique par l'apport intraveineux de calcium.
- Administration de calcium : Pour une brebis de 70 kg, on préconise l'apport de 12g de gluconate de calcium ou 3g de glucoheponate de calcium.
- Perfusion lente et solution tiédie : Perfusion lente et solution tiédie. Relais avec du calcium IM ou PO.
Prévention de l'hypocalcémie
La prévention de l'hypocalcémie repose essentiellement sur des mesures alimentaires.
- Éviter l'apport excessif de calcium : Restriction calcique préconisée dans les 2 à 4 dernières semaines avant le part souvent insuffisante car les brebis reçoivent du foin de bonne qualité et des concentrés, aliments riches en calcium.
- Surveillance des apports en magnésium et en phosphore : Surveillance des apports en magnésium et en phosphore dans la ration.
Tétanie d'herbage : Une autre cause possible
La tétanie d'herbage, due à une carence en magnésium, est une autre cause possible de troubles neurologiques chez les chèvres, bien qu'elle soit rare chez les petits ruminants.
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Causes de la tétanie d'herbage
- Stock insuffisant de Mg chez la vache : Les réserves en Mg sont faibles chez la vache adulte et ne peuvent satisfaire ses besoins que pendant 4 à 5 jours.
- Alimentation déficitaire en Mg : Une alimentation déficitaire en Mg favorise alors le risque de tétanie d’herbage.
- Herbe jeune trop digestible : Une herbe jeune trop digestible.
- Herbe trop pauvre en Mg : une herbe trop pauvre en Mg pour couvrir ses besoins.
Prévention de la tétanie d'herbage
La prévention de la tétanie d'herbage repose sur une complémentation en magnésium sur la période à risque.
Troubles neurologiques néonatals
Chez les chevreaux nouveau-nés, des troubles neurologiques peuvent être causés par des infections bactériennes telles que E. Coli, Truerella et Clostridium. Ces bactéries provoquent généralement une encéphalite et une méningite suite à une septicémie ou un événement hématogène, généralement au niveau du nombril, et souvent en cas d'échec du transfert passif.
Diagnostic et traitement des infections bactériennes néonatales
Le diagnostic repose sur l'analyse du signalement et des signes cliniques observés, ainsi que sur l'analyse du liquide céphalorachidien. Le traitement consiste en une administration intraveineuse d'antibiotiques et des soins de soutien intensifs.
Carence en cuivre et dos voûté congénital
La carence en cuivre chez la femelle gestante peut entraîner une démyélinisation de la moelle épinière du fœtus, entraînant un dos voûté congénital.
Diagnostic et prévention de la carence en cuivre
Le diagnostic peut être délicat, mais l'analyse du foie de l'enfant à l'autopsie est le diagnostic de confirmation le plus utile. Le contrôle et la prévention reposent essentiellement sur une supplémentation adéquate des adultes.
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Examen clinique et neurologique de la chèvre
Un examen clinique approfondi est essentiel pour identifier la cause des contractions musculaires et de la perte d'appétit chez la chèvre. Cet examen doit inclure :
- Anamnèse : Recueil des informations sur l'animal, son environnement et son alimentation.
- Examen physique général : Évaluation de l'état général de l'animal, de sa température, de sa fréquence cardiaque et respiratoire.
- Examen neurologique : Évaluation de l'état mental, de la posture, de la démarche, des réflexes et des nerfs crâniens.
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