Les tremblements, définis comme des mouvements involontaires et rythmiques, peuvent être un effet secondaire gênant de divers médicaments, notamment les antidépresseurs. Cet article explore en profondeur la relation entre les tremblements musculaires et les antidépresseurs, en examinant les causes, les types de tremblements, les antidépresseurs les plus susceptibles de provoquer des tremblements, ainsi que les stratégies de gestion et de prévention.

Types de Tremblements d'Origine Médicamenteuse

Les tremblements d’origine médicamenteuse peuvent se manifester de différentes manières :

  • Tremblements de repos : Ils surviennent lorsque le muscle est au repos et diminuent ou disparaissent lors d’un mouvement volontaire. Un tremblement de repos pur évoque fortement une maladie de Parkinson.
  • Tremblements d’action : Ils se produisent lors d’un mouvement volontaire. On distingue les tremblements d’attitude ou posturaux (lors du maintien de la posture) de ceux apparaissant au cours du mouvement, dits cinétiques. Les sympathomimétiques bêta-2 stimulants tels que le salbutamol utilisé comme bronchodilatateurs dans l’asthme ou la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) exposent à des tremblements d’action de fine amplitude au niveau des extrémités.

Antidépresseurs et Tremblements : Une Liaison Complexe

De très nombreux médicaments exposent à des tremblements, surtout des psychotropes. Parmi eux, les antidépresseurs sont souvent impliqués. Les tremblements d’origine médicamenteuse sont généralement réversibles à l’arrêt du médicament ou à la diminution des doses. Pour certains médicaments, l’apparition de tremblements est parfois un signe de surdose. Pour d’autres, les tremblements apparaissent lors de l’arrêt brutal du médicament.

Antidépresseurs Spécifiques et Risque de Tremblements

  • Inhibiteurs Sélectifs de la Recapture de la Sérotonine (ISRS) : Souvent prescrits en première intention, les ISRS comme la sertraline (Zoloft) et l’escitalopram (Seroplex) peuvent provoquer des tremblements, ainsi qu'une somnolence et des vertiges. Le syndrome sérotoninergique guette en cas de surdosage ou d’interaction : agitation, tremblements, rigidité musculaire qui empêchent le senior de marcher.
  • Antidépresseurs Tricycliques (ATC) : Les ATC, comme l’amitriptyline et la nortriptyline, utilisés pour les dépressions sévères ou les douleurs chroniques, présentent des effets anticholinergiques (confusion, vision floue, rétention urinaire) et des troubles cardiaques.
  • Autres Antidépresseurs : La mirtazapine (Norset) est connue pour créer une sédation marquée et de l’hypotension. Parmi les médicaments utilisés pour le sevrage tabagique, la bupropione (alias amfébutamone), un amphétaminique, expose à des tremblements d’action en rapport avec ses effets stimulants sur le système nerveux central. Elle a des effets sérotoninergiques. Des tremblements ont été rapportés aussi avec la varénicline, ou en cas d’intoxication par des substituts nicotiniques.

Facteurs de Risque

Les facteurs qui augmentent le risque de tremblements d’origine médicamenteuse sont liés aux patients (dont l’âge ou la présence d’une affection à l’origine de tremblements) et aussi aux médicaments (dont la dose). Le patient le plus à risque est le sujet âgé polymédiqué.

Brintellix : Un Antidépresseur à Considérer

BRINTELLIX est un antidépresseur dont le mécanisme d'action est particulier. Il agit principalement sur la sérotonine, en modulant l’action de ses récepteurs dans le cerveau. De plus, il inhibe le transporteur de la sérotonine responsable de son élimination. Il est utilisé dans le traitement des états dépressifs chez l'adulte.

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Précautions et Contre-Indications de Brintellix

Ce médicament ne doit pas être utilisé en association avec les médicaments de la famille des IMAO. L'utilisation des antidépresseurs est déconseillée avant l'âge de 18 ans. Ce médicament peut être responsable dans de très rares cas d'une affection potentiellement grave : le syndrome sérotoninergique. Des précautions s'imposent dans certaines situations : personne âgée, antécédent de convulsions ou épilepsie non stabilisée par un traitement, prédisposition aux hémorragies, risque de glaucome à angle fermé, insuffisance hépatique, insuffisance rénale.

Effets Indésirables Possibles de Brintellix

Peu fréquents : tremblements, vision trouble, bouffées de chaleur, sueurs nocturnes. Fréquence indéterminée : insomnie, agitation, agressivité, excès de prolactine dans le sang (pouvant être associé à un écoulement de lait par le mamelon), maux de tête, grincement des dents, contraction de la mâchoire, envie constante de bouger, syndrome des jambes sans repos, syndrome sérotoninergique, hémorragie (bleus, saignement de nez, saignement intestinal ou vaginal…), urticaire, éruption cutanée, réaction allergique, baisse du taux de sodium sanguin.

Tremblements chez les Personnes Âgées : Un Enjeu Particulier

Les chutes des personnes âgées sont la deuxième cause de décès par traumatisme involontaire dans le monde, d’après l’OMS. Parmi les responsables : les antidépresseurs qui multiplient le danger par 1,5 à 2. Les effets sédatifs, l’hypotension orthostatique et les troubles de l’équilibre et de la coordination sont autant de facteurs qui augmentent le risque de chute chez les seniors prenant des antidépresseurs.

Stratégies pour Minimiser les Risques de Chute

  • Posologie Adaptée : Démarrer à la moitié de la posologie habituelle et augmenter progressivement en ajustant la dose sur plusieurs semaines.
  • Moment de Prise : Les sédatifs, comme la mirtazapine, s’avalent le soir. Les non-sédatifs, comme la sertraline ou l’escitalopram, se prennent le matin.
  • Durée du Traitement : Ne jamais arrêter un antidépresseur du jour au lendemain. L’arrêt doit être progressif.
  • Sécuriser l’Environnement : Retirer les tapis glissants, installer des barres d’appui dans la salle de bain et utiliser des veilleuses la nuit.
  • Renforcer l’Équilibre et la Vigilance : Pratiquer des exercices physiques doux, faire évaluer l’équilibre et la vision.

Diagnostic et Évaluation des Tremblements

Le diagnostic des tremblements repose sur un examen clinique approfondi, permettant de préciser le mode d’activation, la fréquence et la topographie des tremblements. L’interrogatoire recherche les antécédents médicaux et familiaux, ainsi que la liste exhaustive des traitements. Des examens complémentaires, tels que l’ionogramme sanguin, la calcémie, l’albuminémie, la magnésémie, la TSH, le bilan hépatique et rénal, et la vitamine B12, peuvent être réalisés pour éliminer d’autres causes curables.

Prise en Charge des Tremblements d'Origine Médicamenteuse

Repérer l’origine médicamenteuse des tremblements amène les soignants à réévaluer la balance bénéfices/risques des médicaments concernés. La prise en charge peut inclure :

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  • Ajustement de la Posologie : Diminution de la dose de l’antidépresseur.
  • Changement de Médicament : Remplacement de l’antidépresseur par une alternative moins susceptible de provoquer des tremblements.
  • Traitement Symptomatique : Prescription de médicaments pour réduire les tremblements, tels que le propranolol ou la primidone.
  • Approches Non Médicamenteuses : Thérapies cognitivo-comportementales, activité physique adaptée, groupes de parole ou accompagnement psychologique.

Alternatives aux Antidépresseurs

Il existe des alternatives aux antidépresseurs, notamment des approches non médicamenteuses qui peuvent être envisagées selon l’état de santé et la situation du patient :

  • Les thérapies cognitivo-comportementales (TCC) sont efficaces contre la dépression légère à modérée.
  • L’activité physique adaptée (yoga doux, marche encadrée, tai-chi) agit aussi sur l’humeur et l’équilibre.
  • Les groupes de parole ou l’accompagnement psychologique permettent de rompre l’isolement et de renforcer l’estime de soi.

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