Les spasmes coronariens représentent un défi diagnostique et thérapeutique en cardiologie. Cet article vise à démystifier cette condition, en abordant ses causes, ses symptômes, son diagnostic et les options de traitement disponibles.

Qu'est-ce qu'un Spasme Coronarien ?

Un spasme coronarien, également connu sous le nom d'angor de Prinzmetal ou angor inversé, est une contraction soudaine et temporaire des muscles de la paroi d'une artère coronaire. Cette contraction réduit ou bloque le flux sanguin vers le cœur, entraînant une ischémie myocardique, c'est-à-dire un manque d'oxygène au niveau du muscle cardiaque.

Dans le détail, le spasme coronarien est une réduction transitoire de la taille des artères coronaires, les vaisseaux sanguins du cœur. Cette réduction est parfois générée par des dépôts de mauvais cholestérol (LDL) et de calcium, formant des plaques d’athérome sur les parois internes des artères, un processus appelé athérosclérose. L’irrigation du myocarde est alors altérée, ce qui provoque des symptômes d’angine de poitrine.

Contrairement à l'angine de poitrine classique, qui est généralement provoquée par un effort physique, les spasmes coronariens surviennent souvent au repos, le plus souvent la nuit ou tôt le matin.

Causes et Facteurs de Risque

Les causes exactes des spasmes coronariens ne sont pas entièrement comprises, mais plusieurs facteurs peuvent contribuer à leur apparition :

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  • Dysfonction endothéliale : L'endothélium est la couche de cellules qui tapisse l'intérieur des vaisseaux sanguins. Une dysfonction de cette couche peut entraîner une hyperréactivité des cellules musculaires lisses de la paroi des artères coronaires.
  • Facteurs toxiques : Le tabac et la consommation de cocaïne sont des facteurs de risque majeurs.
  • Médicaments et pharmacologie : Certains médicaments peuvent induire des spasmes coronariens.
  • Facteurs de risque cardiovasculaires traditionnels : Le diabète, l'hypertension artérielle, l'hypercholestérolémie, l'âge, la sédentarité, l'obésité et le stress sont également associés à un risque accru de spasmes coronariens.
  • Histoire familiale : Une histoire familiale d'athérosclérose précoce (avant 60 ans) peut également augmenter le risque.

Le Professeur Gérard Helft, cardiologue, précise que le spasme coronaire se développe suite à l'association d'une dysfonction endothéliale et d'une hyperréactivité des cellules musculaires lisses et de la paroi des artères coronaires dont les stimuli peuvent être multiples.

Symptômes et Diagnostic

Les symptômes des spasmes coronariens peuvent varier d'un patient à l'autre, mais ils sont souvent intenses et imprévisibles. Les signes cliniques les plus fréquents sont :

  • Douleur thoracique : Une douleur à la poitrine, souvent décrite comme un serrement, une brûlure ou une pesanteur.
  • Douleur irradiant : La douleur peut irradier vers le cou, la mâchoire, les épaules et le dos.
  • Autres symptômes : Essoufflement, nausées, vomissements, étourdissements ou perte de connaissance peuvent également survenir.

Selon Gérard Helft, le patient fait état d'une douleur thoracique oppressante, parfois prolongée, de repos, particulièrement nocturne ou au petit matin, et pouvant être déclenchée par une hyperventilation. Cette douleur a tendance à diminuer avec un traitement médical comportant des dérivés nitrés ou des inhibiteurs calciques.

Diagnostic

Le diagnostic des spasmes coronariens repose sur plusieurs examens :

  • Électrocardiogramme (ECG) : Un ECG peut montrer des anomalies pendant un spasme, mais il est souvent normal au repos. Un ECG après une épreuve d’effort physique peut être plus précis. Il est très utile voire essentiel de pouvoir enregistrer un ECG pendant la douleur du patient, car il est très souvent normal au repos.
  • Coronarographie : Cet examen permet de visualiser les artères coronaires et de détecter d'éventuels rétrécissements ou spasmes. Une épreuve positive incite à poursuivre le bilan par une coronarographie. Après avoir éliminé une pathologie coronaire athéromateuse significative, le test de provocation de la douleur représente un fort critère de diagnostic. Il est habituellement réalisé par une injection intraveineuse ou par voie intracoronaire. Dans les deux cas, le test de provocation doit être suivi d'une injection intracoronaire systématique de dérivés nitrés dans chaque tronc.
  • Prise de sang : Une prise de sang permet de vérifier le taux de cholestérol, la glycémie et l’uricémie.

Traitement et Prévention

Le traitement des spasmes coronariens vise à réduire la fréquence et l'intensité des douleurs thoraciques, et à prévenir de nouveaux épisodes de spasmes. Il existe plusieurs options médicamenteuses :

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  • Dérivés nitrés : Ces médicaments, administrés par voie sublinguale lors des crises, aident à dilater les artères coronaires et à soulager la douleur.
  • Inhibiteurs calciques : Des médicaments comme la Nifédipine, le Diltiazem ou le Vérapamil peuvent être prescrits pour prévenir les spasmes.
  • Autres vasodilatateurs : Le Nicorandil est un autre vasodilatateur qui peut être utilisé.

La prévention primaire (éviter le risque de spasme) ou secondaire (éviter un nouvel épisode de spasme) repose sur les mêmes préconisations :

  • Mode de vie sain : Une activité physique régulière, une alimentation équilibrée et l'arrêt ou la diminution des pratiques à risque (tabagisme, consommation d’alcool immodérée, sédentarité, etc.) sont essentiels.
  • Contrôle régulier : Pour les patients ayant eu des spasmes coronariens, il est important de contrôler régulièrement la tension, le niveau de cholestérol, la glycémie, etc.

Les spasmes coronaires évoluent par poussées. Ils sont très sensibles à l'élimination des facteurs de risque et en particulier à l'arrêt du tabac. De plus, les médicaments sont efficaces.

Oppression Thoracique : Un Symptôme Associé

Il est important de noter que l'oppression thoracique peut être un symptôme associé aux spasmes coronariens, mais aussi à d'autres conditions médicales.

Causes possibles de l'oppression thoracique :

  • Cardiovasculaires : Infarctus du myocarde, angine de poitrine, embolie pulmonaire, péricardite.
  • Pulmonaires : Pneumothorax.
  • Musculosquelettiques : Douleurs musculaires ou cartilagineuses au niveau de la cage thoracique, zona intercostal.
  • Digestives : Problèmes œsophagiens, calculs biliaires, cholécystite aiguë.
  • Psychologiques : Stress et anxiété.
  • Arrêt du tabac : Hyper-réactivité bronchique.

Si vous ressentez une oppression thoracique douloureuse, brutale et intense, il est impératif de consulter un médecin en urgence.

Tachycardie et Troubles du Rythme Cardiaque

Les spasmes coronariens peuvent également être associés à des troubles du rythme cardiaque, tels que la tachycardie.

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Qu'est-ce que la tachycardie ?

La tachycardie est un rythme cardiaque rapide, généralement supérieur à 100 battements par minute au repos. Elle peut être causée par divers facteurs, tels que l'effort physique, le stress, la fièvre, ou des anomalies cardiaques.

Types de tachycardie :

  • Tachycardie sinusale : Elle est déclenchée par un élément qui active le système nerveux sympathique : effort physique, émotion, abus de certaines substances (alcool, drogue, psychotropes, stimulants…), fièvre, douleurs, anémie, déshydratation, hyperthyroïdie… Elle est donc un processus adaptatif naturel.
  • Tachycardie supraventriculaire : Elle reste généralement bénigne. Elle est le plus souvent congénitale et touche le sujet jeune. Elle résulte d’un dysfonctionnement des fibres nerveuses au sein du cœur.
  • Syndrome du QT long : Il s’agit d’une anomalie du rythme cardiaque ventriculaire. Il se caractérise par un intervalle QT (qui est un segment tracé sur l’électrocardiogramme) de morphologie et de longueur anormales.
  • Torsade de pointe : Elle est responsable d’accélérations brèves et irrégulières du rythme cardiaque.
  • Tachycardie ventriculaire : Elle se traduit par un rythme cardiaque anormalement rapide de 120 à 250 battements par minute.

Diagnostic de la tachycardie :

Le diagnostic de la tachycardie repose sur :

  • Interrogatoire : Le médecin interroge le patient sur ses symptômes et ses antécédents personnels ou familiaux.
  • Examen cardiologique : Prise de la fréquence cardiaque et écoute du cœur au stéthoscope.
  • Électrocardiogramme (ECG) : Il permet de vérifier l’activité électrique du cœur aussi bien au repos que pendant un effort physique.
  • Holter ECG : Il permet d’enregistrer l’activité électrique du cœur sur une durée de 24 heures.
  • Échocardiographie : Elle est pratiquée dans le cadre d’un trouble du rythme afin de vérifier qu’il n’y a pas de malformation cardiaque sous-jacente ou de présence de caillots au niveau du cœur qui résulterait d’une mauvaise vascularisation (elle-même liée à l’arythmie).

Traitement de la tachycardie :

Le traitement de la tachycardie dépend de son origine. Il peut inclure des médicaments, des procédures médicales ou des changements de style de vie.

Troubles du rythme cardiaque :

Les troubles du rythme cardiaque sont le plus souvent causés par la présence de fibrose dans le muscle cardiaque. La fibrose est un tissu fibreux inerte, cicatriciel, qui se comporte comme un isolant. Le muscle cardiaque n’est alors plus lisse et homogène, ce qui gêne le cheminement de l’impulsion électrique et peut provoquer des troubles du rythme.

Types de troubles du rythme cardiaque :

  • Fibrillation atriale ou auriculaire : Rythme le plus souvent trop rapide et irrégulier.
  • Flutter et tachycardies atriales focales : Rythme fréquemment rapide et le plus souvent régulier.
  • Maladie de Bouveret : Arythmies se déclenchant de façon capricieuse et ponctuelle.
  • Troubles du rythme ventriculaires : Palpitations, extrasystoles et tachycardie.

Extrasystoles :

Une extrasystole est une anomalie du rythme cardiaque causée par des contractions prématurées du muscle cardiaque. Selon leur origine, il existe 3 grands types d’extrasystole : ventriculaire, auriculaire et jonctionnelle.

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