L'infection à cytomégalovirus (CMV) est une infection virale courante, souvent bénigne, mais qui peut avoir des conséquences graves, en particulier chez les femmes enceintes et les personnes immunodéprimées. Ce virus de la famille des Herpèsvirus se transmet par contact avec des sécrétions corporelles infectées, telles que la salive, l'urine, les sécrétions nasales, les larmes, le sang, le lait maternel et les sécrétions génitales. La contamination par le CMV se fait donc par contact direct ou indirect avec ces sécrétions.
Qu'est-ce que le Cytomégalovirus (CMV) ?
Le cytomégalovirus (CMV) est un virus de la famille des Herpèsvirus, la même famille que ceux du bouton de fièvre (herpès labial), de l’herpès génital ou de la varicelle. Le CMV n’existe que dans l’espèce humaine. Il est présent dans la salive, les urines, les sécrétions nasales et les larmes. Le virus peut se transmettre facilement entre les enfants, par contact direct ou via les jouets, cuillères, tétines, etc. Les futures mamans peuvent donc l’attraper lors d’un bisou sur la bouche ou d'un change. On estime que 50 % de la population est porteuse de CMV.
De très nombreuses personnes ont souffert d’infection à cytomégalovirus au cours de leur vie, sans présenter de symptômes. Lorsqu’on est immunisé contre le CMV à la suite d’une première infection, le CMV reste dormant dans certaines cellules du système immunitaire.
Transmission du CMV : Focus sur les Larmes
Le CMV se trouve dans les larmes, les urines et la salive d’une personne infectée (notamment des enfants) ainsi que dans le lait maternel, les secrétions vaginales et le sperme. D’après différentes études, 44 à 100 % des enfants d’1 à 2 ans excrètent du virus dans leurs larmes ou leurs urines. La proximité avec les enfants en bas-âge est le principal facteur de risque dans la contamination par le CMV : les assistantes maternelles, le personnel de crèche et les parents d’enfants de cette tranche d’âge sont donc les personnes les plus exposées au virus.
La contamination par le CMV se fait donc par contact avec des sécrétions contenant le virus : échange de salive, rapport sexuel ou dépôt sur les mains de gouttelettes contaminées (salive, éternuement, urine, larmes, etc.).
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Le CMV et la Grossesse : un Risque Majeur
Chez la femme enceinte, la situation est beaucoup plus critique que pour la population générale. En effet, il y a un risque de transmission materno-fœtale, c’est-à-dire de transmission de la femme enceinte au fœtus. Si le fœtus est contaminé, le cytomégalovirus peut provoquer des malformations chez le bébé à naître, entraîner une naissance prématurée voire une fausse couche. Les anomalies du développement peuvent être décelées par des examens au cours de la grossesse (échographie, IRM…) ou n’être découverts qu’à la naissance.
La contamination d’une femme enceinte par le CMV n’a habituellement pas de conséquence pour la mère, mais celle-ci peut transmettre le virus au fœtus à travers le placenta si elle n’est pas immunisée. Cette transmission peut être responsable de séquelles graves chez le fœtus. Les enfants nés avec une infection à CMV peuvent sécréter du virus pendant plusieurs années. Chez les femmes enceintes non immunisées, une infection à CMV pendant la grossesse est observée dans environ 1 % des cas. Le risque de transmission du CMV de la mère au fœtus est d’environ 30 % après une infection aiguë ayant provoqué des symptômes chez la mère (ce qui est rare, l’infection étant sans symptôme la plupart du temps).
Chaque année, ce sont dans notre pays 40 à 50 enfants qui naissent avec de graves séquelles (déficience intellectuelle sévère, trouble moteur, surdité bilatérale sévère ou profonde, cécité) suite à une contamination de leur mère par le CMV durant la grossesse. Et ce sont 400 à 500 enfants de plus qui présentent des séquelles modérées, comme une surdité moyenne, légère ou unilatérale, ou des troubles visuels. Il faut savoir également que lorsqu’ils naissent sans séquelles, les enfants dont la mère a contracté le CMV durant la grossesse risquent tout de même de développer une surdité avant l’âge de 5 ans.
Symptômes de l'Infection à CMV
Dans 90 % des cas, l'infection à CMV est asymptomatique et peut passer inaperçue. Si pour la plupart des personnes l'ayant contracté le CMV reste une infection bénigne, il peut avoir des conséquences graves pour le fœtus puis le nouveau-né. Le risque de transmission du CMV de la mère au fœtus est estimé entre 30 et 40 %. Parmi les fœtus contaminés, 90 % d'entre eux ne présenteront aucun symptôme. Selon les chiffres publiés par la Haute Autorité de santé, des séquelles importantes d'une infection à CMV materno-fœtale sont constatées dans 1 à 6 cas pour 100 000 naissances.
Lorsqu’ils existent, ces symptômes ressemblent à ceux d’un rhume, avec fièvre et fatigue notamment. Chez 90% des adultes infectés, l’infection à CMV est asymptomatique et passe inaperçue. Lorsque des symptômes apparaissent, il existe généralement de la fièvre et de la fatigue, des maux de tête et des douleurs musculaires. Parfois il peut y avoir une perte de poids ou un mal de gorge généralement peu intense associé. On peut observer également des anomalies au niveau du foie. Les symptômes peuvent persister pendant 2 à 12 semaines.
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Les symptômes étant ceux d’un syndrome pseudo-grippal, ils ne sont donc pas spécifiques et peuvent être confondus avec d’autres types d’infections virales. C’est pourquoi, chez la femme enceinte tout symptômes et notamment fièvre inexpliquée nécessite une consultation médicale rapide pour faire le point.
Chez le fœtus, si des symptômes apparaissent, ils sont sévères pour la moitié des cas. On retrouve des anomalies du développement du fœtus avec des conséquences handicapantes et durables, des naissances prématurées, des fausses couches ou une mort in utero lorsque l’infection a provoqué le décès dans l’utérus.
Prévention : Arme Efficace Contre le CMV
Pour limiter les infections par le CMV des femmes enceintes, la mise en place de mesures d’hygiènes assez strictes est efficace : elles devraient être mieux connues de tous puisqu’elles constituent le seul moyen de lutter contre ce virus. Le CMV se trouve dans les larmes, les urines et la salive d’une personne infectée (notamment des enfants) ainsi que dans le lait maternel, les secrétions vaginales et le sperme (ce qui explique que cette infection soit également sexuellement transmissible).
D’après différentes études, 44 à 100 % des enfants d’1 à 2 ans excrètent du virus dans leurs larmes ou leurs urines. La proximité avec les enfants en bas-âge est le principal facteur de risque dans la contamination par le CMV : les assistantes maternelles, le personnel de crèche et les parents d’enfants de cette tranche d’âge sont donc les personnes les plus exposées au virus.
Voici les règles d’hygiène que devraient appliquer chaque femme enceinte et son conjoint pour limiter le risque de contamination par le CMV :
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- Concernant la salive : ne pas goûter dans l’assiette du petit ni terminer son gâteau, ne pas utiliser les mêmes couverts ou le même verre que lui, ne pas sucer sa sucette ni l’embrasser sur la bouche.
- Concernant les larmes : ne pas embrasser un petit qui pleure sur les joues mais préférer lui faire un câlin, l’embrasser sur le front ou les cheveux.
- Concernant les secrétions nasales : ne pas embrasser sur les joues un petit très enrhumé. Faire très attention à utiliser un mouchebébé garni de protections, le nettoyer efficacement ensuite. Se laver les mains après avoir mouché un enfant ou utiliser un gel hydro-alcoolique.
- Concernant l’urine : éviter de toucher un pyjama ou des draps mouillés d’urine directement avec les mains. Bien se laver les mains après avoir touché les changes ou avoir accompagné l’enfant aux toilettes.
La survie du virus peut être de 6 heures : après avoir manipulé des jouets, des vêtements ou des aliments que l’enfant aura touchés, se laver les mains soigneusement.
D’après des études, l’application de ces mesures d’hygiène divise par deux le nombre de contamination par le CMV d’adultes s’occupant d’enfants, qu’il s’agisse de leur métier ou en famille.
Il est possible de faire une sérologie en début de grossesse afin de savoir s'il existe une immunité préexistante contre le virus. Cette prise de sang est particulièrement intéressante chez les femmes qui fréquentent des enfants en bas âge ou chez les femmes issus de milieux défavorisés. Lorsqu’une femme enceinte n’est pas immunisée contre le CMV ou que la sérologie n’a pas été faite il est nécessaire de mettre en place pour elle ainsi que les personnes qui vivent avec elle de : ne pas embrasser les enfants sur la bouche ou sur les joues ; ne pas goûter les biberons ou sucer les couverts des enfants ; bien se laver les mains au savon ou utiliser une solution hydro-alcoolique après s’être occupé d’un enfant (notamment après avoir changé une couche) ou après avoir été en contact avec un liquide biologique (urine, larmes, selles,…) ; laver régulièrement les jouets, surfaces et autres lieux fréquentés par les enfants ; ne pas partager les verres, tasses, couverts, tétines ou brosse à dent avec les enfants; ne pas partager d’affaires de toilettes (serviettes, gants,…) ; éviter de prendre un bain avec un enfant (risque de contamination par l’urine) ;nettoyer les sécrétions nasales et les larmes avec des mouchoirs en papier à usage unique jetés dans une poubelle munie d’un couvercle.
Ces mesures sont d’autant plus importantes pour les femmes travaillant avec des enfants en bas âge.
Diagnostic et Traitement
Il n’est pas nécessaire de rechercher le virus du CMV et donc de faire le diagnostic de l’infection chez les adultes et les enfants en bonne santé car aucun traitement n’est nécessaire. Cependant lorsque l’infection est suspectée chez une personne à risque de forme grave ou de complication, des tests doivent être effectués afin de mettre en évidence le virus. Chez le nouveau-né le diagnostic est généralement fait en recherchant le virus sur un échantillon d’urine. Chez les adultes ou enfant ayant des facteurs de risque il est possible de réaliser une sérologie c’est à dire une prise de sang qui peut détecter la présence d’anticorps (protéines produites par le système immunitaire qui participent à la défense de l’organisme) dirigés contre le virus et confirmer une immunité (donc une infection ancienne) ou une nouvelle infection. Toutefois la sérologie ne permet pas de distinguer une primo infection d’une nouvelle infection par réactivation ce qui peut poser problème notamment chez les personnes dont le système immunitaire est affaibli. Dans ce cas, une biopsie (analyse d’un fragment de tissu ou d’organe qui a été prélevé) est souvent nécessaire pour confirmer l’infection active. Dans les cas avéré d’infection au CMV chez une femme enceinte, seule la présence du virus dans le liquide amniotique (liquide qui entour le foetus dans l’utérus) permet de confirmer l’infection. Pour cela il sera proposé une amniocentèse qui doit être réalisée 6 à 8 semaines après le début présumé de l’infection mais pas avant 18 semaines d'aménorrhées. L’état de santé du fœtus est également suivi par des échographies régulières à la recherche de symptômes de l’infection, et une IRM sera réalisée afin de dépister d’éventuelles complications sur le développement du fœtus. La présence d'anomalies cérébrales visibles sur une imagerie du fœtus prédit un risque de séquelles graves et durables.
Il n’existe actuellement pas, en France, d’indication à faire un dépistage systématique du CMV dans la population générale car il n’existe pas de traitement disponible. En Europe, seules l’Italie, l’Allemagne et la Belgique le pratiquent. Il peut être proposé une interruption médicale de grossesse (IMG) lorsque les risques d’atteinte sévères sont importants. En France, environ la moitié des cas annuels de transmission materno-foetale du CMV entraîne la décision de réaliser une IMG.
Les infections à CMV légères à modérées chez les personnes qui n’ont pas de risques particuliers ne sont généralement pas traitées car elles guérissent spontanément. Chez les patients à risque de forme grave ou de complication, lorsque l’infection est sévère ou qu’elle menace la vue du patient, un traitement antiviral est indiqué. Il peut être administré par voie orale ou par voie intraveineuse. Devant une complication sévère au niveau de l'œil, les médicaments peuvent être injectés directement dans l'œil.
Les traitements permettent de ralentir l’évolution de la maladie et de préserver la vision du patient. Toutefois ces médicaments ont des effets secondaires potentiellement graves et ne permettent pas de guérir de l’infection. Le traitement ne peut pas être administré aux femmes enceintes du fait de sa toxicité sur le développement du fœtus. Chez les personnes greffées, les traitements sont souvent administrés de façon préventive.
Actuellement il n’existe ni vaccin, ni traitement efficace de l’infection à CMV. La prévention, l’information et les mesures d’hygiène restent donc la stratégie la plus efficace.
Le Dépistage du CMV en France
En France, le dépistage du CMV est enfin systématique depuis Juin 2025 ! c’est une grande victoire ! Les parents et la femme enceinte sont donc en droit de demander ce dépistage auprès du corps médical (gynécologue, généraliste, sage-femme). Nous pensons, et avons vérifié sur le terrain, que le fait même que le dépistage ne soit pas préconisé en France conduit à une absence pure et simple d’informations sur le virus. il s’agit d’abord d’effectuer une prise de sang (sérologie) pour détecter des marqueurs de l’infection, dater éventuellement cette dernière, afin de savoir à quel stade de la grossesse elle est intervenue. En fonction des résultats de ces analyses, la grossesse pourra faire l’objet d’un suivi spécifique au sein d’un service de diagnostic anténatal. Des examens complémentaires pourront être prescrits en fonction du terme de la grossesse : biopsie du trophoblaste (qui correspond au prélèvement d’un tout petit fragment du tissu (trophoblaste) qui deviendra le placenta au terme du premier trimestre de grossesse. Ce trophoblaste, futur placenta, est un tissu appartenant au fœtus. Le meilleur traitement dont nous disposons à l’heure actuelle est la prévention par des mesures d’hygiènes car celles-ci permettent de diminuer de 5 à 10 fois le risque de transmission au fœtus.
Témoignages
Plusieurs témoignages illustrent les conséquences de l'infection à CMV pendant la grossesse et l'importance de la prévention :
- Olivia et Noah : Une infection à CMV non détectée pendant la grossesse a entraîné une surdité chez Noah, nécessitant des implants cochléaires et un suivi médical important.
- Sarah et Charlotte : Un dépistage précoce a permis de mettre en place un traitement, mais Charlotte est née sourde profonde et a nécessité des implants cochléaires.
- Edoardo et Gabriel : Une infection à CMV a été détectée au premier trimestre, entraînant une surdité chez Gabriel et des difficultés d'apprentissage.
Ces témoignages soulignent l'importance du dépistage et de la prévention pour réduire les risques de transmission du CMV et les séquelles potentielles chez l'enfant.
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