La contraction croisée, un concept linguistique fascinant, se manifeste de diverses manières dans la langue anglaise. Cet article vise à explorer en profondeur la forme et la définition de la contraction croisée en anglais, en s'appuyant sur des analyses diachroniques et des exemples concrets.

Préparation aux concours et importance de l'expression écrite

Avant d'aborder le cœur du sujet, il est pertinent de souligner l'importance de la maîtrise de l'expression écrite, notamment dans le contexte des concours. Par exemple, l’épreuve de « Mathématiques » spécifique à la banque e3a-Polytech prend en compte les compétences des candidats en termes de capacités rédactionnelles et de communication à l’écrit et pour présenter un argumentaire sous forme de démonstration. De même, l'analyse de sujets de concours précédents, tels que ceux d'e3a-Polytech et PT, permet de mieux intégrer la façon dont les sujets sont construits et de s'exercer en conditions réelles. Les épreuves de « Physique - Chimie » nécessitent également une préparation rigoureuse, soulignant l'importance d'une compréhension approfondie des concepts et d'une capacité à les exprimer clairement.

Quantifieurs nominaux et grammaticalisation

Les quantifieurs nominaux, de la forme (un/des) N de, présentent un intérêt majeur pour trois raisons au moins. D’une part, il s’agit d’un schéma particulièrement productif, permettant ainsi de maintenir, au-delà de la valeur fondamentale d’expression de la quantité, une grande diversité sémantique. D’autre part, ils présentent un intérêt typologique certain, notamment en ce qu’on rencontre des familles constructionnelles similaires dans d’autres langues européennes, par exemple en espagnol, en polonais, ou en anglais. Enfin, ils constituent des exemples saillants de grammaticalisation, faisant l’interface entre leur cœur lexical (le nom définissant le quantifieur) et leur emploi à caractère fonctionnel.

Dans cet article, nous nous focaliserons sur un quantifieur en particulier, un tas de, dans une perspective exclusivement diachronique. A travers cette séquence, tas constitue un exemple clair d’un nom collectif occupant des emplois de substantif quantifieur. Il est par ailleurs rangé dans la catégorie des quantifieurs homogénéisants, c’est-à-dire des quantifieurs introduisant une quantité floue. Plutôt qu’une distinction lexicale/grammaticale, la littérature sur les quantifieurs nominaux privilégie souvent une dichotomie littéral/métaphorique. Nous suivrons ici la définition proposée par Izert, à savoir que les quantifieurs doivent pouvoir répondre à la question combien , et « ajoutent une idée de quantité à l’actualisation du nom qu’ils précèdent ». Dans le cas de tas, nous distinguerons son sens lexical de son sens grammatical de quantifieur dans la mesure où ce sens lexical fait explicitement référence, dans son contexte d’emploi, à un entassement physique, c’est-à-dire que l’assemblée des référents qu’il introduit « fait monticule » : ainsi, l’exemple lexical prototypique un tas d’ordures ne propose pas une évaluation de la quantité d’ordures, mais renseigne sur leur arrangement dans l’espace.

L’objectif que nous nous proposons ici est de rendre compte du développement diachronique de un tas de dans une perspective radicalement empirique, à partir des données de fréquence issues du corpus Frantext.

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Émergence du quantifieur "un tas de"

Nous étudions ici l’émergence du quantifieur un tas de à partir du corpus Frantext intégral, dont nous avons extrait 5651 occurrences, à partir des orthographes tas et taz, incluant la variation un/des/de (sous toutes leurs graphies) pour le déterminant et la possibilité pour tas d’être accompagné d’un adjectif, de même que pour le nom qu’il introduit. La requête utilisée peut être résumée sous la forme [déterminant indéfini/partitif (ADJ) tas/taz (ADJ) NC], où ADJ et NC correspondent respectivement aux étiquettes d’adjectif et de nom commun utilisées dans la base de données.

La première occurrence rencontrée dans le corpus figure dans le premier volume du registre criminel du Châtelet, dans une entrée datée du 14 novembre 1389, bien que l’entrée Etymologie du CNRTL en signale des usages dès le douzième siècle. Le sens est alors clairement lexical. Cependant, l’entrée Etymologie du CNRTL signale que, dès le douzième siècle, tas peut également servir à indiquer la quantité, en particulier pour des référents humains (un tas de gens) ; la notice du Robert historique mentionne également que un tas de choses remonte également à cette période.

Ce sens de quantifieur, permettant d’introduire le plus généralement un référent humain (laronneaus, Turcs, voituriers) ou plus largement animé (loups, oiseaux, mouschetes), est en fait très clairement dominant tout au long des quinzième et seizième siècles. L’emploi du quantifieur avec des noms abstraits (argumentz, prologues, cérémonies) se développe dans le courant du seizième siècle. En revanche, il s’emploie rarement avec des objets concrets : on rencontre néanmoins ung tas de masures (1486) et ung tas d'aultres planetes (1533). L’emploi lexical, au sens d’amas concret (un tas de fueilles, un tas de bois, un tas de foin) reste attesté, mais demeure marginal.

Évolution sémantique au XVIIe et XVIIIe siècles

Cette tendance s’inverse à partir de la deuxième moitié du dix-septième siècle, où l’emploi lexical se fait plus fréquent. Certaines occurrences sont par ailleurs ambigües entre la lecture quantificative et l’amoncellement en monticule. Les tas de morts sont à la fois métaphoriques (la campagne toute entière est recouverte de morts épars) et renvoient à l’image du monticule (les corps sont entassés en tas qu’on croise ça et là), dans une double lecture d’amoncellement et de quantité.

Au dix-huitième, on observe deux emplois majeurs et vraisemblablement parallèles : d’une part l’emploi lexical lié à l’entassement, au monticule ; d’autre part l’emploi quantifieur, largement dominé par les noms de personnes (inutiles, freluquets, faquins). Le quantifieur se rencontre occasionnellement employé avec des réalités abstraites (exemples, superfluités, paradoxes), même si une grande partie de ces occurrences sont dues à la traduction depuis l’anglais de Clarissa Harlove par l’Abbé Prévost. L’usage lexical, marginal aux XVème et XVIème siècles, domine désormais l’emploi de un tas de.

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Développement au XIXe siècle

Ce n’est que vers la moitié du XIXème siècle qu’un tas de commence à développer des emplois de quantifieur qui ne se limitent pas aux noms de personnes ou aux noms abstraits, probablement par l’intermédiaire de un tas de choses, dont la généricité désactive en quelque sorte la lecture monticulaire, pour réhausser l’idée adjacente de quantité. Jules de Goncourt offre deux ensembles qui soulignent la versatilité nouvelle du quantifieur ; d’une part, appliqué à odeurs, il exprime non plus tant l’accumulation que la diversité d’une palette ; d’autre part, il renvoie à une profusion qui ne peut pas relever de l’amoncellement désordonné, vertical du tas.

Cette lecture de quantifieur peut même prévaloir pour un nom et dans un contexte où l’amoncellement serait recevable, comme dans les exemples où les châtaignes (en fait des pommes de terre) et les jouets pourraient à première vue produire un entassement, mais où cette lecture est invalidée par le verbe d’action qui les introduit : on fait sortir à coup de pioche els premières, on porte les seconds.

Une dernière sous-construction dont le développement, dans le dernier quart du XIXème siècle, signale là encore un renforcement de la fonction quantificatrice et une diversification de sa palette d’emplois : il s’agit de la forme un tas de choses à Vinf (à dire, à faire, etc.), où c’est ici un tas de choses dans son ensemble qui semble jouer le rôle du quantifieur (dans la plupart de ses contextes on peut en effet remplacer toute la séquence par beaucoup : beaucoup à faire, beaucoup à dire, formes largement plus attestées par ailleurs).

Contre-exemple à la grammaticalisation traditionnelle

Le développement du quantifieur un tas de ne semble pas obéir au schéma de grammaticalisation traditionnel. Ainsi, on observe, aux XVème et XVIème siècles, un scénario de grammaticalisation classique, où l’emploi lexical (le monticule, l’amoncellement), sans disparaître entièrement, fait place à un emploi en tant que quantifieur plus versatile et associé à une plus grande diversité d’emplois, en particulier appliqué à des personnes, mais également à des noms abstraits, et plus rarement à des noms concrets. Cependant, aux XVIIème et XVIIIème, l’emploi lexical redevient prédominant, et l’emploi en tant que quantifieur se cantonne alors aux noms de personnes, et dans une moindre mesure aux noms abstraits. Ce n’est que dans la seconde moitié du XIXème, et probablement par l’intermédiaire de un tas de choses, que la lecture de quantifieur redevient prégnante, sans pour autant écarter l’emploi lexical qui demeure une composante saillante et productive de son usage.

Quoi qu’il en soit, le scénario de développement de un tas de semble contrevenir au schéma classique de la grammaticalisation, selon lequel une forme, par l’extension de ses contextes d’emploi, devient de plus en plus grammaticale. Cette extension, dans le cas de formes offrant un schème combinatoire (c’est le cas du nom introduit par un tas de), peut prendre la forme de ce que Himmelmann appelle une host-class expansion (extension de la classe des membres recrutés par la construction), laquelle se double le plus souvent d’une extension des fonctions sémantiques et pragmatiques.

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