Les douleurs au foie, souvent confondues avec des douleurs au niveau de la vésicule biliaire, peuvent être le signe de divers troubles, pas toujours directement liés au foie lui-même. Bien que le foie ne possède pas de terminaisons nerveuses, les douleurs ressenties dans cette région peuvent être causées par l'élargissement de l'organe ou la pression exercée sur la capsule hépatique qui l'entoure. Il est donc essentiel de comprendre les causes potentielles de ces douleurs, comment les diagnostiquer et quelles options de traitement sont disponibles.

Douleurs au foie : de quoi parle-t-on ?

Les vraies douleurs au foie, aussi appelées "hépatalgies", sont rares. Le foie ne possède pas de terminaison nerveuse, et ne peut donc pas transmettre de signaux douloureux. Les douleurs sont générées par des structures anatomiques dépendantes du foie.

L'expression "crise de foie", couramment utilisée, est trompeuse. Les nausées, ballonnements, voire vomissements que l'on attribue à la mauvaise santé du foie ne sont pas du tout liés à cet organe, mais à une indigestion.

Causes des douleurs au foie

Les douleurs au niveau du foie, généralement situées dans la partie supérieure droite de l'abdomen, peuvent avoir plusieurs origines :

Calculs biliaires

Une colique hépatique est induite par la présence de calculs présents dans la vésicule biliaire et / ou dans les canaux biliaires. Le calcul bloquant le canal de la vésicule biliaire qui relie le foie à l’intestin empêche l’évacuation de la bile. Ce liquide va donc remonter dans le foie et y stagner en provoquant une inflammation. Si l’inflammation atteint le stade trois, elle peut causer des douleurs de plus en plus intenses et une jaunisse des yeux et de la peau (la bilirubine, pigment jaune de la bile, passe dans le sang).

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Les calculs peuvent être cholestéroliques ou pigmentaires. Les calculs pigmentaires prédominent chez les enfants. Ils sont souvent provoqués par une augmentation de la destruction des globules rouges, lors de certaines maladies, qui augmente la concentration en bilirubine.

Infections

Le foie peut être infecté par des virus, des bactéries, des champignons ou des parasites. Cette infection va provoquer une inflammation et des changements dans son fonctionnement. Les types d'infection hépatique les plus courants sont les hépatites A, B et C, transmises par des virus. En plus de provoquer des douleurs au niveau du foie, les hépatites peuvent entraîner des symptômes tels que : perte d'appétit, nausées et vomissements, fatigue, douleurs musculaires et articulaires, maux de tête, sensibilité à la lumière, pâleur des selles, urine foncée et jaunissement de la peau et des yeux.

Maladies auto-immunes

Chez les personnes atteintes de maladies auto-immunes, le système immunitaire s'attaque à l'organisme et peut également affecter le foie. Cela va créer des maladies comme : l'hépatite auto-immune, la cirrhose biliaire primitive et la cholangite sclérosante primitive.

Maladies génétiques

Les douleurs dans la région du foie peuvent également être causées par des maladies génétiques qui entraînent l'accumulation de substances toxiques dans le foie, comme : l'hémochromatose héréditaire, l'oxalurie et la maladie de Wilson.

Excès d’alcool

Le fait de consommer excessivement et régulièrement des boissons alcoolisées peut augmenter le risque de développer une hépatite alcoolique. Si elle n'est pas traitée, l’hépatite alcoolique peut provoquer de graves lésions du foie.

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Dès la consommation de deux verres d’alcool par jour, les risques pour le foie sont bien présents. Première conséquence : la stéatose, qui correspond à l’accumulation de graisse dans les cellules hépatiques. Si elle est réversible au premier stade, la stéatose risque de s’aggraver et de s’installer en cas de persistance à consommer de l’alcool en excès.

Abus de médicaments

Abuser de médicaments peut entraîner des maladies capables d’endommager les cellules du foie. Il s’agit par exemple de l'hépatite médicamenteuse, causée par : l'exposition à des substances toxiques, l'utilisation excessive de médicaments et des réactions allergiques à des médicaments. Due à l’ingestion de médicaments en excès, ou auxquels vous êtes allergique : hépatite médicamenteuse. L’hépatite aiguë provoque une inflammation au cours de laquelle le foie grossit et devient sensible.

Cancer

Une tumeur du foie peut notamment augmenter le volume du foie et appuyer sur la capsule de Glisson. Le cancer du foie peut toucher les hépatocytes, les voies biliaires et les vaisseaux sanguins. Généralement très agressif, il peut provoquer des symptômes comme : douleurs abdominales, des nausées, une perte d'appétit et un jaunissement des yeux. Le cancer de la vésicule est complication possible des calculs gênants l’écoulement de la bile depuis plusieurs années.

Accumulation de graisse

Si votre foie gonfle de manière chronique, il se peut que vous souffriez d’une NASH (stéato-hépatite non alcoolique). Elle caractérise une inflammation du foie parce que celui-ci est gras. Ceci se manifeste par une sensation de lourdeur au niveau du foie et peut évoluer vers la cirrhose voire un cancer du foie si on ne réagit pas à temps. L'accumulation de graisse dans le foie est fréquente chez les personnes souffrant d'obésité, d'hypercholestérolémie ou de diabète. Elle peut être asymptomatique ou provoquer des symptômes tels que des douleurs sur le côté droit de l'abdomen, des ballonnements, des nausées et des vomissements.

Autres causes

D’autres causes, bien que rares, peuvent être à l’origine de douleur du foie. Il s’agit par exemple du syndrome de Reye, qui survient souvent chez les enfants et qui se caractérise par des douleurs au niveau du foie.

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Symptômes associés à la douleur au foie

Outre la douleur dans la région hépatique, d'autres signes peuvent accompagner un problème au foie :

  • Fatigue extrême : le foie détoxifie le sang et, en cas de dysfonctionnement, des toxines peuvent s'accumuler, provoquant ainsi une fatigue persistante. La fatigue touche une majorité de personnes atteintes par l’hépatite C. Il s’agit d’une fatigue anormale, qui n’est pas liée à des efforts particuliers et ne disparaît pas forcément avec du repos.
  • Jaunisse : une peau ou des yeux jaunis peuvent indiquer un problème hépatique, car le foie ne parvient pas à éliminer la bilirubine.
  • Nausées et vomissements : ces symptômes peuvent apparaître en réponse à une accumulation de toxines.
  • Perte d'appétit et amaigrissement : des perturbations digestives peuvent entraîner une réduction de l'appétit.
  • Douleurs abdominales. Les vraies douleurs au foie, aussi appelée "hépatalgies", sont rares. Elles peuvent s'accompagner de fièvre et irradier sous le sternum, sous les côtes droites, voir au niveau de l'épaule droite.
  • Urines foncées.
  • Selles claires ou sanguinolentes.
  • Gonflement des jambes.
  • Démangeaisons généralisées de la peau.

Diagnostic de la douleur du foie

Devant des symptômes évocateurs, le médecin pourra prescrire un examen d’imagerie. La radiologie de l'abdomen permet parfois de voir certains calculs, mais est souvent prise en défaut. L'échographie est l'examen le plus approprié. Elle permet d'étudier l'aspect de la vésicule biliaire des voies biliaires (ses parois, le nombre de calculs et leur taille).

Plusieurs tests peuvent être réalisés en complément de l’examen clinique pour confirmer le diagnostic d’une douleur au foie :

  • Tests sanguins : ils permettent d'évaluer les enzymes hépatiques, la bilirubine et d'autres marqueurs pour détecter les dommages au foie. L’IRM (imagerie par résonance magnétique) abdominale qui permet de détecter précisément certaines maladies comme l’hépatite et la stéatose hépatique.
  • Échographie abdominale : cet examen aide à visualiser la taille et la structure du foie pour détecter des anomalies.
  • Scanner ou IRM : ces techniques d'imagerie fournissent une vue détaillée du foie et permettent de localiser les éventuelles tumeurs ou anomalies structurelles.
  • Biopsie du foie : dans certains cas, un prélèvement de tissu hépatique peut être nécessaire pour un diagnostic précis, notamment en cas de suspicion de cirrhose ou de cancer.

Traitements de la douleur au foie

Le traitement de la douleur au foie va dépendre de la cause :

  • Infection : le traitement peut varier en fonction du type d'infection. Le médecin peut recommander l'utilisation de médicaments antiviraux, d’antibiotiques ou d’antiparasitaires, ainsi qu'un régime alimentaire facile à digérer et pauvre en graisses, afin d'éviter que le foie ne s'enflamme davantage.
  • Maladies auto-immunes : l'hépatite auto-immune peut être guérie par une greffe de foie dans les cas les plus graves. Toutefois, la maladie peut être contrôlée par l'utilisation de corticostéroïdes ou d'immunosuppresseurs. L'acide ursodésoxycholique est le traitement de choix contre la cirrhose biliaire primitive. Au stade terminal, le seul traitement permettant de guérir la maladie est la transplantation hépatique. Il est aussi conseillé d’adopter un régime alimentaire équilibré, en évitant l'alcool et les aliments riches en graisses.
  • Maladies génétiques : l'hémochromatose peut être traitée en évitant les aliments contenant de grandes quantités de fer. Dans le cas de l'oxalurie, la consommation d'oxalate (présent dans les épinards et les noix par exemple) doit être réduite. Dans les cas les plus graves, une dialyse ou une greffe de foie ou de rein peut être nécessaire.
  • Excès d’alcool : le traitement consiste à arrêter la consommation d'alcool et à utiliser des médicaments tels que l'acide ursodésoxycholique ou la phosphatidylcholine, qui réduisent l'inflammation du foie et soulagent les symptômes. Dans les cas les plus graves, une greffe de foie peut être nécessaire.
  • Abus de médicaments : le traitement consiste à suspendre immédiatement le médicament ou la substance toxique à l'origine du problème et, dans les cas les plus graves, l'utilisation de corticostéroïdes peut s'avérer nécessaire jusqu'à ce que la fonction hépatique redevienne normale.
  • Cancer : une intervention chirurgicale est généralement nécessaire pour retirer la partie du foie touchée, et une chimiothérapie ou une radiothérapie peut être nécessaire au préalable afin de réduire la taille du cancer.
  • Accumulation graisse : le traitement de la stéatose hépatique consiste à faire régulièrement de l'exercice et à adopter un régime alimentaire sain à base de protéines pauvres en graisses, de fruits et de légumes frais. En cas de modification du taux de cholestérol sanguin, le médecin peut recommander des médicaments pour le contrôler.
  • Colique hépatique : La colique hépatique peut être soulagée avec des anti-inflammatoires non stéroïdiens et des antispasmodiques de type Spasfon°. Une colique hépatique peut se passer d’elle-même sans traitement si le calcul se débloque tout seul et est évacué dans l’intestin grêle. Le traitement consistera donc à soulager la douleur au moyen d’un antalgique adapté (prescrit par le médecin) en attendant que la crise cesse. La persistance d’une douleur au-delà de plusieurs heures ou l’absence de soulagement avec des antalgiques, l’apparition d’une fièvre ou d’un ictère doivent faire suspecter une complication et immédiatement consulter un médecin ou un service d’urgence. Dans ces conditions, seuls 20 à 30 % des malades sont concernés. C'est un traitement long, d'au moins un an, et il existe beaucoup d'échecs avec les médicaments actuels. L'ablation se fait préférentiellement par cœlioscopie quand il n’y a pas de contre-indications à la pratique de ce geste.

Prévention de la douleur au foie

Il est possible de prévenir la douleur dans la région du foie en appliquant certaines précautions, comme :

  • Consommer de l'alcool avec modération.
  • Éviter les comportements à risque tels que les rapports sexuels non protégés, la consommation de drogues ou le partage de seringues.
  • Se faire vacciner contre les virus de l'hépatite A et B.
  • Utiliser les médicaments avec précaution, en évitant les interactions médicamenteuses.
  • Porter un masque et protéger sa peau lors de l'utilisation de produits toxiques contenus dans les peintures et les détergents par exemple.
  • Faire de l’exercice physique régulièrement.
  • Adopter une alimentation équilibrée composée d’aliments qui aident à détoxifier le foie, comme le citron ou les artichauts par exemple. Une alimentation saine, pauvre en graisses saturées et en cholestérol (éviter beurre, fritures, viandes rouges, charcuterie, viennoiseries, plats préparés etc.) avec une consommation modérée d'alcool, peut avoir un rôle préventif.

Quand consulter ?

Il est recommandé de consulter un médecin lorsque les douleurs abdominales deviennent intenses et persistantes ou lorsqu'elles s'accompagnent d'autres symptômes comme : une peau et des yeux jaunâtres, un gonflement des jambes, des démangeaisons généralisées de la peau, la présence d'urines foncées et de selles claires ou sanguinolentes, une perte de poids, de la fatigue, des nausées, des vomissements et une perte d'appétit.

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